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Fevrier 2013
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Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif aux conditions de la future installation d'un café-concert au 127, rue Saint-Maur (11e).

Débat/ Conseil municipal/ Février 2013


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Maintenant nous examinons le v?u référencé n° 4 dans le fascicule, déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, relatif aux conditions de la future installation d?un café-concert dans le 11e arrondissement.

La parole est à M. Stéphane MARTINET, au nom du 11e arrondissement. Je vous écoute.

M. Stéphane MARTINET. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, le v?u voté par l'ensemble des élus du 11e arrondissement, opposition comprise, concerne les activités nocturnes dans le quartier Oberkampf, dans le Nord-Est de notre arrondissement. Depuis quelques années, nous assistons à une concentration progressive d'établissements de débit de boissons dans les rues Oberkampf, Saint-Maur et Jean-Pierre Timbaud, ce qui génère des nuisances dont se plaignent les riverains avec juste raison.

Une médiation a permis à l'association de riverains intitulée "Collectif Jean-Pierre Timbaud" et à celle des commerçants intitulée "Village Timbaud" de travailler à endiguer les problèmes liés à la gestion propre des bars. Il reste que nous avons identifié des problèmes générés par une présence de plus en plus importante de personnes dans ces rues canyons, due notamment au succès de ces bars.

La Ville de Paris a accentué ses efforts : passages plus fréquents des services de nettoiement et d'élimination des tags, passage des "Pierrots de la nuit" systématique chaque week-end, passage des correspondances de nuit pendant l'été. Or, nous connaissons presque chaque week-end des débordements. Aussi la perspective de l'ouverture d'un nouvel établissement, le café-concert "Gibus", crée une vive émotion bien compréhensive.

Notre v?u vise à vous demander, Monsieur le Maire, de bien vouloir interpeller M. le Préfet de police, non seulement pour lui demander un contrôle tout à fait normal du nouvel établissement, de façon à ce que celui-ci respecte les lois et règlements, et tout particulièrement qu'il gère avec la plus grande attention ses clients à leur arrivée et à leur départ. Nous souhaitons également connaître les dispositions que M. le Préfet compte mettre en place pour mieux gérer les usagers de nuit de ce quartier.

En effet, nous ne pouvons que constater que les riverains subissent des nuisances qui perturbent leur vie et leur santé. Et nous souhaitons que le comportement des usagers redevienne conforme à une quiétude à laquelle ont droit les riverains.

Nous sommes aussi inquiets de la sécurité des usagers. Toutes et tous ne sont pas des braillards qui perturbent le quartier, mais leur nombre très élevé les amène parfois à utiliser la partie carrossable des rues et ils se mettent dès lors en danger. Nous craignons l'accident entre un véhicule et un piéton, ce que personne ne souhaite.

Enfin, les établissements qui tentent, vaille que vaille, de réguler l'espace public craignent les débordements et la perte de contrôle des usagers : ils ne souhaitent pas que leur soit imputé injustement une responsabilité qui n'est pas la leur.

Aussi le Conseil d'arrondissement dans son ensemble souhaite connaître les dispositions que M. le Préfet compte mettre en place afin que le quartier recouvre une vie respectueuse de toutes et tous. Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. PENINOU, brièvement.

M. Mao PENINOU, adjoint. - Monsieur le Maire, chers collègues, je serai bref, d'abord pour saluer le travail fait par notre collègue, Stéphane MARTINET, sur le 11e arrondissement et l'implication plus généralement de la mairie du 11e arrondissement sur ces problématiques de vie nocturne et de vivre ensemble la nuit, sur un quartier d'animation particulière et particulièrement forte qui est celui du quartier Oberkampf.

C'est effectivement un travail de médiation où l'ensemble des moyens de la Ville, mais aussi de la police, sont mobilisés et c'est un travail dans lequel nous avons un aspect exemplaire de travail entre les habitants riverains, les établissements, la police, la municipalité du 11e arrondissement et la Municipalité de Paris.

