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Septembre 2004
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96 - Vœu déposé par Mme Marie-Thérèse ATALLAH, M. Christophe NAJDOVSKI et les membres du groupe "Les Verts" pour un soutien financier aux familles des victimes de Beslan en Russie

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2004


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je vous propose donc, si vous le voulez bien, que nous examinions le v?u référencé n° 47 dans le fascicule, déposé par le groupe "Les Verts", relatif au soutien financier aux familles des victimes de Beslan en Russie.
Mme ATALLAH va le présenter. Je lui donne la parole.
Mme Marie-Thérèse ATALLAH. - Monsieur le Maire, vous avez dû être marqué comme nous par la terrible prise d'otages de Beslan en Russie et par son dénouement tragique et sanglant qui a choqué les opinions publiques du monde entier. Le drame provoqué et la manière dont a été gérée la libération des otages ont soulevé au niveau international la question de savoir si un tel bain de sang n'aurait pas pu être évité par un procédé plus mesuré.
Cependant, aujourd'hui, c'est la situation désastreuse des familles des victimes qui nous interpelle et il faudrait pouvoir les soutenir. Toute la Russie s'est mobilisée dans un élan de solidarité pour Beslan, et l'aide humanitaire afflue aussi de l'étranger. La Ville de Paris devrait s'associer à ces efforts.
L'administration russe est connue pour être corrompue et l'aide ne parvient pas rapidement aux victimes, qui ont également tendance à se replier sur elles-mêmes dans leur souffrance. Une petite structure indépendante a été créée sur place par des enseignantes et enseignants de l'école qui a subi ce drame pour mieux canaliser les aides vers les plus pauvres. Il s'agit du "Comité des enseignants pour l'aide aux victimes de l'attaque terroriste à Beslan".
Face à ce drame et pour exprimer notre solidarité avec les familles des victimes, le Conseil de Paris, sur proposition des élus du groupe "Les Verts", émet le v?u qu'une aide exceptionnelle soit octroyée aux familles des victimes de Beslan, en passant par ce Comité d'enseignants afin d'éviter tout détournement de l'aide.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - M. SCHAPIRA va vous répondre.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Nous sommes, bien entendu, très concernés et très choqués par le nombre important de victimes lors de la prise d'otages de Beslan. Je ne sais pas si vous étiez là ce matin, mais après l'intervention du Maire, nous avons fait une minute de silence pour toutes les victimes du terrorisme, notamment celles de Beslan.
Le Maire de Paris, qui était à Moscou la semaine dernière, s'est enquis sur place, auprès des autorités moscovites et auprès de l'Ambassade de Russie en France aussi. Les Maires de Londres, de Berlin, de Moscou et de Paris ont fait une déclaration commune condamnant fortement le terrorisme. Une déclaration similaire a été adoptée lors du Sommet des Maires du monde qui se déroulait à Moscou. Plus spécifiquement, afin de montrer la solidarité des Parisiens, le Maire de Paris et son homologue Youri LOUCHKOV, le Maire de Moscou, ont déposé une gerbe en hommage aux victimes du terrorisme à la station de métro Réjiskaya, où une bombe à la fin d'août avait fait de nombreux morts.
S'agissant de la demande de soutien financier et renseignement pris auprès de l'Ambassade de France à Moscou, aucune demande spécifique n'a été formulée pour l'aide d'urgence aux familles. L'ensemble des besoins hospitaliers serait couvert par l'OMS, qui est présente sur place, et qui expertise les besoins en termes de soutien psychologique aux familles des victimes, aux victimes elles-mêmes. La population russe également, d'après les informations qui nous reviennent de l'Ambassade, fait preuve d'une très grande solidarité et la Croix-Rouge russe contribue financièrement aux besoins sur place. Dans ces conditions, toute aide financière octroyée en l'absence de demande formelle de la partie russe pourrait être mal perçue par les familles des victimes.
Je vous informe que des médicaments sont arrivés, et qu'ils ont été refusés parce que les destinataires ont fait savoir qu'ils avaient ce qu'il fallait ! La Russie, est un pays important qui n'a pas besoin de médicaments. Par ailleurs, s'agissant d'une aide financière d'urgence, il est de tradition que la Commune de Paris contractualise avec des associations humanitaires, notamment avec la Croix-Rouge, Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières, et non pas avec des associations aux intentions sans doute louables, mais dont l'objet n'est pas spécifiquement déterminé dans ce cadre.
Quant au Comité des enseignants pour l'aide aux victimes dont vous parliez tout à l'heure, il ne me semble pas opportun d'envisager à l'heure actuelle une aide financière. L'Ambassade de France, qui est la seule institution avec qui nous pouvons parler, déconseille à ce stade toute implication financière tant que les circuits financiers locaux ne seront pas clairement identifiés.
Je vous suggère, pour ce v?u, une modification tendant à ce que la Ville de Paris examine, en collaboration avec les autorités françaises de l'Ambassade, les modalités d'une aide adaptée aux besoins des familles et des victimes de Beslan. On ne peut pas distribuer l'argent public, l'argent des contribuables à une association que l'on ne connaît pas et dont on ne sait même pas quels sont les circuits financiers. C'est pourquoi que je vous propose, tout en adoptant le v?u, de faire cette modification qui demande que la Ville de Paris examine, en collaboration avec les autorités françaises de l'Ambassade, les modalités d'une aide adaptée.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Madame ATALLAH, êtes-vous d'accord avec cet amendement proposé par M. SCHAPIRA ? Et si cet amendement était accepté par vous, l'Exécutif donnerait un avis favorable au v?u.
Mme Marie-Thérèse ATALLAH. - Tout à fait ! Ce v?u est surtout le moyen d'exprimer notre solidarité avec les familles des victimes et notre refus de la violence.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe communiste, amendée par l'Exécutif tel que l'a dit M. SCHAPIRA, avec un avis favorable de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est adoptée. (2004, V. 195).