Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 2013
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2013 DU 51 - Avis sur l'engagement par le Maire d'une procédure de modification du PLU sur le secteur "Grand Parc" du Parc des expositions de la Porte de Versailles (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Février 2013


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DU 51 concernant l'avis sur l'engagement par le Maire d?une procédure de modification du P.L.U. sur le secteur "Grand Parc" du Parc des expositions de la porte de Versailles dans le 15e.

Il y a sept orateurs inscrits, la parole est d'abord à M. Yves CONTASSOT.

M. Yves CONTASSOT. - Merci.

Le projet de délibération qui nous est proposé aujourd'hui s'inscrit dans la continuité de ceux qui visent avant tout à permettre à Unibail de construire son Triangle, aussi monstrueux qu'inutile, symbole du passé et du déni du dérèglement climatique.

En effet, la dénonciation anticipée de la concession, à la demande d?Unibail, du Parc des expositions a pour seul objectif de lui permettre d'être à nouveau titulaire d'une concession dont l'échéance sera ainsi reportée.

Personne n'est dupe du choix qui sera finalement proposé au Conseil de Paris. Le coût du ticket d'entrée sera de l'ordre de 250 millions d'euros, soit à peu près ce qu?Unibail touchera au titre de la résiliation anticipée, avantage concurrentiel incontestable qui ne peut que faire douter de l?égalité des chances de l'autre et seul candidat.

Tout laisse d'ailleurs à croire qu'il s'agit plus d'un leurre que d'une candidature réelle et sérieuse, puisque ce prix d'entrée est largement supérieur à son chiffre d'affaires dans son secteur d'activité qui, depuis les publications officielles, se monte à 215 millions d?euros.

La délibération elle-même est assez claire, il s'agit de tenter de lever une des réserves du commissaire enquêteur, afin de permettre la réalisation de la tour Triangle.

Pour cela, il est affirmé que le projet s?inscrit dans le cadre du P.A.D.D., projet d'aménagement et de développement durable de Paris, et notamment son chapitre II. Certes, ce dernier prévoit la possibilité de créer un hôtel et un centre de congrès.

Moralité, cela n?a qu?un lointain rapport avec le projet réel de cette délibération qui avoue, tout de go, dans un considérant du délibéré (je cite) : "Considérant la place de Paris comme capitale mondiale des congrès internationaux et l'objectif de renforcer son attractivité dans ce domaine, en liaison avec la Région pour conserver son rang."

Tout est dit, il s'agit de lancer une ancienne révision du P.L.U. dont ce considérant servirait, pense-t-on, à lever la réserve de l'autre enquête publique sur sa simple énonciation.

Or, la réserve est quelque peu différente, je la cite :

"Réserve 1 : que la Ville de Paris obtienne, avant approbation de la révision simplifiée du P.L.U., un consensus des diverses parties prenantes à l?exploitation du Parc des expositions, gestionnaires et organisateurs de salons les plus emblématiques, démontrant que le projet préserve la force du positionnement concurrentiel du site, en particulier au niveau européen."

Il faut donc que la Ville obtienne un consensus de l?ensemble des parties prenantes et pas seulement du gestionnaire du Parc. Cela semble nettement plus compliqué, puisque la réduction de la superficie du hall n° 1 a fait l?objet de très vives critiques de la part des organisateurs des deux principaux salons.

Par ailleurs, le commissaire enquêteur a émis une deuxième réserve, je la cite : "Que la réflexion globale sur le secteur sud-ouest montre, avant l?approbation de la révision simplifiée, l'acceptabilité du cumul Balard et, à moyen terme, Paris sud-ouest - Issy nord, en matière de transport et de circulation."

Comment croire que la création d'un centre de congrès et d'un complexe hôtelier, ainsi que le renforcement de l?attractivité du site, soient de nature à répondre à cet objectif de comptabilité ? En voulant trop en faire, la Ville fragilise elle-même le dossier de Triangle. Si cela était volontaire, nous ne pourrions que nous en féliciter. Nous en doutons. Il semble que, une fois de plus, il y ait un peu confusion entre vitesse et précipitation, comme pour d'autres dossiers emblématiques tels que Roland Garros et nous ne doutons pas que cela risque de se terminer de la même façon.

Nous voterons donc contre ce projet de délibération.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Gilles ALAYRAC, pour cinq minutes.

M. Gilles ALAYRAC. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le Parc des expositions de la porte de Versailles sera, nous le savons, dans les années à venir, l?un des grands chantiers de la capitale, mettant en jeu son développement économique, son rayonnement international, sa capacité à créer de l'emploi, mais tout en étant aussi un exemple en termes de développement durable, mais aussi d'ouverture sur la métropole.

