Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Octobre 2013
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche relatif à l'apposition d'une plaque commémorative à Elsa Triolet et Louis Aragon.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2013


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous passons à l'examen des v?ux non rattachés. Le v?u n° 64 est relatif à l?apposition d?une plaque commémorative à Elsa Triolet et Louis Aragon. La parole est à Mme Aline ARROUZE.

Mme Aline ARROUZE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais rappeler la dédicace de Louis Aragon dans le roman "Les cloches de Bâle" écrit rue Campagne-Première dans le 14e : "A Elsa, sans qui je me serais tu."

C'est dire l'importance du couple Elsa et Louis qui ont participé à l'extraordinaire foisonnement du Montparnasse de l'entre-deux-guerres. Le couple est emblématique des artistes exilés du monde entier qui se retrouvent dans ce lieu magique. C?est rue Campagne-Première qui abrita de nombreux artistes, Eric Satie, Maïakovski, Man Ray et d'autres. C'est dans ce lieu où vécut ce couple. C'est pourquoi, sur proposition du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, le Conseil de Paris décide l?apposition d?une plaque commémorative rendant hommage à Elsa Triolet et Louis Aragon au 5, rue Campagne-Première, enfin réunis. Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - M. Bruno JULLIARD a la parole.

M. Bruno JULLIARD, adjoint. - Très brièvement, pour remercier le groupe Communiste et particulièrement Aline ARROUZE pour cette initiative, car il convient, en effet, de saluer la mémoire d?Elsa Triolet, grande femme de lettres et résistante française, certes d'origine russe. Paris peut tout à fait s'enorgueillir d?avoir accueilli cette artiste engagée et talentueuse, plus particulièrement d?ailleurs le quartier de Montparnasse qui a une histoire culturelle si riche. Rappelons que la mémoire d?Elsa Triolet est déjà vivante à Paris puisqu'un collège du 13e arrondissement porte aujourd'hui son nom, mais un hommage commun au couple est tout à fait indiqué, tant leurs destins furent liés, tant d'un point de vue artistique que d'engagement. Donc, c'est un avis évidemment très favorable sur ce v?u.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Christophe GIRARD approuve. Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 64. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le v?u est donc adopté. Je vois que, maintenant, cela fait l?unanimité. C?est bien ! (2013, V. 245). V?u déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à l'association du musée du Montparnasse.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u n° 65 est relatif à l'association du musée du Montparnasse, et je donne tout de suite la parole à Mme Ghislène FONLLADOSA.

