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Avril 2013
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Vœu déposé par le groupe E.E.L.V.A. relatif à un Pass Jeunes à l'échelle métropolitaine.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2013


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DJS 311 relatif à la mise en ?uvre du dispositif Pass-jeunes pour l'année 2013, sur lequel le groupe E.E.L.V.A. a déposé le v?u référencé n° 69 dans le fascicule. La parole est à la présidente, Mme Danielle FOURNIER, pour cinq minutes.

Mme Danielle FOURNIER. - Je vais présenter l'intervention sur le projet de délibération et le v?u en même temps.

C'est vrai que l'année dernière, la Ville a eu une très bonne idée, celle de mettre en ?uvre ce Pass Jeune qui propose aux jeunes Parisiens de 15 à 25 ans de profiter d'activités de loisirs, sportives, culturelles, soit gratuites, soit à tarif très réduit. Ce sont 20.000 Pass Jeunes qui ont été mis à disposition des jeunes Parisiens l'année dernière. Je crois qu'un peu moins, 13.000 ont été retirés. Ce dispositif est très intéressant pour les jeunes, pour les structures aussi dans lesquelles ils vont pouvoir se rendre, et de plus il n'est pas cher puisqu'il est évalué à 24.000 euros. Je voudrais aussi dire quelques mots du bilan très détaillé qui est fourni avec ce projet de délibération et qui, pour ma part, appelle deux remarques.

Tout d'abord, on assiste à un vrai élargissement des publics, à travers les équipements concernés, mais on note que, dans les équipements du Nord-Est, et en tout cas dans les points Jeunes du Nord-Est, ce Pass Jeunes a relativement peu de succès dans les 18e, 19e et 20e arrondissements. Il y a là quelque chose qui peut être à mon avis gagné auprès des quartiers en politique de la ville de ces divers arrondissements qui comportent beaucoup de jeunes, et notamment beaucoup de jeunes qui ne partent pas en vacances. Est-ce un défaut de communication ? Est-ce autre chose ? La question est ouverte.

D'autre part, les statistiques qui nous sont données, qui sont vraiment très précises, ne sont pas genrées et ce serait une bonne idée de pouvoir justement avoir des statistiques genrées pour la prochaine étude.

Ceci dit, pour le Pass, nous sommes vraiment tout à fait favorables. Nous souhaitons qu'il se poursuive et le v?u propose qu'il se développe, en partant de l'idée que la Métropole ne va pas se construire seulement par en haut et nous pensons qu'étendre le Pass Jeunes aux jeunes métropolitains pourrait être une façon de rendre la construction de la Métropole beaucoup plus concrète.

L'idée est d'ouvrir les équipements parisiens aux jeunes non Parisiens, mais aussi d'ouvrir les équipements métropolitains aux Parisiens. D'autant que, si l'on se projette dans le futur et l'année prochaine notamment, l'été prochain, le Pass Navigo sera dézoné et les allers-retours entre les différents points de la Métropole seront bien sûr facilités. Ce sera même une occasion de pouvoir utiliser ce Pass Jeunes dans cette nouvelle version.

Je pense aussi que se retrouver autour de projets de loisirs, qu'ils soient culturels ou sportifs, de toute façon favorise la rencontre, la connaissance mutuelle, l'échange, bref peut favoriser le terme un peu galvaudé de "vivre ensemble" au sein de cette Métropole que nous souhaitons unifier et voir prendre consistance rapidement.

Je pense que nous devons aussi tout miser sur les jeunes, pour justement dépasser les conceptions territoriales qui ont dominé jusqu'à présent et qui ont conduit souvent à opposer Paris et sa banlieue ou la banlieue et Paris, car la méconnaissance et les préjugés sont valables des deux cotés. Bien sûr nous voterons ce projet de délibération et je vous appelle à voter le v?u que je vous ai présenté.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame la Présidente. La parole est à Mme Catherine BRUNO.

Mme Catherine BRUNO. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, le Pass Jeunes fête sa deuxième année avec toute la pompe qui préside aux initiatives de l'Exécutif, dont l'expérimentation n'est bien souvent que prémice à une pérennisation actée d'avance.

