Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 2013
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par le groupe U.D.I. relatif à la manifestation du 13 janvier 2013.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2013


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 40 dans le fascicule, déposé par le groupe U.D.I., relatif à la manifestation du 13 janvier 2013.

La parole est à M. Yves POZZO di BORGO, pour une minute.

M. Yves POZZO di BORGO. - D'abord, je voulais féliciter l'ensemble des forces de police de la manière dont elles gèrent les manifestations, parce que franchement, vu le nombre de manifestations qu?il y a à Paris et la façon dont les forces de police, les pompiers, tous ceux qui tournent autour de cela gèrent ces manifestations, je dis : "bravo" et je crois que le Conseil de Paris pourrait leur rendre hommage, mais je m'interroge, évidemment, chaque fois, sur les débats qu?il y a entre les chiffres de la Préfecture de police, les chiffres de la police et les chiffres des organisateurs.

Beaucoup d'humoristes se moquent de cela, mais franchement, cette fois-ci, le chiffre de 350.000 par rapport au chiffre que les organisateurs prétendent annoncer, je crois qu?il y a quand même eu sur ce chiffre une influence politique qui est assez forte.

La police a annoncé 350.000 personnes, le Général DARY, qui n?est pas n?importe qui, qui était l?ancien gouverneur militaire de Paris, avait organisé cette manifestation, lui-même, pour arriver au chiffre de 800.000 à 1,3 million? Quand il a annoncé le chiffre à 800.000 à 17 heures, il y avait encore beaucoup de manifestants qui ne sont arrivés qu'à 20 heures au Champ-de-Mars. Vous l'avez dans mon v?u, d'ailleurs, Monsieur le Préfet. Vous avez les éléments qui disent que, franchement, techniquement, on n'arrive pas à croire comment ce chiffre de 350.000 a pu être annoncé.

Je regrette d?ailleurs, Monsieur le Préfet, je vous le dis, que le Préfet de police ne soit pas là ; je sais très bien qu?il a des obligations, mais c'est quand même quelque chose d?important, parce que ce chiffre, s'il n'est pas la réalité, c'est un peu humilier les manifestants, c?est humilier les forces de police, c'est humilier la démocratie, parce que si ce n?est pas la réalité, je trouve que ce n'est pas une très bonne chose.

Expliquez-moi pourquoi, techniquement, on peut arriver à ce chiffre-là ; j?étais moi-même à la manifestation et, sérieusement, c?est la première fois que je vois autant de monde au Champ-de-Mars. Pour le Pape Paul VI, il y avait beaucoup moins de monde, pour les concerts de Johnny HALLYDAY, il y avait moins de monde et, en plus de cela, beaucoup de gens arrivaient. Franchement, ce chiffre, pour nous, a été incompréhensible.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je vous remercie, Monsieur le Président. Je crois simplement qu'il s'agissait du Pape Jean-Paul II, mais en ce moment, on peut s?y perdre sur les papes ; c?est la journée la plus difficile dans ce domaine. Pour vous répondre, je donne la parole à Mme EL KHOMRI.

Mme Myriam EL KHOMRI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Tout d?abord, je m?associe, bien sûr, aux félicitations de M. le Président en direction de l'ensemble des forces de l'ordre et de la Brigade des sapeurs-pompiers pour l'organisation de la tenue de ces manifestations, et je sais que c?est particulièrement éprouvant sur le territoire parisien ; en tout cas, je vous remercie toujours, comme nous avons l'occasion de le dire également au directeur de la D.O.P.C., Alain GIBELIN, des remerciements les plus chaleureux de l'ensemble des conseillers de Paris.

Avant que M. le Représentant du Préfet de police nous expose à nouveau la méthode de comptage rigoureuse utilisée par ses services, celle-là même, d'ailleurs, que vous citiez et défendiez lors des manifestations sociales, en minimisant à l'époque les chiffres avancés par les organisations syndicales, je voudrais vous citer, bien évidemment, le Général DARY, que nous connaissons bien, avec qui nous avons aussi beaucoup travaillé, mais il ne vous aura pas échappé que lui-même a été l?un des organisateurs de cette manifestation, donc nous pouvons aussi douter, quelque part, un peu de son impartialité. En tout cas, vous nous donnez, à travers ce v?u, et je vous en remercie, l'occasion de rendre un vibrant hommage aujourd'hui, le 12 février, date de vote du projet de loi à l'Assemblée nationale, à la Garde des Sceaux, qui est restée combative et dynamique jusqu'au bout, ainsi qu?à sa collègue, Dominique BERTINOTTI, au Président de l'Assemblée nationale, qui a siégé sans relâche, ainsi qu?à l?ensemble des députés de la majorité qui ont délibéré jusqu'à des heures tardives et qui nous ont offert des moments historiques, d?une intensité démocratique exceptionnelle.

Pendant que vous continuez la bataille du chiffre, la France va gagner celle de l'égalité des droits, de la dignité pour tous et de la laïcité, qui constitue le véritable socle républicain de notre Nation, et pour ceci, la prise de conscience est bel et bien en marche.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame. La parole est au représentant de M. le Préfet de police.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

D?abord, je prends note des félicitations et des remarques qui ont été adressées, relatives à l?attitude des fonctionnaires de police et des militaires des sapeurs-pompiers. Je transmettrai à M. le Préfet de police et puis, évidemment, aux fonctionnaires et militaires intéressés.

