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Juillet 1997
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14- 1997, DVD 65 - Programme 1997 de mesures en faveur des vélos.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 1997



M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Nous allons passer maintenant au projet de délibération DVD 65 relatif au programme 1997 de mesures en faveur des vélos.
Je donne la parole au premier orateur inscrit, Mme BILLARD.
Mme Martine BILLARD. - Merci, Monsieur le Maire.
La présentation de cette délibération devant le Conseil de Paris siégeant en Conseil municipal et non en Conseil général, comme l'an dernier, a au moins permis cette année aux Conseils d'arrondissement d'en délibérer et de faire connaître les améliorations qu'ils souhaiteraient. C'est donc nettement plus positif au point de vue de la démocratie.
Nous aurons donc un total de plus de 100 kilomètres de voirie aménagée pour les vélos fin 1997 dans Paris intra-muros, soit un peu plus de 2 % de la voirie.
Dans le programme de 1996, les 3/4 des aménagements se limitaient à des bandes cyclables. Aussi, lors de sa séance du 10 octobre 1996, la Commission permanente du Conseil régional, examinant la demande de subvention de la Ville, avait demandé à celle-ci d'augmenter la part des pistes cyclables.
Grâce au document de la Commission permanente du Conseil régional de cette année, qui a examiné la demande de subvention de la Ville, donc avant que nous délibérions aujourd'hui sur ce programme, nous apprenons que les aménagements correspondront, pour 20,7 kilomètres, à des pistes cyclables, et pour 29,5 kilomètres, à des bandes cyclables. Mais il est quand même étonnant que la Ville remette des documents précis au Conseil régional mais ne veuillent pas indiquer les mêmes précisions aux élus du Conseil de Paris !
35 millions de francs ont été dépensés l'an dernier, 23 millions de francs seront dépensés cette année. Nous en serons donc à 58 millions de francs fin 1997. Vous aviez annoncé 80 millions de francs sur cinq ans. Cela voudrait dire qu'il resterait 22 millions de francs à dépenser, soit à peu près la même somme que cette année.
Le premier paragraphe de l'exposé des motifs prévoit 150 kilomètres d'aménagements d'ici à la fin de la mandature. Si vous maintenez ce kilométrage, cela voudrait dire qu'il ne reste plus que 50 kilomètres à aménager dans Paris, ce qui semble correspondre aux 20 millions restants. Je n'ose croire que c'est ce que vous envisagez réellement.
Si les 100 kilomètres de 1996 et de 1997 commencent à dessiner un réseau de déplacement possible en vélo, vous conviendrez que nous sommes loin de ce qui serait raisonnable de réaliser à terme !
En effet, les liaisons de rocades commencent seulement à être esquissées. On ne peut que regretter qu'un coup de pouce n'ait pas été donné pour pousser la réalisation de ce début de rocade jusqu'au canal de l'Ourcq, entre le 19e et le 20e arrondissement comme l'indique un voeu adopté par le Conseil du 20e arrondissement. Cela aurait créé un itinéraire cohérent.
Le Nord-ouest de Paris n'a toujours aucun itinéraire vélo. Bien d'autres itinéraires ont été proposés à plusieurs Conseils d'arrondissement, dont celui du 10e. Leurs demandes n'ont pas été prises en compte cette année. L'an dernier, vous indiquiez qu'en plus des grands itinéraires, des aménagements seraient prévus dans les quartiers.
Il semblait que ces aménagements devaient s'inscrire dans la réalisation des quartiers dits " tranquilles " entre autres.
Vous avez retiré de l'ordre du jour la délibération prévue pour ces quartiers. J'en profite pour vous demander de la présenter en Conseil municipal et non en Conseil général, Monsieur le Maire, afin que les Conseils d'arrondissement puissent en débattre.
Ce sont des aménagements de proximité pour lesquels la concertation la plus large doit être organisée en amont avec les associations concernées et les élus locaux.
Nous ne pouvons donc que rester vigilants face à ceux qui protestent de plus en plus contre ces aménagements sous prétexte que cela serait dangereux pour les cyclistes et les piétons. Oui, les cyclistes ne respectent toujours pas le Code de la route et cela est regrettable, mais cela doit-il signifier pour autant que le vélo n'ait pas sa place en ville ? Que ceux qui pensent à cela aillent jusqu'au bout de leur logique et pensent à la place de l'automobile dans ce cas ?
Si on commence à prendre prétexte du non-respect du Code de la route, commençons aussi à supprimer la voiture car les Parisiens sont connus pour ne pas respecter ce dernier.
Quant au nombre d'accidents de la route, autant ne pas les comparer avec les accidents de vélo. Nous souhaitons que les 100 kilomètres d'aménagement ne soient qu'un début. Si le vélo a reconquis une petite place dans la ville, il reste beaucoup à faire. Oui, il est possible d'augmenter le nombre des déplacements en vélo au détriment de la voiture, mais cela prendra du temps. Il est nécessaire de persévérer et de ne pas oublier que cela n'est qu'un élément de la lutte contre la pollution.
Seul un plan de déplacement urbain à l'échelon de Paris pourra articuler au mieux les différents types de transport.
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Merci.
La parole est à Mme CAPELLE.
Mme Liliane CAPELLE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, ce projet de délibération s'inscrit dans le cadre des nouvelles orientations en matière de politique de déplacement à Paris que vous nous avez présentées au mois de novembre l'année dernière.
Elle est à l'image du manque de cohérence et du manque d'ambition que nous avions déjà relevés dans l'annonce de cette nouvelle politique parisienne des déplacements.
Votre plan " vélo " se traduit par la construction de pistes cyclables exclusivement sans réflexion d'ensemble sur la place et la fonction de la bicyclette à Paris.
Votre administration pense d'ailleurs que vous gérez des équipements et non une politique.
En effet, la création de 50 nouveaux kilomètres de pistes cyclables est censée venir compléter le réseau d'itinéraires structurants mis en place depuis décembre 1996.
Je m'attendais, Monsieur le Maire, à ce que structurant rime avec cohérent. Que peut-on constater ?
D'une part, un déséquilibre important entre les aménagements prévus à l'ouest et à l'est et au centre de Paris. Il est encore plus grand dans le projet de délibération sur la création de quartiers tranquilles. C'est sans doute ce qui a motivé son retrait de l'ordre du jour.
D'autre part, un morcellement impressionnant des itinéraires structurants en question. En mettant bout à bout les 50 kilomètres existant de pistes et les 50 kilomètres qui vont bientôt être aménagés, le réseau reste largement incomplet.
Comment s'opère par exemple la transition entre le 12e et le 11e arrondissements ? Aucun aménagement de transition n'est prévu entre la piste cyclable en site propre du boulevard Daumesnil et la future piste, sur la création de laquelle je reviendrai, du boulevard Richard-Lenoir. Comment passe-t-on du boulevard de l'Hôpital, très circulant, dans le 13e arrondissement, au pont Charles-de-Gaulle avec les pistes aux environs de la gare de Lyon, et ce, pour rejoindre l'itinéraire du boulevard Daumesnil ?
