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Novembre 2013
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2013 DAC 633 - Subvention (1.700.000 euros) et avenant à la convention avec l'association "Philharmonie de Paris" (19e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2013


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous passons en 9e Commission et examinons le projet de délibération DAC 633 relatif à l'association "Philharmonie de Paris" (19e). La parole est à Mme Danielle FOURNIER. Madame la Présidente ?

Mme Danielle FOURNIER. - Monsieur le Maire, merci.

Hier, nous avons eu le débat d'orientations budgétaires et nous avons fait part des réserves, et même plus que des réserves, de notre opposition sur un certain nombre de projets qui ont été portés au cours de cette mandature et la Philharmonie en fait partie.

Je dirai que nous sommes opposés à ce type de projet pour plusieurs raisons. Je ne vais pas toutes les détailler - j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur ce sujet et d'exprimer les réserves de mon groupe - mais je dirais qu'il y a deux principes qui nous guident.

Le premier de ces principes est le principe de conviction, c'est-à-dire que des projets qui ne correspondent pas aux besoins, qui ne partent pas des besoins des habitants, qui n'ont pas fait la preuve de leur nécessité mais plutôt qui sont le résultat d'un lobbying divers et varié, nous semble relever plutôt des grands projets inutiles. C'est le cas de la Philharmonie et d'autres projets.

L'autre principe qui fait que nous serons toujours opposés, c'est le principe de réalité. C'est-à-dire que dans un contexte de crise, chaque euro dépensé mérite encore plus de réflexion et, si ce n'était pas le cas avant, encore plus de vigilance. Ce projet n'a pas encore fait peut-être la preuve de sa pertinence, elle n'est pas démontrée. Il s'inscrit d'autre part, maintenant qu'on le voit sortir de terre, dans un zonage des activités urbaines que nous remettons en cause souvent. Et surtout, j'en arrive au projet de délibération, du point de vue financier, les coûts de construction, on le sait, ont été multipliés par deux, voire par trois, ils s'inscrivent dans une dérive financière très inquiétante. Je note d'ailleurs que la Région ne figure plus dans les financeurs. Et les coûts de fonctionnement, dont il va être question, les coûts prévisibles de fonctionnement vont certainement être exorbitants. Ma question est toujours de savoir comment on peut faire coexister, on va pouvoir faire coexister dans la prochaine mandature le financement de l'existant et des nombreuses structures créées par la Ville ou déjà en fonctionnement de la Ville, et le fonctionnement de ce mastodonte, même si évidemment on a bien vu que la salle Pleyel ne bénéficierait plus du financement dont elle bénéficiait à l'heure actuelle. Il va y avoir un glissement d'un équipement à l'autre, mais cela est loin de pouvoir permettre à la Philharmonie de fonctionner. Donc il y a une vraie interrogation sur le financement. C'est pourquoi, à propos de ce projet de délibération qui nous propose le complément de subvention pour la Philharmonie, comme pour les autres projets de délibération, nous nous abstiendrons.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame. La parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire et merci, Madame Danielle FOURNIER. Nous avons eu déjà ce débat à plusieurs reprises en Conseil de Paris, et j'ai en effet cru comprendre hier que nous allons probablement poursuivre ce débat sur la Philharmonie dans les semaines et dans les mois à venir. C'est un désaccord que nous avons avec Mme Danielle FOURNIER sur la pertinence de la Philharmonie. Je pourrais comprendre l'indignation quant aux coûts, tant d'ailleurs en investissement qu'en fonctionnement, de la Philharmonie de Paris, s'il s'agissait dans le projet structurel de la Philharmonie de contenter un entre soi culturel et social, et finalement de dépenser beaucoup d'argent au service de quelques-uns. C'est l'objectif exactement inverse que nous souhaitons donner à la Philharmonie. Nous ne pouvons pas nous satisfaire du fait qu'aujourd'hui l'accès à la musique classique soit réservé à une élite culturelle et une élite sociale. Le projet de la Philharmonie est justement de permettre que des nouveaux publics puissent accéder à la musique classique. Et construire une salle d'envergure exceptionnelle dans le 19e arrondissement sur le parc de la Villette, au bord du périphérique, à la frontière avec la Seine-Saint-Denis, répond à cet objectif de permettre que de nouveaux publics puissent accéder à la musique classique. Nous aurons l'occasion de revenir sur la question du financement. Je veux évidemment vous dire qu'en ce qui concerne les subventions de fonctionnement, puisque c'est la subvention qui vous est aujourd'hui soumise, nous allons tout faire pour que le coût de fonctionnement de la Philharmonie soit tout à fait acceptable pour la Ville. D'abord, nous allons mutualiser avec d'autres opérateurs. Nous travaillons actuellement à la fusion entre trois entités, la Philharmonie, la Cité de la musique ainsi que l'Orchestre de Paris, pour permettre ces mutualisations qui permettront par ailleurs une meilleure identité artistique et culturelle à la Philharmonie.

Puis, je veux aujourd'hui même réaffirmer un engagement qu'a pris le Maire de Paris et que, si les Parisiens le souhaitent, nous poursuivrons après les élections municipales, en aucun cas l'investissement en fonctionnement pour la Philharmonie ne se fera au détriment d'autres esthétiques.

D'ailleurs, nous pouvons le voir dès ce budget 2013 et nous le verrons avec le budget présenté par le Maire de Paris en 2014, en aucun cas, la montée en puissance de la Philharmonie ne se traduit par une baisse des subventions, notamment dans d'autres esthétiques, y compris dans la musique. Je pense aux musiques factuelles, au hip hop, au jazz, aux musiques du monde, et nous le verrons parfaitement dans les prochains budgets. Je conclurai en disant que je peux comprendre à cette étape un certain nombre de réserves, mais que la réalité de la montée en puissance de la Philharmonie démontrera que nous arriverons à relever ce défi de la démocratisation de l'accès à la musique classique. On a au moins un point d'accord, ce qui doit nous guider, c'est le principe de conviction et non pas d'instrumentalisation politique, comme je l'ai vu hier sur les bancs de la droite.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 633. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2013, DAC 633).