Mme Ghislène FONLLADOSA. - Merci, Monsieur le Maire. Lors du Conseil de Paris de juillet dernier, M. JULLIARD, répondant à une demande de Mme MACÉ de LÉPINAY, indiquait qu'à la rentrée de septembre, il échangerait avec la mairie du 15e sur l'avenir du musée du Montparnasse. Je rappelle qu'au printemps, la Ville a annoncé à l'association gestionnaire du musée du Montparnasse sa décision de ne pas lui renouveler à son échéance sa convention d?occupation du domaine public. La Ville annonçait en même temps, d'ailleurs, sa décision de lancer dès novembre 2013, et cela approche, un appel à projets pour ouvrir de nouvelles perspectives au musée. Une rencontre avec M. JULLIARD a bien eu lieu le 18 septembre, et je l'en remercie, mais dans sa lettre du 2 octobre au maire du 15e, Mme la directrice de la DAC ne reprend que très partiellement les conclusions de cette réunion et je le regrette. C'est pourquoi nous demandons au Maire de Paris : - que le Comité d'appel à projets associe effectivement la mairie du 15e et, s'il le souhaite, l'association ou des membres de l'association du musée du Montparnasse et les occupants de l'allée, ainsi qu?au jury ; - que l'appel à projets stipule explicitement que les candidats présenteront un volet ambitieux, valorisant la mémoire de Montparnasse, haut lieu parisien des mouvements artistiques de la première moitié du XXe siècle. Enfin, on souhaite qu'un accord, une sorte d'apaisement, soit trouvé avec l'association sortante, qui a créé ce lieu et l?a fait vivre depuis 1998, afin, notamment, par exemple, de protéger ces collections. Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, adjoint. - Monsieur le Maire, chère Madame, cela ne me dérange absolument pas de répéter ce que j'ai déjà eu l'occasion de vous dire en rendez-vous et ce que j'ai eu l'occasion de réaffirmer en 9e commission il y a quelques jours, mais il n'y a absolument aucun changement dans la position de la Ville, à savoir qu'évidemment, dans le contenu de l'appel à projets, nous ferons bien mention du respect de l'état d'esprit du lieu depuis le début du XXe siècle, qui est un lieu de mémoire de la vie artistique du Montparnasse. Bien évidemment, nous associerons la mairie du 15e sur le choix du vainqueur de l'appel à projets, chose que j'ai déjà eu l'occasion de vous dire personnellement. J'avais cru comprendre que notre entretien s'était bien déroulé, que nous étions d'accord sur l'essentiel. Je lis dans votre v?u que c'est toujours le cas, je m'en réjouis, donc je ne peux qu'émettre un avis favorable sur ce v?u, même si le deuxième considérant est erroné, à savoir qu'il n'y a pas de vive tension entre la mairie centrale et l'association, mais nous constatons des vives tensions au sein même de l'association, puisque vous qui connaissez comme moi particulièrement bien ce dossier, si nous en sommes arrivés à cette situation, c?est parce qu?il y a une crise de gestion au sein même de l?association, et non pas dans les relations entre la mairie centrale et l'association. Le reste, il ne s'agit que de réaffirmer ce que j'ai déjà dit et cela ne me pose aucun problème.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Acceptez-vous l'amendement ?

Mme Ghislène FONLLADOSA. - Oui.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Je mets donc aux voix, à main levée, ce v?u n° 65 ainsi amendé avec un avis favorable de l?Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le v?u amendé est adopté. (2013, V. 246). V?u déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à l'aménagement du square Alexandre et René Parodi (16e).

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous passons au v?u n° 105 relatif à l?aménagement du square Alexandre et René Parodi dans le 16e arrondissement. La parole est à Mme Laurence DOUVIN pour une minute maximum.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Cela fait deux ans maintenant qu?en lien avec l'administration, la mairie du 16e a préparé des projets importants pour le square Parodi, près de la porte Maillot.

Cela a été une certaine surprise de découvrir au dernier Conseil de Paris qu'il était prévu l'instauration du cirque Romanès dans ce même endroit. Il y a donc eu organisation d'une réunion de concertation des riverains au mois de septembre dernier, le 20 septembre, et cette réunion de concertation a montré que l'installation d'un cirque à cet endroit recueillait une opposition de la population, comme cela avait d?ailleurs été le cas dans le passé sous la mandature de Pierre-Christian Taittinger. Cette réunion montrait également l'attachement et l'intérêt de la population à la poursuite du projet qui avait été préparé par la mairie du 16e. Il y a d'ailleurs eu un vote du Conseil du 16e arrondissement le 30 septembre dernier, en faveur de ce projet. Le v?u demande qu'il soit renoncé à l'installation du cirque Romanès à cet endroit, qu'une concertation soit lancée afin d'identifier, y compris avec les autres arrondissements, d'autres lieux pouvant potentiellement accueillir ce cirque et que, compte tenu de la forte attente des riverains, il soit poursuivi le projet comprenant la requalification paysagère du square, l'aménagement d'un parcours d'agrès, l'implantation d'un jardin potager et la création éventuelle d'une halte-garderie. Voici donc l?objet de ce v?u. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, adjoint. - Nous avions eu un v?u à peu près identique, Monsieur le Maire, lors du dernier Conseil de Paris, avec d'ailleurs, dans ses considérants et dans les éléments de langage et d'explication, la même mauvaise foi et parfois même, d'ailleurs, la même outrance.

Je reconnais qu'elle est moins importante que lorsque des élus de droite du 16e participent à des réunions publiques dans le 16e arrondissement où, là, ils se lâchent sans grande limite. Je n'ai pas le temps de vous en donner quelques extraits, mais, croyez-moi, cela vaut le coup.

