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Septembre 2010
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Conseil Municipal
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2010, SG 204 - Communication sur la jeunesse à Paris. Vœu déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche relatif à la vente directe de fruits et légumes dans la restauration scolaire. Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la mise en oeuvre de la réforme des tarifs de restauration scolaire. Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la situation des jeunes sans affectation scolaire. Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à l'affectation des élèves des collèges.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2010


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je propose que nous passions maintenant au débat sur la communication que je vous ai adressée.

J'aborde mes chers collègues ce débat sur la jeunesse à Paris avec beaucoup de gravité, car si la crise frappe certes partout, sans distinction, elle touche avec encore plus de violence les jeunes qui sont les plus vulnérables.

Aujourd'hui, dans notre pays, 20 % des moins de 25 ans vivent sous le seuil de pauvreté. Près d'un tiers sont au chômage. Parmi ceux qui ont une activité, combien de contrats précaires, de stages peu ou pas rémunérés, de temps partiels subis ?

Nous devons donc répondre à une urgence et inventer pour une génération qui perd confiance, non seulement des repères, mais aussi des moyens concrets d'insertion et de progression.

Nous avons souhaité que cette communication de rentrée s'ouvre, bien sûr, par un développement consacré aux questions scolaires car l'école, avec ses succès et ses échecs, détermine largement tout ce qui suit.

Or, elle traverse une crise profonde qui menace jusqu'à son identité. Elle est aujourd'hui gravement fragilisée. Après 60.000 suppressions de postes depuis 2002, il y a en cette rentrée encore 16.000 enseignants, surveillants, éducateurs, médecins scolaires en moins pour des milliers d'élèves en plus.

Paris est directement frappée par cette politique étroitement comptable. J'ajoute qu'avec la disparition de l'année de stage, à laquelle rien n'est venu sérieusement se substituer, les jeunes enseignants se retrouvent brutalement confrontés à des situations inédites pour eux et souvent très difficiles.

A Paris, ce sont ainsi 170 professeurs des écoles, dont 44 dans les zones d'éducation prioritaires, et plusieurs centaines de professeurs de collège qui ont été privés de toute formation avant de commencer à exercer leur métier.

L'idée que l'on puisse envoyer un jeune diplômé devant une classe de plus de 30 élèves, sans préparation d'aucune sorte à ce métier, marque une forme de désinvolture incroyable, aussi bien pour les enseignants que pour les enfants qu'ils doivent former.

Devant ces coups portés au service public de l'éducation, que peut faire une collectivité locale comme la nôtre ?

Essentiellement trois choses, d'abord exprimer à toute la communauté scolaire, aux élèves, aux parents et aux enseignants notre solidarité et notre soutien actif dans cette période si dure.

Deuxièmement, bien sûr, investir sur ce qui dépend directement de nous, le patrimoine scolaire auquel nous avons cette année consacré au total plus de 87 millions d'euros.

Je tiens en particulier à mentionner l'ouverture du collège Aimé Césaire rue Pajol dans le 18e arrondissement et de l'école maternelle du 5 rue de Cambrais dans le 19e arrondissement, accessible à tous les types de handicap.

Enfin, nous devons nous mobiliser pour le périscolaire qui est aussi un moyen précieux de lutter contre le décrochage et de réduire les inégalités.

11 projets de jumelage entre des établissements scolaires et des institutions culturelles ont ainsi permis à des milliers d'enfants de s'initier aux arts plastiques, à la photographie, au cinéma, au théâtre ou à la musique.

Je tiens, d'autre part, à évoquer un point directement lié, lui aussi, à l'objectif de réduction des inégalités : la nouvelle tarification pour les cantines.

Notre Conseil a voté en mai dernier une réforme majeure pour la justice sociale dans notre ville. Comme j'en avais pris l'engagement en mars 2008 devant les Parisiens, les mêmes tarifs s'appliquent dorénavant à toutes les familles, où qu'elles habitent dans la capitale.

Cette réforme relève de la prérogative confiée par la loi à notre Conseil. Elle est légitime, car le budget municipal apporte aux caisses des écoles une subvention qui représente plus de la moitié de leurs ressources.

Elle est enfin et surtout juste et nécessaire, car elle permettra à 65 % des familles parisiennes de voir leurs tarifs baisser.

Les maires de l'opposition municipale ont saisi le Préfet pour lui demander de déférer cette réforme devant le tribunal administratif. Face au refus du Préfet qui a validé la légalité de notre réforme, cinq maires d'arrondissement ont pris la lourde responsabilité de se mettre hors-la-loi en refusant d'appliquer cette délibération pourtant exécutoire, mais nous ferons en sorte que cette réforme entre bien dans les faits et je tiens à remercier les 15 maires d'arrondissements, dont 3 siègent sur les bancs de l'opposition municipale, qui l'ont, dès à présent, mise en ?uvre.

Mes chers collègues, nous avons tenu, cette année, à élargir le thème de notre séance de rentrée à la jeunesse dans toutes ses dimensions, et notamment à une génération, les 15-25 ans, dont nous devons comprendre les attentes et les inquiétudes, afin d?y répondre par des actes.

Le premier défi auquel nous sommes confrontés, c'est l'accès des jeunes au logement. Leurs revenus sont souvent faibles, voire inexistants, et ils ne trouvent que très difficilement les moyens de leur indépendance. L?allocation Paris Logement leur est donc tout particulièrement destinée, notamment aux jeunes travailleurs et aux étudiants boursiers.

Je rappelle que cette aide, d'un montant minimum de 80 euros par mois, est versée aux Parisiens qui consacrent plus de 30 % de leurs revenus à leur loyer et à leurs charges.

Nous consacrons, d'autre part, un effort important au logement social étudiant.

En deux mandats, ce sont ainsi 7.800 logements étudiants qui auront été financés. A la fin de cette année 2010, nous aurons déjà atteint le chiffre de 6.200.

Nous allons aussi, à partir de 2011, ouvrir aux jeunes exclus du marché locatif le dispositif "Louez Solidaire". C'est évidemment toujours insuffisant au regard des besoins, mais c'est bien une impulsion nouvelle qui est marquée depuis 9 ans et cela constitue une première réponse concrète aux difficultés des jeunes Parisiens.

Second défi : l'emploi. C'est un sujet majeur sur lequel notre assemblée a d'ailleurs constitué, à l'initiative du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, une mission dont les propositions sont, en ce moment, étudiées avec attention.

Signalons, en cette rentrée, une nouveauté : le R.S.A. a été étendu aux moins de 25 ans, mais cette ouverture est assortie de conditions si réductrices que la plupart des jeunes en sont exclus.

Devant l'étendue et la gravité de la crise et dans ce domaine qui relève avant tout de la compétence de l'Etat, les réponses de la Ville ne peuvent être que partielles. Elles sont pourtant nombreuses et souvent très efficaces.

Mentionnons d'abord les forums "Paris pour l'emploi", organisés sous l'autorité de Christian SAUTTER, qui permettent, chaque année, à des milliers de Parisiens de moins de 30 ans de rencontrer des employeurs.

L'année dernière, ce sont ainsi 5.000 jeunes qui, grâce à ce forum, ont trouvé un travail, la grande majorité en contrat à durée indéterminée.

Je tiens aussi à saluer le travail des cinq missions locales parisiennes. Elles ont accompagné cette année plus de 20.000 jeunes, dont près d'un tiers ont ainsi pu accéder à l'emploi. La mission Belliard, par exemple, dans le 18e arrondissement, a développé des programmes très innovants dans le domaine essentiel pour notre vie collective de la solidarité intergénérationnelle.

Pour encourager, soutenir et consolider les missions locales, notre collectivité procédera, l'année prochaine, en lien avec l'Etat et la Région, à une révision de leur statut et de leur organisation. Le but de cette réforme est de renforcer leur unité, et donc leur complémentarité et leur efficacité.

Paris est également particulièrement mobilisée pour embaucher, nous-mêmes, des personnes en insertion. Plus de 1.500 jeunes en contrat aidé sont ainsi recrutés dans les services de la Ville et l?effort sera intensifié en 2011 avec une centaine d'embauches supplémentaires.

Mais toute politique de la jeunesse doit prendre en compte, au-delà même des urgences sociales, une réalité dont l'intensité est souvent propre à ce moment de la vie : le besoin d'engagement.

S'engager pour un jeune dans la société urbaine de ce début de siècle peut prendre les formes les plus diverses, du soutien des causes humanitaires à l'appétit de culture sous toutes ses formes.

L'idée est toujours de donner, d'échanger, d'avancer ensemble. Les jeunes ont besoin de lieux pour exprimer ces goûts de la vie.

Deux exemples : la Maison des initiatives étudiantes abrite et soutient les projets les plus divers, qu'ils relèvent de la solidarité, de la culture ou du sport. Elle accueille ainsi plus de 90 associations. A partir de cette rentrée 2010, elle ouvre également ses services aux étudiants porteurs de projets individuels et pour que ce lieu de la créativité, de l'innovation, ne se limite pas à une adresse dans la capitale, nous avons décidé de lui permettre d'essaimer sur les campus et dans les quartiers. La première antenne de la Maison des initiatives étudiantes ouvrira donc au début de l'année prochaine à "Paris Rive gauche".

Dans le même esprit, le projet des Halles offre l'occasion de créer un espace pour les jeunes, leur culture et leur envie de partage. 1.500 mètres carrés au c?ur de la Canopée seront ainsi réservés aux créations et aux productions musicales des jeunes de Paris et de la Métropole.

Mes chers collègues, vous le voyez, l'objectif de la Ville de Paris est de permettre aux jeunes d'accéder autant que possible à l'autonomie, c'est-à-dire à la maîtrise de leur propre destin.

Il faut entendre les jeunes, et nous aurons l'occasion de le faire ici même demain matin en recevant le Conseil parisien de la jeunesse, mais nous devons aussi répondre à leurs angoisses et à leurs espérances.

Le champ de réflexion et d'action est considérable et je tiens à remercier très chaleureusement Colombe BROSSEL, Bruno JULLIARD et Didier GUILLOT. C'est une fierté de voir ces trois jeunes adjoints, sincères, inspirés, dynamiques, mettre leurs compétences et leur ardeur au service des Parisiens. Avec eux, c'est l'ensemble de l'équipe municipale qui travaille à donner à la jeunesse de Paris des raisons et des moyens d'avoir confiance en elle.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

Mes chers collègues, la conférence d'organisation a organisé le débat ; je donne d'abord la parole à Mme Emmanuelle BECKER.

Mme Emmanuelle BECKER. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, cette communication de rentrée scolaire est, pour nous, l?occasion de débattre de la situation de notre école publique.

A plusieurs reprises, et dans cette Assemblée, le groupe Communiste et des élus du Parti de Gauche est intervenu pour dire sa forte inquiétude. Nous avons présenté plusieurs proposition et dénoncé à de nombreuses reprises la politique de casse de l?école publique entreprise par le Gouvernement actuel.

Cette rentrée scolaire, dans un contexte social explosif, a été marquée par plusieurs journées de grève des personnels de l'Education nationale, suivies jusqu'à 60 % dans le premier degré et dans le second. Malgré cela, le Gouvernement reste sourd.

Sourd également aux rapports sortis de ses propres services, comme un récent rapport de l'Inspection générale de l'Administration de l'Education nationale qui dénonce - je cite "une rentrée qui prépare assez peu l'avenir", du fait d?une réforme qui, en plus de créer des tensions, se fait au détriment des collèges.

Cette réforme signe le profond mépris que le Gouvernement porte à l'école publique :

- mépris quand on compte 700 nouveaux élèves pour 3 postes d?enseignant créés, quand la hausse du nombre d'élèves par classe devient un objectif économique à atteindre ;

- mépris encore quand, à cette rentrée, 170 nouveaux enseignants à Paris dont 44 jeunes affectés en R.E.P. (réseau d'éducation prioritaire) n?ont pu bénéficier de la formation pédagogique nécessaire ;

- mépris toujours lorsque l?assouplissement de la carte scolaire en finit avec la mixité sociale des collèges.

Ce choix politique de la Droite, ce choix idéologique, refuse de considérer l?école publique comme émancipatrice, alors qu'elle est indispensable à toute avancée sociale collective. Au nom d?une idéologie qui prône la mise en concurrence des hommes et des territoires, nous subissons un démontage minutieux et programmé de l'ensemble de nos services publics. Nous parlons aujourd'hui de l?école et je pense également à l'école maternelle, mais nous pourrions dire de même de l'hôpital ou de la justice et de l?ensemble de notre système social.

Face à ce Gouvernement qui veut une école des riches et de l'autre côté une école pour pauvres, notre majorité de gauche à Paris continue de défendre l?école pour tous et ses principes d'égalité.

A ce titre, la réforme de la restauration scolaire que nous avons adoptée en juin dernier abaisse les tarifs de cantine pour 65 % des Parisiens issus des classes moyennes et populaires. Cette harmonisation parisienne des tarifs qui bénéficie au plus grand nombre, bien sûr les maires des arrondissements de droite n'en veulent pas et, de manière totalement irresponsable, ne l'ont pas appliquée. Le service public de la restauration scolaire reste pourtant le meilleur moyen que tous les enfants aient accès le midi à une alimentation de qualité et respectueuse de leurs besoins alimentaires. Du reste, une récente étude de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques nous apprend que l'obésité infantile est en recul en France sauf dans quelques régions et dans les zones d'éducation prioritaire. Il y a un lien entre les conditions sociales et la santé publique : cette étude le confirme une nouvelle fois.

C'est pourquoi un service public de restauration scolaire de qualité doit répondre pour nous à une triple exigence : à la fois sociale, sanitaire et environnementale. Par un v?u, nous proposons ainsi d'encourager les caisses des écoles à avoir recours à des produits issus de la vente directe. Notre Assemblée s'est déjà prononcée plusieurs fois en faveur de ces circuits courts de vente des producteurs aux consommateurs. L'apport social comme qualitatif de ces produits est considérable.

La qualité de vie et d?enseignement dans les bâtiments scolaires est elle aussi un axe central pour une politique sociale et sanitaire ambitieuse. Notre majorité à Paris a fait le choix d'investir près de 130 millions d'euros dans l'entretien et l?amélioration des écoles primaires de la Ville. Les travaux de mise en accessibilité de l?ensemble des bâtiments scolaires pour l'accueil des enfants porteurs de handicap sont un effort nécessaire. Cependant, je tiens à rappeler que cet accueil nécessite également des personnels qualifiés et en nombre suffisant. Force est de constater que le Gouvernement est une fois de plus absent sur cette question.

Enfin, je souhaite insister sur le besoin de développer un accueil périscolaire d'excellence. Nous initions dans ce domaine des partenariats ambitieux avec divers établissements culturels ; et je pense, entre autres, à l'opération "l?art pour grandir" et à son résultat qui a été la belle exposition "Au Pays des Musées".

Nous sommes là aux antipodes des visées minimalistes de l?U.M.P. et de son service minimum d'accueil dans les écoles. Pour eux, l'accueil est une garderie sans ambition. Pour nous, elle a une vocation pédagogique émancipatrice qui nécessite des personnels et des enseignants en nombre suffisant, en bref des professionnels qualifiés pour remplir une mission de service public.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Communiste et élus du Parti de Gauche, socialiste, radical de gauche et apparentés et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à M. LECOQ.

M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, permettez-moi d'abord de vous faire part de notre étonnement quant aux communications que vous présentez à notre Conseil. Les deux traitent de la jeunesse, alors que la rentrée scolaire, qui concerne encore plus de jeunes, de la maternelle jusqu'à l'université, ne représente que 2,5 pages sur la communication de 17 pages qui sera débattue aujourd'hui.

Pourquoi ? Parce que vous consacrez l'essentiel de votre communication à dénoncer la politique gouvernementale en la caricaturant de façon grossière.

Certes, tout est perfectible, mais nier de la sorte les aspects positifs qu?elle porte, tout en préconisant quelques mesures placebo, peut laisser à penser à certains que l'Education nationale ne doit pas être profondément réformée, alors que les études françaises et internationales se sont multipliées, démontrant sa productivité déclinante et son incapacité croissante à instruire une population scolaire diversifiée. C?est d?ailleurs si vrai, mes chers collègues, que les établissements privés de tous types, sous contrat d'association avec l'Education nationale, voire hors contrat, n?ont jamais accueilli autant d'élèves, et vous n'êtes pas les derniers, Mesdames et Messieurs de la majorité municipale, à y recourir, ce que d'ailleurs je ne vous reproche pas !