C'est pour cette raison que la modification du P.L.U. qui nous est soumise aujourd'hui revêt une importance particulière, dans la mesure où elle conditionne l'avancée de ce grand projet, pour lequel je connais l'ambition forte de la municipalité.

La modification du Plan local d'urbanisme de Paris est nécessaire pour réaliser un programme d'investissement considérable.

Il faut rappeler à ce stade que, pour leur part, les villes de Vanves et d'Issy-les-Moulineaux disposent déjà des éléments compatibles avec les évolutions à venir du Parc des expositions.

Ce que nous ferons par cette modification du P.L.U. n'est pas anodin, en effet, parce qu'elle va permettre de moderniser en profondeur le site qui en a bien besoin.

Elle se traduira par la création d'un centre de congrès, par la construction d'un hôtel et par de nouveaux commerces pour dynamiser le site.

L'attractivité du Parc des expositions passera aussi par la modernisation des halls d'exposition et, à cet égard, la modification du P.L.U. n'est pas sans incidence, puisque ce sont six sur huit des halls d'exposition, ceux situés sur le territoire parisien, qui vont pouvoir être rénovés. Le second effet positif de la mesure va permettre la construction d'un centre des congrès.

Naturellement, il sera nécessaire qu'il fonctionne de manière complémentaire avec ceux de la porte Maillot et de Villepinte. Nous avons besoin en effet d?une telle structure à Paris, parce que le manque d?offres disponibles pour les grands congrès est une réalité qui limite grandement nos capacités d'accueil et qui repousse certains grands événements dans d'autres villes européennes.

La réalité, c'est que, pour l'accueil des grands congrès au-delà de 6.000 personnes, Paris n'a aucun espace à proposer.

Le programme hôtelier, tel qu'il est envisagé, est également une nécessité, nous l'avions rappelé avec Jean-Bernard BROS dès le lancement de l'opération. Un objectif de 1.000 chambres semble raisonnable, à la fois parce que la capacité hôtelière dans ce secteur est limitée lors des foires et expositions, mais aussi parce qu'il faut parer à la fermeture de l'hôtel Pullman voisin avec ses 616 chambres.

Enfin, l'ouverture de commerces au sein du Parc sera un des éléments de l'attractivité et de l'animation pour les futurs visiteurs. Centre de congrès, hôtels, nouveaux commerces, c'est finalement un nouveau quartier qui va voir le jour au sud de la capitale. Alors, avec ce grand projet, pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour imaginer l'implantation de lieux festifs, en particulier la nuit, dans cet espace ouvert et éloigné des habitations ? Organiser la cohabitation entre le festif et les riverains, ce n'est pas facile, mais c'est un pari à relever. A cet égard, je rappelle que les états généraux de la nuit préconisaient d'innover en cherchant de nouveaux lieux de fête, le tissu urbain parisien étant ce qu'il est avec ses rues souvent étroites et son habitat souvent ancien et dense. La piétonisation des berges sur Seine, il faut s?en réjouir, va déjà apporter une première réponse à cette problématique. J'en propose une seconde, dans l'enceinte du Parc des expositions, parce que je suis convaincu que nous pouvons vitaliser, animer, vivifier finalement cet espace qui est facilement accessible. Pour terminer, je dirai que la modification du P.L.U. est nécessaire à ce grand projet, un beau projet, un projet ambitieux : celui de la rénovation du Parc des expositions. C'est une chance pour Paris et la métropole, voilà pourquoi mon groupe, pour sa part, y est tout à fait favorable.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme TACHENE.

Mme Anne TACHENE. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, ce projet signe, comme il vient d?être rappelé, le lancement de la procédure de modification du P.L.U. qui permettra de faire évoluer le règlement s'appliquant au Parc des expositions.

Il traduit la nécessité d'ajuster le document afin que le site intègre des équipements propres à maintenir sa force concurrentielle et à ordonner sa métamorphose ; je pense au centre de congrès, comme cela a été rappelé, au programme hôtelier, ces structures qui avaient, un temps, été évoquées quand il s'agissait de promouvoir la tour Triangle, mais je pense aussi aux surfaces commerciales dont pourraient bénéficier les habitants du 15e arrondissement.

C?est donc une nouvelle phase de consultation qui s'annonce, mais c'est aussi la conclusion de travaux de réflexion officiellement engagés depuis trois ans et que les votes de notre Assemblée ont déjà matérialisés.

Chacun a en tête la délibération de juin 2011 autorisant la mise en concurrence du contrat d'occupation du parc.