Comment franchit-on la place de la Bastille quand on a emprunté la piste du boulevard Henri-IV ?
Les cartes sont trompeuses... ! Elles laissent entendre que le réseau est entièrement connecté. C'est loin d'être le cas. Ce manque de cohérence a des conséquences directes sur l'insécurité, l'inconfort dans lesquels vont se retrouver les cyclistes, notamment à la traversée de certains carrefours.
Il suffit de prendre le cas de la liaison place de la Bastille - boulevard Richard-Lenoir dans les deux sens pour comprendre qu'il y a là un exemple flagrant d'insécurité !
Pour ce cas en particulier qui concerne le 11e arrondissement, je souhaite vivement que place de la Bastille, les aménagements nécessaires soient réalisés dans le même temps que ceux de la piste cyclable à proprement parler.
Vous nous indiquez par ailleurs, Monsieur le Maire, que les types d'aménagement retenus pour chaque site propre seront redéfinis au cas par cas, c'est-à-dire en fonction d'une situation globale, et plus précisément en fonction de la configuration des voies qui sont concernées.
Or, l'exemple du boulevard Richard-Lenoir montre qu'il n'en est rien. Le type d'aménagement choisi à ce jour laisse supposer que la présence de marchés, 4 matinées par semaine sur ce boulevard, n'a pas été prise en compte.
La circulation, les jours de marchés du fait du stationnement en épis des camionnettes des commerçants est déjà fortement perturbée sans piste cyclable.
L'emprise au sol sur la chaussée suppose que l'aménagement limitera la circulation à une seule voie. Je vous laisse imaginer les embouteillages qui naîtront de ce parti-pris d'aménagement, embouteillages qui bien entendu vont à l'encontre de votre volonté de réduire leurs effets sur la santé des Parisiens, à savoir la pollution.
J'ose espérer qu'avant le lancement des travaux d'aménagement de cette piste, ces aspects seront pris en considération.
Enfin, si le plan " vélo " mis en oeuvre a fait l'objet de consultations, notamment à travers la commission extra-municipale " vélo ", ces consultations sont restées centralisées sinon municipalisées.
J'entends par là que les riverains directement concernés par ces nouvelles répartitions en fonction de l'espace public, n'ont pas été consultés alors qu'ils sont les premiers usagers de proximité de l'espace en question.
Aussi, Monsieur le Maire, la Mairie du 11e arrondissement souhaite vivement que la Ville de Paris organise une consultation des riverains et des habitants du quartier du boulevard Richard-Lenoir afin qu'ils soient associés au choix du type d'aménagement qui sera réalisé.
L'ensemble de ces remarques, de ces interrogations traduit sans conteste une véritable précipitation municipale dans la mise en oeuvre de ce plan " vélo ".
Vous avez choisi de ne pas faire de grandes voies structurantes en matière de maîtrise de déplacements et de transports à Paris. Vous avez choisi la politique du coup par coup sans prendre aucun risque en matière de répartition et de fonctionnement de la loi concernant la Ville ou l'espace public.
On peut d'ores et déjà craindre les effets de cette précipitation : sécurité et confort a minima des cyclistes, concertation et consultation limitée, effets nuls sur la circulation des automobiles, pollution, etc. Bien évidemment nous ne sommes pas contre la mise en oeuvre de ce plan " vélo " et ses axes structurants, mais nous remettons fondamentalement en cause sa méthode d'élaboration et certains choix techniques qui ont été faits.
Je vous remercie de votre attention.
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Je donne maintenant la parole à M. SCHAPIRA.
M. Pierre SCHAPIRA. - Merci, Monsieur le Maire.
Les Parisiens et les Parisiennes, à juste titre, sont de plus en plus attachés à leur qualité de vie.
La lutte contre la pollution, contre l'engorgement de la ville et le tout automobile doit être aujourd'hui une des priorités de l'action des élus. Depuis longtemps, nous demandons la réduction massive de la place de la voiture à Paris, c'est dans ce contexte que devrait se situer le plan " vélo ".
Dans ce cadre, le développement de pistes cyclables et une politique audacieuse des transports dans la Capitale est une nécessité.
Cependant, bien qu'annoncée avec force de publicité, la politique de la Ville de Paris en faveur des vélos est bien insuffisante, tant par l'absence de concertation pour la définir que par le manque de cohérence de sa mise en oeuvre ou par l'abandon de mesures réalisées précédemment qui ne sont pas reconduites.
En effet, c'est une politique menée par une concertation de façade.
En lançant le plan " vélo ", vous avez annoncé, Monsieur le Maire, que celui-ci serait élaboré après concertation des arrondissements.
Or, les concertations menées n'ont pas été toujours sérieuses. Si des discussions ont eu lieu entre la Mairie de Paris et des associations, entre les mairies d'arrondissement et les associations, la Mairie centrale n'en a pas toujours tenu compte. Beaucoup d'élus ont appris lors de réunions de leur conseil d'arrondissement ou parfois lors d'une réunion de C.I.C.A., il y a plus d'un an, quelles étaient les décisions prises, quels seraient les axes retenus, mais de réelle discussion sur l'opportunité des choix ou d'éventuelles alternatives, il n'y en a pas eu.
Les propositions faites par les arrondissements ont été retenues de façon fort inégale, et j'en veux pour preuve les propositions faites par les 10e et 18e arrondissements, dont quasiment aucune n'a été retenue.
Un plan sans cohérence.
Pour autant, on aurait pu croire, j'oserai dire naïvement, que cette absence de concertation résultait de la volonté d'imposer un plan audacieux qui, pour vaincre les réticences, devait faire fi de tel ou tel intérêt local.
Or, il n'en est rien, puisque vos propositions et le schéma que vous nous présentez ne semblent pas cohérents, tant au niveau du tracé que de la sécurité.
En effet, le tracé proposé ne tient pas compte des véritables besoins de nos concitoyens. Je ne répéterai pas ce qu'a dit excellemment notre collègue Mme CAPELLE sur les différents tracés, sur les espaces dans lesquels les cyclistes peuvent se trouver. J'en veux pour preuve, si vous faites un peu de vélo, Monsieur le Maire, arrivé à la porte de Bagnolet, vous vous retrouveriez sur le périphérique sans y avoir fait attention !
En outre, il est fortement regrettable que le centre de Paris soit délaissé par ce plan et que rien ne soit prévu dans le cadre du réaménagement des grands boulevards sur ce point-là.
Cette absence de cohérence se rencontre également au regard de la sécurité de ceux qui utilisent les pistes dites cyclables. Le non aménagement en site propre conduit bien souvent à ce que les cyclistes se trouvent devoir se faufiler entre des automobiles en stationnement, parfois à cheval sur les axes cyclables et les motos ou scooters qui empruntent en toute impunité ces voies. L'insuffisance de marquage au sol ajoute à la confusion tout particulièrement aux carrefours.
