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Mars 2013
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Conseil Général
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Vœu déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche relatif au maintien des urgences de l'Hôtel-Dieu.

Débat/ Conseil général/ Mars 2013


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à l'examen de la proposition de v?u référencée n° 10 G dans le fascicule, déposée par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, relative au maintien des urgences de l?Hôtel-Dieu. C?est Mme Danielle SIMONNET qui intervient en une minute et M. LE GUEN répondra.

Mme Danielle SIMONNET. - Nous avons déjà échangé sur ce sujet.

Je rappellerai que l'austérité nuit gravement à la santé.

Vous savez que la Commission médicale d'établissement de l'A.P.-H.P. du 14 novembre 2012 avait proposé déjà la suppression définitive des urgences de l'Hôtel-Dieu et le 13 mars dernier, dans une note adressée par le directeur du groupement hospitalier Cochin - Broca - Hôtel-Dieu et le président de la C.M.E.L. à l?intention des chefs de service, on apprenait par exemple que la fermeture des urgences de l'Hôtel-Dieu entraînerait une remontée partielle des passages aux urgences sur les autres sites extrêmement compliquée, et qu'aucun hôpital parisien ne pourrait accueillir les patients supplémentaires.

Et surtout, cette note révélait qu'aucun schéma de fonctionnement médical d?organisation des soins médicaux n'avait été élaboré préalablement.

Je me souviens que M. Jean-Marie LE GUEN avait défendu la réorganisation de l'hôpital, du nouvel hôpital du XXIe siècle, un hôpital debout, sans lit, comme si un tel hôpital, sans plateau technique, allait permettre de répondre aux urgences de santé sur Paris.

Nous ne partageons pas ce point de vue et nous soutenons les mobilisations qui sont en cours. De plus vous le savez comme moi, nous avons aussi l'unité médico-judiciaire de l'Hôtel-Dieu et nous allons d'ailleurs dans ce Conseil de Paris accorder une subvention au CIDF Paris qui assure une permanence et travaille sur le problème des violences faites aux femmes et des problèmes de viol. On sait pertinemment que la capacité que les femmes ont de pouvoir déposer plainte est étroitement liée aussi à l'accompagnement humain qu'il y a là.

Toutes ces raisons plaident pour qu?il n'y ait pas de suppression de ces urgences.

Nous vous le redemandons instamment pour une question de santé publique à Paris, ne contribuez pas et ne cautionnez pas la fermeture des urgences de l?Hôtel-Dieu. Au contraire, demandez à la Direction générale de l'A.P.-H.P. de renoncer à tout projet de fermeture de ces urgences et garantissez la pérennité du service d'urgence sur ce site de l?Hôtel-Dieu. Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame SIMONNET. M. LE GUEN va vous rassurer.

M. Jean-Marie LE GUEN. - Merci, Monsieur le Président.

Je comprends bien et j'ai bien noté que dans le monde dans lequel vous vivez ces derniers jours, beaucoup de choses très agressives se passent autour de vous.

Mais je voulais vous rassurer, s'agissant de l'Hôtel-Dieu, premièrement, les urgences médico-judiciaires resteront là, donc toute cette partie d'intervention n'a pas lieu d'être. Donc, nous pouvons gentiment discuter du reste.

Et le reste, c'est quoi ? C'est l'évolution des hôpitaux, et l?évolution des hôpitaux en l'occurrence, pas toujours, vous avez raison d'être parfois méfiante sur les problèmes liés à l'insuffisance des moyens financiers, mais s'agissant de l'Hôtel-Dieu ce n'est pas pour des raisons d'insuffisance des moyens financiers que nous réfléchissons à mettre en ?uvre une politique hospitalière différente, parce qu?il se trouve que dans ce domaine aussi, les choses changent, le monde bouge, et qu'il faut s'adapter ! Eh oui, et c'est pourquoi tout à l'heure je dénonçais les conservatismes que l'on voit ici et là.

Et donc, comme les choses bougent, il faut savoir s'adapter. En même temps, il faut savoir répondre aux besoins qui se maintiennent.

Les besoins, quels sont-ils ? Une offre de soins renouvelée en matière de proximité. Et je vous le garantis, comme j'ai déjà eu l'occasion de le faire : il y aura une offre de soins de proximité renforcée dans le Centre de Paris, au-delà du 4e arrondissement. Et vous posez un dernier problème, qui mérite évidemment toute notre attention : c'est la question des urgences graves, en tant que telles. Ces urgences graves, pour partie, ont déjà été relativement? comment dirais-je? n'étaient plus principalement adressées à l'Hôtel-dieu parce que les structures globales hospitalières de l'Hôtel-dieu n'étaient pas les plus? comment dirais-je? les plus adaptées aux réponses les plus graves. Et nous allons continuer à renforcer les postes d'urgence qui sont, vous le savez, assez nombreux à Paris parce que, historiquement, nous avons à l'intérieur de la capitale une certaine densité hospitalière que l'on ne retrouve pas forcément dans tous les départements français. On pourrait dire, sans beaucoup d'euphémisme, que nous avons une exception dont nous sommes fiers et que nous souhaitons évidemment conserver, mais il y aura, je vous l'assure, pour les urgences comme pour les soins de proximité, une offre non seulement maintenue mais développée ; elle sera simplement redéployée d'une façon adéquate beaucoup plus performante sur les hôpitaux parisiens.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LE GUEN.

Quel est votre avis sur le v?u ?

M. Jean-Marie LE GUEN. - Je suis défavorable.

M. Christian SAUTTER, président. - Oui, cela coule de source, à vous entendre !

Je mets aux voix le v?u n° 10 G, avec un avis défavorable?

Pardon ?

Mme Danielle SIMONNET. - D'habitude, vous demandez si on le maintient ou pas.

M. Christian SAUTTER, président. - M. LE GUEN ne l?a pas demandé mais je veux bien vous le demander, pour vous être agréable, Madame SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Pour M. LE GUEN, c?est : "Tout va bien, Monsieur le Marquis. Le monde bouge mais il faut s'adapter aux violences des néolibéraux qui s'attaquent à l'hôpital public". Eh bien, nous ne sommes pas d'accord avec cela, donc nous maintenons notre v?u.

M. Christian SAUTTER, président. - Bien, le v?u est maintenu.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, n° 10 G assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.