Ne vous méprenez pas sur ma démarche et celle de mon groupe qui a soutenu en mai 2012 la mise en ?uvre de ce chéquier d'activités gratuites ou à tarif réduit, et qui continue dans le principe à encourager une telle démarche qui bénéficie aux jeunes de 15 à 25 ans parmi lesquels 13 % renoncent à partir en vacances estivales. Mais voilà, les réserves émises l'an dernier et les carences évoquées n'ont pas été dissipées et l'idée salutaire et bienfaisante pèche par des modalités hasardeuses et une offre contestable. Le manque d'ambition se ressent au travers du nombre de Pass proposés, ainsi que je l'avais déjà souligné lors de la première édition. Seuls 20.000 exemplaires seront diffusés, alors même que plus de 320.000 jeunes Parisiens ont entre 16 et 25 ans et qu'un tiers d'entre eux ne partent que rarement en vacances. La cible est loin d'être couverte et le quota semble être arbitrairement défini. Cette absence de véritable volonté politique transparaît également dans les moyens financiers alloués, en étonnante baisse, passant de 24.000 euros, hors valorisation des entrées dans les équipements municipaux, à 19.000 euros pour l'été prochain. Pouvez-vous m'expliquer, Monsieur le Maire, une telle variation ? Le bilan succinct de l'opération menée en juillet et août 2012 est plus que partial. Il montre que 93 % de jeunes sont satisfaits, mais nous aurions aimé connaître les revendications et les désirs des 7 % de mécontents, afin d'adapter le contenu du Pass ou ses modalités d'utilisation. Le succès revendiqué est relatif, et je le déplore, car le principe de mise à disposition de ce chéquier est louable. A la lecture des chiffres, il s'avère que, sur les 20.000 Pass édités, seuls 13.000 ont effectivement été retirés, pour plus de 25.000 réservations. Il en ressort que, si l'intérêt des jeunes a préalablement été éveillé, leur engouement s'est éteint au moment de le réclamer. A y regarder de plus près, et comme l'a fait remarquer également ma collègue Mme FOURNIER, c'est trop souvent un rendez-vous manqué auprès d'un public exigeant, comme en témoignent les 94 forfaits retirés à Panoyaux, pourtant au coeur d'un quartier politique de la ville, ou les 430 Pass de Montcenis à mettre en regard avec les 2.432 Pass relayés par le kiosque "Le Marais". Je suis donc surprise que vous vous félicitiez d'une réussite discutable, notamment eu égard à la sollicitation des offres proposées, tandis que les musées parisiens n'ont généré que 3.000 entrées, soit près d'une entrée tous les cinq Pass utilisés. Une analyse des différents taux de fréquentation ces prochains mois, des équipements publics mobilisés visant à vérifier l'impact au long terme d'un tel dispositif et de son caractère initiatique et incitatif, paraît en cela nécessaire.

Enfin, la composition du Pass Jeunes peut laisser dubitatif, alors que l'Aquarium de Paris, qui engendrait cependant le plus d'entrées, après les piscines municipales, avec un total de 4.411 billets a disparu du panel des partenaires ou que l'Espace de glisse parisien, qui n'avait séduit que 156 personnes, renouvelle sa participation cette année.

De même, si je plébiscite la promotion du patrimoine, et en cela les entrées des monuments et des musées nationaux, force est de constater qu'ils n'ont enregistré que 428 visites. Il ne suffit pas de délivrer un sésame donnant accès à la culture et à la richesse foisonnante de Paris, encore faut-il susciter l'envie, le désir de découvrir, par le biais de campagnes de communication, mais aussi grâce à une médiation culturelle dès le plus jeune âge, prodiguée par les parents, les professeurs et, à en croire vos promesses, par un périscolaire audacieux. De plus, parmi les quatre innovations proposées cette année, deux d'entre elles sont superflues, puisqu?elles se contentent de consacrer une gratuité habituelle pour les 12-25 ans. Aviez-vous donc besoin d'étoffer le chéquier pour en asseoir la légitimité ? Quelle est la logique qui prévaut dans vos négociations, Monsieur le Maire ? Il semble qu'aucune évaluation de l'attractivité des offres occasionnant un recentrage potentiel des activités mandatées ne soit mise en ?uvre. Enfin, quant aux modalités de délivrance des Pass, l'innovation introduite pour 2013 qui exempte de l'inscription en ligne, fait craindre une absence de suivi des chéquiers ainsi délivrés, voire un risque de monétisation. Vous l'aurez compris, votre copie est perfectible en bien des aspects et l'effet d'affichage ne saurait supplanter un nécessaire travail de réflexion sur l'accès et l'ouverture à la culture. Néanmoins, parce que faute de pouvoir rêver d'ailleurs et par manque d'argent de nombreux jeunes profitent d'un été parisien avec ses charmes et ses contraintes, le groupe U.D.I. renouvellera son soutien au Pass Jeune, mais de même que ses réserves.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame. La parole est à Mme GACHET.