Je tiens en plus à déplorer le renoncement de la Ville de Paris aux opérations menées, il y a un an, sur les berges de la Seine. En effet, l'opération qui avait connu un succès indéniable, n'a été que partiellement renouvelée, et l'espace des quais réservés le dimanche à certaines heures aux piétons et aux cyclistes a été réduite de moitié. Cela entraîne une concentration des promeneurs et des cyclistes, de rollers et de joggers sur une portion réduite des quais aujourd'hui trop fréquentée et donc périlleuse. Pourquoi ne pas avoir reconduit le tracé retenu il y a un an et qui avait eu, je le répète, un grand succès ? Enfin, pour préserver la santé de tous, il est primordial de limiter les émissions de pollution particulièrement difficiles à supporter pendant un effort physique. En ce sens, il est souhaitable que la Ville négocie un accord avec la R.A.T.P. pour que les bus les plus polluants soient définitivement remplacés.
Enfin, Monsieur le Maire, pourquoi ne pas avoir proposé à quelques arrondissements de fermer une partie de la chaussée le dimanche à la circulation automobile, comme vous l'avez fait avec l'opération " Paris Piétons " dans le 5e ?
Et puisqu'on est en période de Tour de France, Monsieur le Maire, j'oserai simplement vous dire que pour ce plan " vélo ", vous auriez dû, dès maintenant, changer de braquet, avoir du panache, oser et être audacieux ! Dans ces conditions-là nous vous aurions soutenu.
Mais, hélas, ce n'est pas le cas. C'est pourquoi nous déposons un voeu au Conseil de Paris afin que des règles claires soient affirmées en ce qui concerne le plan " vélo ". L'adoption d'une simple charte de principe ne suffit pas, il faut que cela se traduise concrètement dans les faits.
L'absence de concertation, le manque d'innovation et l'insuffisante prise en compte des problèmes de sécurité nous amènent à nous abstenir sur le projet que vous nous présentez.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Merci, Monsieur SCHAPIRA.
Je donne la parole à M. LHOSTIS.
M. Alain LHOSTIS. - Monsieur le Maire, cette 2e tranche de votre programme, dit " en faveur des vélos ", amène de la part des élus communistes la même série de remarques que la première tranche que vous avez effectuée.
Il pourrait sembler, dans ce cas, inutile de les rappeler. Mais la mise en place des premiers tronçons de pistes cyclables date de presqu'une année, et une évaluation de ce qui se passe aurait dû être tentée. Elle aurait pu recenser les problèmes rencontrés, les doléances des cyclistes, des riverains, l'expérience des conducteurs de bus sur les parcours où les vélos empruntent les couloirs, les observations des policiers chargés de la surveillance, le travail des élus d'arrondissement et des associations de quartier.
Rien de tout cela. Vous êtes uniquement axé sur ce que vous appelez un réseau structurant conçu, comme de grands axes traversant la Capitale en la reliant avec la banlieue. Certes, cela est nécessaire, mais ne concernera qu'une faible partie des cyclistes potentiels, et notamment des Parisiens. Le constat est fait depuis longtemps que ces derniers utilisent leur véhicule automobile pour des trajets de proximité.
Pour paraphraser la publicité d'une grande entreprise de transports publics, à nous de leur faire préférer le vélo pour ces trajets.
La lutte antipollution y trouvera son compte. Ajoutons que la flânerie, la déambulation, nécessitent un autre concept que celui que vous avez défini. Pour nous, le maillage des quartiers par des zones 30, des rues piétons-vélos, nous semblent tout aussi important.
De telles propositions ont été faites par des commissions dans les arrondissements, regroupant élus et associations. Pratiquement rien de ce travail de terrain n'est repris. Ajoutons que des aménagements déjà réalisés posent des problèmes. Il en est ainsi des couloirs sur les quais de Valmy et de Jemmapes. Il y avait une opportunité exceptionnelle de les réaliser sur leur totalité en site propre, tout en préservant l'accès pour les voitures dans les immeubles d'activités et les riverains.
Un exemple : une très importante entreprise de production non nuisante - plusieurs centaines d'ouvriers y travaillent - et qui est en train de s'agrandir, est située le long du quai de Jemmapes. L'aménagement actuel, à cet endroit, une bande cyclable avec séparateur est de fait, très régulièrement, notamment le matin, occupée par de gros semi-remorques. Il est possible qu'il en soit autrement.
Les élus du 10e, unanimes, renouvellent leur souhait qu'une piste en site propre soit réalisée le long de la voie d'eau sur les quais de Valmy et de Jemmapes. Je dépose un amendement au projet de délibération à ce sujet.
Les nouveaux tronçons que vous nous proposez sont marqués des mêmes limites de réalisation, trop souvent, une simple bande peinte au sol, avec parfois des séparateurs. Cette fois-ci, il est largement fait appel à l'utilisation des contre-allées, rebaptisées en zone 30, c'est-à-dire que le mélange avec la circulation automobile, même si c'est à vitesse modérée, est total.
De plus, les contre-allées, souvent zones privilégiées de stationnement sur les deux côtés, sont dangereuses en raison des créneaux qu'y font les automobilistes pour se garer et des fréquentes ouvertures de portes de voiture. La cohabitation dans les couloirs de bus serait positive si ceux-ci étaient en site propre et vraiment élargis, ce qui est rarement le cas.
Au fond, nous avons l'impression que vous bâclez votre copie. Vous ajoutez des kilomètres de pistes cyclables pour atteindre les 150 annoncés, un peu comme les mauvais élèves faisaient des lignes dans mon enfance. Résultat : mauvaise qualité d'écriture et fautes d'orthographe garanties !
Dans votre communication du 25 novembre 1996 sur les déplacements à Paris, vous écriviez : " La réflexion se poursuit avec les maires d'arrondissement pour compléter ce réseau par des dessertes renforcées au niveau des quartiers... Les itinéraires de quartier et les grands axes équipés devront être reliés entre eux pour constituer un véritable réseau maillé ".
On en est loin avec la conception de vos propositions actuelles.
Dans ces conditions, les élus communistes s'abstiendront.
Et je souhaiterais, bien que vous l'ayez refusé en début de séance, que soit mis au vote le voeu unanime des élus du 10e arrondissement.
M. Michel BULTÉ, adjoint, président - Je donne la parole à M. MESMIN.
M. Georges MESMIN. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, les élus indépendants ne sont pas très satisfaits de la manière dont le plan " vélo " s'est développé depuis la fin de 1995. En effet, nous avons l'impression que l'on a mis un peu la charrue avant les boeufs et que l'on a ménagé des aires spéciales pour les vélos sans avoir, au préalable, fait ce qu'il fallait pour diminuer le flux des automobiles et créer un véritable système de priorités pour les transports en commun.
Le dispositif qui est actuellement en vigueur comporte beaucoup de défauts, dont les principaux sont d'abord d'aboutir à un morcellement physique de l'espace public qui entraîne des engorgements, et de présenter des dangers qui ont déjà été soulignés par les orateurs précédents.
