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Juin 2006
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Conseil Municipal
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2006, SGRI 52 - Subvention à l’association “CARE France” destinée à contribuer au financement de l’achat et de la distribution de médicaments aux populations palestiniennes. - Montant : 50.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2006


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération SGRI 52 concernant l?association ?CARE - France?.

Madame ATALLAH, vous avez la parole.

Mme Marie-Thérèse ATALLAH. - Merci, Monsieur le Maire.

Le projet de délibération qui nous est soumis ici propose de subventionner l?association ?CARE - France? pour l?aider à financer l?achat et la distribution de médicaments au peuple palestinien.

Nous ne pouvons que nous réjouir vivement de cette initiative, la situation en Palestine devenant plus alarmante de jour en jour.

Depuis les élections législatives de janvier 2006, qui ont permis au Hamas d?arriver au pouvoir, les conditions de vie de la population palestinienne ne cessent de se dégrader. En effet, le résultat des urnes a eu pour conséquence de voir supprimées les principales ressources financières allouées à l?autorité palestinienne par la communauté internationale.

Les Etats-Unis et l?Union européenne ont ainsi pris la décision, à peine une semaine après les élections, de suspendre toute l?aide directe versée au Gouvernement palestinien dirigé par le Hamas.

Si nous comprenons toute la difficulté à soutenir un pays dont le Gouvernement est majoritairement dirigé par un mouvement porteur de valeurs contraires aux principes des Droits de l?Homme, nous ne pouvons que regretter une décision de la Commission européenne qui fait subir à la population palestinienne les conséquences d?une élection reconnue par l?O.N.U comme étant démocratique.

Nous saluons ici la position adoptée par notre adjoint aux relations internationales, Pierre SCHAPIRA, à l?issue de ce scrutin, fin janvier. En effet, M. SCHAPIRA déclarait, je cite : ?Il ne faut jamais perdre de vue que la suppression de ces aides financières pèseraient essentiellement sur le peuple palestinien. C?est lui qui souffrirait?. Nous souhaitons ici lui dire que nous partageons entièrement son point de vue.

Près de 120.000 personnes travaillant pour l?autorité palestinienne n?ont pas reçu leur salaire. Cela représente 25 % de la population active palestinienne. Ce sont également 120.000 familles qui dépendent directement de cette rentrée financière et l?on peut estimer à près d?un million le nombre de personnes directement touchées par la décision européenne.

A l?instar de la plateforme des O.N.G. françaises pour la Palestine, nous exprimons la plus grande inquiétude quant aux conséquences désastreuses de cette décision sur la population palestinienne, totalement dépendante de l?aide internationale dans tous les aspects de sa vie, du fait de l?occupation israélienne. Dans son rapport du 16 mars 2006, la Banque mondiale prévoit, si l?aide reste suspendue, une crise humanitaire avec la désorganisation rapide des services sanitaires et éducatifs.

L?Organisation mondiale de la santé met en garde contre le fait que le Ministère palestinien de la Santé publique va devoir affronter une crise financière aiguë, si les fonds nécessaires n?arrivent pas. C?est pourquoi les services de santé de Cisjordanie et de la bande de Gaza connaissent une régression rapide pouvant aller jusqu?à l?effondrement total, car 57% de tous les travailleurs médicaux sont payés par ce même Ministère.

L?aide internationale ne sert pas à soutenir tel ou tel parti au pouvoir, mais à maintenir les institutions de l?autorité palestinienne chargées, conformément aux accords d?Oslo, d?assurer les services publics de base à la population palestinienne. Les organisations non gouvernementales palestiniennes et internationales ne pourront pas se substituer aux administrations palestiniennes pour fournir ces services. Et l?aide aux Palestiniens ne saura se réduire à une aide humanitaire. Il ne suffit pas seulement de soigner des malades ou de donner de l?eau, mais aussi de payer des fonctionnaires et de faire tourner l?administration.

Pour conclure, nous soutenons bien évidemment cette subvention qui contribuera à l?achat et la distribution de médicaments afin de subvenir aux besoins les plus essentiels. Nous nous interrogeons néanmoins sur la possibilité d?imaginer de nouvelles formes de partenariats de la Ville, adaptées à la situation actuelle sur la base d?une évaluation des priorités, des urgences et des besoins de la population palestinienne.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Je n?ai pas cru comprendre qu?il y avait désaccord. C?était une intervention qui approuvait la subvention.

Je vais peut-être le mettre aux voix directement ?

Mme Moïra GUILMART, adjointe, au lieu et place de M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Oui, si ce n?est que je voulais préciser très exactement ce que fait l?association ?CARE - France? que nous subventionnons puisque Mme ATALLAH a parlé d?une façon très globale... J?aurais souhaité apporter des précisions, je les tiens à la disposition de Mme ATALLAH.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Attendez, Madame, mais il y a un projet de délibération et les conseillers sont parfaitement habilités à le lire. Il n?y a pas de problèmes.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SGRI 52.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, SGRI 52).