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Novembre 2013
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2013 SG 196 - Rapport de développement durable pour l'exercice 2013.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2013


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Maintenant, nous passons à l'examen du rapport de développement durable pour l'exercice 2013. Je donne d'abord la parole à M. NAJDOVSKI.

(M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Le rapport annuel de la Ville de Paris sur le développement durable traduit l?engagement de notre collectivité pour améliorer l'environnement économique, social et écologique de notre Capitale. Le débat sur ce rapport est donc un moment important, et ce document a pour mission d'éclairer notamment les débats sur les orientations budgétaires du budget primitif de 2014. Si la collectivité parisienne a considérablement progressé en 12 ans sur les questions environnementales symbolisées notamment par l'adoption du Plan Climat en 2007 et du Plan Biodiversité en 2011, je reste néanmoins avec le sentiment de potentiel inabouti sur de nombreux sujets. Tout d'abord, sur la question de la pollution atmosphérique, qui est un fléau qui dépasse très largement le cadre parisien et qui concerne autant notre région que d'autres régions françaises. Il faut le rappeler, la pollution atmosphérique touche chaque jour des milliers de Parisiens et elle entraîne des pathologies qui peuvent ôter jusqu'à huit mois d'espérance de vie à certaines personnes. Le rapport le souligne : même si la qualité de l'air s'améliore, elle reste à certains égards préoccupante. En cause, notamment la politique qui a été menée au niveau national par les précédents gouvernements et qui a abouti à ce que le parc automobile français soit parmi les plus diéselisés au monde. En cause, en particulier, le bonus-malus mis en place en 2008 par M. BORLOO et par Mme KOSCIUSKO-MORIZET, qui a donné un coup de fouet à la vente de véhicules diesel. Or, nous le savons, le diesel émet des particules fines particulièrement toxiques, et l'Organisation mondiale de la santé a classé en 2012 le diesel comme cancérogène certain. Pour lutter contre ces pics de pollutions qui accompagnent trop systématiquement les journées de beau temps à Paris, notre collectivité doit impérativement s'engager dans une diminution drastique de l?utilisation du diesel, qui reste toujours présent dans le parc de l'administration parisienne et ultra-majoritaire dans le parc d'autobus de la R.A.T.P. Elle doit également impulser, dans le cadre de la future métropole, une politique volontariste de réduction de la circulation automobile et de report modal sur les transports collectifs, qui restent le chemin le plus efficace pour réduire la pollution globale due à l'automobile dans notre région. Le rapport mentionne également une amélioration dans le partage de l'espace public. Si la circulation automobile a baissé de manière importante à Paris en 10 ans (moins 25 %), il reste encore beaucoup à faire pour améliorer les mobilités douces. Se déplacer à vélo, par exemple, reste un exercice périlleux qui freine de nouveaux aspirants cyclistes dans l'utilisation quotidienne du vélo. Le vol demeure également une entrave majeure au développement de la pratique du vélo à Paris. Si notre collectivité souhaite faire de Paris une ville où il fait bon faire du vélo, il nous faut impérativement nous engager en faveur d'une politique ambitieuse de stationnement sécurisé pour les vélos. Il en va bien évidemment de même pour les aménagements cyclables qui doivent aussi se multiplier. Aussi, je dirais que notre politique, notre Ville, si elle a engagé un bon début en matière de vélo, doit impérativement là aussi changer de braquet. Je voudrais rendre hommage également, à travers ce rapport sur le développement durable, au Plan Biodiversité qui a été adopté en novembre 2011 et qui a été impulsé par notre collègue Fabienne GIBOUDEAUX afin de préserver et de renforcer la place de la nature à Paris. Les Parisiennes et les Parisiens peuvent aujourd'hui travailler sur des jardins collectifs et participatifs qui sont créateurs de lien social et qui sont des supports d?éducation à l'environnement. Cette dynamique doit être encore accélérée afin de permettre l?essor d'une agriculture urbaine à Paris, aux multiples bénéfices environnementaux, que cela concerne la gestion des eaux pluviales, l'isolation thermique des bâtiments ou le recyclage des déchets urbains. Au-delà de la végétalisation, le maraîchage sur les toits reste une piste encore largement inexploitée à Paris, alors que nos voisins ont commencé déjà à le développer dans d'autres capitales du monde. Autre moment fort de cette année 2013 : l'aménagement des berges de Seine. Comme nous l'avons dit, la reconquête des berges sur la rive gauche est pour nous, écologistes, une première étape vers la reconquête globale des berges de Seine. Aussi, nous pensons que cet aménagement qui a été réalisé sur les berges rive gauche reste en deçà des possibilités et des exemples que nous ont montrés les autres grandes villes françaises qui ont fait le choix de rendre les rives de leur fleuve à leur population. Les points que je viens d'évoquer ne sont que des exemples d'aspects positifs, mais qui peuvent être améliorés, et j'émets le v?u que ce rapport sur le développement durable puisse devenir source d'ambition et d'inspiration pour Paris et ses habitants pour les six prochaines années à venir. Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Christophe NAJDOVSKI. Je donne la parole à M. Jean-Didier BERTHAULT, cinq minutes.

M. Jean-Didier BERTHAULT. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Tout d'abord, quelques mots à l'attention de Bernard GAUDILLÈRE en sa qualité d'adjoint au Maire de Paris en charge de l?organisation du fonctionnement du Conseil : Monsieur GAUDILLÈRE, je remarque que ce rapport "développement durable" n'a pas été discuté dans le cadre des dossiers prioritaires ce matin, pourtant consacrés au débat d'orientation budgétaire.