Les dangers visent aussi bien les automobilistes et les cyclistes - du fait de la contexture parfois excessivement dangereuse des séparateurs - que les piétons, car les vélos, maintenant, ont l'habitude, lorsqu'ils n'ont plus de site propre, d'utiliser carrément les trottoirs. Ce qui provoque des risques pour les piétons lorsqu'ils ne font pas attention, croyant que ces trottoirs restent uniquement pour eux.
L'objectif de passer de 50 à 150 kilomètres d'itinéraire cyclable aménagé, et en tout cas 100 kilomètres dès la fin de 1997, devrait être, selon nous, reporté à plus tard afin qu'un bilan complet puisse être dressé avant la 2e étape de cette opération.
Nous ne sommes pas convaincus que les aménagements effectués doivent être prolongés de cette manière.
Merci.
M. Michel BULTÉ, adjoint, président - Je donne la parole à M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE.
M. Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE. - Le projet de délibération qui vous est proposé aujourd'hui est dans la droite ligne de la délibération que nous avons approuvée le 25 novembre 1996, par laquelle nous avons adopté la Charte du vélo dans Paris. En matière de déplacements, la politique municipale fait désormais du vélo un mode de déplacement urbain à part entière.
Les aménagements qui doivent nous permettre d'offrir de meilleures conditions de circulation aux cyclistes dans Paris, en particulier du point de vue de la sécurité, sont préparés, vous le savez, au sein de la Commission extra-municipale du vélo présidée par M. Bernard PLASAIT. Cette commission réunit tous les partenaires concernés, notamment les représentants de la Préfecture de police, des associations cyclistes, de la R.A.T.P., de la S.N.C.F., de la Région Ile-de-France et des services municipaux.
La politique que nous conduisons en faveur du vélo rejoint donc une volonté qui est partagée par l'ensemble de ces institutions ou de ces acteurs au quotidien de la rue parisienne. Elle répond à une réelle demande de la part des Parisiens qui, à chaque fois qu'ils ont été interrogés sur ce sujet, ont approuvé très largement une action volontaire en faveur des cyclistes qui permet de mieux équilibrer la répartition de l'espace public et de donner plus de place à des modes de déplacement moins polluants.
Deux chiffres résument la situation parisienne : 15 % seulement des déplacements à Paris sont réalisés en voiture particulière. Et pourtant, l'espace réservé à la voiture atteint 57 % de l'espace public parisien. Il est naturel qu'une répartition plus équitable s'instaure progressivement au profit de la majorité des usagers de l'espace public, des piétons bien sûr, mais aussi des cyclistes.
Une étude récente de l'effet des pistes cyclables sur la fluidité de la circulation automobile a été réalisée par la Direction de la Voirie. Elle prouve que cet effet est à peu près nul : les sections déjà engorgées de la rue de Rivoli le sont approximativement autant, les autres ne le sont pas plus. C'est dire qu'il est possible de mieux répartir l'utilisation de la voirie parisienne sans pénaliser pour autant la fluidité des déplacements automobiles. Les déplacements automobiles sont mille fois plus gênés par les manifestations à répétition dans la Capitale, les stationnements en double file, les stationnements irréguliers et les chantiers en tous genres qui empiètent sur la voie publique.
L'action menée en 1996 s'est traduite, vous le savez, par la création d'un peu plus de 50 kilomètres de voies cyclables. Ces 50 kilomètres nous ont permis de tracer les deux grands axes centraux autour desquels peut aujourd'hui se structurer un réseau cyclable cohérent sur l'ensemble de la Capitale. La logique de ce réseau cohérent est de créer deux rocades, l'une intérieure, l'autre extérieure.
La première rocade se situera à la hauteur des boulevards des Fermiers-Généraux, la seconde au niveau des boulevards des Maréchaux. Ce schéma d'ensemble a été préparé au sein de la Commission extra-municipale du vélo à partir des éléments établis par les Maires d'arrondissement au cours des concertations locales qu'ils ont organisées dès l'année dernière.
Bien entendu, ces deux rocades seront constituées progressivement, sur la durée de la mandature. Le programme de cette année doit déjà nous permettre de passer de 50 à 100 kilomètres de voies cyclables dans Paris : c'est le signe fort d'une volonté maintenue, c'est aussi une nécessité si nous voulons que les déplacements cyclistes augmentent de manière significative.
Les comptages effectués par la Direction de la Voirie montrent nettement que les voies aménagées en faveur des vélos accueillent de plus en plus de cyclistes, et ce malgré les aléas d'une météorologie qui est, cette année, peu encourageante. Le nombre de cyclistes à Paris a déjà beaucoup augmenté depuis le début du plan " vélo ", et surtout, il s'avère que la sécurité des cyclistes en a été nettement renforcée, et cela justifie à soi seule nos aménagements.
Bien entendu, il est clair que le nombre de cyclistes augmentera encore plus vite lorsque Paris disposera d'un véritable réseau cyclable et que des circulations protégées permettront de relier l'ensemble des quartiers tranquilles qui vont être créés à partir de cet automne, à raison de dix nouveaux quartiers par an.
Le développement du réseau cyclable n'est pas séparable de la politique des quartiers tranquilles : les quartiers tranquilles qui existent dans le 13e arrondissement et celui qui, demain, sera réalisé dans le quartier Croulebarbe, prendront tout leur sens grâce à la voie cyclable du réseau principal qui passera par le boulevard Vincent-Auriol et le boulevard Auguste-Blanqui pour rejoindre ensuite les Invalides. C'est la même complémentarité qui va se mettre en place sur l'ensemble de la Capitale, et c'est cette complémentarité qui va assurer le succès plus durable du plan " vélo ".
Le plan " vélo " s'intègre en fait à une vision globale de l'aménagement et de l'urbanisme de notre Capitale qui passe par une hiérarchisation des différents réseaux de circulation et par une diminution progressive des nuisances quotidiennes qui sont actuellement ressenties par les Parisiens. Faire évoluer la manière dont on circule dans Paris, c'est aussi renforcer la qualité de l'environnement urbain.
En effet, des circulations plus douces, mieux réparties, c'est aussi une diminution progressive, incitative et non contrainte, comme nous l'avons annoncé, de la place consacrée à la voiture dans l'espace public parisien, avec à la clef une diminution de deux nuisances majeures de la vie urbaine : le bruit et la pollution atmosphérique.
Plus encore que les mesures d'interdiction exceptionnelles décidées en cas de forte pollution atmosphérique par le Préfet de police, l'amélioration de la qualité de vie quotidienne des Parisiens passe par la diminution des nuisances de tous les jours : forte pression automobile, pollution de proximité, pollution sonore. C'est l'action que nous avons engagée et qui se traduit aujourd'hui par ce programme 1997.
Merci, mes chers collègues.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Merci, Monsieur BOULENGER DE HAUTECLOCQUE.
La parole est à M. BURRIEZ.
M. Jean-Pierre BURRIEZ, adjoint. - Monsieur le Maire, dès 1995, vous nous avez fait part de votre volonté de mettre en oeuvre une politique permettant de développer l'usage du vélo dans la Capitale avec pour objectif de réaliser d'ici la fin de la mandature un réseau d'itinéraires cyclables de 150 kilomètres.