Alors que, dans le monde entier et particulièrement en Europe, dans les pays qui nous entourent, les jeunes connaissent des difficultés d?accès au marché de l'emploi, souvent en raison d'une formation inadaptée, vous niez les efforts considérables faits par le Gouvernement, qu?il s?agisse de la mise en place du R.S.A. pour les jeunes ou de l'accessibilité aux universités.

Les mesures dont vous vous glorifiez et qui seraient de nature à régler les problèmes que connaissent certains jeunes Parisiens, sont des mesurettes partielles qui ne sauraient compenser l'élévation du coût de la vie qu'ils subissent à travers la cherté de l?immobilier - et la Ville y concourt par sa politique de préemption -, la rareté grandissante des chambres d'étudiants en dépit de l'effort qui est fait - et l?élévation des taxes et des impôts municipaux.

Pour les publics les plus difficiles, pourquoi ne mettez-vous pas en place des internats de la réussite qui ont prouvé leur intérêt et qui auraient valeur d'exemple pour certains jeunes ayant décroché du système scolaire ?

Monsieur le Maire, même si vous donnez l'impression, dans votre communication, de ne pas très bien connaître ces problèmes, soyez moins dogmatique et un peu plus pragmatique. En survolant la rentrée scolaire et en ne traitant pas des questions fondamentales, non seulement vous oubliez un peu facilement vos responsabilités mais surtout vous n'avez pas eu un mot pour les nombreux agents municipaux de la DASCO qui, pendant toute l'année, accompagnent la scolarité des petits Parisiens, de la maternelle jusqu'aux niveaux du supérieur, et que nous remercions.

S'agissant du premier degré, il serait utile que vous fassiez à notre Assemblée un bilan régulier de la mise en accessibilité des écoles parisiennes, puisque la loi impose une accessibilité effective de nos établissements à toutes les formes de handicap pour le 1er janvier 2015. Nous aurions également apprécié trouver dans votre communication un bilan des opérations de désamiantage réalisées et qui restent à faire. Je vous rappelle qu?il aura fallu un article de presse en 2009 pour que la Ville découvre la présence d'amiante dans un certain nombre de ses bâtiments.

S'agissant du second degré, et notamment des cités scolaires, où Paris, en tant que Département, est en charge des collèges, alors que la Région Ile-de-France a les lycées sous sa responsabilité, la situation de certains établissements est alarmante. A Montaigne, par exemple, qui accueille près de 2.500 élèves issus des 5e, 6e, 13e et 14e arrondissements, où la rénovation est arrêtée depuis plus de cinq ans, il aura fallu au premier semestre un courrier de mise en demeure de la Préfecture de police pour que certains travaux d'urgence soient effectués. Néanmoins, à l'heure actuelle, des salles de T.P. et de physique, totalement "insécures", continuent à être utilisées.

Cela fait maintenant plus de deux ans que je multiplie les interventions, sans succès. Je demande aujourd'hui solennellement à la Mairie d'exiger de la Région Ile-de-France une réunion sur place en vue d?une reprise rapide des travaux et je demande à la Préfecture de police de visiter les parties les plus vétustes de cet établissement en prononçant éventuellement les fermetures nécessaires.

Nous pourrions d'ailleurs multiplier les exemples. Montaigne n?est malheureusement pas le seul établissement où la Région, et donc le Département de Paris, n'assument plus leurs responsabilités. La preuve en est d?ailleurs à travers ces 28 millions d'euros qui sont très en deçà des sommes nécessaires.

Monsieur le Maire, vous critiquez les autres mais vous ne vous souciez pas beaucoup des familles parisiennes. Votre attitude devant le S.M.A. en est la preuve. Instauré depuis plus de deux ans par une loi d?août 2008, le S.M.A. n'est pas mis en ?uvre à Paris de façon satisfaisante. Vous avez refusé dans un premier temps d?appliquer cette loi, puis, contraint par le Préfet de le faire, sous peine d'astreintes financières, vous vous contentez d'un service minimum - sans jeux de mots -, au rabais, appliqué de façon inégalitaire selon les arrondissements. Alors que depuis deux ans, vous aviez largement le temps de puiser dans le grand nombre d?étudiants et d'associatifs titulaires du B.A.F.A., vous ne l'avez pas fait. Vous n?avez donc toujours pas les effectifs nécessaires pour assurer un accueil dans toutes les écoles parisiennes, condamnant ainsi les familles, et encore plus les femmes seules, à la débrouille les jours de grève.

Vous êtes donc particulièrement mal placé pour nous faire la morale dans le désaccord qui nous oppose en matière de tarification des cantines.

Nous restons convaincus de notre bon droit. L'existence et l'autonomie juridique et comptable de nos caisses des écoles imposaient une toute autre politique, centrée sur le dialogue que nous avons souhaité et que vous avez toujours refusé.

En outre, la grille tarifaire que vous mettez en place constitue un coup de massue pour de nombreuses familles qui vont retirer leurs enfants des cantines scolaires.

Votre grille est ainsi faite que les baisses de tarif sont limitées alors que les hausses de tarif sont particulièrement sévères et s'ajoutent à la hausse des impôts locaux et de diverses prestations municipales.

Monsieur le Maire, après avoir vu rejeter un premier référé d'urgence au mois de juillet, vous en avez redéposé un récemment en produisant en annexe de votre mémoire des articles de presse que vous aviez inspirés.

Tout cela n'est pas sérieux, nous vous le disons encore aujourd'hui : sur ce dossier comme sur d?autres, nous sommes prêts au dialogue mais nous récusons tout passage en force.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. SAINTETIENNE.

M. Christian SAINT-ETIENNE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, accompagner vers l?âge d?homme les 317.000 jeunes Parisiens qui ont entre 16 et 25 ans, voici le stimulant défi et l'impératif humaniste au service desquels la collectivité doit s'engager.

Cette vision globale, cette ambition essentielle se heurte pourtant à votre choix d?une segmentation du public auquel cette communication inégale s'adresse.

Quoi de commun, en effet, entre les besoins de la petite enfance, les attentes d?adolescents et celle des étudiants, ou encore les priorités des jeunes majeurs en quête d'emploi ou de logement ?

Si l'engagement financier de la Ville est certain, cet éparpillement de dispositifs, cet inventaire à la Prévert desservent le public auquel ces mesures s'adressent.

C'est ainsi que l'implantation d'un lieu dédié au hip-hop prend autant de place que la prévention du décrochage des jeunes par rapport à la loi, aux institutions et au bien commun, et que la mission de protection de l'enfance se trouve mobilisée dans un argumentaire sur le désengagement de l'État.

C?est pourtant là une des responsabilités les plus exigeantes de notre Ville, l'une aussi des plus délicates. Sa mise en ?uvre méritait mieux que quelques paragraphes de nature comptable, entre propositions d?animations festives et attaques contre la politique du Gouvernement.

De quels publics parlons-nous ?

Votre intervention considère tour à tour les jeunes comme la catégorie des moins de 25 ans lorsqu'il s'agit de statistiques relatives aux familles monoparentales, comme les 11-18 ans interrogés sur la qualité de la vie culturelle parisienne, ou encore comme les 16-25 ans que cette communication prétend prendre en compte dans son offre de perspectives et d'avenir, et même plus loin, les 14-20 ans auxquels de nouvelles structures d'accueil sont censées s'adresser.

Cette volonté d'enfermer les jeunes dans des classes d'âge mouvantes, cette approximation dans votre approche, font douter de l'existence d'une véritable politique de la jeunesse, cohérente et construite.

Cet étalage de moyens financiers achoppe sur l?absence de budgétisation des projets à venir. Tandis que votre communication de 2003 s'accompagnait de quelques fiches budgétaires, l'évaluation qualitative des outils mis en place, des subventions et autres équipements fait cruellement défaut dans celle d'aujourd'hui. L'efficience et l?adéquation de vos mesures éparses destinées aux jeunes ne sont donc pas mesurées.

Quant aux grand engagement de la Municipalité en faveur de la réduction des inégalités, de l?autonomie des jeunes ou de l'accès au logement de ces derniers, un constat révélé par l'INSEE s'impose : les inégalités sociales sur le territoire même de Paris se renforcent depuis 2000. Les études de l?Atelier parisien d?urbanisme tendent même à prouver que le logement social comme privé est devenu inaccessible aux jeunes. L'ardeur dont fait montre la collectivité parisienne pour le logement social va en effet de pair avec la profusion de critères prioritaires qui finissent par exclure les jeunes majeurs salariés du parc social. Ne pouvant accéder au parc privé, délaissés par le secteur social, nos jeunes partent en banlieue et subissent des déplacements pendulaires parfois très longs de manière plus fréquente ou choisissent de s?implanter dans les métropoles régionales.

C'est pourtant là un enjeu majeur : conserver ceux qui étudient ou se forment professionnellement à Paris. Notre prometteuse jeunesse, terreau de notre avenir, ne saurait être instrumentalisée. Les Parisiens attendent une politique de la jeunesse abordée sous un angle fondamentalement humaniste préparant nos jeunes à devenir des adultes autonomes, engagés dans un processus d?élévation personnelle. C'est cette approche humaniste que nous souhaitons mettre en ?uvre.

À ce titre, une vision globale alliant sport, santé, nutrition et développement intellectuel doit être recherchée.

Où sont les grands complexes sportifs dédiés aux jeunes ?

Où sont les structures associatives favorisant la mixité sociale et la dynamique du dépassement de soi ?

C'est bien davantage le sport business que vous semblez privilégier au détriment du sport de proximité.

Des équipements regroupant sport individuel et collectif conçu sur un modèle redistributif où les plus riches s'acquitteraient de cotisations pour que les plus démunis puissent bénéficier de ces activités devraient voir le jour et être privilégiés.

La première ville universitaire d?Europe, comptant 300.000 étudiants, et constituée à près de 15 % de jeunes de 16 à 25 ans n'a ainsi pas d'équipements sportifs dignes de ce nom destinés à la jeunesse.

Nos jeunes ne sauraient être réduits au rang de consommateurs de subventions, mais doivent bien au contraire devenir des acteurs responsables de leurs propres vies.

Former des citoyens responsables, voici le défi que nous devons relever, Monsieur le Maire.

Face à l'insécurité croissante qui gangrène la Capitale, à la persistance d'un climat délétère et à la multiplication des agressions des jeunes gens, à l'instar de ce jeune homme poignardé par une dizaine de jeunes mineurs en raison de ses origines juives, le 3 septembre, au parc de Choisy, dans le 13e, ou encore ce jeune lycéen de 17 ans agressé par une bande à la sortie de son lycée, toujours dans le 13e, une réponse adaptée à la spécificité de la collectivité parisienne doit être apportée.

La proposition du groupe Centre et Indépendants relative à l?organisation d?un débat sur l?opportunité de la création d'une police municipale lors d'une prochaine séance du Conseil de Paris paraît en cela des plus pertinente.

Si l?État est le premier responsable de la sécurité, le Maire a également un rôle à jouer, notamment en matière de prévention et de politique de la ville.

Finalement, les moyens sont là ; reste à savoir s?ils seront employés à l?avenir au service d'une politique ambitieuse, globale, cohérente, mobilisant l'ensemble des forces vives de la Capitale, pour permettre aux jeunes Parisiens de devenir des acteurs de leur vie plutôt que des spectateurs subventionnés.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Centre et Indépendants et U.M.P.P.A.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Sandrine CHARNOZ.

Mme Sandrine CHARNOZ. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, je voudrais saluer la richesse de cette communication, richesse qui ne se mesure pas au nombre de mots, Monsieur LECOQ, mais bien aux idées et aux valeurs qu'elle porte.

Et elle démontre que notre collectivité s?intéresse à sa jeunesse dans toute sa diversité.

Dans un contexte de crise économique et sociale, notre responsabilité envers les générations futures doit être encore plus grande.

Cette jeunesse est inquiète, et sa présence massive dans les rues, le 23 septembre dernier, sur le sujet des retraites, nous le prouve.

Le Gouvernement, sourd à la mobilisation, inflexible sur sa réforme et son financement injuste, n'a pas réussi à convaincre les nouvelles générations qu'il travaillait à la sauvegarde de la retraite par répartition. Personne n'est dupe. Est-ce normal qu?à 18, 25 ans, on pense déjà à sa retraite ?

Non certainement pas, et le slogan entendu ce jeudi dernier : "travailler à 25 ans plutôt qu'à 65 ans" résume à lui seul la lucidité et l?angoisse de notre jeunesse. Nos jeunes s'inséraient hier difficilement sur le marché du travail et demain s'inséreront encore moins bien, frappés par la double peine de cette réforme qui dégrade encore l'accès à l?emploi et l?accès demain à une retraite à taux plein.

Paris le démontre dans cette communication : notre collectivité se mobilise et investit pour sa jeunesse, autant dans l?éducation que dans l?accompagnement des plus éloignés de l'emploi par exemple.

L?école est en crise, et le désengagement de l'État, avec 25.000 suppressions de postes et la réforme dite de mastérisation, ne peuvent qu'accentuer cette crise.

Les effectifs augmentent, les postes destinés aux élèves les plus en difficulté sont les premiers touchés : réduction des moyens en centres d'aide et d'adaptation psychopédagogique ; réduction des moyens en R.A.S.E.D. ou encore des classes d?initiation pour enfants non francophones dans les arrondissements populaires de l'Est parisien.

Et ce ne sont pas les quelques effets d'annonces ou gadgets dont M. LECOQ a fait la base de son intervention qui permettront de sortir de la situation dans laquelle se trouve l?école publique.

En juin dernier, dans son rapport, la Mission d?information et d?évaluation sur l?accès à l'emploi pérenne des jeunes Parisiens a clairement mis en avant le lien entre l?insertion et la formation initiale et professionnelle.

L'U.M.P.P.A. a d'ailleurs dans ses propositions orales, en juin dernier, suggéré de donner à chaque Parisien un bagage suffisant pour s?insérer professionnellement demain. Ils n'ont guère été entendus, et je le regrette, par leurs amis au Gouvernement dont c'est pourtant la compétence.

Nous, nous sommes convaincus de l?importance de l?investissement dans le système éducatif pour faire face à l'indispensable hausse du niveau de qualification des jeunes, et pour une formation qui, quels que soient les réseaux, le milieu familial, les origines, le nom ou le quartier, permettent un avenir pour les jeunes parisiens, et nous nous y employons dans le champ de compétence qui est le nôtre.

Paris reste marquée par de forts contrastes, et notre collectivité prend en compte la diversité des situations, les jeunes qui décrochent scolairement, par notre investissement dans "Action Collégiens", ou encore l'ouverture du centre Pelleport, qui pourra accueillir des élèves temporairement exclus, les jeunes qui décrochent par rapport à la loi, aux institutions, au bien commun, au travers de notre politique de prévention et le prévention, et le renforcement des moyens des clubs de prévention, ou encore l'expérimentation conçue par des juges et par la Fondation "Jeunesse Feu Vert" pour les jeunes délinquants récidivistes dans les 11e et 20e arrondissements, les jeunes discriminés également avec, par exemple, des actions préventives pour les classes de 3e en collaboration avec "SOS Racisme" ou le jeu concours sur les violences sexistes le 1er octobre, les jeunes qui souhaitent s'investir dans la vie de leur cité, au travers des Conseils de la jeunesse entre autres, les étudiants, en leur donnant la parole dans "Etudiant de Paris - Le Conseil", les jeunes suivis par l?Aide sociale à l?enfance avec un budget en augmentation, là où l'Etat se désengage encore.

Et la liste pourrait être encore très longue.

Je souhaiterais également insister sur l'accès à l'emploi, car les jeunes sont durement touchés par la crise et peinent à s'insérer professionnellement, ce qui fait craindre aujourd'hui l'émergence d'une véritable génération sacrifiée.

A Paris, le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans a augmenté de 38 % entre mai 2008 et mars 2010. Dans le prolongement des travaux de la M.I.E., dont le rapport a été débattu en séance en juin dernier, cette communication met l?accent sur l'engagement de notre collectivité pour l?emploi des jeunes.