J'ai déjà eu l'occasion d?exprimer le soutien de mon groupe à une restructuration du site impliquant, compte tenu du volume des investissements prévus, de nouveaux paramètres contractuels.

Mme Catherine BRUNO et moi-même, avions par ailleurs souligné ce qu'en qualité d'élus du 15e, nous attendions du futur programme de travaux en termes d'insertion urbaine et de perméabilité aux usages et aux besoins des riverains.

Et nous sommes tous évidemment d'accord ici pour que ce vaste équipement s'ouvre à son environnement. Il n?y perdra rien, d'ailleurs, de sa force économique.

Mais je ne reviendrai pas sur ces différents aspects déjà longuement discutés y compris lors des délibérations propres à la Tour Triangle.

Il appartiendra au comité de pilotage des élus, mis en place à l?initiative du groupe U.D.I., comme je l'avais rappelé, de se prononcer sur la proposition la plus adaptée aux enjeux de la modernisation du Parc des expositions.

Aussi, je me contenterai de dire notre satisfaction de voir retenu le principe d'un hôtel, au moment où le Pullman réduit sa capacité d'accueil, et de retrouver la référence aux villes de Vanves et d'Issy-les-Moulineaux, bien que leurs documents d'urbanisme soient compatibles avec la programmation projetée. A défaut de n'avoir jamais entendu leurs avis directs dans cette opération, il est donc réconfortant de savoir que les collectivités pourraient être consultées.

Vous aurez compris, mes chers collègues, que nous ne partageons pas les réticences de M. CONTASSOT et que nous émettons un avis favorable à ce projet de délibération. Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame.

La parole est à M. GOUJON, pour 5 minutes.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

C'est vrai qu'entre la phobie des tours de M. CONTASSOT - et des foires et salons en général, d'ailleurs - et la volonté de M. ALAYRAC de faire la fête toute la nuit au parc, on peut aussi évoquer un certain nombre d'autres sujets, concernant ce projet, même si je peux partager une partie des préoccupations de nos collègues.

D'ailleurs, c'est vrai qu'en mars 2012, l'avis du commissaire-enquêteur sur la tour Triangle, puisque les choses sont quand même assez mêlées, il est vrai, avait été favorable, mais assorti de trois réserves qui ont été rappelées :

- que la Ville de Paris obtienne un consensus des diverses parties prenantes à l'exploitation du parc, démontrant (et cela, c'est quand même l'essentiel) que le projet préserve la force du positionnement concurrentiel du site, en particulier au niveau européen ;

- que la réflexion (c?était la deuxième réserve) sur le secteur Sud-ouest démontre l?acceptabilité du cumul de projets, d'où la nécessité du comité de pilotage que nous avons demandé, que j?ai demandé en tant que maire du 15e et que Mme HIDALGO, d'ailleurs, a accepté de mettre en place ;

- troisièmement, que des études soient poursuivies pour apporter des réponses aussi sur les impacts jugés négatifs du projet de tour sur l'environnement, notamment les ombres portées.

En tout cas, là, les choses sont un peu connexes et c'est vrai que, pour notre part, nous considérons qu'une infrastructure comme le parc, au c?ur de notre métropole, est à la fois une chance pour Paris, bien sûr, et une grande chance - il faut le préserver et l'améliorer - mais aussi une source de nuisances aujourd'hui pour les riverains.

C'est la raison pour laquelle il est tout à fait souhaitable d?anticiper l?adaptation du parc à la concurrence internationale - évidemment, c'est l'objectif que nous poursuivons, comme la Ville d'ailleurs -, tout en améliorant le cadre et la qualité de vie des habitants, même la nuit ; je dis cela pour M. ALAYRAC !

La rénovation de ce parc impose donc une profonde modification de ses modes de fonctionnement.

Tout d'abord, il est nécessaire de mieux intégrer cet immense parc dans son quartier en ouvrant le site sur la Ville, avec la création d'activités de proximité, aussi bien ludiques que commerciales, ainsi que des espaces verts, une structure hôtelière ; on peut toujours discuter sur le nombre de chambres mais c?est vrai qu?à partir du moment où l'hôtel Pullman va voir sa capacité réduite par sa destruction et sa reconstruction, il est nécessaire d'augmenter les capacités hôtelières du secteur.

Il est absolument indispensable, grâce à cette opportunité, de créer un site d'excellence alliant vie économique et lieu de vie, tant au profit des visiteurs, qui ont la chance d'avoir là un parc en plein c?ur de ville, que des habitants.

Respectons également les exigences environnementales et architecturales.

