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Septembre 2004
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132 - 2004, DPP 33 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un avenant à la convention signée avec l'association "FSJU". - Attribution d'une subvention pour l'amélioration de la sécurité de ses établissements situés à Paris. - Montant : 500.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2004


M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération DPP 33 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer un avenant à la convention signée avec l'association "FSJU". Attribution d'une subvention pour l'amélioration de la sécurité de ses établissements à Paris.
Monsieur BOHBOT, vous avez la parole.
M. Jacques-Yves BOHBOT. - Oui, Monsieur le Maire, comme chaque année le groupe U.M.P. votera l'attribution d'une subvention au "Fonds social juif unifié" et accueille très favorablement l'effort supplémentaire qui est consenti par notre collectivité pour compléter ce programme de sécurisation des bâtiments fréquentés par la communauté juive parisienne.
En effet, je dirai hélas, le nombre d'actes antisémites n'a pas régressé en France et singulièrement dans notre région, ici à Paris, où vivent les deux tiers de la communauté juive française. Les documents d'ailleurs que m'a remis la communauté juive et le CRIF et le SPCJ montrent une recrudescence des actes antisémites ces dernières semaines. Des actes dont on ne parle pas dans la presse mais qui sont des actes, Monsieur le Préfet, du quotidien, qui concernent des citoyens, des familles, des médecins, des plaques qui sont maculées avec des croix gammées.
Je dirai que plus que jamais nous devons manifester concrètement, comme nous le faisons aujourd'hui à travers cette subvention, notre soutien à tous ceux qui subissent des violences racistes qu'elles soient physiques ou verbales.
La persistance d'un nouvel antisémitisme, dont nous savons aujourd'hui qu'il n'est pas seulement l'apanage de l'extrême droite mais également de mouvances de l'extrême gauche, doit mobiliser tous les efforts des Démocrates et des Républicains.
L'action de la Ville de Paris complète celle du Gouvernement qui, dès 2002 à l'initiative de Jean-Pierre RAFFARIN, a décidé de mobiliser tous les services de l'Etat pour lutter contre toutes les formes de discrimination au premier rang desquelles a été placée la lutte contre l'antisémitisme.
A ce titre, la montée de l'antisémitisme en milieu scolaire, et France 2 s'en est fait récemment l'écho dans une émission importante, est un phénomène particulièrement préoccupant qui concerne les élèves de plus en plus précocement.
Je crois que vous ne devez pas exclure dans le dispositif qui est présenté aujourd'hui la sécurisation à la fois des lieux culturels et des lieux scolaires.
Je crois que vous devriez étudier, avec les représentants de la communauté juive parisienne, la possibilité de mettre en place un plan d'action spécifique aux établissements privés accueillant des enfants juifs dans la Capitale.
La loi de 1905, et je l'avais déjà dit l'année dernière à Christophe CARESCHE, ne nous interdit pas de le réaliser, puisque si elle nous interdit de participer à l'édification en particulier de lieux culturels, elle permet aux collectivités d'aider à l'entretien et à la sécurisation de nos bâtiments scolaires.
Je saisis l'occasion de ce projet de délibération pour remercier le Préfet de police et l'ensemble des forces de police de la Capitale pour avoir contribué au bon déroulement des offices religieux lors du Yom Kippour qui a eu lieu samedi dernier. A ma connaissance, il n'y a pas eu d'incident notable à Paris, et les fidèles ont pu se rendre paisiblement dans l'ensemble des lieux de prière.
Je terminerai mon intervention en disant qu'il me paraît tout à fait inacceptable qu'au début du 3e Millénaire notre pays et notre ville se voient contraints de protéger par des forces de police, par des vigiles, par des caméras, par des barrières, des citoyens français qui simplement conduisent leurs enfants à l'école ou vont prier dans des lieux de culte.
Vous me permettrez d'y voir un terrible recul de notre culture et de notre civilisation. Je rêve d'une assemblée parisienne où je n'aurais pas à faire ce genre d'intervention et où nous n'aurions pas à voter ce type de délibération.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Monsieur BOHBOT.
Vous avez la parole, Monsieur CARESCHE.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, au nom de la 5e Commission. - Je n'ai pas grand-chose à ajouter à ce qu'a dit M. BOHBOT.
Il y a effectivement une recrudescence d'actes antisémites. C'est pour cela que la Ville de Paris se mobilise. En même temps, je ne voudrais pas non plus que cela crée un climat exagérément tragique.
Nous sommes là pour apprécier justement les risques qui existent et pour essayer d'y répondre. Ce projet de délibération s'inscrit dans l'action que nous avons commencé à mettre en place il y a déjà trois ans avec le "FSJU" ; nous avons en effet décidé d'un plan de sécurisation d'un certain nombre de locaux dans le cadre de la loi qui est strict : par exemple, ne peuvent être concernés les lieux de culte, en l'espèce les synagogues.
Nous avons donc prévu une subvention de 900.000 euros répartie sur quatre exercices. Le Maire de Paris a annoncé, il y a peu de temps, qu'il souhaitait qu'à cette subvention s'ajoutent 300.000 euros supplémentaires, consacrés essentiellement à des dépenses d'investissement. Pour parler clairement, il s'agit d'équiper un certain nombre de sites en vidéo-surveillance.
Voilà le cadre dans lequel nous sommes ; il ne s'agit, en aucun cas, de se substituer à l'action des forces de police. L'Etat, en ce domaine comme dans celui de la sécurité en général, a évidemment une compétence essentielle et principale qu'il lui revient d'exercer.
Mais nous avons pensé, le Maire de Paris a pensé, que la Ville pouvait elle aussi apporter sa contribution et c'est ce qu'elle fait. Je ne suis pas certain qu'il y ait beaucoup de collectivités locales en France qui consentent un tel effort. Nous le faisons parce que nous pensons que c'est notre devoir et que, dans ces moments difficiles, il faut être capable non seulement de rechercher l'efficacité en matière de sécurité, mais aussi de lutter contre un sentiment parfois d'insécurité qui existe parfois. C'est également une façon de témoigner du fait que nous sommes aux côtés de la communauté juive dans ces heures difficiles.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Monsieur CARESCHE.
Monsieur BLOCHE, vous avez la parole pour une explication de vote, une minute.
M. Patrick BLOCHE. - Une minute, pas plus, Monsieur le Président de séance, Monsieur le Maire, simplement parce que M. BOHBOT a remercié beaucoup de monde, et il a oublié de remercier le Maire de Paris. Je voulais donc, en tant que président du groupe socialiste et radical de gauche, et sans doute en associant mes collègues de la majorité municipale, remercier le Maire de Paris d'avoir été aussi réactif et d'avoir pris des initiatives fortes qui vont au-delà du symbole. Je pense à la campagne d'affichage qui est actuellement à l'?uvre à Paris pour pointer évidemment notre rejet collectif de l'antisémitisme et du racisme en général, remercier le Maire de Paris pour ce projet de délibération que Christophe CARESCHE vient de présenter. C'est un avenant à une convention qui avait déjà été passée avec le "FSJU" et qui vise à sécuriser nos concitoyens juifs.
Tout cela constitue une politique cohérente, un signe fort donné à Paris qui pourrait être utilement imité par d'autres collectivités locales.
Nous votons donc avec détermination ce projet de délibération en remerciant à nouveau le Maire de Paris.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPP 33.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DPP 33).