Le cirque Romanès est le dernier cirque tzigane d'Europe, il est installé à Paris depuis 1994. La qualité artistique et culturelle des spectacles est d'ailleurs très largement reconnue à Paris, en France, mais également à l'échelle internationale.

Il est également installé boulevard de Reims dans le 17e arrondissement et ils doivent quitter cette parcelle en raison du démarrage prochain du chantier du Consistoire. Ils devaient quitter le site en mai dernier, mais ils se sont vu prolonger leur convention d'occupation jusqu'à la mi-octobre.

Il n'y a aucun doute sur la volonté de la Mairie de Paris de permettre le relogement du cirque Romanès à Paris et les services ont ainsi étudié la piste du square Parodi qui est une solution très positive qui a été trouvée.

Cet espace est d'ailleurs d?autant plus pertinent que les architectes qui ont travaillé sur les aménagements précédents du square avaient sanctuarisé un espace dédié à la culture ; la présence du cirque Romanès est ainsi tout à fait approprié. J'insiste sur l'importante concertation qui a eu lieu puisque, lors du précédent Conseil de Paris, je me suis engagé à organiser cette concertation avec les habitants du 16e, après que les services eurent travaillé à un projet de réaménagement du square, après d'ailleurs les exigences de la mairie du 16e arrondissement. Cette concertation a eu lieu le 23 septembre dernier avec une salle et une assemblée pleines, d'ailleurs, et, alors qu?il était question de l'aménagement global du square, le maire du 16e, M. Claude GOASGUEN, a concentré ses efforts et sa gouaille à critiquer le cirque Romanès et exclusivement le cirque Romanès. "Critiquer" n?est d?ailleurs peut-être pas le bon mot, "insulter" me paraît plus approprié, allant jusqu'à évoquer des amalgames assez nauséabonds. Le Maire lui-même a d?ailleurs reconnu en fin de réunion que plusieurs dérapages oraux avaient eu lieu dans l'assemblée, même si je dois bien dire qu'il en était parfois un peu à l'origine, lorsque par exemple M. GOASGUEN a déclaré : "Alors, on avait eu les gens du voyage, maintenant on a le cirque Romanès. Je dois dire que je commence un peu à en avoir assez, à la fois de devoir me taper les gens du voyage, puisque maintenant je me les attrape au bois de Boulogne sans concertation des mairies d?arrondissement". Je pourrais vous en lire quelques autres extraits qui sont parfois même pires que celui-là. Toujours est-il que cela n'entache en rien notre volonté de garantir le relogement du cirque Romanès et que le square Parodi est particulièrement bien approprié pour pouvoir les recevoir. Je réaffirme donc nos engagements en faveur du cirque Romanès qui a notre plein soutien.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Madame FOURNIER, pour une explication de vote du groupe E.E.L.V.A.

Mme Danielle FOURNIER. - Je m'associe vraiment pleinement aux propos que vient de tenir Bruno JULLIARD parce que, que l'on puisse lire ici "que le Maire de Paris renonce à l?installation du cirque Romanès", je trouve que, déjà, le scandale est là. Même sans citer les propos insultants, le scandale est là. Je rappelle que, s'il fallait lui donner une carte de visite, celui qui s'occupe du cirque Romanès a publié chez Gallimard, ce n'est quand même pas n'importe quoi, cela devrait lui permettre d'être considéré comme tous les cirques et tous les artistes. Je suis ahurie de voir ce v?u arriver jusqu'ici.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Christophe GIRARD ?

M. Christophe GIRARD, maire du 4e arrondissement. - Je voulais dire un mot, parce que Bruno JULLIARD m?a rapporté la manière dont s'était passée la réunion de concertation. Je dois dire que je suis assez bouleversé?

Non, Pierre, on est en 2013.

