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Septembre 2004
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14 - 2004, DPVI 29 - Subvention au titre de l'Intégration à l'association "Groupe d'information et de soutien des immigrés - GISTI" pour une action de conseil et d'information juridique. - Montant : 15.245 euros

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2004


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous en avons terminé avec la 1ère Commission et nous allons attaquer la 6e.
Donc nous passons à l'examen du projet de délibération DPVI 29 concernant l'attribution d'une subvention au titre de l'intégration à l'association "GISTI", pour une action de conseil et d'information juridique et un montant de 15.245 euros.
Je donne la parole à Mme Véronique DUBARRY.
Mme Véronique DUBARRY. - Je vous remercie, Madame la Maire.
Mon intervention sera brève et en forme de question. Le "GISTI" mène une action exemplaire depuis un certain nombre d'années auprès des exilés présents sur la Capitale. Je ne reviendrai donc pas sur le bien-fondé de cette subvention parce que, effectivement, malheureusement, la masse de travail de cette association, si j'ose m'exprimer ainsi, est en constante augmentation. Ce n'est pas aujourd'hui ni demain au vu des récentes lois promulguées par le Gouvernement RAFFARIN que cette masse de travail va diminuer.
Je voudrais insister sur le travail spécifique, particulier, mené par le "GISTI" au sein du Collectif de soutien aux exilés du 10e arrondissement. Ce Collectif est né il y a maintenant plus d'un an, presque deux ans après une maraude effectuée par un certain nombre de militants et d'habitants du 10e arrondissement autour des gares de l'Est et du Nord.
Ce Collectif, qui a pris en charge et tente d'accompagner les exilés présents dans certains quartiers du 10e arrondissement, est confronté à une tâche qui est un véritable tonneau des Danaïdes : le nombre d'exilés ne cesse d'augmenter et la fermeture de Sangatte est très largement responsable de cet état de fait.
Le Collectif a alerté, a tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises auprès des différentes institutions qui peuvent ou qui devraient réagir à cette situation, et il se trouve que si certaines réponses ont certes été apportées, la situation perdure, que nous sommes à la veille d'un second hiver. Je n'égrènerai pas la liste des hébergeants de l'hiver dernier, comme le siège du parti communiste, le siège national des "Verts", les différentes paroisses à proximité du 10e arrondissement, mais même au-delà, dans tous les arrondissements de Paris.
Je m'inquiète du fait que cette litanie doive se reproduire à nouveau cet hiver, et je souhaite à nouveau insister pour que la Municipalité trouve ou en tout cas cherche des solutions concrètes d'hébergement.
Il va de soi que les solutions qui ont été apportées sont intéressantes, mais ne sont malheureusement que partielles. Faire comme si 30, 50, 100 hébergements suffisaient, c'est se voiler la face, c'est nier la réalité. Dire également que c'est uniquement de la responsabilité de l'Etat, là encore, ce n'est pas audible, ni pour les élus locaux ni pour les habitants des quartiers concernés, ni, à plus forte raison, pour ces personnes qui devraient bénéficier d'un accueil décent de la France et qui se retrouvent à la rue, dans des conditions sanitaires, on l'a dit à plusieurs reprises, tout à fait précaires.
J'insiste, Madame la Maire, pour que, cet hiver, des solutions dignes soient trouvées pour cette centaine de personnes qui en sont à cacher leur maigre possession dans les arbres, dans les arbres du 10e arrondissement.
Je ne souhaite pas que nous donnions cette image de la France, cette image de Paris. Cela me paraît extrêmement dégradant, autant pour eux que pour nous.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Véronique DUBARRY.
La parole est à Mme Khédija BOURCART.
Mme Khédija BOURCART, adjointe, au nom de la 6e Commission. - Merci, Madame DUBARRY, des précisions que vous nous apportez concernant les demandeurs d'asile du 10 e arrondissement.
Je voulais dire quelques mots sur le GISTI dont vous avez dit le plus grand bien au niveau de son travail. C'est une association où effectivement il y a très peu de salariés, 8 salariés, mais énormément de bénévoles, plus de 800. Donc je voulais attirer votre attention sur le travail immense qui est accompli non seulement en direction des demandeurs d'asile mais en direction de tout demandeur en situation irrégulière mais aussi en matière d'accompagnement juridique en direction de l'ensemble des étrangers, car l'un des objectifs du GISTI c'est aussi l'égalité des droits et la lutte contre les discriminations au niveau juridique, donc tout cet accompagnement est important.
Je voulais aussi vous rappeler que le GISTI, comme beaucoup d'associations, est toujours en situation précaire financièrement et, c'est à ce titre aussi que, comme je le fais à chaque fois que cela est possible, qu'il convient de signer des conventions triennales avec cette association mais avec d'autres pour effectivement pousser à la pérennisation de leur travail.
Concernant les demandeurs d'asile, la Ville continuera ses actions.
Je pense qu'il y a une question qui demeure pour toutes ces associations comme pour nous tous : c'est l'importance de personnes en situation irrégulière alors qu'elles vivent depuis très longtemps sur le territoire parisien ou national. Donc il serait temps pour le Gouvernement d'avoir des réponses claires et surtout humaines pour toutes ces personnes qui sont à Paris et qui sont des fantômes et que seules les associations accompagnent et que la Ville soutient.
Merci.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Khédija BOURCART.
Madame STAMBOULI, en complément de Mme BOURCART, vous avez la parole.
Mme Mylène STAMBOULI, adjointe. - Merci, Madame la Maire.
Oui, je voulais juste répondre sur la question du 10e arrondissement, car nous sommes très inquiets de la situation dans le 10e arrondissement. Le maire du 10e a demandé un rendez-vous à M. BORLOO pour travailler sur le dispositif d'accueil. Et Bertrand DELANOË a écrit au Gouvernement pour qu'effectivement des places soient réservées cet hiver aux exilés du 10e arrondissement et que les choses se passent beaucoup mieux que l'hiver dernier où il fallait passer un par un par le 115 pour avoir des places d'hébergement.
J'ai répondu à une question d'un Conseiller de Paris de façon beaucoup plus complète sur les exilés du 10e arrondissement, et vous trouverez cette réponse prochainement.
En ce qui concerne le dispositif de France Terre d'asile, ce dispositif a été très encouragé par la Mairie pour augmenter le nombre de places d'hôtel pour les personnes isolées gérées par France Terre d'asile.
Voilà, je voulais donner ces quelques précisions.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, pour ces deux éléments de réponse très importants.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPVI 29.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DPVI 29).