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Fevrier 2013
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif aux tournages de films.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2013


 

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 72 dans le fascicule, déposé par le groupe U.M.P.P.A., relatif aux tournages de films.

La parole est à Mme MERIGOT de TREIGNY pour une minute, merci beaucoup.

Mme Martine MERIGOT de TREIGNY. - Madame le Maire, merci. Ce v?u porte une nouvelle fois sur les nuisances générées par les tournages de films qui sont nombreux dans le 8e. Ces tournages entraînent systématiquement la privatisation de la voie publique par des opérations de ventousage, ventousage ayant trop souvent pour but de réserver des places pour les voitures personnelles des intervenants de ces tournages. Mais ces emprises de ventousage ne sont jamais indiquées sur les plans soumis à autorisation. Les personnels chargés de gardienner ces emprises emploient l'intimidation envers les riverains, si ce n'est la manière forte, riverains dont vous pouvez comprendre l'exaspération, ne pouvant plus se garer ou voyant leur voiture enlevée. Pour éviter que ces méthodes ne se multiplient, nous demandons que les autorisations de stationnement délivrées pour les tournages de films soient accompagnées de plan extrêmement précis matérialisant les limites de ces autorisations. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Je vous remercie. Pour vous répondre, la parole est à Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, adjoint. - Merci, Madame la Présidente. Permettez-moi tout d'abord de rappeler que l'activité des tournages dans la Capitale s'est particulièrement développée ces dernières années, comme d?ailleurs le premier considérant du v?u le rappelle, pour atteindre aujourd'hui 988 tournages par an, représentant plus de 3.300 jours de tournage dans l?année, pour l'année 2012, soit neuf tournages par jour en moyenne à Paris. Je rappellerai également que ces tournages offrent d'abord des retombées économiques directes pour la Ville, notamment en termes d'emplois culturels et notamment pour les professionnels du spectacle et de l'audiovisuel qui souffrent beaucoup aujourd'hui des conséquences de la crise économique. C'est également des retombées économiques pour les industries techniques cinématographiques et également des retombées indirectes, puisque ces tournages participent au rayonnement de Paris en France et à l'étranger. Alors, il est vrai que certains arrondissements sont plus sollicités que d?autres et il est vrai que le 8e arrondissement est l'un des arrondissements, je crois d'ailleurs que c'est l'arrondissement qui est le plus demandé et usité par les équipes de tournage. On peut le voir, je regrette d'ailleurs que vous n'en fassiez pas du tout mention dans les considérants, comme étant un hommage à cet arrondissement qui, de par sa beauté et ses atouts, attire bon nombre de tournages et il souhaite être montré. J'admets tout à fait qu'il y a un certain nombre de nuisances qui ne sont pas toujours aussi graves que celles que vous avez évoquées dans vos considérants, mais il y a un certain nombre de nuisances. Je pense aux groupes électrogènes, je pense en effet aux stationnements parfois plus longs que les autorisations délivrées ou même aux horaires qui ne sont pas toujours respectés. Je voudrais d'abord vous dire que, en ce qui concerne les responsabilités de la Ville de Paris, nous avons pris bon nombre de mesures ces dernières années, notamment la mise en place d?une charte signée entre les professionnels et le Maire de Paris, obligeant les productions à informer les riverains et commerçants trois jours avant leur tournage et faisant état d'un certain nombre de recommandations. Nous avons d'ailleurs discuté en 9e Commission et j'ai demandé à la Mission Cinéma qui permet - et je salue d'ailleurs sa parfaite activité concernant l'accueil des tournages à Paris - de mettre à jour cette charte dans les mois qui viennent. Nous mettons également à disposition un guide des tournages rassemblant les recommandations qu?il convient de suivre lors d'un tournage à Paris et, enfin, les rues ou secteurs à éviter ainsi que les renseignements à faire figurer sur l'information du tournage pour les riverains. Cependant, en ce qui concerne le v?u proprement dit, et non pas vos considérants, je dois rappeler que l'activité des tournages nécessite l'utilisation de l'espace public et que cette autorisation est attribuée par la Préfecture de police en matière de stationnement, puisque seuls les services de police et les commissariats d'arrondissement sont compétents. Je crois qu'il y a déjà eu ces derniers mois, ces dernières années, une amélioration quant aux obligations auxquelles doivent répondre les équipes de tournage, mais je vous demanderai donc, au vu de ces informations, de bien vouloir retirer votre v?u puisqu'il n'est pas de la compétence de la Ville que de pouvoir y répondre favorablement et notamment de délivrer un plan matérialisant exactement les limites de ces autorisations, puisque cela dépend des commissariats de police.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

M. le Représentant du Préfet de police souhaitait apporter quelques éléments de réponse également.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Madame la Maire.