Cette restructuration devra s'inscrire dans un véritable projet urbain qui permettra la création finalement d'un nouveau quartier, dynamique, accessible, concurrentiel, tout en préservant - et c?est absolument indispensable - la qualité de vie des riverains, qu'il faut absolument améliorer dans ce quartier.

Indispensable, donc, de réguler aussi les flux logistiques des livraisons, en favorisant les accès par le périphérique, prévoir le stationnement, lutter contre le stationnement anarchique des visiteurs lors des grands salons, renforcer l?offre de places de parking ou la modifier, mais aussi lutter contre tout ce qui a trait à l'insécurité, la malpropreté, les ventes à la sauvette, etc.

Renforcer - et cela, c'est un des aspects essentiels aussi sur lequel il faut s'attarder - l'offre de transports en commun, des transports collectifs, qui est insatisfaisante aux heures de pointe et largement sous-dimensionnée lors des salons, d'autant plus que beaucoup de projets vont voir le jour dans ce secteur.

Veiller au respect des normes environnementales les plus exigeantes et étudier l?éventualité d'un raccordement du parc au réseau Climespace, dont l'extension est actuellement en cours, et puis, toute la concertation qu'il est nécessaire de mener sur ce projet : le comité de site, que j'ai évoqué à l'instant, parce que nous allons voir émerger là, dans ce secteur, un nouveau quartier du XXIe siècle à Paris, avec le Ministère de la Défense à Balard, la rénovation du secteur de l'Aquaboulevard, l'hôtel Pullman qui va être restructuré, démoli, la tour Triangle, la transformation du laboratoire central des Ponts et Chaussées, bref, un secteur entier sur une très vaste superficie qui va être l'objet de travaux qui vont se chevaucher. Il est nécessaire que les riverains puissent voir leurs conditions de vie le moins perturbées possible. Les habitants doivent aussi être étroitement associés au projet - vous savez que nous le demandons, évidemment - tout au long de la procédure. Je souhaite qu'une réunion publique soit organisée maintenant le plus tôt possible pour permettre aux habitants d?apprécier le défi que nous devons relever collectivement, requalifier le quartier pour conforter la place de Paris en tant que grande métropole économique européenne - et je crois que nous partageons tous ce même objectif -, tout en améliorant simultanément le bien-être des riverains. Enfin, dernier point, peut-être un peu annexe, la volonté de voir appliquer le v?u que nous avons déposé et adopté à l'unanimité en décembre 2009, qui inscrit cette évolution urbanistique dans la non moins nécessaire prise en compte de la rénovation de quartiers à l?urbanisme vieillissant comme les Périchaux, Sablonnière, Bargue, etc. Mme HIDALGO s'en souvient. Enfin, bref, il s'agit là d'un enjeu colossal, non seulement pour le quartier, pour le 15e, mais pour Paris, sinon pour la France. Et il est nécessaire maintenant, effectivement, de commencer cette transformation urbaine et d?instituer une requalification architecturale ambitieuse qui satisfasse à la fois les intérêts économiques de Paris et la qualité de vie des riverains. Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, ce projet de délibération, comme chacun l'a signalé, ne porte pas simplement sur une modification du P.L.U. pour moderniser le Parc des expositions, envisager un projet de centre de congrès, d'hébergement hôtelier et de commerces associés ; ce projet de délibération est étroitement lié au projet de la tour Triangle.

Mais au lieu d'aborder l'ensemble du projet dans sa globalité, les changements opérés sur le secteur Grand Parc et le projet tour Triangle, on nous impose de saucissonner le sujet en deux.

Eh bien, mes chers collègues, cette démarche n'est pas acceptable.

Pour rappel, le commissaire-enquêteur avait émis des réserves dans son rapport de mars 2012, estimant qu?il n?était pas démontré que le projet de tour Triangle permettrait de préserver la force de positionnement concurrentiel du site, je reprends les termes, en particulier au niveau européen. Et les travaux de démolition-construction du Hall 1 constituent toujours une menace pour le site.

Pour réviser le P.L.U. et autoriser de déroger aux limitations des bâtiments de plus de 37 mètres de hauteur, ce que l'on va être amené à faire, il sera donc nécessaire de démontrer que le projet dans son ensemble répond bien à l'intérêt général. Donc, on nous saucissonne les deux sujets pour obtenir un aval d'intérêt général sur l'un, pour mieux faire passer l'autre.

Sur la globalité du projet, parce qu'il s'agit avant tout d'une grosse opération de spéculation immobilière, parce que c'est un projet anti-écologique, parce que c?est un projet antisocial et aberrant d'un point de vue économique, Alexis CORBIÈRE et moi-même, nous voterons contre.