Mme Isabelle GACHET, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je me permettrai de répondre à Mme BRUNO que, certes, tout dispositif est perfectible. Néanmoins, nous sommes satisfaits du résultat de la première édition. Nous avons pris acte de la difficulté qu'il pouvait y avoir entre le geste de s'inscrire sur Internet et celui d'aller récupérer le chéquier dans un autre lieu.

C'est pour cela que nous prenons cette année un certain nombre de dispositions, notamment d'offrir la possibilité aux parents d'aller chercher le chéquier pour les jeunes. C'est également pour cette raison, puisque nous nous sommes aperçus que c'était plus compliqué pour les publics des quartiers politique de la ville, de faire le geste de se déplacer, que nous introduisons cette année la possibilité pour différentes structures de réserver 5.000 Pass (clubs de prévention, antennes jeunes, espaces jeunes) et de distribuer ainsi les chéquiers directement aux jeunes suivis.

Vraiment, je suis un peu scandalisée du fait que vous parliez de monétisation de ces dits chéquiers. Je n'imagine pas que les agents de la Ville ou ceux qui ?uvrent dans le cadre de délégation de service public ou dans les clubs de prévention utilisent ces chéquiers contre de l'argent. Cela me paraîtrait un peu surprenant. Quant au suivi, je crois que vous avez tort. On pourra peut-être avoir un suivi encore plus amélioré cette année. J'ai notamment demandé de pouvoir faire un suivi également par genre. Cela sera certainement difficile, s'agissant des inscriptions sur Internet et des retraits. Par contre, pour les inscriptions via les antennes jeunes ou les espaces jeunes, peut-être que le suivi pourra être un peu plus précis. L'année dernière, c'était la première année du "Pass jeunes". On a commencé, c'est vrai, la campagne d'information un peu tard. C'est pour cela qu?aujourd'hui, nous la commençons plus tôt. Vous nous reprochez aussi le fait qu'on élargisse l'offre d'activités culturelles et sportives et que l'on passe à 36 coupons d'activités. Ma foi, c'est une offre plus grande que nous souhaitons offrir aux jeunes Parisiens et je m'étonne que vous puissiez critiquer cela.

Quant aux différents partenaires de l'opération, évidemment, chaque année, on doit aller en chercher de nouveaux et je m'en réjouis. Le v?u de Mme FOURNIER, qui souhaite une métropolisation du dispositif, prouve bien l'intérêt du dispositif.

Madame FOURNIER, votre v?u va totalement dans ce que nous souhaitons faire à l'avenir avec le Pass Jeunes. Comme vous le disiez, la métropolisation des politiques publiques va aller en croissant et c'est un vrai besoin qui a été identifié dans le cadre des travaux de la Mission jeunesse.

D'abord parce qu'on le sait, de nombreux jeunes métropolitains viennent à Paris profiter de l'offre culturelle et de loisirs, mais aussi parce qu'il est aussi important, justement, de mieux faire connaître la Métropole. Nous allons travailler à cela avec M. Pierre MANSAT, à ce que nous puissions aussi développer des partenariats avec les collectivités de la Métropole pour qu?elles aussi puissent offrir et mettre en valeur l'offre culturelle et de loisirs qu'elles ont à disposition et que nous encouragions les jeunes Parisiens aussi à sortir de Paris et à découvrir et utiliser cette offre.

Je suis naturellement favorable à ce v?u, sachant que ceci reste, bien entendu, sous réserve des accords que nous pourrons avoir avec les collectivités membres du syndicat Paris Métropole, avec les offres, mais avec M. Pierre MANSAT, nous nous engageons à travailler sur ce dispositif-là de métropolisation.

Donc, j'émettrai un avis favorable, sous réserve des possibilités techniques et financières.

Quant à vos propos, Madame BRUNO, j'y reviens : vous nous reprochez finalement de faire une opération plus importante, qui touche plus de jeunes avec une plus grande offre, avec moins d'argent. Je crois, au contraire, que c'est le signe d'une bonne gestion des deniers publics. Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame. Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe E.E.L.V.A., assortie d'un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est adoptée. (2013, V. 111). Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 311. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2013, DJS 311).