Les dispositifs et les équipes au service des jeunes Parisiens pour faciliter leur formation professionnelle et leur accès à l'emploi sont de très grande qualité. Les missions locales, qui sont un des outils, ont accompagné en 2009 plus de 21.000 jeunes avec des résultats parmi les meilleurs en Ile-de-France : 36 % de jeunes placés en emploi. Elles ne cessent d?évoluer pour ne servir qu?un seul objectif : l'insertion professionnelle et sociale des jeunes. Expérimentations et réformes leur permettront de renforcer leur action. La M.I.E. avait d?ailleurs salué, comme vous l'avez fait, Monsieur le Maire, l?excellent travail et la nécessité de mieux valoriser la prise en compte des situations complexes et difficiles auxquelles sont confrontés les jeunes et le placement en emploi pérenne.

Les forums adaptés par public n?ont plus rien à démontrer en termes d'efficacité. Notons que celui sur la diversité et le premier emploi a permis depuis sa création en 2005 à plus de 3.000 jeunes de trouver un emploi, et celui pour les jeunes diplômés, organisé en juin dernier au "104" a permis à plus de 5.500 personnes d'accéder à des offres d'emploi ciblées.

Le Plan départemental 2010, lui, démontre également notre engagement sur des formations qualifiantes. Et les parcours d?insertion par l?économique, mis en place avec les Missions locales et l?Ecole du Breuil, concrétisent notre souhait de donner à chacun sa chance, en s'appuyant sur la qualité de nos écoles municipales.

Vous le voyez, les dispositifs d?accompagnement des jeunes sont diversifiés : missions locales qui s'adressent pour plus de 60 % à des jeunes disposant d?un niveau de qualification inférieur au Bac ; les maisons des entreprises et de l?emploi qui coatchent des jeunes diplômés ; le dispositif "Créajeune" qui finance par le micro-crédit les jeunes créateurs d?entreprises d'activités de demain ; le parrainage des jeunes sortant de l?Aide sociale à l?enfance qui débute cette année, ou encore l?aide que nous apportons aux régies de quartier et chantiers d'insertion pour les jeunes les plus éloignés de l'emploi.

Paris, par ailleurs, en tant qu'employeur, s'implique fortement et les 1.500 jeunes en contrat aidé le prouvent. Au-delà du quantitatif, il est important de noter que notre collectivité s'engage également sur la formation des contrats aidés, et que le quantitatif est au rendez-vous et que c'est pour nous une priorité.

Enfin, cette communication met l'accent sur la nécessité d?une approche globale, et c?est ce qui assure la durabilité de notre action politique.

L'insertion professionnelle et l?insertion sociale vont de pair. Les aides permettent aux jeunes de porter des projets. L'accès au logement, à la santé, à la citoyenneté et à la culture sont eux aussi des clefs de l'émancipation des jeunes et garantes de leur insertion.

L'INSEE estime que 15 % des 18-29 ans se trouvent en dessous du seuil de pauvreté à Paris, ce qui nous place juste derrière la Seine-Saint-Denis en Ile-de-France sur le taux de pauvreté de la jeunesse.

Pour une meilleure insertion sociale et pour une meilleure autonomie, la Ville lance d'ailleurs une information sur le micro-crédit et fusionne ses fonds d?aide aux jeunes. Ils seront d?ailleurs augmentés cette année en 2010 et nous nous en réjouissons.

Alors que l'Etat prétend, avec sa mesure phare par le biais du R.S.A., garantir l'autonomie des jeunes, Paris s'adresse à tous ceux qui concentrent le plus de difficultés. Les conditions d'obtention du R.S.A. vont exclure les jeunes les plus éloignés de l'emploi et ne s'adressent qu?aux plus employables. Quelques dizaines de milliers seront éligibles seulement en France.

Sur le logement, Paris s'engage également par le financement de foyers de jeunes travailleurs et de logements sociaux. Cette année, il est à noter que l'élargissement du dispositif "Louer solidaire", aujourd?hui réservé aux familles, demain pourra être étendu aux étudiants.

Nous n'avons pas attendu que le Secrétaire d'Etat se fasse passer pour un jeune et découvre les difficultés à se loger dans le parc privé pour créer une allocation "Paris Logement mensuelle", versée aux jeunes qui consacrent au moins 30 % de leur budget à se loger.

Cette communication a enfin un dernier mérite, qui est de mettre en lumière l'ensemble de notre politique et de mieux informer les jeunes de l'ensemble des dispositifs dont ils disposent. Nous ne cessons jamais d'améliorer cette information, dont la qualité première est qu'elle est souvent sur mesure.

La richesse de cette communication, Monsieur le Maire, démontre que Paris, fidèle à ses valeurs, contribue réellement à l'autonomie de la jeunesse.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur Jacques BOUTAULT, vous avez la parole.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues.

Mis à part les actionnaires des entreprises du CAC 40, les hauts salaires et les bénéficiaires du bouclier fiscal, la crise touche toutes les catégories de citoyens, et parmi eux il en est une particulièrement vulnérable : ce sont les moins de 25 ans.

Plus souvent au chômage que le reste de la population, près d'un jeune sur cinq en Ile-de-France vit en dessous du seuil de pauvreté. Et si au défaut d?être jeune s?ajoute un handicap physique, une ascendance immigrée, un domicile dans un quartier dit sensible ou le simple fait d'être de sexe féminin, les difficultés s'accumulent et deviennent parfois insurmontables. Elles peuvent conduire à la déprime, à la violence, à la marginalité, voire au suicide, deuxième cause de mortalité parmi les 15-20 ans après les accidents de la route.

Poursuivre des études dans de bonnes conditions, trouver un logement décent, décrocher un emploi stable, accéder au crédit devraient pourtant constituer un socle offert aux jeunes, leur permettant de construire leur vie. Or, cette jeunesse, que notre société devrait aider à réussir son entrée dans la société, subit au contraire un véritable bizutage social de la part des adultes.

Il faut être le plus compétitif pour accéder aux études de son choix, présenter les meilleures garanties pour espérer trouver un logement. Quant à postuler à un emploi dans une entreprise, sans y avoir effectué au préalable un stage long et non rémunéré, plus personne n'y songe.

Nombreuses sont les voix qui s'élèvent contre le sacrifice d?une génération. Les jeunes aujourd?hui se retrouvent contraints de mendier ce qui devrait pourtant leur revenir de droit : une formation, un emploi, un logement.

Du coup, pour cette génération, l'accès aux soins et à la culture devient un luxe. Certes, de nombreuses études montrent que les jeunes sont en relative bonne santé. Cependant, on voit s'accroître des pratiques de consommation à risque, conséquence de situations de mal-être ou de souffrance psychique, et qui peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé.

De même, une alimentation souvent exempte, pour des raisons financières, de fruits et légumes risque d'entraîner à terme des incidences néfastes sur la santé.

Quant à l'accès à l'offre culturelle ou à sa pratique, de nombreux jeunes y renoncent. La pratique d'un loisir reste chère et le coût d'entrée de certains lieux de culture prohibitif.

Notre collectivité pourtant ne ménage pas ses efforts, que ce soit dans le cadre de ses conservatoires, de sa Maison des pratiques amateurs ou de ses centres d'animation et de loisirs, auxquels s'ajoute sa politique de tarification préférentielle pour les théâtres et musées municipaux.

Reste que, d'une façon générale, trouver sa place dans la société est devenue une tâche ardue, et c?est incontestablement l?entrée dans la vie active qui est la plus problématique. Selon l'O.C.D.E., les jeunes connaissent une période de précarité de presque dix ans entre le moment de l?entrée dans leur vie active et leur premier emploi stable. Ils commencent à travailler tard, connaissent des périodes de chômage ou de travail temporaire, leurs salaires sont bas et ils cotisent moins. Cette période de précarité aura un impact sur la suite de leur vie professionnelle et même jusqu'à leur retraite.

Les jeunes ne devraient pas avoir à se battre pour se faire une place dans la société. Rappelons-nous que la loi du plus fort est une invention du XIXe siècle, indûment inspirée de la théorie de la sélection naturelle de Darwin. Rappelons-nous également qu?à l?époque du fameux darwinisme social, sur lequel repose toujours notre société capitaliste, une autre théorie de l'évolution a été développée par Pierre Kropotkine : elle défendait l?altruisme et l?entraide comme facteur de l?évolution.

Mais face aux carences de l'Etat, qui met en ?uvre la politique néolibérale du Gouvernement, inspirée de cette loi du plus fort du XIXe siècle qui reste sa doctrine, nous devons, nous élus de gauche, opposer une éthique d?entraide et de responsabilité.

Faire sienne cette éthique de responsabilité, pour reprendre le terme de Hans Jonas, implique de se sentir concernés par les actes que l'on pose et leurs conséquences pour les générations futures. C'est être responsable des autres, de notre environnement et de l'avenir de chacun. L'entraide, c'est ne laisser personne en chemin et agir contre la pauvreté, les inégalités et les discriminations.

Pour agir de manière responsable à l?égard de la jeunesse parisienne, la Ville met en place une politique destinée à favoriser l?autonomie, en assurant aux jeunes les meilleurs conditions d?aide à la formation, au logement et à l?emploi.

En matière de logement, un constat tout d'abord : les jeunes sont les premiers à subir les effets de la pénurie que nous connaissons à Paris et à être pénalisés par les tarifs exorbitants pratiqués par les propriétaires privés. 42 % des moins de 30 ans consacrent plus du tiers de leur revenu au paiement de leur loyer ; ce taux d'effort peut même atteindre plus de 65 % du revenu pour une part non négligeable des moins de 30 ans.

Le sort des jeunes étudiants n'est pas beaucoup plus enviable. Seuls 10.000 logements sont proposés par le C.R.O.U.S. et la cité universitaire aux plus de 300.000 étudiants parisiens. De nombreux étudiants qui n'obtiennent pas de logement sont laissés en pâture au marché de l?immobilier privé et sont souvent contraints de trouver un job alimentaire pendant leurs études, ce qui altère leurs chances de réussite.

Les aides accordées par la Ville pour le logement des jeunes et son engagement dans la construction de 4.000 nouveaux logements étudiants constituent un apport précieux et affichent clairement sa volonté de remédier à cette situation. Cet effort qui, face à l?urgence, pallie aux carences et aux désengagements de l'État, est malheureusement encore insuffisant.

Pourtant, des pistes existent et il ne manque, au niveau national, que la volonté politique qui, je l?espère, ne fera pas défaut après mai 2012 : plafonnement des loyers, limitation de la hausse à la relocation, application des préconisations du plan Anciaux.

En attendant des engagements du Gouvernement sur ces points, je veux rappeler que notre municipalité a voté un v?u en mai 2009, suite au vote de la loi de mobilisation pour le logement, permettant de recenser et de mettre à disposition des locaux temporairement vacants appartenant à la Ville de Paris.

Ce dispositif, trop peu utilisé, pourrait pourtant tout à fait s'adapter au logement étudiant.

On comprend donc pourquoi, aujourd'hui, jeunesse rime avec détresse. Selon le baromètre annuel de l'Ipsos pour le Secours Populaire présenté le 20 septembre dernier, un jeune sur deux se dit angoissé et plus d'un sur trois en colère quand il pense à son avenir. Le contexte actuel et le manque de considération pour ce que vivent les jeunes rendent aisément compréhensible le malaise qu'ils expriment.

A Paris, où les moins de 30 ans représentent un quart de la population, le taux de chômage des jeunes est de plus de 20 %, il a augmenté de 30 % entre 2008 et 2010, mais plus que du chômage, c'est de la précarité que les jeunes sont inquiets. Près de 20 % d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté et les jobs décrochés par les moins de 30 ans sont pour 80 % des contrats atypiques et précaires. Difficile, dans ces conditions, d'envisager l'avenir sereinement.

La politique municipale pour l'accès à l'emploi, qui inclut certaines préconisations de la mission d'information et d?évaluation sur l'accès des jeunes à un emploi pérenne est volontariste à bien des égards, mais ne peut en permanence pallier le désengagement de l'Etat.

La France est l?un des rares pays de l'O.C.D.E. à ne pas permettre un accès à l'aide sociale avant 25 ans, alors qu'ailleurs, le versement d'allocations, même de chômage, est possible dès la majorité, même si le demandeur d'emploi n'a jamais travaillé auparavant.

Le R.S.A. jeunes aurait pu être une réponse pour aider les 6 millions de 18-25 ans à acquérir davantage d'autonomie, mais en raison de restrictions imposées, ce R.S.A. jeunes ne concernera au maximum que 15.000 personnes en France et sans doute pas plus de quelques centaines à Paris.

Le soutien aux jeunes repose donc toujours prioritairement sur la solidarité familiale et sur les mesures en faveur de l'insertion, mais pas sur l'accès à l'autonomie.

A cet égard, expérimenter le revenu parisien universel, comme le préconisent les "Verts", semble une bonne piste pour articuler sans heurt le passage de l'éducation à l'emploi.

Force est de constater que le système éducatif français n'est ni émancipateur ni adapté au marché de l'emploi. Le Gouvernement imagine des réformes inappropriées de l'enseignement qui cachent une vision purement comptable de l?éducation : des postes sont supprimés, les classes ferment alors que d'autres sont surchargées, les nouveaux enseignants, les fameux professeurs stagiaires, ne sont pas formés, et l'assouplissement de la carte scolaire crée des inégalités et des situations absurdes, comme ce fut le cas à la rentrée dans les collèges parisiens, et notamment du centre de Paris. Nous avons d'ailleurs déposé un v?u à ce sujet au nom du groupe des "Verts".

Là encore, la Ville de Paris agit dans le cadre de ses responsabilités, mais le fond du problème et les solutions à apporter, qui relèvent de l'Education nationale, lui échappent, puisque c'est non seulement toute l'organisation, mais aussi le contenu de l'éducation qu'il faut repenser, tout comme les méthodes de sélection qui sont légitimement vécues de manière injuste et favorisent les réorientations multiples, l'échec scolaire et le décrochage.

La question de l'orientation est également centrale, trop précoce et trop subie, notamment dans les lycées professionnels, où elle ne correspond en rien aux aspirations de trop nombreux lycéens.

Enfin, l'apprentissage est un mode d'enseignement à généraliser à tous les niveaux, aussi bien pour améliorer l'insertion des jeunes que pour limiter les stages abusifs et non rémunérés, pratique si courante dans la Capitale.

Favoriser l?autonomie des jeunes par l?accès à une formation de qualité, à un emploi satisfaisant et à un logement décent leur permettrait d'aborder leur vie d'adulte avec confiance et de faire leurs propres choix?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur BOUTAULT, il faudrait conclure !

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - ? dégagés de l?angoisse et de la précarité.

Aider les jeunes n?est pas les assister ; c'est, au contraire, leur donner les clefs de la maturité, afin qu?ils deviennent responsables à leur tour et prennent en main leur avenir qui est aussi le nôtre.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur MARTINS, vous avez la parole.

M. Jean-François MARTINS. - Monsieur le Maire, à la lecture de cette communication, on a beaucoup de mal à, finalement, ne pas être en désaccord profond, tant la liste est exhaustive et tout y passe : nutrition, restauration scolaire, accès à l'emploi, accès au logement? C?est une liste de quasi tout ce que font et de tout ce que vivent les jeunes au quotidien, mais une liste exhaustive ne fait pas une politique ; ce sont des priorités qui font une politique, et je dois reconnaître avoir un certain mal à déceler dans cette communication des priorités lourdes, à la hauteur du désespoir que certains des orateurs précédents ont décrit et des besoins grandissants de la jeunesse, d'un nouvel espoir et d'une nouvelle ambition.

A titre d'exemple, je vais prendre deux chiffres qui démontrent qu'effectivement, vous avez de bonnes idées, mais peut-être pas assez l'envie de les appliquer.

Vous avez, dans cette communication, mentionné 180 jeunes sur les 300.000 jeunes parisiens, 180 seulement, que vous avez accompagnés dans un coaching à l'entretien et à la préparation de recherche d'emploi.

Sur le service civique, nous en reparlerons tout à l'heure, 300 jeunes seulement, à qui nous allons proposer une année complète d'engagement. Evidemment, je soutiens ce dispositif. 300 sur les 300.000, on est à 1 pour 1.000, on est, là encore, très loin d'une ambition, d'un souffle, qui permettrait de donner à la jeunesse dans son ensemble, et pas seulement à quelques-uns d?entre eux, les chances, les opportunités et l'espoir auxquels ils aspirent.