Il est clair que gérer une manifestation de cette ampleur, plusieurs centaines de milliers de personnes, 340.000 selon la Préfecture de police, est compliqué et que cela s'est déroulé sans incident.

J'en viens maintenant à la question du nombre de participants. Vous savez effectivement que l'évaluation de ce nombre a donné lieu à une série de prises de position, dont certaines, en raison de la forme, d?ailleurs, qu?elles ont revêtue, ont mis en cause directement la neutralité de fonctionnaires de police, la conscience professionnelle, la déontologie de certains hauts fonctionnaires, dont certains ont été nominativement cités par la presse, ont parfois été directement contestées par ces articles, et vous y avez fait référence.

Le Préfet de police, qui n'est pas là aujourd'hui, a cependant eu l'occasion de réagir personnellement, par la voie d'un communiqué. Il a indiqué personnellement que ces allégations étaient inacceptables et il a fait connaître deux séries d'éléments à l'appui des chiffres que ses services ont communiqués le 13 janvier dernier.

En premier lieu, comme il est d?usage lors de défilés d'importance, comme celui-ci, le Préfet a rappelé que l?ensemble de la manifestation du 13 janvier avait été enregistrée. Qui dit enregistrement, dit possibilité de revisionnage, de visionnage à nouveau, et de recomptage. Ces opérations ont été entamées dès le lendemain de la manifestation. Elles ont duré plusieurs heures, voire plusieurs jours, et elles ont permis de confirmer l?évaluation qui avait été communiquée dès le dimanche soir par la Préfecture, à savoir 340.000 manifestants, le chiffre exact étant même très légèrement inférieur. Alors, vous faisiez référence, Monsieur le Sénateur, à des articles de presse. Sans doute n?avons-nous pas toujours lu les mêmes titres. Précisément, les enregistrements vidéo ont été visionnés par plusieurs journalistes, puisque nous avions ouvert les portes de la Préfecture à plusieurs journalistes, et ils ont débouché sur certains articles de fond. J'ai notamment en tête une étude d'une page entière dans un journal, un grand journal du soir, argumentée, technique, qui est venue plutôt conforter la méthodologie utilisée par la Préfecture de police. Je tiens ces articles à votre disposition. Alors, les débats sur la pertinence du chiffrage communiqué par la Préfecture de police, effectivement, ne sont pas récents. De manière plus générale, et pour revenir à la manifestation du 13 janvier, le Préfet de police, je l?ai dit, a rappelé que la méthode de comptage employée à Paris, qui est d'ailleurs inchangée depuis de nombreuses années, reposait sur des relevés de terrain précis, rigoureux, selon une méthodologie transparente, connue à l'avance, et sur laquelle nous avons largement communiqué. Elle est mise en ?uvre par des fonctionnaires de police expérimentés, dont c?est le métier. Donc, cette méthode est d'une totale objectivité. A l'inverse, aucune précision robuste sur les modalités techniques de comptage, qui ont été mises en ?uvre par le comité d'organisation pour arriver à son évaluation, n'a, à ce jour, été fournie. D'ailleurs, le Préfet de police leur a directement posé la question ; il a souhaité savoir quelle méthode de comptage avait été mise en ?uvre. Il attend toujours la réponse à ce jour. Voilà les précisions que je suis en mesure de vous apporter, Monsieur le Sénateur, Mesdames et Messieurs les conseillers.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur le Sénateur, vous maintenez votre v?u ?

M. Yves POZZO di BORGO. - Je suis très sensible à l'argument que vous donnez sur cette affaire. Mais ce qui est intéressant dans une bonne démocratie, c?est que les organisateurs puissent vérifier ce point parce qu?il reste toujours un doute. Et moi, je crois que, dans un débat aussi important, il y a le débat, ma collègue l?a rappelé, à l?Assemblée et au Sénat et c?est important, mais il y a aussi le débat dans l'opinion publique. Je crois que, sur ce sujet, peut-être, auriez-vous dû faire venir les organisateurs et peut-être leur montrer tout cela.

Parce que le journal "Le Monde", je l'aime bien et je le cite, mais les trois propriétaires sont quand même des amis du pouvoir actuel, donc on s'interroge toujours quelque part sur les articles qui seraient plutôt orientés, mais peut-être que c'est la réalité. Peut-être que je serai pris à partie par "Le Monde", mais je m'interroge quand même et je dis les choses telles qu'elles sont.

Mais je crois que l'élément fort que vous m'avez répliqué, c'est cette affaire de films. Mais il serait peut-être intéressant que le gouverneur général DARY puisse venir cela et puisse dire : "Voilà, oui, la police a raison." Moi, je ne demande que cela.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je vous remercie. Je ne suis pas sûr que votre remarque sur l'actionnariat du Monde plairait beaucoup à la rédaction de ce grand journal, mais je vous en laisse la responsabilité ! En tout cas, merci d'avoir retiré votre v?u.