Ce secteur est un secteur aujourd'hui difficile pour des raisons de sécurité et c'est sur ce point que je voudrais insister. Au-delà de l'ouverture d'un nouvel établissement qui bien sûr devra respecter les normes, les questions de sécurité deviennent, comme d'ailleurs dans d'autres endroits à vie nocturne importante à Paris, de vraies questions. De nombreux consommateurs sont aujourd'hui détroussés sur ces lieux-là, profitant à la fois de leur présence massive et des états d'ébriété qui peuvent exister. C'est donc un avis tout à fait favorable que je vais donner à ce v?u, à la fois pour que les questions de sécurité soient mieux prises en compte sur ce type de secteur, et en particulier sur le secteur Oberkampf, mais aussi pour que les établissements puissent continuer à ouvrir et à y vivre, dans de bonnes conditions pour eux et pour les riverains. Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci bien.

Avant les explications de vote, M. le Représentant du Préfet de police veut donner une indication. Allez-y.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

Effectivement l'un des mérites des états généraux de la nuit, auxquels la Préfecture a participé de manière active, aura été de contribuer à définir en quoi pouvait constituer une mission de régulation réussie, faite de dialogue, de sens de l'ouverture, mais aussi reposant sur l'exercice assumé de la part du Préfet de police des compétences qu'il tire du législateur.

Sur le territoire de la Capitale, un certain nombre de médiations a été organisé à l'initiative de maires d'arrondissement, et c'est notamment le cas sur le 11e arrondissement où les échanges entre riverains, entre gérants de débit de boissons, avec le commissaire également, le tout sous l'égide de la mairie d'arrondissement, se sont considérablement accrus ces derniers mois, au prix de beaucoup d'énergie de chacun de ces acteurs. Je crois qu'un véritable dialogue a pu se mettre en place. Je salue la plus grande compréhension mutuelle et les engagements également qu'ont pris un certain nombre de gérants d'établissement de nuit sur le secteur.

Nous sommes effectivement extrêmement vigilants pour que leur fonctionnement ne se traduise pas par des nuisances pour les riverains.

J'en viens très rapidement à la situation du 127, rue Saint-Maur. Il ne m'appartient pas ici de m'appesantir sur la situation d'un établissement précis. Ce que je veux dire, c'est d'abord que le gérant a été reçu au commissariat du 11e arrondissement, que nous avons pris note de ses engagements et nous lui avons également notifié un certain nombre de prescriptions concernant le fonctionnement de son établissement, de manière à ce que ce club ne se traduise pas justement par des nuisances supplémentaires pour les riverains.

Un mot pour terminer, puisque c'est sur ce point que le v?u porte plus spécifiquement, sur la question de la présence policière. Pour accompagner cette démarche de médiation, vous le savez, Monsieur le Conseiller, la présence policière a été accrue considérablement sur le secteur ces derniers mois avec notamment, à chaque fois que la situation sur l'arrondissement le rend possible, la fidélisation d'un équipage sur le secteur.

Sans préjuger, et je terminerai par là, les choix opérationnels qui seront effectués par le commissaire, qui tiendra compte, je le dis, des éléments du v?u qui est aujourd'hui proposé à l'Assemblée, je rappelle que la situation des effectifs sur Paris restera sensiblement identique en 2013 et que les effets des recrutements qui ont été décidés avant l'été se feront sentir en 2014. Il est clair que la situation du 11e arrondissement sera examinée dans ce cadre-là.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

Pour ajouter une petite note sympathique et amicale, je dirai que si jamais Philippe DUCLOUX était élu adjoint - je ne sais pas? le vote est terminé ! Il y a un suspense -, il pourrait, avec sa connaissance du 11e arrondissement et vos suggestions, vous être particulièrement utile.

Je vais dans un instant mettre aux voix le v?u n° 4, avec un avis favorable de l'Exécutif mais avant, il y a une demande d'explication de vote de M. GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire.

Simplement pour vous expliquer pourquoi nous ne voterons pas ce v?u.

Autant la partie du v?u qui dit de s'assurer que ce futur café respectera la législation nous semble tout à fait légitime ; autant le fait d'appeler à un renforcement de la police avant même que le café soit ouvert est une démarche qui nous semble étrange. D'autant plus que quand j'entends les explications, l'une des raisons serait que les personnes qui vont venir dans cet établissement et les autres établissements se mettraient en danger parce qu'il y a des circulations automobiles.

À ce moment-là, proposons de restreindre la circulation automobile ! Ne proposons pas d'augmenter la police avant qu?elle arrive. Nous voterons contre ce v?u. Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous ai entendu ; vous me faites beaucoup de peine, mais ce n'est pas la première fois !

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2013, V. 2).