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Juin 2006
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2006, DASCO 84 - Fermeture du lycée municipal Fernand Holweck (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2006


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous passons au projet de délibération DASCO 84 sur lequel un amendement technique n° 18 a été déposé par l?Exécutif. Il s?agit d?un projet de délibération concernant la fermeture du lycée municipal Fernand Holweck dans le 15e arrondissement.

Monsieur ALAYRAC, vous avez la parole.

M. Gilles ALAYRAC. - Le lycée municipal Fernand Holweck va fermer ses portes dans quelques jours. A qui en incombe la faute ? Au Recteur de l?Académie de Paris qui avait décidé l?an passé un certain nombre de transferts et de fermetures d?établissements de ce type au sein de la Capitale.

L?intervention de la Mairie de Paris et d?Eric FERRAND en particulier n?a, hélas, pas permis de sauver ce lycée municipal dont les résultats scolaires sont pourtant excellents.

J?ai combattu cette mesure et je condamne toujours ce type de décision unilatérale, et brutale même, qui vise l?enseignement professionnel. Je considère que cette filière a un avenir et en particulier sur le territoire parisien. Les lycées techniques n?ont pas forcément vocation à s?installer en banlieue.

Cependant, je crois que nous n?avons pas d?autre choix aujourd?hui que de prendre acte de cette mesure de carte scolaire décidée par l?Académie de Paris. Il nous faut donc à regret voter ce projet de délibération.

En tant qu?élu du 15e arrondissement et membre du conseil d?administration du lycée Fernand Holweck, je me suis naturellement intéressé au devenir des locaux de cet établissement, répartis sur trois sites. Je défends fortement l?idée de l?ouverture d?un collège dans le 15e arrondissement, qui se justifie d?ailleurs pleinement par la démographie scolaire. Il est nécessaire, à mon sens, de se pencher maintenant sur cette question. Or, la fermeture du lycée nous offre l?occasion d?examiner si ces locaux ne seraient pas adaptés à l?ouverture d?un collège.

Avant de s?intéresser au devenir des bâtiments de la Préfecture de police rue des Morillons, j?invite la Ville à étudier d?abord celui des locaux de Fernand Holweck. D?ailleurs, et je parle sous le contrôle du Directeur de cabinet du Préfet de police, le départ du service des objets trouvés de la rue des Morillons reste jusqu?à présent tout à fait hypothétique. Nous avons d?ailleurs rejeté hier soir un amendement au P.L.U. du groupe U.M.P. qui demandait d?affecter cette parcelle à un futur collège.

J?approuve, bien sûr, l?amendement de l?Exécutif qui vise à réécrire l?exposé des motifs qui accompagnait ce projet de délibération et semblait placer le Conseil de Paris devant le fait accompli. Il est nécessaire d?étudier les besoins et d?analyser les possibilités offertes par ces locaux, avant de décider quoi que ce soit, même si je souhaite que la vocation scolaire de ces locaux soit préservée.

Je demande enfin à l?Exécutif de prendre dès le mois de juillet les mesures nécessaires pour sécuriser un site devenu vide, afin d?éviter toute tentative de squat.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur ALAYRAC.

Je donne la parole à M. VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Madame la Maire.

A plusieurs reprises, les élus du groupe communiste sont intervenus en Conseil, dénonçant les fermetures successives de lycées municipaux, professionnels ou techniques, orchestrant ainsi l?éviction progressive de l?enseignement professionnel et technique industriel au c?ur de la Capitale.

Aujourd?hui, c?est le lycée de la filière électronique Fernand Holweck qui ferme ses portes. Annoncée par le Rectorat dès janvier 2005, la fermeture de ce lycée est en réalité effective depuis la rentrée de septembre 2005, seuls les étudiants passant leur diplôme en juin 2006 ayant pu s?y réinscrire ; les autres ont été déplacés, réorientés ou transférés dans d?autres établissements.

Pourtant, ce lycée fonctionnait bien : petite structure répartie sur trois sites, la situation géographique de cet établissement au Sud de la ville était considérée comme pertinente et très utile. L?annonce de sa fermeture, décidée sans concertation, a déclenché un fort mouvement de mobilisation de la part des enseignants, des élèves, des parents d?élèves et des syndicats.

Nous savons qu?Eric FERRAND a été très présent lors de l?annonce des fermetures de lycées municipaux professionnels l?année passée, mais ceci n?a pas suffi à sauver ce lycée.

