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Mars 2013
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Conseil Général
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2013 DASES 88 G - Renouvellement de la convention tripartite relative au dispositif des " Espaces Solidarité Insertion " (ESI) conclue entre le Département de Paris, l'Etat et la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP) et renouvellement des conventions bilatérales conclues entre le Département de Paris et chaque gestionnaire d'" Espace Solidarité Insertion ".

Débat/ Conseil général/ Mars 2013


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DASES 88 G relatif à des Espaces Solidarité Insertion. C'est une convention entre le Département de Paris, l'Etat et la R.A.T.P.

Cela porte aussi sur les conventions entre le Département de Paris et chacun des gestionnaires d'"Espaces solidarité insertion". Tout ceci est extrêmement clair, comme M. Gauthier CARON-THIBAULT va l'expliquer en moins de cinq minutes.

M. Gauthier CARON-THIBAULT. - Merci, Monsieur le Président.

Mes chers collègues, Paris se caractérise par une forte polarisation sociale, avec à la fois un revenu moyen par habitants parmi les plus élevés du pays et une forte proportion de ménages pauvres. Le taux de pauvreté y est supérieur à la moyenne nationale, avec 14 % de la population parisienne qui vit en dessous de ce seuil.

Paris est également le département métropolitain où le niveau de vie des personnes démunies est le plus bas.

Face à cela, face à l'importance des phénomènes de grande précarité qui concernent aussi bien des familles que des personnes isolées, le Département conduit une politique volontariste visant à intervenir en profondeur sur le champ de l'insertion et de la solidarité.

Le dispositif des "espaces solidarité insertion", réseau d'accueil de jour parisien destiné à recevoir de manière inconditionnelle tous ceux que les difficultés de l'existence ont conduit à un état de très grande précarité et de grande exclusion, en est l'illustration.

Aujourd'hui, le Département de Paris a décidé de signer une nouvelle convention tripartite avec l?Etat et la R.A.T.P. afin de réaffirmer son attachement au fonctionnement et au développement de ces espaces qui ouvrent leurs portes aux personnes exclues, en détresse ou en rupture sociale.

Elu du 3e arrondissement, j'ai pu constater à de nombreuses occasions ce que l?E.S.I. Saint-Martin apporte aux personnes sans domicile fixe, aux travailleurs en situation de précarité, à des personnes en situation de handicap psychique ou de conduite addictive.

Depuis 2000, dans une ancienne station de métro fermée en 1939, ce lieu accueille ceux qui en ont besoin. Ouvert de 9 heures à 17 heures tous les jours sans interruption et un week-end sur deux, on peut s?y rendre pour partager le traditionnel petit déjeuner offert à tous.

Après un premier contact et échange d'informations avec l'équipe d'accueil, les personnes qui fréquentent le centre ont accès à une grande variété de services proposés par l'équipe de l'association, qui visent à répondre à l'urgence du moment et au besoin de chacun - soins, hygiène, laverie, sanitaires, douches et même coiffeur.

Ce sont plus de 50.000 personnes qui en bénéficient tous les ans.

Des lieux de détente et de restauration sont également accessibles, comme des cafétérias, des bibliothèques, des salles de repos ainsi que des ateliers collectifs qui sont régulièrement proposés pour pouvoir réaliser couture, cuisine, arts plastiques ou même projection de films.

Véritable aide à la survie, ce lieu d'accueil de jour s'adresse à toutes les personnes en situation de précarité et de grande exclusion et les aide à préparer leur réinsertion.

Grâce au service de domiciliation, qui permet de créer une adresse et ainsi de recevoir du courrier, et à une expérimentation novatrice qui consiste à donner, via une carte, un numéro de téléphone à chacun pour ainsi être joignable et répondre aux offres d'emploi, un travail de réinsertion professionnelle est ainsi initié en prenant en compte la réalité sociale et les besoins particuliers des Parisiens les plus exclus. L?E.S.I. permet aussi et surtout de faire le point sur son parcours grâce aux interlocuteurs de l'association ou aux travailleurs sociaux qui y sont détachés. Interviennent donc régulièrement lors des permanences un conseiller juridique, un agent de la sécurité sociale, une infirmière et des médecins - un généraliste et un dermatologue -, ce qui permet d'orienter des demandes d'hébergement ou d'accompagnement de plus long terme. D'autres partenariats permettent aux équipes d'orienter certaines personnes accueillies vers des services adaptés comme l'intersecteur psychiatrique ou d?organiser des sorties avec l'association "culture du c?ur". Parce que les "espaces solidarité d'insertion" aident les personnes exclues à reprendre confiance en elles en leur offrant tous les outils utiles à leur réinsertion, il me paraît plus que nécessaire de poursuivre cette action, en particulier en cette période de crise où le rôle de la Ville reste encore et toujours d'inclure, inclure et inclure. Merci, Monsieur le Président.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur CARON-THIBAULT. Mme TROSTIANSKY va réagir brièvement à votre très bel exposé.

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente. - Monsieur le Président, je remercie M. Gauthier CARON-THIBAULT d'avoir mis en valeur ce projet, qui traduit en effet l'engagement de notre collectivité dans la lutte contre l'exclusion en permettant aux personnes sans-abri de trouver de nombreux lieux dans Paris où trouver une première accroche pour l'insertion.

Les 15 "espaces solidarité insertion" sont au c?ur du dispositif de veille sociale en offrant aux personnes écoute, soutien, services de première nécessité et en proposant la première étape de l'accompagnement social.

Monsieur le Président, en 2011, plus de 550.000 personnes ont été enregistrées dans ces structures.

En lien avec les équipes de maraude, les E.S.I. constituent une offre de proximité tout à fait indispensable. Leurs équipes sont en première ligne pour constater l'évolution des besoins. Elles nous alertent actuellement sur le nombre important de nouvelles personnes à venir chercher - aide et secours-, notamment de jeunes migrants, souvent très isolés et sans repères dans notre ville.

Monsieur le Président, je tiens à souligner le rôle essentiel du Centre d'action sociale de la Ville de Paris dans le dispositif des E.S.I. Vous n'êtes pas sans savoir que le C.A.S.V.P. gère deux de ces équipements : la halle Saint-Didier, dans le 16e arrondissement, dont l'équipe s'est engagée dans la campagne hivernale d'une manière tout à fait remarquable, et l'espace René-Coty, dans le 14e arrondissement, dont la compétence médicale est très précieuse pour la prise en charge des personnes à la rue. Pour toutes ces raisons, Monsieur le Président, je vous invite à donner un avis favorable à ce projet de délibération.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame TROSTIANSKY.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 88 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2013, DASES 88 G).