D'abord, à qui avons-nous affaire ? A la société Viparis et la S.C.I. Triangle.

Viparis va donc abandonner une partie de son emprise foncière au bénéfice de la S.C.I. Triangle mais les deux sociétés sont contrôlés, directement ou indirectement, par Unibail Rodamco.

Résultat : Unibail Rodamco joue sur les deux tableaux ; d'une part, elle exploite le parc des expositions de la porte de Versailles et, d'autre part, elle porte le projet de la tour Triangle, qui prévoit la destruction d'une partie du parc.

Je voudrais vous citer M. Guillaume POITRINAL, du groupe Unibail, qui a bien précisé dans un journal les finalités de son groupe : "Notre métier est de distribuer du dividende, donc nous choisissons d?investir sur des actifs qui recèlent un fort potentiel de croissance du cash-flow". Faut-il rappeler également les deux articles du "Canard Enchaîné" qui ont dénoncé les conditions financières ahurissantes accordées par la Mairie de Paris à Unibail Rodamco pour la tour Triangle ? On y a appris que comme deux expertises avaient estimé un montant trop élevé du loyer du terrain prévu pour la tour pour 80 ans, on aurait sorti du chapeau une troisième expertise bien plus basse, et cadeau, c'est sur cette dernière estimation que la Ville a signé l'accord à Unibail.

Après le forum des Halles, Beaugrenelle et j?en passe, on aimerait comprendre les raisons de ces liens si sympathiques avec ce groupe qui, pour nous, ne l'est pas.

Cette tour Triangle est, je le redis, ne sera pas, par ailleurs, écologique ; cette tour d'une hauteur de 180 mètres ne sera pas une tour verte, car, pour l?heure, il n'existe pas de tour verte, tout comme le capitalisme vert est un mensonge.

Les bâtiments neufs doivent consommer moins de 50 kilowatts par heure par mètre carré et par an d'énergies primaires tout compris, mais pour les tours de grande hauteur, les spécialistes considèrent qu?on peut difficilement descendre en dessous de 180, donc la tour Triangle sera non efficace d'un point de vue énergétique.

Nous sommes ici complètement en contradiction avec les objectifs du Plan climat que nous avons pourtant voté en décembre dernier.

Les derniers sondages, par ailleurs, indiquent que 63 % des Parisiennes et des Parisiens sont hostiles à la construction de tours dans la Capitale, y compris sur les sites proches du périphérique. Des associations de riverains se sont organisés, notamment en collectifs contre la tour Triangle, ils ont fédéré d'autres associations franciliennes, confrontées à des projets de tours de bureaux, et ils ont d'ailleurs organisé une manifestation le 8 décembre dernier qui devrait inciter la Mairie de Paris à les entendre, et je sais que certains membres de cette association sont justement, précisément en ce moment, en train de nous écouter, que ce soit ici, dans les gradins, que ce soit derrière leur ordinateur, dans leurs locaux.

Le projet de tour Triangle réduit de fait l'espace dédié au parc des expositions. C'est 7.000 mètres carrés de surface en moins, auxquels s?ajoutent 1.700 mètres carrés environ pour la création de la voirie arrière, autant de difficultés supplémentaires pour l'exploitation du site, et au profit de quoi ? D?une tour de bureaux. Alors, forcément, c'est financièrement bien plus rentable pour Unibail d'exploiter la location et la vente de bureaux et de spéculer dessus que de se consacrer à la location d'espaces de congrès, et sur le fond de l'affaire, on est bien là.

Alors, franchement, des bureaux vides à Paris, nous n'en manquons pas ; comment, par ailleurs, prétendre que ces espaces de bureaux créeront mécaniquement 5.000 emplois ? Et si oui, est-ce bien dans cette localisation de la région Ile-de-France qu?il faut les concentrer ? Non.

Nous devons repenser l'aménagement du territoire et relocaliser l'emploi dans les zones où il manque ; je ne vais pas revenir sur l'intervention que nous avons déjà eue, le débat que nous avons déjà eu dans le cadre du S.D.R.I.F. hier à ce sujet.

Nous devons, en tous les cas, garantir à chaque fois une mixité d?activités entre emploi, logement et service public, et cesser les concentrations de zones, et dans cette partie du 15e, et je conclurai, c'est du logement social que nous avons besoin.

Le saucissonnage du projet ne nous aveuglera pas ; ce qui est en jeu, c?est une opération de spéculation immobilière pure sous couvert d'un projet architectural qui constitue selon nous un grand projet inutile et imposé, antisocial et anti-écologique, tout comme l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le plateau de Saclay ou le Triangle de Gonesse ; ce n'est qu'un projet mégalomane qui va à l'encontre des écosystèmes, de l?intérêt général et des véritables besoins des populations présentes sur le territoire, donc nous voterons contre.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - La parole est à M. MARTINS.