Le programme que vous nous proposez aujourd'hui permettra d'aboutir à la réalisation dès cette année des deux tiers de cet objectif et c'est parce que nous avons atteint les deux tiers de celui-ci que le groupe " Paris-Libertés " souhaite que nous prenions le temps de la réflexion afin de réaliser le dernier tiers de notre programme.
Tout d'abord, nous nous félicitons que cette 2e tranche ait fait l'objet d'un examen par les Conseils d'arrondissement, ce qui n'avait pas été le cas, lors de la création des 50 premiers kilomètres. De cet examen, il ressort que parfois la création de pistes cyclables ou de bandes cyclables pose plus de problème qu'elle n'en résout.
Comme nous avons su résister, il y a quelques années, à la tentation du tout automobile, nous devons résister à un certain conformisme intellectuel du tout vélo.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").
Il est indéniable qu'une spécialisation partielle au profit d'un type particulier d'usagers introduit une rigidité, une limitation de capacité qui peut avoir pour effet, à certaines heures, de saturer les maillons les plus chargés du réseau et par conséquent d'augmenter la pollution au lieu de la diminuer.
Je citerai comme exemple l'avenue Daumesnil, où le refus de créer la piste cyclable sur le trottoir a supprimé une file de circulation sur cet axe important, avec accroissement des bouchons, retardant de plusieurs dizaines de minutes les autobus, donc augmentation de la pollution de proximité.
Nous souhaitons cette pause dans le plan vélo, parce que nous voulons que ce plan réussisse, et qu'une certaine précipitation risque d'aller à l'encontre de ce que nous souhaitons. Il est indéniable que pour réussir, ce plan doit être cohérent, utile, mais aussi compris par les Parisiens.
Cohérent ce plan vélo l'est, puisque l'axe nord-sud et l'axe est-ouest sont réalisés, et à ce propos, nous voudrions que l'on arrête de montrer la Ville de Paris du doigt. Avec ce nouveau plan - alors que notre Capitale n'est pas spécialement une ville faite pour le vélo - nous concentrerions le 7e des pistes cyclables réalisées dans toute la Région Ile-de-France. Nous avons entendu, depuis le lancement de ce plan vélo, le sempiternel couplet de l'opposition expliquant que nous n'en faisions pas assez. Je dirai à nos collègues que si, dans chaque commune tenue par leurs amis en Ile-de-France, ces mairies décidaient de faire ne serait-ce que la moitié de l'effort fait par notre Municipalité, le nombre de pistes cyclables dans la Région serait multiplié par 4, très rapidement . Je dis à nos collègues de l'opposition combien de pistes cyclables à Sarcelles ou dans d'autres villes gérées par le parti socialiste ? Combien de pistes cyclables à Ivry, ou à Vitry gérées par le parti communiste ?
Alors qu'une récente étude de la Région prouve que les émissions de polluants ont leur origine en grande couronne avec 57 % des émissions de SO2, plus de 60 % des émissions d'oxyde d'azote et plus de 65 % de pollution émanant de particules en suspension, les Parisiens subissent la pollution puisque la concentration de SO2 est dix fois plus élevée que dans les Yvelines et celle des oxydes d'azote quinze fois plus élevée. Cette accusation permanente de la Capitale n'est plus supportable, car nous savons tous que la réduction de la pollution à Paris ne sera pas diminuée, même avec 400, avec 500 kilomètres de pistes cyclables, tant que nous ne maîtriserons pas les déplacements banlieue-banlieue, qui ont augmenté, je vous le rappelle, mes chers collègues, de 37 % en cinq ans alors que le trafic intérieur de Paris n'a augmenté que de 8 %.
Nous savons tous sur ces bancs que le seul moyen de diminuer la pollution à Paris...
Mme Alice SAUNIER-SÉÏTÉ. - Ras-le-bol ! Ras-le-bol !
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Merci, Madame le Ministre, l'orateur voudrait conclure !
M. Jean-Pierre BURRIEZ, adjoint. - ... c'est de limiter par le développement de transports en commun en banlieue et par la construction d'autoroutes de contournement de Paris, le passage des automobilistes, mais aussi des poids lourds qui traversent la Capitale sans s'y arrêter.
Je vous rassure, mes chers collègues, je ne suis pas hors sujet, mais au coeur du sujet, car malgré notre volonté, le développement du vélo dans la Capitale ne peut être qu'une goutte d'eau, même une petite goutte d'eau dans la lutte contre la pollution.
Ce développement du vélo doit être utile, je le répète, mais aussi compris par les Parisiens. Or, l'utilité à Paris, est peu comprise par les Parisiens actuellement, et nous devons faire attention, en voulant aller plus vite que l'évolution des mentalités, de ne pas aller à l'encontre des objectifs poursuivis.
Je m'explique : l'automobiliste, l'utilisateur d'un deux roues motorisé, ou un autobus englué dans les embouteillages rue de Rivoli, qui n'aperçoit aucun vélo emprunter la voie cyclable, peut effectivement douter de l'utilité du bien-fondé de nos pistes.
Une étude réalisée en 1991 par la Mairie estimait à 100.000 Parisiens et à 130.000 banlieusards, soit un total de 230.000 personnes qui utiliseraient une bicyclette dans Paris, d'après certaines estimations moins de 200 vélos emprunteraient les pistes cyclables. Il y a là un décalage qui doit nous faire réfléchir.
Aussi pour ces raisons, le groupe " Paris-Libertés " qui souhaite la réussite de votre plan vélo, qui est un des éléments, mais un des éléments seulement de notre politique des déplacements, souhaiterait qu'une pause soit effectuée après l'achèvement du programme 1997, cette pause permettrait durant le premier trimestre de 1998 une grande enquête auprès des utilisateurs de ces pistes, mais aussi des propriétaires de vélos qui ne les utilisent pas, d'établir un bilan sécurité des pistes cyclables et de déterminer leur impact sur le tissu commercial.
Nous avons besoin de ces éléments pour réaliser le dernier tiers de notre programme, afin éventuellement de modifier, corriger, améliorer ce programme.
Pour notre groupe les pistes cyclables ne sont pas la panacée, mais l'un des éléments d'un meilleur partage de l'espace public, et seulement l'un des éléments. Nous souhaitons que cet élément s'intègre à la création de quartiers tranquilles dans les arrondissements, au développement d'itinéraires à circulation douce, et enfin à la création de nouvelles lignes de quartiers.
Dans l'expression, et je conclus pour rassurer nos collègues, " la notion partagée de l'espace public " le mot " partagée " est synonyme de séparation, mais aussi synonyme d'usage en commun réalisé, un juste équilibre entre la séparation et l'usage en commun de l'espace public, c'est notre ambition pour que chaque Parisien, qu'il soit piéton, cycliste, automobiliste, motard ou utilisateur de transport en commun soit à sa place dans le respect de l'autre et pour le mieux vivre de tous.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Merci, Monsieur BURRIEZ.