Effectivement, les chiffres ont été rappelés par M. Bruno JULLIARD. Le nombre de sollicitations reçues par les commissariats est fort et plutôt croissant ces dernières années. Alors, effectivement, nous nous félicitons également de ce que cela signifie en termes de dynamisme, d?attractivité de la Capitale, de retombées économiques également pour Paris. Chacune de ces demandes fait l'objet d'un examen extrêmement attentif, parfois au niveau du commissariat, parfois au niveau de la Préfecture de police au niveau central, en fonction de la taille du tournage et de la production. Les instructions, ces dernières années, compte tenu notamment du nombre et de la croissance qui a été rappelée, ont été données de manière à ce que ces demandes soient examinées en prenant en compte les impératifs d'ordre public, de tranquillité publique, de libre circulation sur la voie publique et les commissariats ont reçu instruction de traiter chacune de ces demandes de manière à restreindre au maximum le nombre de places de stationnement neutralisées. C?est vrai, d?abord, en termes de linéaire, où les calculs se font au plus juste, c'est vrai également en termes de durée, puisque sauf exception, les véhicules et les opérations que vous avez décrites démarrent le plus tardivement possible, en moyenne autour de 24 heures avant l'installation des véhicules. Nous avons également, dans le cadre de grosses productions, des contacts avec ces sociétés, de manière à les inviter à utiliser d'autres espaces, notamment des parkings privés, dès lors que c'est possible.

M. Bruno JULLIARD a également rappelé tout le travail que la Ville de Paris a demandé aux sociétés de production d'informations suffisamment en amont des riverains.

Je voudrais également indiquer que les commissariats procèdent de manière régulière à des contrôles de ces tournages. Il est arrivé ces dernières semaines et ces derniers mois que certains, d?ailleurs, soient interrompus, compte tenu du non-respect des prescriptions que les commissariats avaient faites, parfois, il y a également des verbalisations, et sur ce point, je suis ferme, ils n'entrent pas dans les pouvoirs des sociétés de production ou des préposés que vous avez indiqués de faire elles-mêmes la police et d'inviter les particuliers à circuler. Votre proposition de marquage d'une meilleure information des maires d'arrondissement, je la retiens comme une proposition qui peut effectivement faire l'objet d'un examen technique, et nous allons travailler dans ce sens, mais cela va dans le sens de ce que j'indique, c'est-à-dire une conciliation toujours entre la volonté de participer à ce dynamisme, mais également de veiller au respect des principes que je viens de rappeler.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Je suis saisie d'une demande d?explication de vote de M. POZZO di BORGO.

M. Yves POZZO di BORGO. - Je vous remercie, Monsieur le Préfet, de votre explication, parce que c'est vrai que dans le 7e arrondissement, nous avons également eu des opérations de tournage de films ; cela a un peu évolué, mais à un moment, il est vrai qu?on avait l'impression que la police donnait délégation à ces équipes privées et que c'était un peu brutal.

Il y a une évolution des choses, on le sent, et je vous remercie de la réponse que vous avez apportée ; je voulais le signaler. Je crois qu?il faut quand même être très prudent, parce que vous savez très bien que ces sociétés de production, très souvent, utilisent beaucoup de personnels de chez vous comme figurants et autres. Il y a parfois, on le sent, un certain, non pas laisser-aller, mais une certaine tolérance un peu excessive sur ce genre de chose, mais je vous remercie des propos que vous avez tenus, parce qu?ils sont dans la logique de ce que nous souhaitons. Nous voterons donc ce v?u.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Madame MERIGOT de TREIGNY, compte tenu des explications de M. JULLIARD, maintenez-vous votre v?u ?

Mme Martine MERIGOT de TREIGNY. - Je veux simplement donner une explication.

Monsieur JULLIARD, je ne voudrais pas que vous détourniez ce v?u en parlant de la beauté, du dynamisme, de cet art, j?en conviens, mais je crois qu?il faut aussi respecter les riverains et, cela, il ne faut pas l'oublier, et c'était le but de ce v?u. Nous ne sommes pas contre le cinéma.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Donc, vous le maintenez ?

Mme Martine MERIGOT de TREIGNY. - Je le maintiens.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je vous remercie.