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Novembre 2013
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2013 DAC 696 - Acceptation du classement au titre des monuments historiques de l'église Saint-Jean-de-Montmartre (18e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2013


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous revenons légèrement en arrière, parce qu'il y a eu une erreur, qui est toujours humaine, des services, et passons donc à l'examen du projet de délibération DAC 696 relatif à l'acceptation du classement au titre des monuments historiques de l'église Saint-Jean-de-Montmartre.

Le premier orateur est M. BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire.

Je me réjouis du classement de l'église Saint-Jean-de-Montmartre au titre des monuments historiques.

Face à la place des Abbesses, elle est une image singulière du 18e arrondissement, une image singulière aussi dans la Capitale, par sa construction en briques rouges, qui lui donne cette architecture si spécifique. En 2009, la Ville avait rénové durant 15 mois son orgue. La voilà donc prête à faire son entrée parmi les monuments classés de notre patrimoine.

Je m'en réjouis, et pourtant, je ne peux cacher une certaine tristesse devant l'état général du patrimoine cultuel et culturel parisien. Quelle tristesse, quand on assiste à la dégradation de l'église Saint-Philippe-du-Roule, de la Madeleine, de l'église Saint-Augustin, de Saint-Jean-de-Belleville, de Saint-Séverin. Malheureusement, la liste est encore longue.

En vertu de la loi de séparation des églises et de l'Etat de 1905, la Mairie de Paris est propriétaire de 96 édifices religieux, cultuels, et pas seulement catholiques. La charge d'entretien de ces bâtiments s'inscrit ainsi pleinement dans le cadre du principe de laïcité et de respect de toutes les religions, mais au-delà de la loi de 1905, il s'agit, avant tout, d'un patrimoine architectural et historique qu'il convient de préserver. Pour Paris, c?est un héritage qu?il faut transmettre. Il raconte l'histoire de la Capitale à travers les siècles. Ces églises sont l?âme de Paris. Avant d'être des lieux de culte, elles sont devenues des chefs-d'?uvre de culture. Le premier devoir de la culture, c?est d'abord de transmettre. Est-ce que je vous dérange ? Oui, je vous dérange ? Il faut apprendre qu?en démocratie, l'Opposition, cela peut parler ! Cela peut s'exprimer ! J'aimerais bien parler dans le silence parce que j'ai écouté mes collègues tout à l'heure et ce serait bien de pouvoir écouter chacun des orateurs. Le mépris de M. JULLIARD, je m'en passe très bien. Gardez vos flagorneries pour Mme HIDALGO !

Le premier devoir de la culture? Ça les gêne ? Mais je ne peux pas parler dans ce brouhaha, je suis désolé.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Quand je vous demande de vous arrêter !

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Je ne m'entends même pas moi-même, donc faites respecter le silence dans la salle !

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Monsieur BOURNAZEL, je vous demande? Non mais, si vous cherchez à faire de la provocation !

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Je ne cherche pas à faire de la provocation, je veux parler comme tout le monde !

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Ecoutez-moi ! On se calme !

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Faites taire vos collègues !

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Ecoutez, on se calme. Je vous ai demandé tout à l'heure de vous arrêter pour avoir du calme ! Voilà !

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Pourvu que ça dure !