Alexandre Romanès qui fut l?ami de Jean Genet, est un grand poète, et Paris doit être fier d'avoir dans sa ville, en son sein des poètes. Cette famille est une famille de poètes, d?artistes, fragiles, que nous nous devons de protéger, et nous l'avons toujours fait. Lorsque Sonia WIEDER-ATHERTON, une des plus grandes violoncellistes de tous les temps, joue à Paris, joue à Moscou, joue dans le monde entier, et choisit le cirque Romanès avec Fanny ARDANT pour faire une lecture et jouer de la musique, sont-ce des gens qui ne seraient pas dignes d'être dans le 16e arrondissement, dans un endroit de Paris aussi beau ? Je suis vraiment triste de cela.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 105 avec un avis, vous l'aurez compris, défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Le v?u est repoussé. 2013 DAC 666 - Subventions (60.000 euros) à 16 associations dans le cadre de la dotation Nuit Blanche aux arrondissements.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous terminons cette matinée et les dossiers de Bruno JULLIARD par l'examen du projet de délibération DAC 666 portant subventions à 16 associations dans le cadre de Nuit Blanche. La parole est à Mme Danielle FOURNIER.

Mme Danielle FOURNIER. - C'est vrai que c'est à l'initiative de mon groupe politique, qu'il a été décidé en Conseil, enfin sur proposition reprise par l'ensemble de cette assemblée au mois de mars, de renforcer le dispositif mis en ?uvre pour les projets associés à Nuit Blanche.

Une enveloppe de 60.000 euros a été consacrée exclusivement à ces projets, de manière à permettre un soutien à la création artistique locale.

Afin de mettre en ?uvre ce dispositif, l'ensemble des mairies a été informé de cette nouvelle procédure, cette nouvelle opportunité, et celles qui ont souhaité déposer et soutenir un projet de leur arrondissement ont pu faire appel à cette dotation pour réaliser le projet.

Je suis vraiment très contente de voir que douze mairies ont souhaité faire appel à cette dotation Nuit Blanche, ce qui a permis de soutenir ces associations.

Pour nous, c'est là que réside une des vraies richesses, multiples mais une des vraies richesses de Nuit Blanche, plutôt que dans les projets démesurés, les projets où le sens artistique, et je dirais le sens tout court, a tendance parfois à se perdre. Je pense au concert de Stockhausen avec ces quatre hélicoptères qui ont survolé Paris, dans une débauche de bruit, de moyens, et en plus dans l'indifférence quasi générale. Je pense que l'argent a été mieux utilisé de ce côté-là. J'apprécie aussi ce projet de délibération parce qu'il nous présente justement les seize associations et leurs projets. Je pense que c'est un vrai respect, à la fois des artistes et de ceux qui votent les subventions, les projets de délibération plus exactement. Que les rédacteurs en soient aussi remerciés. Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, adjoint. - Monsieur le Maire, c?est une disposition qui a plutôt bien fonctionné. Ce n'était pas évident à mettre en place, l'enveloppe de 60.000 euros dédiée à ces projets, et nous avons beaucoup de mairies d'arrondissement, douze, qui ont répondu favorablement à notre proposition. L?enveloppe a donc été divisée par autant d?arrondissements candidats.

Pour des raisons d'organisation à la fois technique, mais aussi budgétaire, ce n'était pas toujours évident, mais nous sommes en effet satisfaits du résultat, ce qui a permis que nous ayons de belles propositions, dans un certain nombre d'arrondissements, souvent d'ailleurs en lien avec des acteurs culturels locaux, des artistes qui ont eux-mêmes étaient contactés par les mairies d'arrondissement.

Je pense que c'est une première initiative qui doit peut-être en appeler d'autres dans les années qui viennent, pour pouvoir d'abord répondre à des demandes qui sont parfois plus importantes et exigeantes de certains maires d'arrondissements - maire ou mairies d'arrondissement s'entend - qui aimeraient pouvoir faire plus à leur initiative. Dès lors que nous voulons une Nuit Blanche qui répond à une très forte exigence artistique, avec les meilleurs artistes français et internationaux, mais également une Nuit Blanche qui garantit une participation populaire, et donc une Nuit Blanche accessible, il y a besoin d'une proximité dans l'organisation même des événements organisés, et dans l'appel aux artistes pour cette Nuit Blanche. Je pense que c'est un travail que nous devrons approfondir, et peut-être même amplifier dans les années à venir.

