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Fevrier 2013
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la réquisition de la force publique pour l'exécution des décisions de justice relatives aux campements Roms.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2013


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 44 dans le fascicule, déposé par le groupe U.M.P.P.A., relatif à la réquisition de la force publique pour l'exécution des décisions de justice relatives aux campements Roms. La parole est à M. Jean-Jacques GIANNESINI, pour une minute.

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - Merci, Monsieur le Maire.

Je suis régulièrement interpellé par les habitants sur la présence massive de Roms dans les rues du 19e arrondissement.

En effet, plusieurs campements sont installés aux portes d'Aubervilliers et de la Villette, en bordure du périphérique, ce qui rend très dangereuse cette situation.

Les habitants et les commerçants souffrent au quotidien de la délinquance Rom : cambriolages, vols à la tire, mendicité agressive, vols de carte bancaire aux distributeurs automatiques.

Les policiers que j?ai rencontrés se plaignent eux aussi et sont débordés, alors qu?ils font tout ce qu?ils peuvent.

Deux exemples récents : une personne de 88 ans était tranquillement assise chez elle, quand trois jeunes filles Roms ont pénétré chez elle à l'aide d'un pied de biche. Ne pouvant pas bouger, les trois jeunes filles en ont profité pour dérober un certain nombre d?objets et se sont enfuies très rapidement. Elles ont été vues par des témoins.

Un autre exemple : il y a quelques jours, les policiers, vers 5 heures du matin, ont interpellé en flagrant délit de cambriolage une bande de quatre Roms âgés d?une vingtaine d'années. Ils avaient été vus descendant d'un balcon à cette adresse et ont été trouvés porteurs de plusieurs sacs chargés d'ordinateurs, de vaisselle, d?appareils photos, de téléphones portables, de chéquiers et de bijoux.

Je pourrais vous citer de nombreux autres exemples.

Alors que votre camarade socialiste M. VALLS a déclaré en juillet 2012 : "Quand il y a une décision de justice, il y aura démantèlement de campement", pourquoi vous ne demandez pas à M. le Préfet de police, qui est votre ami, d'agir alors que la justice a ordonné l'expulsion d'un des camps en octobre dernier ?

Alors que des maires de toutes tendances politiques font la même demande et obtiennent l'accord de M. VALLS, vous, vous n'en faites pas la demande, préférant laisser la population du 19e à l?abandon.

Est-ce parce que vous n'êtes pas touchés par cette délinquance ou est-ce pour faire plaisir à M. Malik SALEMKOUR qui est l'animateur du collectif Romeurope et qui est l?ancien proche collaborateur au SYCTOM et ami de M. DAGNAUD, votre ex-adjoint et nouveau maire du 19e ?

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - La parole est à Mme TROSTIANSKY.

Mme Olga TROSTIANSKY, adjointe. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, comme l'ensemble des départements franciliens, Paris est confronté à la situation préoccupante de familles d'origine bulgare et roumaine en errance sur notre territoire et qui fuient les conditions très difficiles dans leur pays d'origine, sans compter les discriminations dont sont victimes les populations Roms.

Alors, vous l'avez rappelé, des campements se sont constitués porte d'Aubervilliers et porte de la Villette et, compte tenu de la dangerosité de ces installations, la Ville de Paris a entamé des procédures, comme elle le fait systématiquement, pour obtenir la résorption de ces campements.

Par contre, cher Monsieur, je crois que vous manquez de précision sur l'état des procédures en cours, puisque je vous informe que la procédure relative au campement de la porte de la Villette est toujours en cours. Pour ce qui concerne le campement de la porte d'Aubervilliers, les occupants ont fait appel de l'ordonnance d'expulsion qui a été prononcée en octobre et la Ville est donc dans l'attente de la décision du juge. Je voulais vous dire que, en attendant l'issue de ces procédures, les services de la Ville de Paris travaillent activement avec les partenaires associatifs pour soutenir les démarches des familles qui souhaitent s'insérer, particulièrement pour l'accès au droit et à la santé, notamment des femmes et des enfants, ces derniers devant être scolarisés autant que possible. A ce sujet, je voulais vraiment souligner l'investissement de la mairie du 19e arrondissement qui travaille vraiment pour favoriser l'accès des enfants aux P.M.I., mais aussi aux centres médico-sociaux et aux établissements scolaires de proximité. Je voulais vous rappeler également que la Ville de Paris, en matière de traitement des campements illicites, n'a pas attendu la publication de la circulaire interministérielle du 26 août 2012. En effet, nous avons toujours eu pour principe de ne pas procéder à des évacuations sèches, mais au contraire de préparer la sortie des campements en proposant évidemment notamment des solutions d'hébergement, même provisoires. Je ne vais pas revenir sur toute votre intervention, je pense que votre intervention et votre v?u sont particulièrement regrettables dans leur formulation. Il faut vraiment faire attention dans la stigmatisation, une fois de plus, des populations roms et je crois que, sans fermer les yeux sur un certain nombre de difficultés, il me paraît quand même nécessaire dans un même temps de faire preuve de solidarité pour ces citoyens européens qui ne sont pas forcément des délinquants et des voleurs de poules. Compte tenu de ces éléments, Monsieur le Maire, je ne peux qu'exprimer un avis défavorable sur ce v?u.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame.

Avant le vote, une explication de vote de M. GOUJON.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Très rapidement, pour soutenir évidemment le v?u de mon collègue Jean-Jacques GIANNESINI, dont je peux témoigner qu'effectivement il a reçu beaucoup de courriers de personnes qui se plaignent de la situation sur le plan local.

C?est aussi pour m'étonner de la distorsion assez flagrante entre les propos que je viens d'entendre de Mme TROSTIANSKY et les propos que nous tient le Ministre de l'Intérieur à l'Assemblée nationale, quand il se vante d'un nombre très important d'expulsions de Roms et quand il considère - et c'est ce qu'il nous répète, je vous renvoie aux débats de l'Assemblée nationale - que le meilleur traitement que l'on puisse faire aux Roms, c'est leur intégration, effectivement, mais dans leur pays, en Roumanie ou en Bulgarie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Parfait.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.