M. Jean-François MARTINS. - Monsieur le Maire, j'ai interrogé hier le Maire de Paris à l'occasion de la session des questions d?actualité sur l'attractivité de la capitale, et notamment du mouvement accru de baisse de l?attractivité de la capitale, et je dois reconnaître que les objectifs tels qu'exposés dans la délibération sur l?augmentation de la capacité hôtelière, sur la capacité à renforcer notre offre de tourisme de congrès, de tourisme professionnel, je les partage, je l?ai dit hier.

En revanche, je pense que la délibération et le projet, et spécifiquement la modification du P.L.U. ne répondent pas à ces enjeux.

D'abord, sur la forme, parce que nous devons, porte de Versailles, traiter le problème comme un projet global sur la porte de Versailles, d?une tour Triangle et d?un parc des expositions, et ne pas saucissonner, pour paraphraser Mme SIMONNET, le sujet en deux, comme si l'un et l'autre étaient indifférents, notamment, M. CONTASSOT l'a relevé, parce que la modification du P.L.U. telle qu'elle est là ne nous permet pas de lever les inquiétudes et les réserves du commissaire enquêteur, parce que notamment les conséquences pour le transport et pour la fluidité du transport dans le Sud-Ouest ne pourront être évaluées qu'à l'aune de projet de tour Triangle et quand on saura ce qu?il y a dedans, quand on saura les infrastructures routières et les modifications qu'elles vont engendrer et, par conséquent, nous ne pouvons pas, aujourd'hui, voter en conscience cette modification du P.L.U. tant que l'on ne sait pas concrètement ce que vous aurez mis dans cette tour si, d?ici là, nous n?avons pas réussi à vous convaincre de revenir en arrière sur cette décision.

Et ces deux projets, Monsieur le Maire, mais, Madame HIDALGO en particulier, ne répondent, malheureusement pas aujourd'hui à l'objectif environnemental que s'est affiché la Ville de Paris ; ils ne répondent pas à l'enjeu de transport, tant en mobilité douce qu'en voiture individuelle, dont on doit fluidifier, malgré tout, le trafic dans le Sud-Ouest ; ils ne répondent pas à l'enjeu de commerce ; ils ne répondent pas à l'enjeu de mixité sociale autour du quartier de la porte de Versailles, et enfin et surtout, cette question de la densification de bureaux et de tourisme de congrès dans le Sud et à la porte de Versailles en particulier ne répond pas au besoin criant que nous avons tous évoqué dans cette Assemblée : le besoin de logements, et notamment du rééquilibrage Est/Ouest, dont nous avons parlé hier et à de multiples reprises dans cette assemblée. C'est pourquoi je ne voterai pas l?avis du P.L.U., j?irai même à la fois plus loin et moins loin en vous disant que je ne participerai pas au vote sur cette délibération, parce qu'il me semble que l'on ne vote pas la bonne chose et qu?on ne vote pas avec les bons éléments. C?est pourquoi je réaffirme ici mon opposition à ce projet de tour et je souligne que, par ailleurs, cette révision du P.L.U. devant renforcer notre capacité de tourisme d?exposition, de tourisme business, la réaction des principaux organisateurs de congrès, la réaction des principaux organisateurs de salons, a été d'être en défiance à l'égard de ce projet et je pense qu?on ne répond pas aux premiers acteurs qui vont être concernés par cet objectif.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais, d'abord, remercier l'ensemble des orateurs pour leurs interventions, hormis des interventions qui ont été très critiques sur ce projet, et, vraiment, chacun est respectable dans les arguments qu?il oppose, c'est quand même un projet qui fait l'objet d'un très large consensus sur les bancs de cette Assemblée, je tiens à le souligner et à remercier celles et ceux qui, dans tous les groupes, y compris le groupe PC/Front de gauche, participent notamment à la commission que j'ai mise en place, suite à un v?u, Madame TACHENE, que vous aviez porté et qui est une commission qui nous a permis de travailler dans la transparence et, je crois, de façon très rationnelle sur ce projet qui est un projet majeur pour Paris et, bien sûr, pour le 15e. C'est un projet à dimension métropolitaine, vous l'avez souligné, Monsieur le Maire du 15e, Gilles ALAYRAC, Mme TACHENE également.