La diminution constante des offres de formation professionnelle et technique industrielle montre bien la place que l?on octroie à ces filières spécifiques dans la Capitale. Peu à peu, les lycées municipaux professionnels et techniques ferment leurs portes intra muros pour rouvrir en banlieue. L?enseignement à Paris serait-il réservé aux filières générales tandis que les filières techniques n?auraient droit de cité qu?en périphérie ? Assisterait-on à une mise au ban de ces filières ? Leur disparition progressive réduit l?offre aux jeunes Parisiens et les contraint souvent à des déplacements qui ont un coût pour les familles. Paris n?est, à notre avis, pas une vitrine ; l?enseignement technique et professionnel y a toute sa place.

Le Ministère de l?Education nationale et le Rectorat de Paris organisent progressivement la fin d?un enseignement professionnel et technique public et de qualité. Or, la gestion difficile du transfert des lycées municipaux de la Ville à la Région permet au Rectorat de se désengager progressivement sur les formations industrielles et de laisser les C.F.A. privés se substituer aux responsabilités de l?Ecole publique.

Pour pallier la fermeture des lycées municipaux, nous avons instauré les regroupements de formations. Or, aujourd?hui, l?expérience des regroupements nous a montré qu?ils diminuaient inexorablement les capacités d?accueil des élèves l?année suivant le transfert. La fusion Clément Ader-Diderot, que je connais bien puisque je suis au conseil d?administration du lycée Diderot, mais aussi Diderot-Dorian en sont des exemples phares.

Nous nous sommes toujours opposés à ces fusions. Nous pensons qu?il est indispensable de maintenir un réseau serré de petits établissements, ancrés dans les quartiers et permettant l?accueil des élèves de ces quartiers mêmes. Nous savons à quel point les équipes pédagogiques dans ces petites formations industrielles sont solides, investies et attachées à leurs élèves. En les fermant, nous sommes responsables de la perte d?outils éducatifs, pédagogiques et d?insertion incontestables.

C?est pourquoi nous ne participerons pas au vote sur ce projet de délibération.

Mme Anne HIDALGO, adjointe, présidente. - Merci.

Je vais donner la parole à Mme POURTAUD pour vous répondre.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe, au lieu et place de M. Eric FERRAND, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Merci, Madame la Maire.

En fait, je vais essayer de donner quelques éléments de réponse à mes deux collègues au nom d?Eric FERRAND qui n?a pas pu être dans l?hémicycle cet après-midi.

En fait, cela a été très bien souligné aussi bien par Gilles ALAYRAC que Jean VUILLERMOZ, la fermeture du lycée Fernand Holweck, lycée municipal d?enseignement professionnel de la filière électronique a été décidée de manière unilatérale par l?Académie de Paris sans même que la Ville ait été préalablement informée. Cela a été rappelé par Gilles ALAYRAC, il y avait déjà eu une tentative l?année dernière. La mobilisation des élus de l?arrondissement, dont Anne HIDALGO et Gilles ALAYRAC, avait réussi à repousser l?échéance, mais cette année, sans discussion avec la Ville, la décision de fermeture est prise.

Il semble effectivement que, malheureusement, à Paris, la gestion des formations par le Rectorat réponde plus à une logique purement comptable qu?au souci de l?intérêt général du service public de l?éducation et en particulier de ce que souhaitait Jean VUILLERMOZ à l?instant c?est-à-dire cet ancrage dans le territoire de petits établissements.

Eric FERRAND a souhaité rappeler combien la Municipalité parisienne est attachée à ce que l?enseignement professionnel dans sa diversité puisse être dispensé dans la Capitale dans les meilleures conditions. Vous avez émis l?hypo-thèse, chers collègues, que petit à petit ces établissements étaient repoussés par le rectorat en dehors de la Capitale. Il est clair que la majorité municipale ne partage pas du tout cette manière de voir les choses.

Toutefois, si la définition de la carte scolaire appartient à l?Académie, la gestion des immeubles relève encore de la compétence de la collectivité parisienne. C?est pourquoi je vais répondre de manière positive au souhait exprimé par Gilles ALAYRAC.

Eric FERRAND, en effet, souhaite que la destination des locaux du lycée Holweck reste du domaine scolaire. Nous avons présenté pour cette raison l?amendement n° 18 de l?Exécutif qui permet de réécrire l?exposé des motifs et réaffirme la volonté de maintenir ces locaux dans le domaine scolaire et, sans doute une fois que l?étude sur les besoins aura été menée, sans doute pour accueillir dignement des collégiens dans cet établissement.

Je crois, Madame la Maire, avoir à la fois répondu aux inscriptions et défendu l?amendement n° 18.

Mme Anne HIDALGO, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, l?amendement n° 18.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

L?amendement n° 18 est adopté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 84 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2006, DASCO 84).