Deuxième élément, et celui-là est important, il mériterait peut-être que ce débat soit préparé plus en amont, avec l?ensemble des conseillers de Paris, il ne s'agit pas d'une communication sur la jeunesse, mais, réellement, d'une communication sur ce que vous faites à destination des jeunes, mais ce n?est pas ce que l?on fait à destination des jeunes qui constitue une politique de jeunesse. Une vraie politique en faveur d'une génération se construit sur l?ensemble des grands secteurs de notre vie publique, et je pense notamment à l'emploi, avec une vraie politique de maintien de l'emploi non qualifié dans Paris, qui aiderait les jeunes sans qualification à trouver une période et une vraie première expérience. Je pense également, évidemment, à une politique sportive, à une politique d'aménagement urbain permettant de trouver des espaces pour les jeunes.

Cette communication n'est donc, en soi, ni regrettable ni choquante, elle est juste minimaliste, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à Mme Hélène BIDARD.

Mme Hélène BIDARD. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, cette communication sur la jeunesse ne manque pas de le souligner, la catégorie "jeunes" n'existe pas en soi et les 16-25 ans traversent des situations tout à fait diverses, une "classe pour soi" aurait dit Gramsci.

Les chiffres, et notamment ceux cités dans la communication, nous rappellent combien ce moment de passage à la vie adulte devient de plus en plus difficile pour un grand nombre.

Un sondage C.S.A. paru la semaine dernière, au moment de la journée de grève pour les retraites, a évalué à 74 % la proportion des 18-25 ans opposés à la réforme menée actuellement par le Gouvernement et nous avons déjà pu constater par nous-mêmes que les jeunes parisiennes et parisiens étaient très présents lors de la dernière manifestation interprofessionnelle sur cette question.

Avec un taux de chômage de 25 %, ils sont face à une pauvreté qui, selon l'Insee, touche 1,5 million de jeunes dans notre pays, c'est-à-dire 50 % de plus que le reste de la population.

Je vous renvoie pour cela au journal "L'Humanité" d?aujourd'hui, qui consacre ses trois premières pages aux chiffres de l'O.C.D.E. et du Bureau international du travail.

Je vous cite notamment le fait qu'en France, un jeune actif sur quatre se retrouve au chômage et que pour mémoire, 34 % des actifs de 15-29 ans occupent un contrat à durée déterminée ou des contrats aidés ou stages.

C'est une réalité, les jeunes parisiens entrent tard sur le marché du travail et pour un salaire parfois près de trois fois moins élevé que celui de leurs aînés.

Face à un constat alarmant, la réponse du Gouvernement consiste à pénaliser plus encore les jeunes : réduction du nombre d'enseignants, de médecins scolaires, d'éducateurs ou encore de conseillers d'orientation, mais aussi allongement du nombre d?années de cotisation et blocage du marché du travail par la remise en cause du système de retraite par répartition ou encore, en lieu et place d?une politique de formation et d?accès à l?emploi, il programme la suppression des allocations familiales aux parents jugés démissionnaires et dont le seul crime bien souvent est de manquer cruellement de ressources.

Dans ce contexte, notre Ville a un devoir d'exemplarité et en particulier en matière sociale pour l?aide aux jeunes en difficulté.

Les centres sociaux assurent en la matière un travail considérable et de nombreux jeunes Parisiens accèdent à l?activité grâce à eux.

Les réponses que ces centres sociaux apportent aux questions sociales posées par les habitants de notre Ville sont précieuses et contribuent à faciliter le passage des jeunes à l'âge adulte.

Je sais l'engagement de notre municipalité en termes de création de nouveaux centres sociaux mais je ne peux m?empêcher de penser que nous devons rester très vigilants quant à leurs moyens de fonctionnement.

Il faudrait aller plus loin encore pour être à la hauteur des besoins de la population parisienne. Deux problématiques majeures correspondent aux difficultés rencontrées par les jeunes de notre ville dans leur passage à l?autonomie, à savoir l?accès à l'emploi et l'accès au logement.

Pour favoriser l?accès des jeunes à l?emploi, il est indispensable de soutenir le travail des Missions locales face à l'augmentation du chômage des jeunes à Paris.

Les Missions locales ne doivent pas être mises en difficulté et, pour cela, leurs moyens doivent augmenter en proportion.

C'est pourquoi, en décembre dernier, à l'occasion de la délibération sur le budget primitif, le Groupe communiste et élus du Parti de Gauche avait manifesté son soutien le plus vif aux Missions locales et le Conseil de Paris avait approuvé un amendement revalorisant la participation municipale à leur budget.

Il me paraît utile d'insister sur les très bonnes performances des Missions locales, comme le reconnaît d?ailleurs l'Inspection générale des Finances dans un rapport qu'elle a rendu en juillet dernier aux Ministres du Budget et de l'Emploi.

Ceux-là feraient bien de s'en inspirer et de renoncer à la baisse des moyens de l'État aux Missions locales annoncée par le Gouvernement il y a quelques semaines.

Ce rapport souligne en outre que ces très bonnes performances sont obtenues à des coûts très raisonnables de l?ordre de 417 euros par jeune contre par exemple un minimum de 3.600 euros par jeune pour le dispositif gouvernemental dit du contrat d?autonomie de Fadela AMARA. A ce niveau, on peut s'interroger sur l'efficacité recherchée.

Bien entendu, je renouvelle ici la ferme opposition de mon groupe à tout recours à des entreprises privées de placement direct dans l'emploi et je souligne l'analyse du rapport de l'Inspection générale des Finances, qui lie directement les performances des Missions locales à leur objectif d'accompagnement global des jeunes : emploi, formation, logement, santé mais aussi mobilité, culture et sport.

Ces dimensions essentielles à l?insertion réussie et durable des jeunes sont bien entendu ignorées par les entreprises d'intérim qui n'ont pour objectif que leur profit.

Comme nous le disions lors du dernier débat sur le P.D.I. en avril dernier, en confiant 70 jeunes éloignés de l?emploi à une entreprise privée, nous offrons les plus fragiles aux plus cupides.

Je signale à cet égard à notre assemblée que l'Autorité de la concurrence vient d'infliger une amende record de près de 100 millions d'euros à Manpower, Adecco et Vedior, notamment pour entente illicite.

Il est pour nous inconcevable que notre collectivité confie l'avenir professionnel de ces jeunes à ces privés.

Si les Missions locales doivent évoluer et être réorganisées, il est indispensable qu'elles le soient en concertation. Je souhaite à cet égard formuler quelques attentes de notre groupe.

D'abord, il nous semble important de mieux associer en amont à la conduite de ce projet les représentants des personnels qui s'interrogent sur le changement de leur statut et de leurs missions.

De fortes interrogations perdurent également quant à la forme que prendra cette nouvelle organisation des Missions locales parisiennes, en particulier quel type de gouvernance sera mis en place.

Au c?ur de cette question de la gouvernance, il y a la définition du projet associatif, qui sera mis en ?uvre par cette nouvelle structure. Une nouvelle organisation n'a de sens que si elle est et sert une ambition associative, c'est-à-dire un projet.

Celui-ci ne doit viser qu'à servir plus efficacement à l'insertion durable des jeunes avant toute autre considération d?ordre économique.

Enfin, au sujet du logement, évidemment nous partons de loin. Je tiens à souligner l'action très volontariste de la Municipalité, puisque 3.800 logements sociaux d?étudiants ont été créés à Paris depuis 2001 et 4.000 autres verront le jour avant la fin de la mandature.

Ce développement des logements publics offre à des milliers de jeunes une chance qu'ils ne peuvent pas trouver dans le parc privé. Je pense également aux foyers de jeunes travailleurs qu'il nous faut développer encore plus.

Enfin, parce que la jeunesse n'est pas épargnée par la misère et l'exclusion, nous soutenons la construction prochaine d?un nouveau centre d?hébergement spécifique dédié aux jeunes sans abri.

Nous sommes obligés en la matière de pallier à l?incurie des dispositions étatiques dont nous constatons chaque jour les conséquences dramatiques sur la jeunesse.

C?est en cela que la Ville remplit son rôle, nous préférons miser sur la jeunesse plutôt que de la combattre.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Communiste et élus du Parti de Gauche, socialiste, radical de gauche et apparentés et "Les Verts").

(Mme Anne HIDALGO, première adjointe, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je donne la parole à M. MENGUY.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Madame le Maire, mes chers collègues, que se passe-t-il dans les écoles parisiennes ?

A la lecture de cette communication, il y a fort à parier que la Mairie ne le sait pas vraiment ou en tout cas ne s'en soucie guère.

Oui, mes chers collègues, les inexactitudes et les tours de passe-passe sémantiques qui jalonnent cette communication sur la jeunesse et les quelques lignes réservées aux scolaires démontrent que la Gauche parisienne n'a aucune politique éducative, a démissionné de son rôle et rejette même de l'exercice de ses responsabilités.

Je le dis avec d'autant plus de gravité qu?elle s?enferme comme toujours dans la critique de l'État alors même qu'elle se prévaut de certaines de ses réalisations.

Il suffit de citer l'exemple du service civique pour voir que la Mairie centrale n'est finalement pas si malheureuse de trouver l'État sur son chemin.

Oui, la Gauche parisienne a démissionné, démissionné d'abord de sa responsabilité vis-à-vis de la communauté éducative.

La Ville a-t-elle enfin réglé le problème des logements de fonction des Directeurs d?école ? Non.

La Ville a-t-elle clairement réglé avec la Région les problèmes de responsabilité en cas de travaux au sein des cités scolaires ? Non.

La Ville a-t-elle enfin réglé le problème de "turnover" et des remplacements des personnels lors des pauses déjeuner et des goûters ? Non.

Plutôt que de régler ces questions, vous passez votre temps à dénoncer encore et toujours les réformes du Ministère de l'Education nationale et du Rectorat, et en particulier la fameuse mastérisation.

Vos diatribes prouvent que, finalement, vous ne savez pas de quoi vous parlez. Peut-on tolérer, mes chers collègues, que des élus dénigrent à ce point un diplôme issu de l'université républicaine et délivré avec l?un des niveaux d?exigence les plus hauts de notre fonction publique ?

Faut-il rappeler en plus en la matière que la politique menée a permis pour cette rentrée que les nouveaux professeurs soient augmentés ?

Quel mépris pour ces professionnels dont la vocation est au moins aussi forte que leur compétence !

La réalité à Paris, c'est que les professeurs stagiaires seront jusqu'à la Toussaint dans une classe avec un tuteur, contrairement à ce qui a été dit. Aucun professeur stagiaire n?a été affecté dans les écoles les plus difficiles de groupe 5 et des compléments de formation seront organisés tout au long de l'année, contrairement encore à ce qui a été dit ce matin.

Non, mes chers collègues, "la solution aux difficultés du système scolaire ne se trouve pas dans un accroissement des moyens financiers et humains qui lui sont consacrés". Cette phrase n?est pas de moi mais de Didier MIGAUD, premier Président de la Cour des comptes.

Vous le voyez, le bon sens impose de privilégier la qualité et non la quantité, c'est en tout cas ce que nous faisons.

Vous avez démissionné également vis-à-vis des familles. Vous menez en la matière une réelle politique d'exclusion des familles de la capitale. Je ne reparle pas du service minimum d?accueil où vous refusez d'appliquer la loi, laissant les familles au bord du chemin sans même apporter une information la plus élémentaire.

Mais en refusant notre proposition de renforcer la sécurisation de certains établissements, pourtant demandée par les familles et les professeurs comme dans le 15e arrondissement à Saint-Charles et Varret, vous faites le choix délibéré et irresponsable de les laisser se débrouiller seuls.

Garantir un minimum de sécurité et de confort, c'est pourtant assurer à la communauté éducative des conditions de vie et de travail élémentaires. C'est comme cela, mes chers collègues, que l'on se sent bien dans son école et dans son collège. C'est comme cela que les difficultés du quotidien peuvent rester à la porte d?un lieu de qualité auquel on s?attache et que l'on ne souhaite plus quitter.

Vous critiquez l'assouplissement de la carte scolaire, mais voilà une réponse alors que vous ne faites rien. Les familles n'ont pas forcément vocation à quitter leur établissement de rattachement mais, nous en sommes convaincus, elles ont en tout cas le droit de vouloir le meilleur pour leurs enfants.

Quand on lit votre communication, Monsieur le Maire, on ne peut y voir qu?approximations.

Laissez-moi vous redonner quelques chiffres exacts. Non, il n'y a pas en cette rentrée 2010 700 élèves de plus, ce sont les chiffres pour l'année 2009. Le solde final sera vraisemblablement négatif, ce qui, au regard de la création de trois postes supplémentaires, est une vraie satisfaction.

Avec 40 ouvertures de classe pour 30 fermetures, le bilan, là encore, je le crois, est encourageant.

Enfin, et c'est peut-être le plus déplorable, la Ville et le Département de Paris, avec la Gauche, ont démissionné vis-à-vis des enfants.

La Droite parisienne a fait le choix de s'engager aux côtés des petits Parisiens pour leur assurer les meilleures conditions de scolarisation. Que faites-vous ? Au mieux, pas grand-chose. Au pire, rien de bien.

Mes chers collègues de Gauche, vous devez être les seuls élus de France à ne pas avoir noté qu'une grande réflexion avait été initiée au plan national sur les rythmes scolaires pour prévoir notamment davantage de sport l'après-midi.

La Droite parisienne, mon groupe, a demandé par deux v?ux de prévoir dans cette perspective un audit des infrastructures sportives pour connaître exactement l'état et l'entretien de celles-ci, leur éventuelle dangerosité, les travaux à prévoir et, comme l'adjoint aux sports l?avait évoquée, la présence éventuelle de matières toxiques.

Comment refuser une telle demande ? Vous l?avez fait pour des raisons purement idéologiques et croyez bien que nous le regrettons pour tous les enfants parisiens.

Gouverner, c?est prévoir. Manifestement, vous gouvernez d'une piètre façon.

Il y a également beaucoup à dire de l?attitude de la Ville quant à son désengagement de la vie scolaire. Il se dit en effet que pour des raisons financières vous envisagez de vous retirer d?un certain nombre de mécanismes d?accompagnement comme "coup de pouce". Nous ne pouvons y croire et l?U.M.P.P.A. vous demande de vous engager solennellement ce matin à ne pas rompre un partenariat qui signifierait sa fin pure et simple : cela rassurerait les enfants et les familles.

Enfin, mes chers collègues, l'avenir de Paris, c'est l?évolution de ses quartiers et de leur sociologie. Alors que des projets de logements se multiplient dans certains arrondissements, la réalité exige que l'offre de service public se crée de façon proportionnée.

Qu?il s?agisse du 15e ou d'autres arrondissements, l'accroissement de population implique forcément une nouvelle école. C'est le terrain qui parle ici : les syndicats eux-mêmes ont attiré votre attention sur cette question.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, vous l?aurez compris, la Droite parisienne ne peut se satisfaire d'une telle communication. La jeunesse parisienne se forge dans les couloirs et les classes de ses écoles. Nous avons fait le choix, contrairement à vous, de défendre les familles plutôt que l?idéologie, la communauté éducative plutôt que les effets d'annonce, les enfants plutôt que les postures politiciennes.

L?école ne doit pas servir des ambitions personnelles, ne doit pas être utilisée pour des revendications archaïques ; l'école doit être le fleuron d'une société, d'un quartier, d'une communauté de vie ; cette école-là, c'est celle que nous servons, pas pour nous, mais pour notre jeunesse.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame ASMANI, vous avez la parole.

Mme Lynda ASMANI. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Si votre communication sur la jeunesse s'apparente trop souvent en de multiples endroits à un catalogue événementiel où le supposé désengagement de l?État se trouve toujours opposé à la magnanimité et à la bonté de l'Exécutif parisien, mon groupe refuse pour autant d?incarner une caricature de l'opposition et de répondre à chaque attaque. En effet, les querelles partisanes ne sauraient se dérouler sur le dos de notre jeunesse.

Aussi, c'est sans esprit de revanche, mais avec un réel souci d'objectivité que nous nous interrogeons sur le contenu de cette communication et de votre vision pour la jeunesse à Paris.

Cette jeunesse polymorphe constitue à n'en pas douter l'avenir de notre collectivité et bien plus encore, de notre pays. Et pourtant, 19 % des jeunes parisiens de moins de 30 ans vivent encore sous le seuil de pauvreté.

Beaucoup est fait, je vous l?accorde, Monsieur le Maire, en termes de subventions, d'associations, de valorisation et de richesses culturelles et patrimoniales de Paris auprès des jeunes parisiens.