Nous sommes sur un secteur qui, historiquement, et, d'ailleurs, c?est ce qui est inscrit dans le P.L.U., est un secteur dédié à l'activité économique et aux grands services urbains, parce que le parc des expositions n'est pas une invention récente, et chacun sait combien l'activité de ce parc est importante pour la Ville en termes de recettes, en termes de dynamique économique, et moi, je ne dissocie pas la dynamique économique de la création d'emploi ; on ne peut pas créer d'emplois s'il n'y a pas des entreprises en situation de pouvoir le faire, et je me bats ici, sur ces bancs, avec beaucoup d'autres, pour qu?effectivement, dans notre ville, l'emploi progresse, parce qu'il y a encore un taux de chômage qui n'est pas acceptable.

C'est un projet à dimension métropolitaine, dans lequel je suis, bien sûr, en lien avec les maires de Vanves et d'Issy-les-Moulineaux ; nous travaillons ensemble.

C'est un projet très important et, vraiment, nous avons voulu le porter en consacrant cette importance.

La Commission qui s'est réunie à plusieurs reprises a permis de faire le point à partir d'une étude, d'ailleurs, de KPMG sur les atouts et les faiblesses de ce parc, et vous avez repris les uns et les autres, notamment, les atouts de ce parc, à savoir son positionnement ; il est en c?ur de métropole. C'est un parc qui continue et doit pouvoir continuer de rivaliser avec les grandes villes qui, aujourd'hui, accueillent les grands salons, notamment au niveau européen.

Mais s'il a des atouts, il a aussi des faiblesses, et c'est sur ces faiblesses que nous sommes en train de travailler et ce projet de délibération est un des éléments de réponse à ces faiblesses.

Les faiblesses, quelles sont-elles ? Nous les avons soulignées les uns et les autres.

Il faut que ce parc soit mieux inséré dans la ville, parce qu?effectivement, mieux inséré, c?est aussi un plus en termes d?attractivité pour le parc, et c'est moins de gêne pour les habitants qui sont à proximité immédiate d'un espace comme celui-ci. C'est donc son insertion urbaine.

Les faiblesses relèvent aussi de la faible implication aujourd'hui des installations dans des installations que l'on pourrait considérer comme relevant de la haute qualité environnementale. Il y a donc un travail énorme à faire pour que les installations, les halls, les possibilités d'équipements que l'on trouvera dans ce parc soient effectivement adaptés à ces normes qui sont des normes extrêmement importantes, d'abord pour le climat et pour la planète, mais qui sont très importantes aussi sur le terrain de l'attractivité du parc.

Aujourd'hui, on sait que beaucoup d'entreprises se déterminent aussi par rapport à la qualité environnementale des infrastructures qui leur sont proposées pour tenir les foires et les salons.

Et puis, il y a également, dans les faiblesses de ce parc, le fait que l'offre hôtelière, l'offre de service et de congrès ne soit pas suffisante. Et là aussi, ce projet de délibération répond à cela. Comme vous le savez - je ne vous le rappelle pas, on est venu souvent au Conseil de Paris sur ce point -, en juillet 2011, le Conseil de Paris avait approuvé le lancement d'une consultation pour un renouvellement anticipé du contrat de concession du parc. Normalement, il nous conduisait jusqu'en 2026, mais nous avons considéré qu'il valait mieux agir avant 2026 pour mettre ce parc aux normes et être en situation de concourir, de façon intelligente, intéressante et performante, avec les autres grandes villes européennes et mondiales.

Donc, cette mise en concurrence est en cours. Une commission spéciale, celle qui s'était réunie au début et qui s'est transformée, composée d'élus parisiens, est constituée pour choisir à l'été le futur concessionnaire de ce parc. Mais, dans le cahier des charges, dans le programme que nous avons soumis à la concurrence, nous avons prévu la possibilité qu'il y ait de l'hôtellerie et notamment des commerces pour animer le site, mais aussi la création d'un centre de congrès. Cela nécessitait une modification du P.L.U. pour effectivement permettre aussi aux entreprises de répondre sur le programme qui nous convient.

C'est donc l'objet de ce projet de délibération.

Certains d'entre vous ont fait le lien entre ce projet de délibération et la modification du P.L.U. qu'elle engendre, qui va se tenir du printemps prochain, avec l'enquête publique, jusqu'à une approbation en juillet 2013. Vous avez fait le lien avec la procédure de révision simplifiée du P.L.U. sur la tour Triangle.

Certains ont dit qu'il ne fallait pas saucissonner. Il ne s'agit pas de saucissonnage, mais simplement la procédure de modification du P.L.U. que je propose ici intervient en parallèle de la révision simplifiée du P.L.U. sur la tour Triangle. D'ailleurs, le code de l'urbanisme prévoit que plusieurs évolutions du P.L.U. peuvent être menées simultanément.

