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Juillet 1997
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19- 1997, DAC 28 - Subvention d'investissement à l'association " Centre audiovisuel de Paris " (1er). - Montant : 23.000.000 F.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 1997



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Mes chers collègues, nous passons au projet de délibération DAC 28, portant attribution d'une subvention d'investissement à l'association " Centre audiovisuel de Paris ", d'un montant de 23 millions de francs.
La parole est à M. LE GARREC.
M. Alain LE GARREC. - De par la délibération DAC 28, vous nous demandez pour la dixième année une subvention d'investissement au Centre audiovisuel de Paris, dont je rappelle que l'objet est de constituer un fonds audiovisuel destiné à être mis à la disposition du public.
Si je lis bien la très courte présentation, sur les 23 millions de francs demandés, cette année 3,3 millions seront consacrés à renouveler et acquérir des droits de représentation ou de reproduction de films. Il reste donc un peu moins de 20 millions de francs pour produire un certain nombre de films à base documentaire retraçant l'histoire en marche de Paris, la gestion d'un espace de connexion internet, et combler les déficits des exercices précédents. Nous ne savons pas quels sont les chiffres de 1996, et les mesures prises pour réduire ce déficit. Pouvez-vous nous dire comment ces 20 millions vont être répartis ?
Je regrette que nous n'ayons pas une vue globale de la vidéothèque et du Centre audiovisuel pour apprécier la complémentarité, qui d'après ce que la délibération laisse entendre ne servirait qu'à l'équilibrage budgétaire de la structure.
Cela fait des mois, Monsieur le Maire, que moi-même et mes collègues de l'opposition demandons que les demandes de subventions, quelles qu'elles soient, et celle-là est quand même de 23 millions de francs, soient accompagnées des bilans financiers appropriés, ainsi que des budgets prévisionnels. Vous ne pouvez pas dire aux Parisiens que la situation financière de Paris n'est plus ce qu'elle était, et je ne ferai pas plus de commentaires, et continuer ainsi à servir des subventions d'habitude sans un minimum d'informations.
Ceci était un commentaire sur la forme.
Maintenant sur le fond, nous respectons et apprécions le Centre audiovisuel de Paris et ses finalités. Il y a quelques mois, lors de votre communication sur l'artisanat d'art et de création, je vous ai expliqué la disparition année après année d'un certain nombre de savoirs faire, ce que les artisans appellent le geste. J'avais suggéré que ces gestes qui sont notre patrimoine soient filmés et conservés. Je réitère cette demande, et je profite donc de cette délibération pour vous demander de l'inclure dans les objectifs de production.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci.
Je donne la parole à M. MESMIN.
M. Georges MESMIN. - Merci, Monsieur le Maire.
Depuis dix ans, le centre audiovisuel de Paris aura coûté quelques 228 millions de francs à la collectivité, en y incluant les 23 millions de francs qui nous sont proposés aujourd'hui.
Cela fait quand même beaucoup d'argent, si on y ajoute les crédits pour le fonctionnement de la vidéothèque, laquelle, nous dit-on, pourrait fusionner avec le centre. C'est un véritable gouffre financier dont il s'agit.
Ces institutions reçoivent-elles tant de public que cela ? Il faut établir des ratios entre la fréquentation de la vidéothèque de Paris et ce qu'elle coûte aux contribuables, quelle que soit l'excellence de cet outil, la richesse de ce fond documentaire, et son intérêt pour quelques chercheurs et pour quelques amateurs. Il n'est pas possible d'aller trop loin dans l'élitisme et de faire payer par les Parisiens à hauteur de ces sommes considérables un jouet qui ne serait utile qu'à quelques uns.
Donc nous serions intéressés par un développement de la documentation sur les personnes qui fréquentent ces institutions.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président.- Je donne la parole pour répondre aux intervenants à Mme MACÉ de LÉPINAY.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, comme je l'ai précisé longuement l'année dernière en 4e Commission, la vidéothèque est gérée par deux associations, celle proprement dite vidéothèque de Paris et le Centre audiovisuel de Paris.
Le Centre audiovisuel de Paris a pour mission de constituer et d'exploiter le fonds audiovisuel, la vidéothèque, elle, ayant à sa charge la mise en valeur de ce fonds. Les comptes, clairement séparés, de chacune de ces deux associations sont examinés chaque année par les Conseils d'administration compétents dans lesquels la Ville est évidemment représentée.
La vidéothèque de Paris perçoit une subvention de fonctionnement de la Ville de Paris et prend à sa charge les salaires des personnels de direction, du secrétariat général, de la communication et de l'action éducative ainsi que les frais de communication et d'annonce des manifestations. Le Centre audiovisuel acquiert des films, acquiert les droits lui permettant d'exploiter des films et parfois réalise les travaux nécessaires à l'exploitation de ces films. Je veux parler de la restauration en particulier.
Le Centre audiovisuel a une importante activité de production d'une part en suivant les activités parisiennes : il y a eu en particulier des films réalisés sur les mutations haussmaniennes, l'inauguration de la Maison européenne de la photographie, les cent ans des jardins ouvriers, Saint-Germain-des-Prés, etc. D'autre part, il suit les chantiers parisiens, parfois en coproduction. Je pense à l'hôtel de Saint-Aignan, la Bibliothèque nationale de France, les travaux des Arts et Métiers, ou les Grands Moulins de Paris.
Enfin, il produit des documentaires diffusés sur des chaînes de télévision, comme Arte ou TF1.
Le Centre audiovisuel est également le producteur exécutif de l'émission " le canal du savoir ", diffusé sur " Paris Première ". Je voudrais répondre à M. LE GARREC que son idée de filmer les derniers artisans qui risquent de disparaître de notre Ville, me paraît être une bonne idée, que je vais suggérer - je sais que vous l'aviez déjà dit mais on ne l'avait peut-être pas assez relayé - au responsable du Centre audiovisuel pour que l'on prenne des dispositions pour enregistrer cette mémoire de notre Ville.
Je voudrais rappeler qu'entre 1995 et 1996 les recettes de billetterie de la vidéothèque ont considérablement augmenté, notamment grâce au Cyberport, et aux nouveaux événements organisés par la vidéothèque tels que les rencontres internationales du cinéma à Paris.
Pour M. MESMIN je veux préciser que les entrées journalières payantes en 1996 ont été de 46.004 ; ce sont des gens qui viennent à la vidéothèque pour voir des films et pour consulter l'Internet sur Cyberport. Il y a eu en 1996 4.400 entrées aux rencontres internationales du cinéma et plus de 10.000 personnes ont bénéficié des projections organisées à la vidéothèque.
Enfin, on peut noter que les abonnements payants sont en 1996 de près de 2.000.
Voilà les éléments que je voulais vous apporter en vous demandant de bien vouloir voter la subvention qui nous est proposée.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie Mme MACÉ de LÉPINAY.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 28.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SILHOUETTE, BILLARD, SCHERER et M. BLET s'étant abstenus, MM. DUMAIT, MESMIN et REVEAU ayant voté contre. (1997, DAC 28).