Mais je vous le demande : quelle est votre grand chantier ? Quelle marque, quelle empreinte laisserez-vous auprès des jeunes ? Quels bénéfices constituant votre bilan concret pourront-ils se réjouir d?avoir engrangés sous votre mandature ?

Certes, 2,6 millions d'euros ont été distribués à 174 associations subventionnées par la collectivité parisienne en 2010, tandis que 12,6 millions d'euros ont été consacrés au budget de fonctionnement, éducation, jeunesse et sport dans le cadre de la politique de la ville cette même année.

Les moyens sont là, mais les dépenses aussi, et nous soutenons évidemment l?action des associations à cet égard dans nos divers arrondissements en votant nombre de subventions.

Néanmoins, votre action ne pécherait-elle pas par excès de saupoudrage, d?éparpillement sans réelle vision systémique ? Quelle cohérence s'en dégage ?

Alors que, comme vous l'affirmiez dans l'introduction de votre communication, les familles dont les enfants ont moins de 25 ans étaient 10.000 de plus en 2006 qu?en 1999 et qu'une famille sur quatre était monoparentale, vous persistez, Monsieur le Maire, à refuser d?appliquer le service minimum d'accueil qui a pourtant vocation à répondre aux attentes des familles aux revenus les plus modestes qui ne peuvent se permettre de prendre un jour de congé lorsque les enseignants se mettent en grève, aussi légale soit-elle par ailleurs.

À l'occasion d'ailleurs de la mobilisation générale du 7 septembre, 145 écoles parisiennes sur les 460 en grève sont ainsi restées fermées toute la journée.

Pire encore, lors de la journée d'action intersyndicale contre le projet de réforme des retraites, jeudi dernier, seules 125 écoles parisiennes ont bénéficié du S.M.A.

Quel est donc le message que vous souhaitez faire parvenir aux familles parisiennes les plus démunies ?

La conquête d'une autonomie rendue possible par l?insertion sur le marché du travail et l'acquisition d'un logement : voilà qui constitue un programme ambitieux et légitime, voilà qui représente le substrat concret d?une véritable politique de la jeunesse, voilà ce que les jeunes attendent de vous, Monsieur le Maire.

Bien que la politique en faveur des foyers de jeunes travailleurs consistant à réaliser d'ici 2014 3.000 nouvelles places ainsi que la réhabilitation ou la création de 4.000 places en logement étudiant que l'État finance par ailleurs en partie via des crédits délégués au Département, que tout cela donc nous réjouisse,  il n?en reste pas moins que les conditions de ressources peuvent restreindre l'efficience de certaines des aides mises en ?uvre par la collectivité parisienne.

En effet, le plafond de 1.100 euros mensuels conditionnant l?accession à la location "Paris logement" dont peuvent bénéficier les étudiants et les jeunes travailleurs en limite considérable la portée.

De même, comme l?avait si justement souligné ma collègue Valérie SACHS lors de l?examen des conclusions rendues par les M.I.E. sur l?emploi pérenne des jeunes devant notre assemblée en juin dernier, quelques carences laissaient accroire qu'il restait encore beaucoup à faire pour l?emploi pérenne de nos jeunes. Notre groupe avait alors mis en exergue les lacunes de la politique de l?emploi parisienne destinée aux jeunes titulaires d?un diplôme supérieur et néanmoins en proie au chômage.

L?essor accru des pépinières, la promotion du trophée "Paris innovation entreprise" ou l?aide au financement des masters spécialisés qui visent à préparer les futurs jeunes cadres à passer à l'action dans un environnement incertain auraient pu constituer autant de propositions qu'il eût été intéressant de développer.

C'est donc ce vivier créatif, productif, en constant développement et au devenir prometteur, qu'incarne la jeunesse, qu'il faut stimuler et tirer vers le haut le plus possible au travers d'une politique exigeante et ambitieuse, complète et cohérente, prenant en compte les préoccupations essentielles des jeunes, leurs angoisses quant à leur insertion professionnelle, mais générant également espérance et soif d'avenir.

C'est cette politique-là que nous souhaitons, Monsieur le Maire, et j'ai donc tenu mon temps de parole, comme vous l'avez compris.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Centre et Indépendants et U.M.P.P.A.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous ne l'avez pas tenu mais comme vous ne dépassiez pas de beaucoup, je n?ai rien dit.

La parole est à M. Romain LÉVY.

M. Romain LÉVY. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, je tiens à saluer tout l?intérêt d?une telle communication sur la jeunesse au moment où cette dernière traverse une crise sans précédent dans notre pays.

Crise qui en rejoint malheureusement une autre, celle de l'enseignement, qui devrait pourtant être l?objet de toutes les attentions de la part du Gouvernement, tant les problématiques de la jeunesse et de l'éducation sont intimement liées.

Il semblerait logique de donner tous les moyens nécessaires à la formation de nos enfants. Or, que constate-t-on ? Que la rentrée scolaire à Paris a été rendue difficile, tant les mauvais coups portés ont été nombreux.

Je pense en premier lieu à la poursuite de la logique implacable du Gouvernement de suppression de postes dans l?Éducation nationale : 16.000 pour cette seule rentrée scolaire, fragilisant toujours plus les équipes pédagogiques et pénalisant les enfants. Notre ville subit directement cet affaiblissement du service public de l'éducation, comme vous l'avez rappelé, Monsieur le Maire.

Une traduction concrète en est la déscolarisation des enfants de moins de trois ans qui sert encore et toujours de variable d'ajustement à l'Académie de Paris. Elle se poursuit comme nulle part ailleurs en France, nous confortant dans notre triste position de lanterne rouge dans ce domaine.

Cela s'accompagne du démantèlement de la formation même des enseignants fraîchement diplômés avec la réforme dite de mastérisation. Elle va conduire, à Paris, plus de 170 professeurs stagiaires - nous avons été nombreux à le dire - à se retrouver directement devant des élèves sans y avoir été préparés, et certains mêmes dans des zones d'éducation prioritaire.

Pour compléter ce tableau déjà bien sombre, deux nouvelles sources d'inquiétude pour les écoliers parisiens et leurs parents.

L'objectif clairement exprimé par le Ministère de l'Éducation nationale est d?arriver à 30 élèves par classe afin de réduire encore le nombre de postes. Mais aussi la volonté de réformer la carte des zones d?éducation prioritaire au risque d'affaiblir encore ces établissements déjà fragiles.

Si l'on ajoute à cela la mise à mal de la sectorisation scolaire, qui conduit même l'Académie à donner paradoxalement, à certains endroits, priorité aux dérogations sur les affectations de secteur, alors on comprend mieux l?ampleur du travail qu?il vous a fallu accomplir, chère Colombe BROSSEL, pour que cette rentrée se déroule dans les meilleures conditions possibles.

Il ne nous a pas échappé que dans un tel contexte, ce sont les collectivités locales qui se retrouvent en première ligne. Elles assument l?immense responsabilité de tenir à bout de bras, avec leurs compétences propres, un service public d'Éducation nationale qui est malmené.

Notre collectivité a ainsi, depuis 2001, investit massivement dans son patrimoine scolaire : 130 millions d'euros en moyenne chaque année sont consacrés à l'ouverture de nouveaux établissements ou à de lourds travaux de réhabilitation, Monsieur LECOQ. Enfin, vous lui rapporterez puisque comme d?habitude, il a déjà quitté la séance après avoir parlé. Il faut y ajouter le millier annuel d?opérations de travaux de rénovation financé dans les collèges et écoles de la capitale.

En outre, loin de l'approche exclusivement répressive de l'État, la question du décrochage scolaire a également été appréhendée avec force par notre Municipalité. Et elle est essentielle car elle concerne autant les jeunes sortis sans qualification du système scolaire que les jeunes "décrocheurs" de moins de 16 ans encore soumis à l?obligation scolaire. Vous avez rappelé, Monsieur le Maire, les différents dispositifs que la Ville a mis en ?uvre pour répondre au mieux à ces situations d'échec scolaire rendues d'autant plus intolérables par la crise que traverse notre pays. Vous en avez fait une priorité de votre action. Je pense notamment à "Action collégiens", destinée à accompagner les élèves s'adaptant difficilement au collège, et qui va s?étendre au-delà des 33 établissements aujourd'hui concernés, au dispositif "réussite éducative", qui prend déjà en charge 700 élèves en difficulté scolaire.

Et au moment où nous parlons justement du décrochage scolaire, comment ne pas évoquer l?absurde situation dans laquelle se trouvent certains jeunes qui ont le plus grand mal à trouver un lycée les accueillant pour effectuer la formation de leur choix ?

C'est pourquoi, à l'initiative de la maire du 20e arrondissement, notre groupe souhaite, à travers le v?u qu'il a déposé que vous puissiez, Monsieur le Maire, intervenir auprès du Recteur afin :

- d?obtenir un état précis des jeunes qui n'ont pu obtenir une place dans un lycée ou dans la formation de leur choix ;

- qu'à l'issue de cet état des lieux, il soit possible d?en tirer les conséquences en termes d'organisation et d'offre diversifiée de formations dans les lycées parisiens ;

- qu'enfin, le Rectorat accompagne les élèves non affectés dans l?établissement de leur choix et donne une information claire aux familles sur les motivations du refus qu'ils ont eu et sur les propositions alternatives qui en découlent.

Le temps m?étant compté, je ne peux que saluer, sans m?y étendre autant que cela le justifierait, la volonté de notre collectivité de faire de l?école un lieu d'apprentissage de la citoyenneté, d'ouverture à l'autre et d'accès à la culture. De nombreux dispositifs, tels "l'art pour grandir" ou le financement de voyages scolaires en Europe, y concourent.

Pour finir, et je ne pensais pas devoir y revenir encore une fois, Monsieur le Maire, je veux évoquer la réforme de la tarification de la restauration scolaire. Nous l'avons votée avant l'été et elle aurait dû s?appliquer partout à Paris dès cette rentrée.

Mais c'était sans compter sur l?obscurantisme? Pardonnez-moi, sans l'obstruction acharnée, voulais-je dire, quoique le terme obscurantisme pourrait s?appliquer? de certains maires d'arrondissement de l'opposition municipale.

Comment ne pas dénoncer une nouvelle fois cette attitude particulièrement stérile et choquante des maires des 6e, 8e, 15e, 16e et 17e arrondissements qui refusent d?appliquer cette réforme, pourtant exécutoire ?

Leur décision irresponsable plonge les parents dans l'embarras et la confusion et met l?administration, ainsi que les personnels des caisses, dans la difficulté. Il est quand même surprenant, pour ne pas dire plus, de lire dans un courrier adressé aux parents par un directeur de caisses des écoles : "Malgré la pression de la Mairie de Paris, la caisse des écoles ne modifie pas les tarifs de restauration scolaire" !

Enfin, tout de même, il ne s'agit pas de pression mais de la mise en application d?un vote légitime de l?institution démocratique, me semble-t-il, qui est la nôtre !

Comment est-il justifiable d'empêcher les familles les plus fragiles de nos arrondissements de bénéficier de nouveaux tarifs qui leur sont bien plus favorables ?

Dans le 6e, vous rapporterez à M. LECOQ, que cela reviendrait à les faire payer 13 centimes d?euro par repas au lieu des 2,20 euros que M. LECOQ leur demande aujourd'hui ! Pouvez-vous comprendre que payer son repas 17 fois moins, ce n'est pas rien pour des familles ?

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

Pouvez-vous comprendre que cette réforme, qui permettra à 65 % des familles parisiennes de voir leur tarif baisser, va permettre un retour dans la cantine scolaire d?enfants qui ne la fréquentaient plus car son coût était encore trop élevé ?

Comment peut-on s'attaquer de la sorte aux bas revenus et aux classes moyennes pour favoriser encore et toujours les plus aisés d'entre nous ? Au moment où la crise touche si durement certaines familles, c?est, je le redis, irresponsable de votre part !

En outre, vous semblez faire croire aux familles qu?en n?appliquant pas la réforme, vous les protégez du nouveau tarif. Mais qu'arrivera-t-il demain quand vous devrez l'appliquer ? Comment vont se faire les régularisations ? Qu'allez-vous expliquer aux familles : "Nous nous sommes engagés sur des tarifs mais nous ne les tiendrons pas" ?

Il est maintenant plus que temps que cette réforme, qui vise à introduire une plus grande justice sociale et à lisser le taux d?effort des familles, s'applique sur l'ensemble du territoire parisien.

Une réforme qui ne touche en rien la qualité des repas, je le rappelle, bien au contraire, puisque la part des produits bio ne cesse de progresser dans les menus et que, d?ici 2014, le recours aux produits labellisés atteindra les 30 % dans les cantines parisiennes.

C'est pourquoi, notre groupe demande, à travers un v?u, et je conclurai là-dessus, que les maires des 6e, 8e, 15e, 16e et 17e arrondissements, en leur qualité de président de la caisse des écoles, arrêtent leur politique d?obstruction et mettent immédiatement la réforme en ?uvre dans l'intérêt des familles.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Catherine DUMAS.

Mme Catherine DUMAS. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, dans votre communication consacrée à la jeunesse, seulement 34 lignes, et ce n'est vraiment pas beaucoup, portent sur l?offre culturelle destinée aux jeunes Parisiens.

Nous ne pouvons donc malheureusement que constater et déplorer votre peu d?intérêt pour la culture, a fortiori, la culture destinée aux jeunes Parisiens.

Pourtant, vous le savez, Monsieur le Maire, la pratique d'activités culturelles dès le plus jeune âge constitue un réel soutien à la réussite scolaire car elle favorise l'ouverture vers l'autre, l'épanouissement personnel et même la persévérance scolaire. Certes, vous dites consacrer un effort extrêmement important aux formations artistiques et aux pratiques amateurs. Pourtant, hormis vos projets fétiches, comme "Le 104", qui sont des gouffres financiers proches du naufrage, nous constatons encore cette année une diminution notable des subventions accordées aux associations culturelles.

A lire attentivement l'exposé des motifs des délibérations, la phrase "compte tenu de la répartition globale des subventions culturelles" tombe désormais comme un couperet sur le financement attendu par toutes ces associations. Car, comme c'est devenu votre habitude, vous vous servez une nouvelle fois du budget dédié à la culture comme d'une variable d'ajustement pour équilibrer les autres budgets de la Ville.

J'aimerais vous rappeler, Monsieur le Maire, les conclusions d'un rapport, datant d'avril 2009, de l?Inspection générale de la Ville de Paris sur l'accès du jeune public aux activités culturelles gérées ou soutenues par la Ville. L'Inspection générale y souligne un nombre important de faiblesses et de dysfonctionnements dans l'action culturelle de la Ville en faveur des jeunes. Le rapport fait notamment état d'un déficit certain de lisibilité de l'offre culturelle destinée aux jeunes Parisiens.

Nous aurions donc pu légitimement penser que vous vous seriez rapidement saisis de ce problème et que vos équipes auraient travaillé depuis un an sur un plan de communication c?est en général un domaine où vous êtes plutôt bon - afin de diffuser plus largement l'offre culturelle parisienne. Mais non ! Vous avouez, au contraire, dans votre communication que rien n?a été fait dans ce domaine depuis la remise de ce rapport.

Ce rapport de l'Inspection générale vient confirmer notre jugement sur votre politique culturelle :

- pas de vision globale, des orientations stratégiques obscures, voire carrément absentes ;

- vous ne disposez que de données parcellaires sur les pratiques et les attentes des jeunes, ce qui a été repris par un orateur de vos amis ;

- la coordination entre les acteurs et les directions de la Ville est clairement insuffisante ;

- et enfin, aucune évaluation des opérations financées n'est réalisée par vos services.

Tel est le bilan de votre politique culturelle. Quel constat accablant !

Les modes de vie des Parisiens ont considérablement évolué au fil des dernières années et leur mode de consommation des loisirs, notamment des loisirs culturels, également.

L'ouverture des bibliothèques le dimanche s'inscrit dans cette évolution et répond à une demande forte des Parisiens. Pourtant, depuis le 5 septembre, les portes des bibliothèques François Truffaut (1er), Marguerite Yourcenar (15e), Marguerite Duras (20e) restent désespérément closes, privant notamment les jeunes Parisiens d'un espace culturel où ils peuvent soit se divertir soit trouver les moyens et le cadre studieux nécessaires à leurs études et à leur réussite scolaire.