La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, les écologistes indépendants n'ont pu que se réjouir de votre volonté de développer l'usage du vélo dans Paris et d'en faire un mode de déplacement à part entière. De même, la création d'une Commission extra-municipale offrait un outil attendu pour la concertation.
D'ici la fin de l'année, 100 kilomètres seront mis en service sur les 150 que vous vous étiez modestement fixé comme objectif pour la fin de la mandature. 50 kilomètres en 1996, 50 kilomètres en 1997, reste 50 kilomètres à réaliser en 1998 et le compte y sera. Cette première phase consiste à créer un réseau structurant sur l'ensemble de Paris. Il utilise essentiellement les grands axes, les plus faciles à aménager, pour lesquels il est plus aisé d'empiéter sur la chaussée. La phase suivante, devra consister à développer un maillage plus fin dans les arrondissements, empruntant cette fois des voies plus modestes. Cela nécessitera un travail plus approfondi et des décisions courageuses.
Aujourd'hui encore, malheureusement, certains maires d'arrondissement, notamment celui du 15e, refusent pratiquement tout aménagement. Le plus grand arrondissement de Paris ne dispose d'aucun équipement pour les cyclistes. Cela ne peut pas durer.
Le travail de la Commission extra-municipale commence à porter ses fruits, les nouveaux travaux engagés répondent un peu mieux à la demande des usagers. Néanmoins, la situation tend à se dégrader. La bonne volonté de M. PLASAIT semble gênée par une partie des services comme par le représentant du Préfet qui essaient de freiner des quatre fers pour la création de certains aménagements limitant la circulation automobile. Visiblement, l'information circule mal. Le débat avec les services de la Voirie se fait rare et difficile.
Ainsi, sur le quai de la Mégisserie, le couloir en site propre élargi, se rétrécit brusquement. Cet aménagement est inacceptable car dangereux. Soit les vélos bloquent les bus, soit ils sont rejetés dans le flot automobile en situation de danger permanent. Il faut refaire rapidement ce couloir, l'élargir pour permettre la continuité du parcours cycliste, même si, pour ce faire, il faut réduire la place réservée à l'automobile. Si rien n'est fait, vous risquez d'être responsable d'accidents. Vous devez tenir compte de l'expérience des associations qui participent à cette commission ; elles voient tous les jours, sur le terrain, comment les choses évoluent, en bien comme en mal.
Le mauvais aménagement de ce quai fait entrer en conflit les conducteurs de bus et les cyclistes. Le chauffeur ne peut doubler le cycliste dans ce couloir trop étroit. Ainsi, une conductrice s'est énervée contre un cycliste qui roulait devant elle, elle est sortie de son couloir pour le doubler, s'est arrêtée quelques mètres plus loin, a invectivé le cycliste, puis a fait semblant de lui " entrer dedans " avec son bus... pour lui faire peur ! On ne doit pas en arriver à de telles extrémités. Avec des couloirs élargis, les conducteurs de bus pourraient devenir les alliés objectifs des cyclistes.
Je suis heureuse de voir que le Tribunal administratif vient d'annuler un arrêté du Préfet de police interdisant le stationnement des vélos sur les trottoirs des Champs-Elysées sous prétexte " qu'ils porteraient atteinte à l'esthétique de l'avenue ". C'est quand même le comble du ridicule. Les files ininterrompues de voitures sont-elles plus esthétiques à son goût ?
Le programme que vous nous proposez aujourd'hui contient des aménagements intéressants : les couloirs de bus élargis par exemple sur le boulevard Henri-IV, boulevard de Montparnasse ou boulevard Vincent-Auriol ; mais j'aimerais savoir si les couloirs élargis seront bien en site propre afin d'assurer la sécurité des cyclistes et le respect des automobilistes. Les couloirs de bus ne seront pas élargis boulevard Raspail, même si la voie n'est pas large ; comme sur le quai de la Mégisserie, vous risquez des conflits inutiles. Par ailleurs, je m'étonne que les livraisons puissent encore se faire dans les couloirs de bus toute la matinée, rendant la circulation des bus et des vélos difficile et dangereuse.
Je me réjouis également des aménagements en substitution du stationnement, boulevard de Reuilly, boulevard Vincent-Auriol ou avenue de la Porte-de-Vincennes dans les contre allées, et même avec un stationnement reconstitué, comme avenue Laumière. Toutefois, de simples bandes cyclables, rues de Presbourg et de Tilsitt, avenue Foch ou avenue Jean-Jaurès, n'assurent pas une sécurité suffisante, contrairement aux sites propres que vous installez boulevards Richard-Lenoir et Jules-Ferry. Les aménagements sur les trottoirs du boulevard de Bercy ne doivent pas pénaliser les piétons. Les trottoirs doivent, dans ces cas-là, être élargis.
Je note dans votre rapport - qui n'était disponible qu'à la bibliothèque du Conseil - une phrase révélatrice de l'état d'esprit de vos services : " le choix du passage par les avenues Laumière et Jean-Jaurès présente l'avantage de ne pas supprimer de places de stationnement sur ces deux axes ". Quel soulagement a dû être le leur ; on sent que leurs coeurs saignent dès qu'il faut supprimer 50 centimètres de chaussée au détriment de leurs chères automobiles.
Le développement de l'usage du vélo dans les déplacements parisiens ne pourra prendre une réelle ampleur que si la sécurité des cyclistes est assurée par des aménagements attrayants, sûrs et nombreux afin de séduire de nouvelles personnes. Une politique en faveur du vélo doit aussi prendre en compte les autres modes de déplacements. Rien ne sera possible si vous ne faites pas le choix de diminuer la pression de l'automobile, polluante et bruyante, mais aussi très forte consommatrice d'espace, et si, parallèlement, vous ne développez pas les transports en commun, notamment de surface, en mettant les bus en site propre et en réintroduisant le tramway dans Paris.
Ce programme 1997 est en progrès. J'étais prête à le voter, même s'il est imparfait, car il va dans le bon sens. Néanmoins, en raison de ce malencontreux aménagement du quai de la Mégisserie, je m'abstiendrai encore cette année.
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Pour répondre aux intervenants, je donne la parole à M. PLASAIT.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Vive le vélo !
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").
Mme Alice SAUNIER-SÉÏTÉ. - Bravo ! Bravo !
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Après une journée chargée en émotions, je trouve que, c'est vrai, nous vivons là quelques instants de détente qui sont les bienvenus et si nous ne voulons pas être distancés, je crois que, dans le cadre du plan vélo, pour rester en selle, il faudra en effet changer de braquet et mettre un sérieux coup de pédale.
Oui, je trouve que cette discussion avait bien commencé et qu'elle s'est bien terminée. Elle a bien commencé parce que Mme BILLARD a bien voulu reconnaître qu'en 1997, la politique de la Ville a été très positive du point de vue de la démocratie. Elle s'est bien terminée avec les interventions de M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE, de M. Jean-Pierre BURRIEZ et, à un moindre degré, de M. MESMIN.