Je précise en ce qui concerne Stockhausen que la Ville n'a pas déboursé un euro, c'est un projet de la Monnaie de Paris. Cela dit, nous assumons tout de même totalement, d'un point de vue artistique, le choix qui a été réalisé, mais nous n'avons pas payé pour cette ?uvre-là.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Et le grand ne s'oppose pas au petit ! Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 666. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est donc adopté. (2013, DAC 666). Bon appétit reprise de la séance 14 heures 30. Suspension et reprise de la séance.

(La séance, suspendue à treize heures dix minutes, est reprise à quatorze heures trente minutes, sous la présidence de M. Jean VUILLERMOZ, adjoint).

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous reprenons nos travaux. 2013 DAC 698 Convention de mécénat avec l'Etablissement Public Paris Musées, la Fondation du Patrimoine et la Fondation TOTAL pour la restauration de la cour Louis XIV (cour d'honneur) du musée Carnavalet (3e). 2013 DAC 721 Convention de mécénat liant les Galeries Lafayette à l'établissement public Paris Musées et à la Ville de Paris pour le Palais Galliera, Musée de la Mode de la Ville de Paris.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous commençons par le projet de délibération DAC 698. Mme Danièle POURTAUD va répondre et Mme Danielle SIMONNET va intervenir. Je donne la parole à Danielle SIMONNET pour 5 minutes. Je pense que tu vas parler beaucoup de Total.

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, et en fait, je vais intervenir sur le DAC 698 et sur le DAC 721 en même temps ; je suis inscrite sur les deux mais je ne ferai qu?une seule intervention.

Mes chers collègues, nous voterons contre ces projets de délibération, de façon cohérente, comme je vote, d'ailleurs, personnellement contre tous les projets de délibération liés au mécénat lors des conseils de l'Etablissement public administratif des musées. Nous n'étions pas favorables à la création de cet établissement pour les mêmes raisons.

Nous voulons une politique culturelle ambitieuse et financée par la redistribution des richesses, et non par des entreprises qu'un intérêt bien compris pousse à faire des chèques pour s'acheter une belle réputation.

On comprend que le mécénat culturel soit en plein essor, tant c?est, pour les entreprises, un investissement rentable.