Ma question sera donc très simple, Monsieur le Maire : que comptez-vous faire pour débloquer cette situation qui pénalise de nombreux Parisiens ? Les négociations avec les syndicats sont aujourd'hui au point mort et nous déplorons ce blocage qui aboutit encore une fois à une prise en otage des Parisiens qui ne peuvent se rendre en bibliothèque le dimanche.

Je souhaite aussi aborder un point qui nuit gravement aux pratiques culturelles des jeunes Parisiens. Il s'agit de la hausse des tarifs, ou de la suppression même, des cours dispensés dans le cadre des cours pour adultes - la jeunesse ne s?arrêtant pas forcément à 18 ans -, ou des ateliers culturels de la Ville de Paris. Comme vous le savez, ces ateliers culturels permettent aux Parisiens de développer leurs aptitudes créatrices et leur passion à travers une multitude de cours dans des domaines très variés, comme ceux des métiers d'art, de la musique, du théâtre et de la danse également.

Je profite d'ailleurs de cette occasion pour rendre hommage au travail de deux associations :

- "Paris Ateliers", dont le directeur général, M. LANGLAIS, va quitter ses fonctions pour en prendre d'autres ;

-"la Maison des pratiques artistiques amateurs".

Je voudrais citer l?exemple des Ateliers des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Depuis la rentrée 2010, un jeune actif, célibataire, sans enfant, qui disposerait d?un revenu mensuel de 1.300 euros nets par mois, qui souhaiterait s'inscrire au cours de chant choral, devra notamment payer 180 euros contre 152 euros l'année dernière : 32 euros d'augmentation. Et ceci est valable pour les différentes tranches.

Alors, Monsieur le Maire, à l?image de ce que vous faites avec le tarif des cantines scolaires, vous prenez une nouvelle fois les classes moyennes comme souffre-douleur. Qu'ont-elles fait pour mériter cela ?

Et n'en déplaise à M. LÉVY, l'orateur précédent, y a-t-il deux types de Parisiens dans cette ville ?

Les élus de mon groupe condamnent donc fermement l'augmentation importante des tarifs appliqués à un grand nombre de cours dispensés dans les ateliers culturels de la Ville de Paris, qui se traduit pour de nombreux jeunes Parisiens par l'impossibilité de découvrir ou de continuer à pratiquer la discipline de leur choix. Nous condamnons également la disparition des métiers d'art d'horlogerie, par exemple, qui étaient proposés aux Parisiens dans le cadre de formations diplômantes.

Alors, Monsieur le Maire, et j'en finirai par là, tous les éléments que je viens de rappeler illustrent parfaitement l?ambiguïté de votre politique culturelle qui :

- d'un côté, augmente massivement les tarifs d'accès aux activités culturelles et diminue, d'autre part, les subventions aux associations et puis s?accommode sans trop d'embarras de la fermeture des bibliothèques le dimanche ;

- alors que, de l?autre côté, vous dépensez sans compter des millions d'euros en investissements et en fonctionnement dans des équipements, il faut le regretter, qui sont bien souvent boudés par le public et surtout, Monsieur le Maire, réservés à une toute petite élite.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame Marinette BACHE, vous avez la parole.

Mme Marinette BACHE. - Merci, Monsieur le Maire.

L'essentiel ayant été dit sur de sujets aussi importants que l?insertion des jeunes ou la réforme de la tarification scolaire - je salue l?intervention de Romain LÉVY - je centrerai mon propos sur trois points : l'emploi, la rentrée scolaire et la rentrée universitaire.

Le sujet nous offre une nouvelle occasion de démontrer tout ce qui oppose notre politique, menée par une Municipalité de gauche, une politique solidaire qui prépare l?avenir, de celle menée sous l'impulsion de Nicolas SARKOZY, une politique d?inégalités et d'exclusions, une politique qui sacrifie l?avenir de notre jeunesse et par là celui de notre pays.

L'emploi, donc en premier. Les jeunes Parisiens sont extrêmement nombreux en situation de précarité. Comment peut-on s?en étonner puisqu?en France aujourd'hui seul un salarié sur deux possède un C.D.I. Ce qui n?empêche par le Gouvernement de rechercher à précariser encore plus, par le démantèlement du Code du travail et en ne se cachant même plus qu?il s?agit de remettre en cause le contrat de travail.

Au contraire, la Ville de Paris, à travers diverses formes d?intervention (missions locales, Espace Dynamique Insertion, Forum de recrutement, Forum jeunes diplômés) a permis de sortir de nombreux jeunes du chômage. Citons plus particulièrement "Paris pour l?emploi", qui en deux jours a permis de pourvoir 5.000 emplois, dont plus de la moitié en C.D.I. Et soulignons que 32 % des jeunes suivis par des missions locales ont retrouvé un véritable emploi.

Ensuite, quelques mots sur la rentrée scolaire. Là encore, la Droite fait fort. La cible visée, comme toujours, les quartiers populaires. D'abord et sans tenir ses promesses, le Ministère envoie dans des collèges difficiles des enseignants stagiaires non formés. Par exemple, dans le 20e arrondissement, les collèges Besson et Dolto, qui ne sont vraiment pas dans des quartiers privilégiés, sont concernés.

Ensuite, soyons particulièrement vigilants sur la réforme de la carte des Z.E.P., car craignons que, tout comme la réforme de la carte scolaire, il ne s'agisse à nouveau d?ôter des moyens aux quartiers en difficulté.

Comme pour tout, le Gouvernement n?a qu?une vision comptable. Luc CHATEL l'avoue sans détour : 30 élèves par classe, c?est un levier qui permet de réduire le nombre d?enseignants.

Je note aussi que, malgré tous les effets d'annonce, de nombreux enfants porteurs de handicaps sont entravés dans leur libre accès à l?éducation, par le manque d?assistants de vie scolaire.

Enfin, n'oublions pas une conséquence de cette politique, les petits Parisiens de moins de 3 ans ne peuvent pas être tous scolarisés.

En regard, la Ville accomplit ce qui est de son ressort et met les moyens : 130 millions d'euros investis chaque année dans de gros travaux d'ouverture d'établissement, 1 millier d'opérations de travaux de rénovation en sont deux exemples significatifs.

Mais aussi les nombreuses opérations pour prévenir le décrochage scolaire ou l'investissement permettant un accès de tous les enfants et jeunes Parisiens à la culture. Je veux saisir ici l?occasion de saluer les jumelages entre établissements scolaires et structures culturelles.

Enfin, la rentrée universitaire. Elle a déjà été marquée par le recul de Nicolas SARKOZY. Il avait eu la brillante idée de tenir sa promesse aux jeunes. Je le cite : "Vous voulez être reconnus comme des majeurs à part entière, vous le serez". Aussitôt dit, aussitôt fait. De la même manière qu'il s'en prend aux droits sociaux des salariés ou à la retraite des aînés, même traitement pour les étudiants, il s'attaque à l'aide au logement de ceux-ci.

Feignant d'ignorer que l?avantage fiscal accordé aux parents sert à les aider à financer les études de leurs enfants : alimentation, santé, transports, frais d'inscription? et est totalement indépendant de l?aide au logement accordé directement à l?étudiant qui a quitté sa famille.

La décision était si violemment impopulaire que bien sûr l?U.N.E.F. s?est mobilisée, mais également l'U.N.I., relookée en plus présentable M.E.T., et même les associations familiales conservatrices s?y sont opposées.

Bref, ayant peur de fâcher trop de jeunes à la veille de sa réforme des retraites, le Président a reculé.

Mais que fait alors le Gouvernement pour les étudiants, en particulier à Paris ? Quid des 2.000 logements préconisés par le rapport Larrouturou ? Quid du Plan campus pour Paris ?

Ah si ! La Ministre Valérie PÉCRESSE a créé une application iPhone pour trouver des offres de logement. Cela, mes chers collègues, c'est de l'aide concrète ou je ne m'y connais pas !

Plus sérieusement, Paris remplit ses engagements : allocation Paris Logement, réhabilitation et création de logements étudiants ; 4.000 d?ici 2014 complèteront les 3.800 de la mandature précédente.

Je signale que Paris s'intéresse également aux jeunes travailleurs qui sont aussi éligibles à l?allocation "Paris Logement" et pour lesquels 3.000 nouvelles places en foyers de jeunes travailleurs sont financées.

Enfin, les jeunes sans abri ne sont pas oubliés avec la reconstruction dans le 20e du centre d?hébergement Georges Sand du C.A.S.-V.P. qui passera à 70 places.

Mes chers collègues, une politique ne se juge pas aux mots mais aux moyens que l'on se donne pour la mettre en ?uvre. Les élus républicains socialistes saluent pour cela le Maire de Paris et ses adjoints : Bruno JULLIARD, Colombe BROSSEL mais aussi Myriam EL KHOMRI et Didier GUILLOT qui, chacun dans leur domaine, mènent une politique déterminée, de solidarité en direction des petits et des jeunes Parisiens. Le Gouvernement pourrait en prendre de la graine !

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à M. GIANNESINI.

Je précise que pour le groupe U.M.P.P.A. il reste 6 minutes 18 pour plusieurs orateurs, je crois.

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - Monsieur le Maire.

Mon intervention portera sur le volet emploi de votre communication. En effet, votre communication reprend dans ses grandes lignes les préconisations du rapport de la Mission d?information et d?évaluation sur l'accès des jeunes Parisiens à un emploi pérenne, qui vous a été remis en mai 2010.

Tout d'abord, un regret. Aucune mention du R.S.A. Jeune qui, on le sait, valorise et encourage les jeunes travailleurs de moins de 25 ans. Est-ce un oubli ou est-ce délibéré ?

Ensuite, si vous me le permettez, je souhaite apporter un commentaire sur les quatre axes de votre politique. Premier axe : renforcer l?accès à la formation professionnelle et à l?emploi des jeunes. Pour cela, l'efficacité de l?action des missions locales en faveur des jeunes n'est plus à démontrer. Votre communication indique que l?organisation et le statut des cinq missions locales parisiennes vont être réformés en 2011. Cette réforme devrait s'orienter vers une mutualisation de leur mission, comme le préconisait la mission d?information et d?évaluation, afin de les rendre plus efficaces auprès des jeunes mais aussi des entreprises.

J'avais moi-même proposé il y a plus d?un an, et ensuite mon groupe dans le rapport de la mission d?information, de les fédérer au sein d'un même ensemble, avec des antennes dans chaque arrondissement. M. JULLIARD a, parait-il, annoncé en 5e Commission que vous vous dirigez vers cette voie. Si c'est le cas, je me félicite que vous ayez repris cette proposition qui est avant tout une proposition de bon sens.

Les résultats des cinq missions locales parisiennes sont en effet assez inégaux, leur coordination et leur collaboration entre elles étant totalement inexistantes actuellement. Chacun développe dans son coin sans cohérence à l?échelon parisien des outils différents pour aider les jeunes en matière d?accès au logement, de santé, de citoyenneté, etc. Les fédérer permettrait ainsi de mutualiser leurs moyens humains, matériels, financiers et d?arriver à une véritable cohésion d'action.

Je voudrais rassurer Mme Hélène BIDARD tout de suite sur la soi-disant baisse de financement des missions locales par l'Etat. Vous verrez à la fin de la semaine qu'il n'en est rien. Contrairement à la région picarde, gérée par vos amis politiques, qui a baissé depuis le mois de juillet de plus 10 % les financements des missions locales.

Les élus U.M.P.P.A. ont en outre proposé de généraliser l?alternance, voie privilégiée à l'accès à l'emploi des jeunes et de mobiliser les missions locales pour qu?elles orientent davantage, en lien avec les C.F.A., les jeunes vers l'alternance et la création d'entreprises.

Il faut faire un effort supplémentaire et la Ville doit le faire. D'ailleurs, Laurent WAUQUIEZ, Secrétaire d?Etat à l?emploi annonçait le 17 septembre dernier que son objectif était de parvenir à 300.000 nouveaux contrats d'apprentissage et 100.000 contrats de professionnalisation.

De plus, il a prolongé le financement des développeurs de l'apprentissage, des chambres des métiers jusqu'en 2011. Pour ceux qui ne le savent pas, ces 100 développeurs de l'apprentissage doivent contacter 100.000 entreprises sur l?ensemble de la période de la convention d'objectifs et de moyens 2009-2011. Il vise en priorité les entreprises qui n?ont jamais formé d'apprentis.

Mon groupe a également proposé que l'on aide les missions locales à tisser des liens encore plus privilégiés avec les entreprises. L?objectif étant naturellement d?aider les jeunes à définir leur projet professionnel afin qu'ils accèdent le plus rapidement possible à un emploi.

Deuxième axe. Si on peut se féliciter que le dispositif "Créajeune" semble plutôt bien répondre aux besoins des jeunes Parisiens, je dois regretter que la Ville ne mette pas plus d?accent sur la création d?entreprises par les jeunes.

Troisième axe. Sur ce volet, la principale proposition de mon groupe, je vous le rappelle, était d'ouvrir une nouvelle école de la deuxième chance. Ces écoles offrent, en effet, aux jeunes une formation très personnalisée, permettant une intégration professionnelle et sociale durable.

L?école de la deuxième chance à Paris a connu 62 % de sorties positives. On notera que le Président de la République et le Premier Ministre se sont engagés très fortement dans la multiplication des écoles de la deuxième chance. Cela va rendre possible l?ouverture de 12.000 places supplémentaires. Je regrette que vous vous soyez contentés d'ouvrir une annexe de l?école de la deuxième chance, car ce n'est pas suffisant.

Enfin, quatrième et dernier axe : mobiliser les moyens d'action de la Ville de Paris en tant qu'employeur. Vous devez utiliser tous les leviers disponibles pour offrir plus d'emplois aux jeunes. Je regrette pour ma part que votre communication n?évoque pas les clauses d'insertion qui favorisent l'insertion des publics éloignés de l'emploi.

La Ville doit faire jouer sa responsabilité sociale. Elle doit utiliser ce levier en élargissant encore plus les marchés concernés par ces clauses, notamment aux marchés publics de l?A.P.H.P. et aux marchés publics de nombreuses sociétés d?économie mixte, dont les conseils d?administration sont présidés par vous-mêmes et par vos représentants.

Le groupe U.M.P.P.A. a, enfin, proposé que la Ville double le recrutement par alternance au sein de ses personnels. Il s?agit là d?un élément majeur en termes d?égalité des chances et de lutte contre les discriminations.

Je conclurai donc en vous disant simplement qu'il y a, dans votre politique sur ce sujet, un manque certain d'ambition et, malheureusement, un manque de détermination pour résoudre les problèmes qui se posent actuellement aux jeunes de notre Capitale en termes d'accès à l'emploi.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, mais vous avez laissé moins de deux minutes pour l'oratrice qui vous succède. Vous vous débrouillez ; je ne vais pas m?occuper de régler les questions de temps de parole au sein du groupe U.M.P.P.A.

La parole est à Mme Frédérique PIGEON et il reste à son groupe 3 minutes 58 ; c?est précis !

Mme Frédérique PIGEON . - Monsieur le Maire, merci.

Les habitants jeunes sont fort nombreux à Paris, tout particulièrement dans le Nord-Est de la Ville, et face à cette situation, la Mairie de Paris anime une politique construite, globale et concrète qui produit ses effets dans les arrondissements et qui se construit avec les arrondissements. Et, demain, nous le verrons également, les conseillers jeunes du Conseil parisien de la jeunesse vont s'emparer de ces pistes.

Le mouvement est là, le mouvement est au rendez-vous, et j'aurais souhaité, en quelques mots, vous indiquer deux points qui me paraissent importants : poursuivre une méthode payante, développer des thèmes porteurs d'avenir.

La méthode payante, c'est plus d'une dizaine d?adjoints au Maire de Paris qui se mobilisent et qui travaillent en complémentarité sur ce sujet. C'est, bien sûr, les trois rapporteurs qui s'exprimeront dans le débat, mais c'est également les élus à la politique sociale à la santé, au logement, à l'emploi et à l'insertion, à la politique de la ville, à la citoyenneté, à la culture et aux sports ; c'est une formidable masse d'énergie.

Par ailleurs, c?est une coproduction avec les élus d'arrondissement. J'en veux pour preuve les récents travaux du 18e arrondissement, grande journée de réflexion pour tracer des pistes en vue de nourrir le prochain contrat de ville élaboré en parfaite relation avec Bruno JULLIARD et Gisèle STIEVENARD.