Mais je dois dire qu'entre les deux, que de confusion dans les esprits ou que de démagogie ! En fait, je crois qu'il s'agit pour les uns et pour les autres de petits numéros politiques qui permettent de tenir des propos et, ensuite, de s'en servir à des fins politiciennes ou électoralistes parce qu'en réalité, ce sont des questions, ce sont des réponses, ce sont des demandes parfaitement contradictoires.
Il y en a vraiment pour tous les goûts. D'abord, pour les uns, c'est de la précipitation. Pour les autres, c'est beaucoup trop lent. C'est trop timoré ou c'est trop audacieux.
Alors moi, je voudrais tout simplement répondre d'une façon générale et globale en regardant l'exemple des autres villes françaises et étrangères et puis me référer à ce qu'a dit, avec beaucoup de bon sens, M. BURRIEZ tout à l'heure.
On cite souvent comme référence un certain nombre de villes françaises comme Strasbourg, Nantes ou Rennes, ou étrangères comme Amsterdam ou Genève en ce qui concerne les aménagements en faveur des cyclistes.
Eh bien, il y a dans ces différentes villes des aménagements en faveur des cyclistes, avec des solutions très diversifiées qui vont de la simple bande matérialisée sur chaussée à la piste en site propre. Il n'y a pas de solution unique mais des adaptations aux réalités du terrain de divers types d'aménagement et, au vu de ces réalités, vraiment, vraiment, la Ville de Paris qui agit dans le même esprit n'a pas de complexe à avoir par rapport à ces différentes villes.
Les aménagements sont, dans la plupart des cas, d'aussi bonne, voire de meilleure qualité, et d'ailleurs, ce n'est pas un hasard si, après avoir été il y a quelques années stigmatisés par un clou, un clou de ferraille, nous avons, vous avez été, Monsieur le Maire, cette année, distingué par la F.I.B.U.C.Y. ; la F.I.B.U.C.Y. est la Fédération des associations représentatives des cyclistes.
La F.I.B.U.C.Y. vous a décerné, Monsieur le Maire, le Guidon d'or pour votre action en faveur des cyclistes.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
Ensuite, Mme CAPELLE nous fait un très sympathique numéro sur le thème de la concertation.
Mme Liliane CAPELLE. - Ce n'est pas le thème.
M. Pierre CASTAGNOU. - Ce n'est pas le cirque !
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Je demande à vérifier. J'en serais tout à fait heureux.
J'observe simplement que vous faites un dégagement sur la concertation. Excusez-moi mais vraiment, il s'agit de quelque chose que nous avons évoqué à de nombreuses reprises et s'il y a vraiment quelque chose sur quoi nous sommes exemplaires, c'est bien la concertation.
(Exclamations sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, socialiste et communiste).
Mme Liliane CAPELLE. - Oh non !
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - S'il vous plaît, mes chers collègues.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Monsieur le Maire, je ne me laisserai pas impressionner par les vociférations car je sais combien nous avons mené de réunions de concertation, aussi bien dans le cadre de la Commission extra-municipale vélo que dans le cadre de la Direction de la Voirie et des Déplacements que sur le terrain, à de nombreuses reprises, avec les associations vélo et avec des techniciens.
M. Bertrand BRET. - Ce n'est pas ce que vous avez dit sur le sujet, cet après-midi.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Ils ont dit quels étaient les meilleurs aménagements.
Bien entendu, comme il est toujours naturel et nécessaire en démocratie, après avoir fait la concertation la plus large, il faut bien décider. Et il a été décidé.
Alors Mme CAPELLE a dit qu'il faudrait consulter la population, les citoyens de votre arrondissement.
Je vous fais remarquer que les citoyens parisiens et ceux de votre arrondissement sont représentés naturellement par le Maire de Paris, qui a été élu démocratiquement, et par M. Georges SARRE, qui est, lui aussi, un élu et qui est donc parfaitement capable d'organiser la concertation, ce que d'ailleurs il ne manque pas de faire.
En troisième lieu je crois qu'il faut savoir ce que l'on veut. Est-ce que l'on veut lutter contre la voiture ou pas ?
J'ai cru comprendre à vous entendre, mois après mois, que vous souhaitiez voir une diminution de la place de la voiture dans la ville. Eh bien, si c'est le cas, il faut accepter des contraintes car c'est vrai, je suis obligé d'en convenir, il y a des déséquilibres entre les arrondissements, il y a des demandes qui n'ont pas été acceptées pour l'heure dans ce plan. C'est vrai.
Mais que voulez-vous, la politique, c'est cela. Gouverner, c'est cela. Il y a bien un moment où il faut choisir, c'est-à-dire où il faut accepter de mécontenter. Et notre fierté, c'est d'avoir mené une concertation du début jusqu'à la fin. C'est vrai sur le plan des vélos, c'est vrai sur le plan des quartiers tranquilles et cela me permet de répondre à Mme BILLARD.
C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas eu de délibération immédiate sur les quartiers tranquilles puisqu'ils bénéficient d'un contrat régional, que ces contrats sont conclus avec les départements, ils sont donc normalement présentés par le Conseil régional et, ce faisant, ils échappent à la concertation, à la consultation dans les arrondissements.
Eh bien, le Maire a décidé, considérant que ces aménagements concernaient chacune des Parisiennes et chacun des Parisiens sur les arrondissements, le Maire de Paris a décidé qu'il y aurait une consultation dans les arrondissements.
Alors, n'allez surtout pas nous le reprocher ou vraiment, je ne comprends plus rien !
M. Jacques BRAVO. - C'est la révolution culturelle !
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Maintenant, excusez-moi, mais je suis obligé d'être long parce que vous m'obligez à vous parler de la forme et du fond.
Mme BILLARD s'étonne que le programme d'aménagement proposé en faveur des vélos à Paris pour 1997 ait été examiné en Commission permanente du Conseil régional. J'ai eu l'occasion de lui répondre en Commission. Afin de réduire autant que faire se peut les délais d'instruction des dossiers et pour s'assurer de leur orthodoxie - je crois que vous ne pouvez pas non plus nous faire ce reproche puisque vous voulez que les choses aillent vite -, il arrive bien souvent que les procédures administratives auxquelles ils sont soumis soient menées en parallèle.
Cela ne change rien au fait qu'ils ne peuvent être validés que par une délibération de notre Assemblée. En l'occurrence, le dossier dont on parle n'est pas nouveau. Il s'inscrit dans un processus de programmation entamé depuis plus de dix huit mois, dix huit mois pendant lesquels la concertation a été quotidienne, et il porte sur une demande de subvention.
A quelques détails près, je serai également tenté de classer sous la rubrique " forme " le voeu émis par M. SCHAPIRA et le groupe socialiste, tant il me paraît être un voeu de circonstance ou traduire une totale méconnaissance du dossier.
M. Jacques BRAVO. - Vous êtes gonflé !
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Quand M. SCHAPIRA propose qu'un aménagement spécifique soit retenu en fonction du type de voirie et que soit instauré un comité d'évaluation des réalisations, je suis bien obligé de croire qu'il feint au moins d'ignorer tout ce qui s'est passé depuis fin 1995 au sein de la Commission extra-municipale sur le vélo !