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Attendez ! Je vous demande, quand les orateurs parlent, quels qu'ils soient, de faire silence. Nous reprenons du retard, ce n'est pas la peine de l'accentuer. Parlez et vous avez votre temps de parole.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci. Je disais donc : avant d'être des lieux de culte, ce sont des ?uvres de culture. Le premier devoir de la culture, c?est de transmettre. Ces chefs-d'?uvre n'ont pas vocation à devenir des chefs-d'?uvre en péril. En tant que tels, ils méritent une place essentielle dans la politique culturelle de la Ville de Paris. Quelle image donnerions-nous de nous-mêmes en laissant ces splendeurs se transformer en vestiges poussiéreux, aux façades écornées, aux toitures ouvertes aux intempéries ? C'est le visage même de Paris qui s'en trouverait défiguré. Il ne s'agit pas d?opposer la vitalité culturelle de demain et le patrimoine historique de notre Capitale. Bien au contraire, il s'agit de lui redonner sa juste place afin qu?il continue d?être bien vivant. Or, aujourd'hui, il faut bien reconnaître que ce patrimoine se dégrade de plus en plus vite parce que sa place est reléguée au dernier rang de votre politique culturelle. Madame POURTAUD, je sais bien que vous n'allez pas être contente et que vous allez me dire que jamais un effort aussi grand n?a été fait pour l'entretien des églises parisiennes, que vous avez rénové Saint-Sulpice et la Tour Saint-Jacques, qu'en 12 ans, vous avez participé à une quarantaine de chantiers, bref, qu'avant vous, il n'y avait rien et que les églises étaient des ruines, mais il faut se rendre à l'évidence, Madame, entre la première et la seconde mandature, le budget consacré à l'entretien et à la rénovation du patrimoine religieux a baissé de 27 %, alors qu?en même temps, le budget global de la Ville augmentait. La réalité, c?est celle-ci : il a baissé de près d'un tiers, alors même que le budget global de la Ville a augmenté fortement. Vous-même, vous êtes gênée face à ce constat, en tenant un discours contradictoire : - un jour, vous dites que "la situation des églises de la Capitale n'est pas alarmante, nous ne sommes pas dans l'urgence" : Le Figaro du 25 octobre 2013. - et un autre jour, que "nous sommes obligés de prendre les chantiers par ordre d'urgence" : c'est Le Monde du 22 décembre 2011. La vérité, c'est qu'il y a bien une multiplication des situations d'urgence. La vérité, c?est qu'au sein du budget Culture, vous ne disposez pas aujourd'hui de l'enveloppe nécessaire pour faire face à une dégradation qui s'accélère. La vérité, c?est que vous devez vous résoudre à poser des rustines ici et là. L'exemple de la vétusté de l'église Saint-Philippe-du-Roule est criant. A tel point qu'elle est aujourd'hui recouverte d'un grand parapluie pour éviter que la pluie ne pénètre à l'intérieur : une structure temporaire de 700.000 euros, sans que soient prévus les travaux de toiture à ce jour. Mes collègues de l'U.M.P., dont Vincent ROGER, ont déposé un v?u pour que l'entretien et la rénovation du patrimoine religieux redevienne une priorité d'action, et ils ont raison. Puisque nous sommes au moment des orientations budgétaires, nous vous engageons à prendre vos responsabilités et toutes vos responsabilités. De notre côté, dès mars 2014, avec Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, nous mettrons en ?uvre une politique active de rénovation des édifices religieux de la Ville qui sont autant de petits chefs-d'?uvre à portée de main, disséminés dans les différents quartiers de Paris. Oui, le patrimoine culturel et cultuel est l?âme de Paris.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Bien. Madame POURTAUD, vous avez la parole.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire. Quel dommage que M. BOURNAZEL ait utilisé Saint-Jean-de-Montmartre pour faire une intervention redondante avec le v?u n° 59 du groupe U.M.P.P.A., à moins que ce ne soit une intervention de candidat à la Mairie de Paris. Je vous laisse en juger. Parce que s'il avait fait une intervention sur Saint-Jean-de-Montmartre, il aurait pu dire que cette magnifique église, qui a été effectivement inscrite en 1966, est aujourd'hui reconnue à sa juste valeur en devenant un monument classé. Comme le temps presse, je ne vais pas vous développer tout ce que j'aurais pu dire sur Saint-Jean-de-Montmartre parce que, moi, je m'étais donné la peine de travailler sur les caractéristiques de cet édifice pour informer le Conseil de Paris, mais honnêtement, je crois que nous avons tous compris quel était l'objectif de cette prise de parole : il n'était pas du tout de parler de Saint-Jean-de-Montmartre, donc je renvoie M. BOURNAZEL à la réponse que je ferai tout à l'heure au v?u n° 59 du groupe U.M.P.P.A.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 696. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2013, DAC 696).