Total, c?est l'entreprise polluante par excellence, régulièrement condamnée pour des faits particulièrement graves : condamnée par la Cour de cassation pour la pollution maritime engendrée par l'Erika, condamnée à 200 millions d?euros d?amende pour avoir pollué le port de Djibouti, condamnée par la justice américaine en juin 2013 à verser plus de 400 millions de dollars pour mettre fin à des poursuites pour des faits de corruption visant à décrocher des contrats en Iran. Total, c?est aussi l'entreprise qui utilise la merveilleuse technique du bénéfice mondial consolidé pour ne payer aucun impôt en France, alors que son bénéfice est de plusieurs milliards d'euros par an. Ce qui motive de telles entreprises, ce n'est jamais l'intérêt général, c?est toujours l'espoir d'apposer leur marque à côté de celle d'établissements culturels prestigieux, qui appartiennent au patrimoine commun de tous les Parisiennes et les Parisiens ; cela ne leur coûte pas grand-chose, car le principal donateur dans le mécénat des entreprises, finalement, c'est l'Etat, en réalité, qui, depuis la loi Aillagon de 2003, offre aux entreprises une réduction d'impôts de 60 % des sommes engagées. En somme, c'est l'argent public qui finance les opérations de communication de ces "généreux" donateurs. Les Galeries Lafayette proposent de faire un don de 26.000 euros pour le palais Galliera. Après la déduction, cela ne leur coûtera que 10.400 euros, le prix que l'entreprise payera pour avoir son logo sur toute la communication du palais Galliera et de l?établissement Paris Musées, avec, en supplément, le droit d'inviter ses clients et ses partenaires à une visite privatisée, suivie d?un petit-déjeuner. Nous considérons que ce n?est pas aux entreprises de faire la politique culturelle. Le développement du mécénat des entreprises est un des marqueurs de l'avancée néolibérale, c'est un marqueur du désengagement des pouvoirs publics dans le domaine culturel. Nous n'avons pas à rendre nos politiques culturelles dépendantes du bon vouloir des princes de la finance d?aujourd'hui comme autrefois des nobles. Alors, je ne sais si vous connaissez l'histoire de la petite grenouille ; quand on la jette dans une casserole d'eau bouillante, elle se débat et elle peut s'échapper et, finalement, quand on la plonge dans une eau froide qu'on réchauffe, elle finit par s'endormir et elle en meurt. Eh bien, c?est ce qui nous guette avec le recours au mécénat. Au début, on peut dire qu?un logo de Total ou des Galeries Lafayette, en bas d'une documentation de nos musées, ce n?est pas bien grave ; que le nom de ces mécènes figure sur le cartel en-dessous des ?uvres, finalement, est-ce si grave ? Et, finalement, comme ils interviennent sur la rénovation de plusieurs ?uvres, qu'il y ait à poser toute une pancarte avec la publicité sur ces entreprises à l'intérieur même d'une salle, est-ce si grave ? Et le jour où on se retrouve avec des expositions privatisées le temps d'un cocktail privé, on se dit, une fois de plus, que ce n'est pas bien grave. Quand, enfin, le musée est loué pour une opération promotionnelle de lancement d'un produit, il sera trop tard ; jusqu'où cette logique peut-elle aller ? Aujourd'hui, le P.S. détient toutes les clefs du pouvoir : le Conseil de Paris, le Conseil régional, l'Assemblée nationale, le Sénat, le Gouvernement, la Présidence de la République ; il est temps que l?on pense autrement la politique culturelle ; vous en avez la possibilité. C'est pour cette raison qu?aujourd'hui, comme hier, nous continuerons de voter contre ce type de projets de délibération, car vous pouvez financer autrement la culture qu'en encourageant ces logiques libérales. Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Madame POURTAUD, vous avez la parole pour la réponse à ces deux projets de délibération.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Effectivement, Danielle SIMONNET reprend des positions qu'elle expose souvent au sein du Conseil d'administration de l'établissement public Paris Musées et j'ai noté que ses critiques s'articulent autour de trois sujets :

- une critique des mécènes, avec une critique, en particulier, de la société Total ;

- une critique en direction du principe du mécénat et des avantages financiers qui leur sont consentis au titre de la loi Aillagon, mais des lois précédentes l'avaient déjà permis et je crois que ce principe n'est pas remis en cause ;

- enfin, des critiques qui porteraient peut-être plutôt sur le mécénat pour des expositions et le mécénat sur la restauration d'?uvres qui pourrait apporter des confusions pour les visiteurs.

Toutes ces critiques visent à considérer que la politique culturelle doit être assumée uniquement sur la base de fonds publics.

Alors, cela ne vous surprendra pas, chers collègues, nous avons déjà eu ce débat au sein de l'établissement public Paris Musées, nous l?avons déjà eu dans cet hémicycle, je ne partage pas, la majorité municipale ne partage pas, votre position sur le mécénat, et je voudrais attirer votre attention sur le fait que les projets de délibération sur lesquels vous avez fait porter votre intervention ne portent pas sur du mécénat concernant les expositions ni les restaurations d'?uvres, mais bien sur un mécénat destiné à permettre la restauration du patrimoine des bâtiments, à la fois Carnavalet et Galliera.