C'est également le souci de recueillir de nouveaux matériaux, et j'en veux pour preuve l'attention portée à la réflexion des Conseillers de Paris, avec la première mission d?information et d?évaluation demandée par notre groupe sur le thème de l'emploi pour la jeunesse. Mais, également, c'est consulter les premiers intéressés et, encore là, rendez-vous demain pour se rendre compte des effets des récentes consultations de ces jeunes en aménagement, en usage, en animation, et écouter leurs propositions en matière d'emploi et d?égalité dans la diversité.

Pour finir, trois thèmes qui me semblent être des thèmes porteurs et qui ont été amorcés par cette fameuse équipe et ces fameux arrondissements.

Quelle place dans la ville pour la jeunesse ? Oui, trois fois oui à Bertrand DELANOË ! Je reprends une phrase : "la possibilité de s'identifier comme habitant, de se reconnaître dans la ville, développe le sentiment de dignité et ouvre d'autres espaces d'implication", alors continuons en ce sens, oui, plaçons la jeunesse au c?ur de la cité, dans l'animation de l'espace public, dans sa participation à la création d'espaces dédiés ou collectifs, intergénérationnels, en leur permettant de participer aux aménagements urbains et d'accéder aux activités générées dans cette ville !

Deuxième sujet : quelle relation intergénérationnelle ? De nombreux acteurs, habitants, professionnels, proposent d'adapter leur manière d'accueillir, d'échanger, de créer des formes souples de sociabilité avec nos habitants jeunes. Le Conseil parisien de la jeunesse va, demain, faire des propositions en matière de management des ressources humaines en faveur des jeunes. Soutenons-les !

Et j'en finirai : quelle vision donnons-nous à la population jeune d'elle-même ? Le qualificatif "jeune" devient vite un terme générique, "les jeunes", sans compter que ce qualificatif est vite amalgamé lui-même avec certaines notions : en difficulté, délinquant, etc. Il faut aider notre jeunesse à s'estimer et donc la mettre en capacité à oser et à exister.

Les élus de notre groupe se félicitent, de ce point de vue, vivement du projet parisien de lutte contre les discriminations qui va bientôt être engagé.

Je vous remercie de votre attention.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Vous êtes restée dans le cadre de votre temps de parole.

La parole est à Mme DATI.

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Comme dirait un slogan publicitaire, "c'est dommage d?être jeune et de ne pas pouvoir en profiter". Ce slogan pourrait s'appliquer, évidemment, aux jeunes Parisiens, puisque les effets de la crise, qui touchent particulièrement tous les jeunes, sont amplifiés à Paris, car si Paris est riche, Paris est très chère, et à tous points de vue. Les lieux de convivialité abordables sont très rares pour les jeunes et il existe encore moins de lieux de sérénité ; celle-ci est pourtant essentielle quand on fait des études ou quand on a des problèmes personnels, en particulier pour les plus fragiles ou les plus défavorisés.

J'ai dû me battre pour que l'on puisse ouvrir le premier internat d?excellence en France avec un établissement privé dans le 7e arrondissement et ce fut, pour le 7e, une grande joie d'accueillir des jeunes filles venues de pas très loin, du 19e arrondissement, mais également de Seine-Saint-Denis.

Paris est le lieu de tous les abus pour le logement. La pénurie est telle que les jeunes sont livrés à ce qu?il faut bien appeler les "marchands de sommeil", et par la faute, par exemple, du P.L.U., dans le 7e, nous avons un terrain sur lequel nous perdons au moins 15 % de logements pour un futur foyer de jeunes travailleurs que nous souhaitons y construire.

Les faits sont connus : le chômage et la pauvreté des jeunes sont particulièrement élevés, et notamment dans les quartiers dits sensibles de la Capitale.

Alors, le malaise des jeunes frappe davantage Paris que partout ailleurs en France. La délinquance et les nombreuses addictions deviennent, pour certains, un exutoire malheureux. L?aggravation de la délinquance à Paris est, selon la Préfecture de police, due principalement aux mineurs, dont le poids est écrasant dans le récent retournement de tendance. Ainsi, le nombre de mineurs mis en cause augmente de 17 %, quand celui des majeurs diminue de 4,4 %. Le nombre de jeunes Parisiens qui se droguent est en forte augmentation.

Je ne souhaite pas que la seule échappatoire de la jeunesse parisienne soit la fréquentation des apéros géants que nous avons réussi à interdire sur le Champ de Mars ou celle des salles de shoot.

Plutôt que d'aider la jeunesse à subvenir elle-même à ses besoins, il est regrettable de l?acheter par des chèques vacances, des places gratuites, financés par l?argent des Parisiens.

Si vous avez repris en main les attributions des aides exceptionnelles du Centre d?action sociale, c?est notamment parce que vous trouviez que les administrateurs bénévoles n'étaient pas assez généreux. Ces administrateurs recherchent l'autonomie, la responsabilisation des jeunes, là où vous préférez l'assistance. Les jeunes ne cherchent pas à se faire acheter, mais demandent à ce qu'on leur fasse confiance, qu'on les prenne au sérieux et qu'on leur mette le pied à l'étrier.

En refusant, par exemple, l?extension des zones touristiques à Paris, vous avez joué un mauvais tour aux jeunes en les privant notamment de ce qu?on appelle les "petits boulots" ou les "jobs" qui les auraient aidés à subvenir eux-mêmes à leurs besoins, voire à leurs envies.

Nous devons développer les antennes de l?école de la deuxième chance, qui sont, actuellement trop peu nombreuses, avec 320 places seulement.

Alors pourquoi ne pas améliorer les bourses pour les scolaires ou les étudiants défavorisés mais méritants ? Paris doit savoir favoriser les échanges avec les autres grandes villes universitaires d?Europe, tout comme les rencontres entre jeunes, entreprises et professionnels.

Nos jeunes ont perdu trop l'espoir d?un futur meilleur ; or, les projets ne manquent pas. Nous devons faire sortir tous ces jeunes de cette bulle de morosité, en valorisant ceux qui réussissent dans toute leur diversité. Nous devons également soutenir les bonnes volontés en leur ouvrant des perspectives sur autre chose que leur quartier ou leur immeuble.

Paris fait rêver les jeunes du monde entier ; ce serait bien que Paris exauce les rêves de nos jeunes Parisiens.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pour répondre à ces nombreuses et très intéressantes interventions, je vais donner la parole aux adjoints et d'abord à Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire, et merci surtout aux collègues qui se sont exprimés et qui m?ont rappelé, pour un certain nombre d'entre eux, à juste titre, qu?effectivement, cette rentrée est placée sous le sceau de l'inquiétude, parce que l'entreprise de destruction de l'Education nationale continue et qu'effectivement, on ne peut pas avoir comme unique pensée éducative la suppression des 16.000 postes d'adultes dans nos établissements scolaires par an sans que les enfants, les enseignants en payent les conséquences et nous voyons aujourd'hui, dans les établissements scolaires parisiens, l'ensemble des conséquences qui sont en train d'arriver.

Vous avez été un certain nombre d?entre vous à rappeler le fait que nous étions, à Paris, la lanterne rouge de la scolarisation des moins de 3 ans, mais aujourd'hui, nous sommes face à un problème encore plus grave : aujourd'hui, ce sont des enfants qui ont 3 ans et qui sont refusés de l?école maternelle parce qu?il n?y a plus d?enseignants pour les accueillir et parce que la baisse du nombre de postes dans le primaire fait que les directeurs d?école expliquent aujourd'hui à des parents dont les enfants auront 3 ans d?ici au 31 décembre qu?ils ne peuvent plus les accueillir à l'école. On est donc face à une pénurie qui met aujourd'hui la scolarisation des enfants réellement en danger, première inquiétude, s'il en est.

Deuxième inquiétude, on l?a dit et vous l'avez dit les uns et les autres, effectivement, la situation dans nos collèges est inquiétante. Un certain nombre des collèges parisiens sont au bord de l?asphyxie ou de l?explosion, parce que c?est là que la réduction des moyens a été la plus importante cette année, c?est là que les baisses des AG ont été les plus importantes et c'est là que, effectivement, un certain nombre d'entre vous l'ont dit également, les effets de la disparition ou la libéralisation, le vocabulaire varie selon les rentrées, de la carte scolaire est en train de mettre en péril la mixité sociale à l?intérieur des collèges à Paris.

Dernier élément, merci à ceux qui en ont parlé, nous aurons d?ailleurs un v?u sur ce sujet tout à l'heure, oui, la réforme annoncée des Z.E.P. et des R.E.P. est pour nous un vrai motif d'inquiétude.

Pourquoi, parce qu'il faut réformer ? Non, simplement parce que l?objectif affiché, annoncé, d?ores et déjà avant même de commencer à discuter avec les autorités académiques à Paris, c'est la diminution du nombre d?écoles classées en Z.E.P. et en R.E.P.

Or, la situation sociale à Paris aujourd?hui justifie au contraire le fait que les enfants soient accueillis et le fait que les écoles puissent permettre de les accueillir avec ces moyens supplémentaires. C'est donc pour nous un motif d'inquiétude.

Tous ces motifs d'inquiétude, j'ai entendu sur les bancs de l'Opposition municipale dire qu?ils seraient le fruit de positionnements et de tactiques.

Mes chers collègues, j'espère que vous avez lu à la rentrée le passionnant rapport de l'Inspection générale de l'Education nationale. Tout ce je suis en train de vous dire est un vingtième de ce rapport produit par l'Inspection générale de l'Education nationale et qui délivre un message au Ministre : cette rentrée n'est pas gérée, de même que celles qui vont suivre.

En effet, il n?y a plus de politique éducative au sein du Ministère de l'Education nationale et ce sont les enfants, et en ce qui nous concerne les enfants de Paris, qui en payent les pots cassés.

Alors oui, tout ceci nous engage, vous l'avez dit les uns et les autres, à être encore plus présents, encore plus aux côtés des familles et des enfants sur tous les sujets que vous avez les uns et les autres évoqués pour garantir une chose, qui est finalement l'objectif politique qui nous pousse, à savoir la réussite de tous les petits Parisiens, quel que soit l'endroit où ils vivent ou ce que font leurs parents.

La réussite de tous est bien tout ce qui nous anime, pas simplement la réussite de quelques uns mais bien la réussite de tous les petits Parisiens et tous les dispositifs que nous mettons en ?uvre ne visent que cet objectif.

Qu'il s'agisse de culture, de citoyenneté, de qualité du périscolaire, de restauration scolaire ou d'autres domaines, j'en oublie évidemment, ils n'ont que ceci en tête : permettre la réussite scolaire de tous les petits Parisiens.

Permettez-moi de répondre rapidement aux quatre v?ux qui ont été proposés et qui s'inscrivent tout à fait dans l'objectif que nous avons rappelé dans cette communication.

J'émets évidemment un avis favorable sur ces v?ux, avec deux petites demandes de modification vis-à-vis du groupe "Les Verts" et du groupe Communiste, s'ils l'acceptent.

En ce qui concerne le v?u sur le financement de la vente directe de fruits et légumes dans la restauration scolaire, déposé par le groupe Communiste, je suis tout à fait ouverte à ce que l'on étudie cette possibilité, en vous proposant la formulation alternative qui serait : "Le Conseil de Paris émet le v?u que la Ville de Paris étudie la possibilité d?intégrer, dans le financement aux Caisses des écoles, le recours aux produits issus de la vente directe dans le cadre des états généraux de la restauration scolaire".

Je crois que cette formulation ne posera pas de souci.

De même, pour le v?u porté par le groupe des élus "Verts" concernant l'affectation des élèves dans les collèges à Paris, vous avez eu raison, Monsieur BOUTAULT, de rappeler que lorsque le Rectorat affecte en priorité des élèves dérogataires, ce sont bien les élèves du secteur qui ne peuvent pas être admis dans les collèges qu'ils devraient normalement intégrer au regard de la sectorisation.

De la même façon, je vous proposerais, si vous en étiez d?accord, que l?on puisse enlever le troisième alinéa du v?u parce qu?il semblerait, - malheureusement les autorités académiques parisiennes ont très peu d'informations à nous communiquer car elles en ont elles-mêmes très peu -, qu'un logiciel d'affectation sur la base de ce qui est fait pour les lycées soit en préparation à Paris. Si c'était le cas, cet alinéa n'aurait plus de raison d'être et je vous propose que nous ne nous engagions pas sur quelque chose que nous ne pourrions pas tenir.

Voilà les deux propositions.

Et puis, si vous me le permettez, un dernier mot, Monsieur le Maire, je ne peux que regretter le ton inutilement polémique d'un certain nombre d'interventions faites par nos collègues de l'U.M.P.

Inutilement polémique et rempli de contrevérités.

On apprend qu'à Paris, il n'y aurait pas de problème sur les tuteurs pour les enseignants stagiaires. Ecoutez ! Allez dans les collèges des arrondissements et vous rencontrerez ces enseignants stagiaires qui n'ont pas de tuteur. Il ne suffit pas de se faire le porte-parole, de je ne sais qui d'ailleurs, pour avoir la vérité révélée.

De la même façon, évidemment, dire aux élus parisiens de la majorité que, sur le rythme scolaire, nous serions en retard et que nous n'aurions pas pris la mesure des choses, écoutez, comment vous dire ! Je vous renvoie à un tout petit peu d'histoire, certes, un peu ancienne mais pas tant que cela ! La Ville de Paris a un tout petit peu été, allez, j?ose le dire, précurseur dans le débat et, ma foi, les sujets qui avaient été évoqués à l'époque ne sont pas loin de faire aujourd'hui une certaine unanimité. Je me permets donc de vous répondre avec humour, mon cher collègue, que parfois la vie politique a commencé avant 2008 et qu'il faut parfois s'en souvenir. Évidemment, à charge au Recteur d'organiser le grand débat régional, et nous y prendrons toute notre part.

On apprend ainsi que l?on aurait abandonné le dispositif "Coup de Pouce", alors qu?on a encore augmenté ce dispositif de lutte contre le décrochage scolaire et d?accompagnement à la scolarité ; on est passé de 295 à 312 dispositifs cette année. Je ne sais pas d'où viennent ces rumeurs.

De la même façon, on se serait désengagés du champ culturel ! Mon collègue Christophe GIRARD et moi devisions tout à l'heure : dans une période où l'histoire de l'art a été introduite dans les programmes scolaires sans qu'aucun intervenant n'ait été formé pour enseigner l'histoire de l'art aux enfants, dans une période où, au contraire, nous avons tout fait pour ouvrir les musées et les rendre gratuits à l'ensemble des Parisiens et notamment des petits Parisiens, au moment où nous développons une politique culturelle ambitieuse dans le Nord-Est parisien, au moment où nous développons dans le champ scolaire des politiques qui touchent des milliers d?enfants, notamment avec les initiatives "l?art pour grandir", je me vois obligée de vous rappeler - ce chiffre est à quelques centaines d'euros près - que la Ville de Paris dépense pour l?accompagnement culturel et artistique en direction des enfants à peu près 3 millions d'euros par an lorsque le Rectorat ne dépense que 1 million d'euros par an. Je crois que c'est un peu fort de café de nous rappeler à nos responsabilités en la matière !

Je terminerai par deux sujets importants.

Le premier est celui de la restauration scolaire et, évidemment, vous l'aurez compris, le v?u déposé par les élus du groupe socialiste reçoit mon plein et entier soutien.

J'ai entendu l'orateur de l'U.M.P. soutenir qu'il avait prôné le dialogue et refusé le passage en force. Comment oser dire cela, alors que des familles se sont présentées depuis le mois de juin et qu'il leur a été refusé le droit de calculer leur quotient familial ? Comment dire cela quand on se permet d?envoyer à l'ensemble des familles d'un arrondissement, en plus d'un courrier appelant à adhérer à la caisse des écoles, une pétition refusant une délibération votée par le Conseil de Paris et dont le caractère légal a été attesté par le Préfet ? Comment dire cela, alors qu'on refuse de fait à 65 % des familles parisiennes de bénéficier de la baisse des tarifs de la restauration scolaire ? Comment dire cela, alors que la baisse des tarifs permettra à des gamins, qui en collège étaient privés d'accès à la cantine parce que c'était trop cher, d?y accéder ? Comment dire cela ? Comment oser nous dire que des familles vont désinscrire leurs enfants de la cantine, des familles qui gagnent plus de 7.500 euros par mois et qui ne pourraient pas payer 25 euros supplémentaires par mois ? Comment pouvez-vous dire cela ? Vous prenez une responsabilité politique majeure !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

Vous prenez une responsabilité politique majeure en ne mettant pas en ?uvre une délibération du Conseil de Paris, mais vous prenez une responsabilité morale majeure en étant prêts à aller prendre dans les poches des familles les plus modestes de certains arrondissements de Paris de l'argent indûment, de l?argent qu?elles n'ont pas à payer. C'est scandaleux et moralement condamnable !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

Je terminerai par un mot.