La procédure concernant spécifiquement la tour Triangle aboutira aussi à l'été 2013, c'est-à-dire au moment du choix du nouveau concessionnaire. Je crois qu'en fournissant, comme réponse aux réserves du commissaire enquêteur, un nouveau concessionnaire avec ces engagements d'investissement, ces engagements financiers et la nouvelle redevance qui sera discutée avec la Ville, nous aurons répondu à cette réserve.

Cela nous paraissait la façon la plus adéquate d'y répondre. D'ailleurs, je l'avais expliqué très précisément. Donc, ne soyez pas surpris que ces dossiers arrivent dans cet ordre-là, puisque je l'ai expliqué à plusieurs reprises ici au Conseil de Paris. Je pense, au contraire, que cela donnera de la force à l'ensemble de ce dossier.

Comme le commissaire enquêteur dans sa réserve principale avait émis cette question sur l'impact positif ou négatif de la tour Triangle sur l'attractivité économique du parc des expositions, je pense qu'avec, d'une part, le concessionnaire choisi à l'été 2013, cette modification de P.L.U. permettant justement les évolutions du parc et la modification de P.L.U. pour permettre la tour Triangle, nous sommes au contraire sur un ensemble extrêmement cohérent.

J'entends, ici et là, le débat sur les tours. On ne va pas le reprendre, il a été lancé, tranché à plusieurs reprises par notre Assemblée, tranché aussi à plusieurs reprises dans les Conseils d'arrondissement. Je ne reprends pas la totalité de ce débat. Vous avez une opinion qui est arrêtée sur le fait que la hauteur ne peut pas être compatible avec l'écologie.

Je suis désolée de vous dire qu'aujourd'hui les performances des bâtiments permettent effectivement de répondre aux attentes du plan Climat et des différents Grenelle, et que par ailleurs le fait d'avoir des concentrations dans des quartiers mixtes, puisque nous sommes dans un grand quartier mixte, des concentrations d'activité et de logement, c'est justement ce qui fait la ville durable. Ce n'est pas, au contraire, l'étalement ou l'installation de zones d'activité à des endroits où il n'y a pas de transports en commun que l'on fait de la ville durable, bien au contraire.

Je ne suis pas pour l'étalement urbain. Que l'on m'explique comment on loge des millions de personnes qui sont aujourd'hui mal logées et comment on fournit les emplois que l'on doit fournir sur un espace relativement restreint, si on n'accroît pas d'une certaine façon la densité ? Si on n'accroît pas la densité, on utilise l'étalement urbain et je vous déconseille d'aller miter les terres agricoles et la nature dont nous avons besoin dans la Région Ile-de-France.

C'est un sujet de fond sur lequel on a souvent l'occasion de s'entretenir. Mais aujourd'hui, cette proposition nous permet d'aller justement vers cette ville mixte dans ses fonctions. Ce que vous dites, il faudrait dans ce quartier faire du logement social, vous croyez que l'on ne s'en est pas occupé ? Vous croyez qu'il y a déjà du logement social ? Vous croyez que je ne me bats pas à longueur de projet pour rééquilibrer justement le logement social entre l'Est et l'Ouest ?

Regardez les chiffres du logement social en 2001 dans le 15e et regardez-les en 2014, vous verrez si on a fait du logement social et si on a équilibré ou pas. En l'occurrence, je me sens un peu à l'offensive sur ce sujet, notamment dans cet arrondissement, et là-dessus ce n'est pas le maire du 15e qui va me démentir.

Pas de leçons là-dessus. Quand il faut faire du logement social, je pense être au front avec beaucoup de mes collègues ici et en tout cas dans ce quartier comme dans d'autres. Je conclus. Je rejoins tout à fait ce qu'a dit M. GOUJON sur la nécessité de ce comité de site, d'envisager vraiment l'ensemble de ces évolutions dans leur globalité. A proximité, il y a aussi bien sûr Balard et cela n'a échappé à personne, mais il y a aussi le Laboratoire national d'essai dans lequel nous faisons du logement social. Il faut donc élargir et tenir compte également des quartiers un peu plus éloignés mais qui ne peuvent pas souffrir d'un manque de dynamique que l'on aura sur la porte de Versailles et que l'on n'aurait pas dans d'autres quartiers plus centraux du 15e arrondissement. Voilà, mes chers collègues, ce que je voulais ajouter à notre débat en vous remerciant et en remerciant bien évidemment celles et ceux qui vont approuver ce projet de délibération. Merci.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 51.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2013, DU 51).