Très honnêtement, je crois qu'on ne peut pas considérer que la Ville se désintéresse du fonctionnement de ses musées, lorsque l'on sait que le budget de l'établissement Paris Musées, que nous aurons l'occasion de voter au Conseil de décembre, représente 70 millions d'euros, lorsque l'on sait que le budget consacré à la restauration du patrimoine des édifices cultuels, depuis 2001, a été de presque 150 millions d'euros en deux mandatures, lorsque l'on sait que la restauration du Petit Palais a coûté à la Ville 9 millions d'euros, la restauration de la tour Saint-Jacques 8 millions d'euros? Voyez-vous, moi, personnellement, je considère que quand de grandes entreprises veulent contribuer à cet effort de la collectivité pour restaurer son patrimoine, elles font un acte citoyen et je préfère les saluer plutôt que les critiquer, tout en étant bien consciente de la nécessité d'encadrer tout ceci de manière très claire.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci beaucoup. Je crois qu?il y a une demande d?explication de vote. Allez-y, Madame.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire. Je voudrais remercier Mme SIMONNET pour l'excès de ses propos. Evidemment, nous y étions habitués, mais, là, on a été particulièrement gâté. Je ne sais pas si c'est parce que c'est après la pause déjeuner, mais je voudrais dire que le problème est qu?elle touche à la culture et que, avec des propos comme ceux qu'elle a tenus, elle dénie la culture pour tous. Pourquoi ? Parce que nous avons besoin de l'apport des fonds du mécénat. L'argent public, les fonds publics ne suffisent pas. Nous en avons mille exemples, ce n'est pas la peine que je les détaille dans une explication de vote. Donc, cette position de Mme SIMONNET est véritablement contre la culture et sa diffusion pour tous. Il faut que ce soit dit, nous voterons donc, nous, pour ces deux projets délibération en remerciant l'ensemble des donateurs.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je ne crois pas que ce soit une question de déjeuner. Je mets aux voix, à main levée, les deux projets de délibération, en commençant par le projet de délibération DAC 698. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2013, DAC 698). Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 721. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2013, DAC 721). 2013 DAC 517 Subvention (10.000 euros) à l'association Photothèque des Jeunes Parisiens (2e).

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous allons revenir, si je peux me permettre, au projet de délibération DAC 517. C'est une subvention à l'association Photothèque des Jeunes Parisiens. Je donne la parole à M. Pierre SCHAPIRA.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

C'est simplement et très rapidement pour sortir un projet de délibération de l'anonymat, pour dire que la Photothèque des Jeunes Parisiens, qui est une association très connue dans le 2e arrondissement, dont l'objet porte sur la mémoire de Paris à travers la collecte de photos et de cartes postales depuis la Commune, concerne finalement maintenant tous les arrondissements. Cette association a publié des ouvrages par arrondissement, avec de très beaux tirages et un certain nombre de maires d'arrondissement les ont.

Cet automne, une exposition sera présentée au Centre Cerise, un centre socioculturel du 2e arrondissement, très célèbre puisqu?il a reçu la visite de la Reine d'Angleterre, qui est très actif par ailleurs et qui sera sur les photographies que Martha CAROLL, à l'époque jeune américaine qui vivait à Paris, avait prises des Halles au moment de leur transfert à Rungis. A l'heure où un certain nombre de quartiers de Paris connaissent à juste titre des chantiers de rénovation, voire de réhabilitation, je trouve que le travail de mémoire et de valorisation du patrimoine de Paris que fait notamment cette association est important et qu'il convient de la soutenir. Ce travail réalisé par la Photothèque des Jeunes Parisiens, travail de qualité, contribue à l'affirmation de l'identité de Paris faisant le lien entre le passé, le présent et l'avenir. Je vous remercie de la soutenir.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci. Madame Danièle POURTAUD, vous avez la parole.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais remercier Pierre SCHAPIRA, effectivement nous votons beaucoup de projets de délibération sans que, forcément, le Conseil ait son attention attirée dessus et je crois vraiment que c'était effectivement nécessaire de mettre en valeur le travail de la Photothèque des Jeunes Parisiens, que le Conseil de Paris soutient régulièrement depuis de nombreuses années. Cette Photothèque, comme l'a rappelé Pierre SCHAPIRA, collecte depuis plus de 10 ans des milliers de documents iconographiques portant sur Paris, mais aussi sur ses habitants et sur ses événements historiques et populaires. Comme il l'a très bien dit, elle participe à la construction de notre mémoire et de notre histoire collective. Elle organise effectivement des expositions que beaucoup de nos arrondissements ont eu le bonheur d'accueillir. Je crois que, par ailleurs, on peut aussi souligner qu'elle s'investit régulièrement dans l'accompagnement des jeunes en difficulté à travers des ateliers de qualité, donc c'est également avec beaucoup de plaisir et de reconnaissance vis-à-vis de la Photothèque que je vous propose, comme l'a fait Pierre SCHAPIRA, de voter ce projet de délibération.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 517. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté à l'unanimité, merci. (2013, DAC 517). V?u déposé par le groupe EELVA relatif au site des Archives nationales.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le v?u non rattaché n° 66 relatif au site des Archives nationales et je donne la parole à Mme Danielle FOURNIER.