On a parlé ce matin, et on en a parlé depuis la rentrée, du service minimum d'accueil.

Permettez-moi, chers collègues, de noter avec une toute petite pointe d?humour à quel point vos arguments ont varié sur ce sujet, puisque je découvre dans les communiqués de l'U.M.P. sur la question du S.M.A. des arguments qui varient. Le dernier en date était d'engager le Maire de Paris à se tourner vers les animateurs pour être volontaires pour accueillir les enfants. Ecoutez, c'est une excellente suggestion, c'est d'ailleurs ce que nous faisons depuis deux ans, mais cela, vous l'auriez su si le sujet vous avait intéressés ! Si sur le fond, effectivement, la question des familles vous avait intéressés.

Mais ce n'est pas cela qui vous intéresse sur le fond ! Ce qui vous intéresse sur le fond, c'est de la politique politicienne !

Alors non ! Nous ne céderons pas sur une question : la sécurité de l'accueil des enfants à Paris est pour nous quelque chose d'intangible. Nous sommes dans notre rôle et dans notre responsabilité quand nous disons que la sécurité des enfants est quelque chose sur lequel nous ne bougerons pas. C'est donc du personnel qualifié parce que, oui, nous croyons que garder et accueillir des enfants, c'est un métier, ce sont des compétences. Et ce sont des compétences que nous respectons.

Alors, oui, nous continuerons à nous tourner vers des professionnels reconnus pour accueillir les enfants. C'est d'ailleurs ce que nous faisons. Merci de vos bons conseils !

Je me permets juste de vous dire qu'il y a certainement dans cette Assemblée des législateurs qui ont voté cette loi. Cette loi est inapplicable. Elle est inapplicable lorsque nous avons des journées de grève interprofessionnelle et que nos agents, dont le droit de grève doit être respecté, sont en grève.

Je terminerai juste en disant que j'ai eu une discussion tout à fait passionnante avec une adjointe au maire d?une grande ville de province à qui je demandais il y a dix jours : "Comment faites-vous ?" Il est intéressant de savoir comment font les autres. Cette adjointe d?une grande ville de province fait exactement comme nous, elle fait appel à des professionnels de l?animation avec lesquels sa ville a déjà travaillé et, de fait, dans les journées de grosse grève interprofessionnelle, comme nous, elle a des écoles fermées et des écoles dans lesquelles le S.M.A. ne s?applique pas.

Est-ce que j?ai oublié de vous préciser que cette personne était l?adjointe au maire de Bordeaux ? Et je ne crois pas qu?il soit finalement un dangereux gauchiste !

Je me permets donc, chers collègues de l'U.M.P., de vous rappeler à un tout petit peu de décence. Tous les sujets ne peuvent pas faire l'objet de politique politicienne, les familles parisiennes et leurs enfants méritent mieux que cela.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Colombe.

Quelque chose me frappe : pendant le débat tout à l'heure, il y a eu des propos vigoureux, notamment de l'opposition. On les écoute normalement, dans un débat démocratique. Là, quand des adjoints répondent avec autant de dynamisme, cela a l'air de vous heurter !

La parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Je ne reprendrai pas l'ensemble des propositions de la communication. Je me contenterai de répondre à deux reproches qui nous ont été opposés par l'opposition municipale.

Le premier étant que nous passerions plus de temps à taper sur l'Etat, à nous en prendre à l'Etat qu'à proposer et définir l'ensemble de nos priorités. J'ai été surpris, lorsque j'écoutais la succession de vos propres propositions et des thèmes que vous avez abordés, de voir à quel point ces sujets en réalité étaient la plupart du temps? c?étaient des sujets dans lesquels, la plupart du temps, l'Etat était soit défaillant quand il n'était pas lui-même, d?ailleurs, le propre fossoyeur de vos propositions parisiennes.

Colombe a dit l'essentiel sur les affaires scolaires.

Je pourrais, par exemple, citer l'emploi.

Lorsque vous dénoncez la faiblesse de la politique municipale à l'égard de l'emploi des jeunes et que, dans le même temps, vous défendez l?exonération des heures supplémentaires à l'échelle nationale, c'est autant d'emplois en moins pour les jeunes.

Lorsque vous condamnez la précarité sociale des jeunes à Paris et que vous défendez une extension du R.S.A. qui bénéficiera au mieux à 5.000 jeunes, vous vous limitez à un objet de communication.

Je pourrais ajouter le débat sur les retraites, qui ne se traduit, comme perspective pour les jeunes, que par plus de précarité ou d'inégalité.

Je pourrais également citer la stigmatisation et les politiques aveugles et inefficaces à l?égard des jeunes ; sans parler de la politique de la ville gravement mise en danger à l?heure actuelle.

Il serait donc étonnant que la majorité nationale nous fasse des leçons ici, si ce n'est peut-être, et exclusivement, en contre-exemple. Aussi bien nous considérons qu'effectivement, pour la politique jeunesse, nous sommes dans notre bon droit de condamner les politiques nationales.

Le deuxième reproche, plus conséquent celui-là, en tout cas mérite notre attention : vous dénoncez le manque de cohérence de notre communication et de notre politique jeunesse. Vous dénoncez également une inflation des dispositifs et un inventaire à la Prévert de l'ensemble de nos propositions.

Je voudrais d'abord assumer au nom de l'Exécutif le fait que la politique jeunesse est d'abord une politique d'État, et si nous avons aujourd'hui des difficultés pour permettre l'accès à l'autonomie, à l'émancipation des jeunes, c'est d'abord parce qu'il n'y a pas de politique jeunesse à l'échelle de l'État. Cette absence de politique jeunesse d'État est aujourd'hui alarmante parce qu'elle se traduit par une perte de confiance de notre jeunesse à l?égard de l?ensemble de la société et a fortiori de la classe politique.

Dans le cadre de nos responsabilités, nous avons fixé un axe majeur à la politique jeunesse qui est l'accès à l'autonomie pour tous les jeunes, jeunesse qui est diverse. Nous avons fixé deux priorités qui sont finalement les deux piliers de l'accès à l'autonomie : c'est d'abord l'accès à l'emploi et ensuite l?accès au logement.

Concernant l?accès à l?emploi, vous avez cité le travail efficace et de grande qualité réalisé par les missions locales, et nous avons proposé, face au manque de cohérence et à l?offre inégale sur l'ensemble du territoire, que nous nous engagions dans une réforme ambitieuse des cinq missions locales pour voir accoucher un service public unifié des missions locales parisiennes. Évidemment, je réponds à Hélène BIDARD, et nous ferons ce travail avec Christian SAUTTER : nous le ferons en grande concertation et nous engageant à ce que cela ne se traduise pas par une diminution de la qualité du service public des missions locales, l'objectif étant bien sûr inverse.

Nous multiplierons les forums pour l'emploi.

Nous créons une seconde antenne de la deuxième chance. Je m'étonne d'ailleurs que vous souhaitiez créer une deuxième école de la deuxième chance et que vous vous engagiez donc dans un morcellement des écoles de la deuxième chance. Alors que dans le même temps vous nous demander de fusionner les missions locales, nous maintenons le choix de la cohérence en maintenant une mutualisation plus importante.

Deuxième thème majeur, le logement. Avec Jean-Yves MANO, nous nous sommes engagés à la création de 3.000 places dans les foyers de jeunes travailleurs ; nous atteindrons cet objectif.

Nous avons signé avec Liliane CAPELLE et les associations une charte de la colocation intergénérationnelle, et nous pourrons vous faire un bilan de cette initiative dans les semaines et mois qui viennent.

La politique jeunesse, c'est évidemment d'autres sujets que je passe assez vite mais qui tous, convergent vers cet objectif démocratique et émancipateur d'accès à l'autonomie.

Je pourrais citer le domaine social, avec le nouveau schéma départemental de prévention et de protection de l'enfance qu?a présenté Myriam EL KHOMRI. Je pourrais parler de la politique de la ville et de sa dynamique à l'égard des jeunes, gérée par Giselle STIEVENARD. Je pourrais parler de la culture, et mon amie Christophe GIRARD me demande de vous apporter un petit éclaircissement utile.

Vous avez condamné la nouvelle tarification des ateliers "beaux-arts", considérant que bon nombre de jeunes ne pourraient pas y accéder en raison de l'augmentation tarifaire. Je vous précise que ce sont seulement les tranches les plus élevées du quotient familial qui seront touchées, c'est-à-dire les jeunes qui, individuellement, gagneront plus de 2.500 euros par mois, ce qui n'est malheureusement pas le cas de la grande majorité des jeunes à Paris.

Nous avons également une politique ambitieuse pour l'accès démocratique à la santé et une politique de prévention pour l?ensemble des jeunes, menée en partenariat avec Jean-Marie LE GUEN, ou bien l?éducation à la sexualité, à l?égalité, à la prévention des comportements sexistes avec Fatima LALEM.

Je pourrais également citer la promotion de l'engagement, avec le Conseil parisien de la jeunesse ou les 300 services civiques, ou encore l'offre importante de loisirs.

Je termine d?ailleurs avec une demande que je trouve justifiée d'une plus grande évaluation de nos dispositifs. L?Exécutif est toujours favorable à l?évaluation de ses propres dispositifs. Vous en avez demandé un sur les équipements jeunesse. C'est avec un très grand plaisir que nous le ferons puisqu'à coût constant, nous avons une augmentation majeure du nombre de jeunes qui accèdent à ces équipements. Je vous propose donc, lors d?une prochaine commission, que nous puissions avoir une évaluation de ces équipements jeunesse.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Très bien.

La parole est à M. Didier GUILLOT.

M. Didier GUILLOT, adjoint, au nom de la 2e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais revenir sur quelques points. D'abord sur le logement, qui est la priorité numéro un, évidemment. Puisque certains élus n?ont pas compris quelles étaient les priorités, je rappelle que pour la vie étudiante, la priorité numéro un est le logement. Je vais apporter quelques précisions.

Tout d'abord, parce que cela n'a pas été dit dans le débat, au-delà du nombre très important de logements qui seront réalisés, il y a également une politique de localisation. On considère que l'ensemble de Paris est le campus étudiant. Au-delà de cette affirmation, sachez qu'à la fin de la mandature, il y aura plus de logements étudiants dans les 18e et 13e arrondissements qu'il n'y en avait dans tout Paris avant 2001 ; tout cela pour bien montrer qu'il y a une politique d'aménagement qui pour une fois - c'est la première fois qu'une collectivité locale agit comme cela -, anticipe les aménagements universitaires. Les logements étudiants arriveront dans le 18e avant le campus Condorcet et les logements étudiant dans le 13e accompagneront l?émergence du campus "Paris Rive-gauche".

Sur le logement, Marinette BACHE a parlé de la question de la demie part fiscale. Grâce à la mobilisation de l?U.N.E.F., le Gouvernement a abandonné cette idée saugrenue d'obliger les familles à renoncer à la demie part fiscale lorsque leurs enfants étudiants choisissaient de toucher les allocations logement.

Beaucoup d'élus se sont inquiétés ici du fait que de plus en plus de logements étaient inaccessibles à la jeunesse, ce qui est une évidence. Si le Gouvernement cherche à supprimer des niches fiscales pouvant avoir un impact en la matière, qu'il commence par abandonner les dispositifs Robien et Scellier qui ont mis sur le marché des logements totalement inaccessibles aux classes moyennes et en particulier à la jeunesse.

Sur la question de la nature des logements, j'entends depuis des mois la petite musique du Gouvernement et de l'U.M.P. sur les internats d'excellence. C'est formidable, c?est une belle idée, mais honnêtement, et je vous donne deux chiffres assez clairs, on a 7.200 logements remplis sur critère d'excellence à Paris, dont 5.000 à la Cité Internationale. On a 5.000 logements remplis sur critères sociaux. La priorité n'est pas de mettre le paquet sur les logements d'excellence. Et d'ailleurs, sur les logements d'excellence, je rappellerai une très belle phrase de Jacques ATTALI dans "L'Express" : "Il ne suffira pas de créer quelques internats d'excellence qui ne feront qu'élargir homéopathiquement le champ d?une élite anachronique, mais il faudra changer de vision du monde, privilégier le collectif, la diversité, l'intuition, la créativité".

Parlons de vision justement : Marinette BACHE a parlé du Plan Campus, question extrêmement importante. Sur Paris, je donnerai un chiffre qui résume bien la situation : le premier P.R.E.S. qui a fait l'objet d?une dotation du Plan Campus, le P.R.E.S. Paris 3-5-7, qui est le plus gros P.R.E.S. parisien, a obtenu 200 millions de dotation en capital dont seuls les intérêts pourront être utilisés. Cela fait 1.600 euros par étudiant, à comparer aux 27.000 euros par étudiant pour la dotation de Saclay.

Là encore, on voit bien le tropisme de ce Gouvernement, dont la priorité n'est pas la même selon les P.R.E.S. Non seulement la priorité n?est pas la même, mais le retard pris à Paris commence à être vraiment lourd. J'insiste sur ce retard. Mon collègue Jean-Louis MISSIKA pense la même chose. La Ville n'a rien pu démarrer en la matière du fait du retard du Gouvernement.

La Ville de Paris a toujours dit qu'elle était disponible pour discuter, ce qui ne se fait pas à coups de communiqués de presse ou de conférences de presse, mais en se mettant autour d'une table, ce que le prédécesseur de Mme PÉCRESSE avait très bien fait pour faire émerger le campus "Paris-Rive gauche". Ce qui a été fait pendant le premier mandat pourrait parfaitement être fait mais nous attendons un cadre de travail qui n'est toujours pas intervenu.

Là où le Plan Campus a pu être un élément de dynamique dans des villes de province, il a plutôt été un élément de dynamite à Paris. En effet, les grandes alliances universitaires n?ont eu de cesse de bouger depuis le début. Deux grands P.R.E.S. se sont constitués, mais qui ont laissé quand même sur le bord du chemin deux grandes universités : Paris 1 et Paris 9. Je ne parle même pas de Paris 8 et Paris 10 par exemple, plus que jamais satellisées.

Pour ce qui est de la question du sport, je précise que c'est une priorité pour la Ville dans le domaine universitaire. Pas plus tard que vendredi dernier, nous avons engagé une réunion avec l?ensemble des services sur cette question et nous ferons des propositions, en particulier dans le cadre de l'aménagement de Paris Nord-Est, pour créer de nouveaux équipements pour le sport universitaire.

Dernière remarque par rapport à la question des jobs étudiants, Mme DATI en a parlé. D'abord, la Ville de Paris en offre une grande quantité, qui sont particulièrement intéressants pour les étudiants et notamment l'activité d'animateur scolaire. Mais je précise également, parce que là aussi les impacts fiscaux existent, que les propositions de M. BAROIN concernant l'emploi de personnes à domicile, ont failli supprimer un avantage pour les familles qui engageaient des étudiants pour garder leurs enfants.

Je précise que, en l'occurrence, ce job étudiant est le premier, il représente 60 % des jobs étudiants, et c?est celui qui impacte le moins sur la vie des étudiants et le déroulement des études.

Dernière chose pour conclure ce débat, je voudrais préciser ce que mon collègue Bruno JULLIARD n'a pas dit. L'engagement du Gouvernement sur la loi territoriale fait que, si la clause de compétence générale est supprimée, des collectivités locales comme les nôtres et comme la plupart d'entre elles ne pourront plus intervenir ni sur la jeunesse ni sur la vie étudiante.

Je vous laisse imaginer les dégâts que cela pourrait causer, aussi bien pour la vie associative que pour l?ensemble des acteurs de la jeunesse et de la vie étudiante.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup à vous trois, je confirme ce que j'ai dit ce matin.

La communication elle-même n'est pas soumise au vote. En revanche, quatre v?ux ont été déposés. Je vais donc les mettre aux voix.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 1 déposée par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 207).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 2 déposée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 208).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 3 déposée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 209).

Enfin, je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 4 déposée par le groupe "Les Verts", amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 210).

Je vous remercie. Nous avons terminé avec cette communication.