Quand il nous suggère une véritable opération de communication sur le vélo, je déplore simplement qu'il n'ait pas lu la presse ni regardé les panneaux d'information municipaux, ni participé aux nombreuses manifestations organisées par la Ville.
M. Jacques BRAVO. - Insuffisant !
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Quant à la proposition de déqualification des axes rouges, je demanderai que l'on s'en méfie. Ne nous focalisons pas sur le terme. Qu'est-ce qu'un axe rouge ? J'ai été conduit à plusieurs reprises à vous le répéter. C'est une voie dans laquelle l'arrêt est autorisé sous certaines conditions et le stationnement interdit. Son régime est peu différent de celui d'une voie bordée de couloirs bus. Ce sont des voies qui contribuent à la fluidité du trafic ; elles sont indispensables à la mise en oeuvre de la politique des quartiers tranquilles. Sinon, c'est clair, on ne circulera plus à Paris !
M. Jacques BRAVO. - Avez-vous déjà fait du vélo dans Paris ?
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Je propose donc que le voeu proposé par le groupe socialiste soit rejeté.
Maintenant, sur le fond, j'ai été très sensible aux propos intelligents et responsables, cela ne vous surprendra pas, de M. BURRIEZ qui a su replacer et là, je cherche le qualificatif...
M. Jacques BRAVO. - C'est un changement de braquet, cela !
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Monsieur BRAVO, s'il vous plaît...
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - ... la formidable action que nous menons pour la promotion et le développement du vélo, dans le contexte beaucoup plus large, et M. BURRIEZ l'a très bien rappelé, d'une politique des déplacements à l'échelon de l'agglomération.
J'ai personnellement regretté comme je regrette à l'instant de ne pas pouvoir m'exprimer devant une Assemblée un peu attentive...
M. Pierre CASTAGNOU. - Il n'y a pas que nous qui sommes intervenus...
Et Mme SAUNIER-SÉÏTÉ ?...
M. Jacques DOMINATI, premier adjoint. - C'est insolent ! Qu'est-ce que cela veut dire ?
Qu'est-ce que vous lui trouvez à Mme SAUNIER-SÉÏTÉ ? Qu'est-ce qu'il y a ?...
M. Jacques BRAVO. - La parole est à l'orateur !
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - En effet ! Monsieur PLASAIT, vous avez la parole.
M. Pierre CASTAGNOU. - Qu'est-ce qui se passe, là ?...
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - J'ai personnellement regretté... Je voudrais revenir au vélo si cela n'ennuie personne...
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Oui, continuez sur le vélo, Monsieur PLASAIT, cela n'ennuie personne.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Puisque l'occasion m'en est donnée et si l'occasion m'en est vraiment donnée, je voudrais saluer et rappeler aujourd'hui la détermination avec laquelle vous avez, Monsieur le Maire, tenu, contre vents et marées...
M. Jacques BRAVO. - Oh...
M. Jacques DOMINATI, premier adjoint. - C'est insupportable... Il attaque discrètement...
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Je vous en prie, Monsieur PLASAIT, poursuivez...
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Tout cela est au procès-verbal bien sûr.
M. Jacques DOMINATI, premier adjoint. - J'espère !
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Monsieur BRAVO, ne coupez pas l'orateur.
M. Jacques BRAVO. - S'il s'arrête, il va tomber !
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Monsieur BRAVO, de la courtoisie s'il vous plaît...On en a déjà jusqu'à 3 heures du matin !
Monsieur PLASAIT, continuez.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Si vous m'autorisez à continuer, Monsieur le Maire... et puisque l'occasion m'en est donnée, je voudrais saluer et rappeler la détermination avec laquelle le Maire de Paris a tenu, contre vents et marées, je dis bien, contre vents et marées, contre les critiques bien contradictoires et on en a la preuve ce soir, à ce que le programme aboutisse rapidement et dans la plus grande concertation avec tous, avec les associations, avec les élus, avec les arrondissements.
C'est un fait et personne ne peut sérieusement le contester.
Je voudrais aussi...
M. Jacques BRAVO. - Contre vents et marées !
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - ... saluer le remarquable travail, et vous en serez d'accord, Monsieur BRAVO, effectué par les services de la Ville pour que ce projet prenne forme sur le terrain, avec, justement, un dévouement et une conscience remarquables dans une concertation, je le répète, quotidienne.
Ce faisant, je dois reconnaître pour avoir conduit ce processus, que nous avons eu un peu tendance à minimiser, mais cela ne va pas vous faire plaisir, les arguments de ceux qui ne servaient pas pleinement la cause du vélo. Il le fallait pour aboutir. Il le fallait pour que le réseau atteigne une taille significative susceptible de produire les effets attendus, et en deux ans nous serons passés de zéro à 100 kilomètres d'itinéraires cyclables dans Paris.
Au terme de ces 100 kilomètres, l'heure sera alors venue, vous avez raison, Monsieur BURRIEZ, de dresser un bilan global de la situation, un bilan en termes de fréquentation, un bilan en termes de sécurité, de comportement, un bilan en termes d'impact sur la circulation générale et sur la vie locale, un bilan en termes d'environnement.
Je rappelle une nouvelle fois que le vélo n'est qu'un élément d'une politique d'ensemble. Il n'est pas exclusif du reste. Il ne doit pas créer plus de problèmes qu'il n'en résout. Il doit s'insérer harmonieusement dans un processus global des déplacements dont les autres éléments sont la marche à pied, les transports en commun, le stationnement et les quartiers tranquilles.
Ces actions doivent être menées de pair. Si telle d'entre elles se développe de façon trop exclusive, à brève échéance, ce développement nuira à sa propre cause.
C'est en ce sens et pour la pérennité du plan vélo qu'il me paraît éminemment souhaitable qu'au terme de ces 100 premiers kilomètres, sa mise en oeuvre soit tempérée et fasse l'objet d'un examen attentif en relation avec le redéploiement des transports en commun et le développement des quartiers tranquilles.
D'ailleurs, en tout état de cause, l'action que nous menons en faveur du vélo continuera à se développer au sein de ces quartiers tranquilles où, vous le savez bien, la part belle sera faite aux piétons, aux transports en commun et aussi aux vélos !
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Merci, Monsieur PLASAIT.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition de voeu déposée par le groupe socialiste et apparentés.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de voeu est repoussée à la majorité, les groupes " Rassemblement pour Paris ", " Paris-Libertés " et M. REVEAU ayant voté contre, Mmes SILHOUETTE, SCHERER, BILLARD, MM. BLET, DUMAIT et MESMIN s'étant abstenus.
Je ne mets pas aux voix la proposition d'amendement déposée par le groupe communiste car, comme nous vous l'avions indiqué, celle-ci n'a pas été présentée en Commission.
Je mets à présent aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 65 relatif au programme 1997 de mesures en faveur des vélos.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, les groupes socialiste et apparentés, communiste, Mme SCHNEITER et M. REVEAU s'étant abstenus. (1997, DVD 65).