Mme Danielle FOURNIER. - Alors, deux mots de ce qui s'est passé sur le site des Archives au cours des dernières années. Lors du précédent quinquennat, Nicolas SARKOZY, en septembre 2010, avait lancé comme cela, sorti de nulle part, le projet d'installation de Maison de l'Histoire de France sur une partie du site des Archives, ce qui avait mobilisé à la fois le personnel qui a fait une très longue grève, qui a occupé les locaux et une mobilisation des historiens dans leur immense majorité. Par chance, en août 2012, juste après sa nomination, la nouvelle Ministre de la Culture a décidé d'abandonner ce projet. Jusque-là, nous étions satisfaits, nous avions porté plusieurs fois des v?ux pour défendre cette option-là et il se trouve que, depuis, au dernier printemps justement, la Ministre a décidé de relancer ou de lancer une réflexion par le biais de deux missions : une relative aux besoins des Archives, l'autre sur des études d'implantation de l'Institut national du Patrimoine. Bref, la question ne semble pas close, c'est pourquoi je vous propose ce v?u que le Conseil de Paris réitère son attachement au site parisien des Archives nationales et exprime à la Ministre de la Culture son souhait que le sort du quadrilatère des Archives fasse l'objet d'une large concertation avec son personnel ainsi qu?avec les élus parisiens. C'est, presque à l'identique, le v?u que nous avions tous voté lorsque je l'avais présenté et qu'il s'adressait au précédent Ministre de la Culture, donc je pense que nous allons pouvoir le voter, je l'espère en tout cas.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Pour répondre, je donne la parole à Mme Danielle FOURNIER. A Danièle POURTAUD, excusez-moi.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe. - C'est effectivement un dialogue de Danièle !

Merci, Monsieur le Maire.

Comme l'a rappelé Danielle FOURNIER à l'instant, le Conseil de Paris a en effet - et souvent à l'initiative du groupe E.E.L.V.A. - eu l'occasion d'exprimer son attachement au site parisien des Archives nationales et sa volonté que son devenir soit l'objet d'une concertation avec son personnel et les élus parisiens.

Cela avait été notamment le cas lors de la décision de l'ancien Président de la République d'y implanter son ex-futur projet de Maison de l'Histoire de France.

Je tiens donc à mon tour à saluer l'abandon par l'actuel Gouvernement du projet de Maison de l'Histoire de France. Je voudrais aussi saluer et rappeler l'ouverture au public du jardin du quadrilatère que le maire du 3e arrondissement avait ardemment souhaitée. Je crois qu'aujourd'hui cela permet de reconsidérer plus sereinement le devenir du quadrilatère des Archives pour lequel, vous l'avez rappelé, chère collègue, la Ministre a lancé deux études. Je ne vois donc aucune objection à ce que le Conseil de Paris réitère notre attachement à la concertation sur l'avenir du site avec les personnels et les élus parisiens. Je donne un avis favorable au v?u.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 66 avec un avis favorable de l?Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le v?u est adopté. (2013, 247). 2013 DGRI 79 Subvention (75.000 euros) et convention avec l'association Action Contre la Faim (14e) pour un programme d'aide d'urgence aux réfugiés syriens.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Sur le projet de délibération DGRI 79, la parole est à M. KLUGMAN, mais il n'est pas là.

Il s?agit de la subvention de 75.000 euros et convention avec l'association Action contre la Faim dans le 14e arrondissement pour un programme d'aide d'urgence aux réfugiés syriens. Je mets quand même aux voix, à main levée, ce projet de délibération. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2013, DGRI 79).