C'est tout à fait regrettable, dans la mesure où le rapport "développement durable", c?est un peu les orientations budgétaires environnementales d'une collectivité.

Ceci dit, comme l'année passée d'ailleurs, je suis au regret de vous dire que vous n'en avez pas compris ou en tout cas mal compris l'exercice. Le rapport "développement durable", c'est une obligation légale pour les communes de plus de 50.000 habitants, introduite par la loi Grenelle dans le Code général des Collectivités territoriales, mais cet article précise que le Maire doit présenter un rapport sur la situation en matière de développement durable intéressant le fonctionnement de la collectivité, les politiques qu'elles mènent sur son territoire et les orientations et programmes de nature à en améliorer la situation. Evidemment, dans votre document, nous n'y trouvons aucune analyse critique, aucune marge de progression et surtout aucun élément budgétaire, aucun plan d'investissement pluriannuel ni aucun chiffre. Je m'adresse à nouveau à M. GAUDILLÈRE, cette fois avec sa casquette d?adjoint au Maire chargé du budget et des finances. Vous auriez dû être co-rapporteur de ce document afin de lui donner une importance stratégique. A se demander vraiment quelle est la différence entre un tract politique et ce rapport, dans lequel vous nous racontez à quel point vous avez été formidable et à quel point vous êtes contents de vous. Pardon de vous dire que ce n?est pas ce que nous nous attendons à trouver dans un rapport "développement durable" et ce n'est pas non plus conforme à l'esprit du Grenelle de l'environnement. En réalité, trois enjeux pouvaient être déterminés : - Premièrement, la lutte contre le changement climatique à travers l?investissement dans les énergies renouvelables, - Deuxièmement, la santé environnementale avec la question du diesel, des perturbateurs endocriniens et de la qualité de l'air intérieur, - Troisièmement, la question de l?habitat durable autour des modes de consommation et de la rénovation du bâti. Avec un budget de plus de 8 milliards d'euros, nous aurions pu être une ville modèle, la ville pionnière sur les énergies renouvelables, la ville modèle en matière de santé environnementale ou encore la ville à la pointe en matière de recherche environnementale. Finalement, rien, Paris n'apparaît en avance sur aucun de ces sujets en matière de développement durable. En février dernier, à l'occasion du débat sur l?enlèvement des ordures ménagères, vous êtes même allé jusqu?à voter contre des amendements de notre groupe U.M.P.P.A. qui vous proposaient d'engager la Ville de Paris vers une collecte silencieuse et non polluante grâce à des véhicules hybrides et à une motorisation électrohydraulique pour l'élévation des conteneurs et la compression des déchets. En décembre dernier, au moment de la révision du Plan Climat, vous votiez également contre tous nos v?ux et amendements qui vous proposaient d'y annexer plan d'investissement et budget spécifique. Chaque débat a été l'occasion pour vous de transformer ce sujet consensuel en discussion politicienne. Vous n?avez jamais cherché l'unanimité et, quelque part, vous vous êtes plus qu'éloigné de l'esprit du Grenelle.

Chaque débat montre que nous n'avons pas la même conception du développement durable, car nous assumons le fait qu?une politique municipale environnementale s'inscrit dans une stratégie autour des trois "i" : les investissements, les inventions et les innovations. J'attire votre attention sur le rapport annuel de l?O.N.U. sur le réchauffement climatique qui a été publié dans le cadre de la conférence annuelle sur le climat à Varsovie qui se tient cette semaine. Il conclut que les émissions de gaz à effet de serre atteindront environ 59 milliards de tonnes d'ici à 2020, un milliard de tonnes de plus par rapport aux estimations de l'année dernière. Selon les scientifiques, les pires conséquences pourraient être évitées si le réchauffement était contenu sous les deux degrés, ce qui impliquerait de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 14 % d'ici à 2020. Le secrétaire général de l'O.N.U. a appelé la communauté internationale à accélérer ses investissements financiers dans les technologies, les politiques et les pratiques qui peuvent aider à lutter contre le changement climatique. Si Paris ne peut pas évidemment porter seule la lutte contre les gaz à effet de serre du monde entier, elle doit savoir fidèlement en prendre sa part. J'émets ainsi le v?u que la Ville de Paris, capitale de la France, devienne un modèle en termes de développement durable. Ce sera un enjeu de la prochaine mandature. Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président.- Merci. La parole est à Mme Laurence DOUVIN, pour cinq minutes.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, comme mon collègue Jean-Didier BERTHAULT vient de le démontrer à l'instant, le développement durable sous toutes ses facettes, qui sont multiples, nous concerne au premier chef.

Nous en examinons cette année la troisième édition. C'est un rapport exhaustif. Il se présente comme éclairant les débats sur les orientations budgétaires du budget primitif, mais vouloir traiter dans un seul document de la lutte contre le changement climatique, de la biodiversité, de la cohésion sociale et de la solidarité, des dynamiques de développement et - j'ai gardé le meilleur pour la fin - de "l'épanouissement de tous les êtres humains" s'apparente à une mission impossible, quels que soient les termes du décret de juin 2011. Mission impossible sous peine de tomber dans une longue compilation, ce qui a bien été le cas puisque nous avons à faire effectivement à une compilation qui confine au panégyrique de l'ensemble des actions de la Ville.

Tout d'abord, la consommation d?énergie et de la qualité de l'air, je n?aborderai bien entendu que quelques aspects.

Pour la réduction de la consommation d'énergie, la Ville s'est fixé un objectif ambitieux : réduire de 30 % la consommation énergétique de ses équipements municipaux en 2020 par rapport à 2004. Alors, quelques points à ce sujet, les écoles d'abord. Les travaux dans les écoles se font par tranche, la première tranche de 45 écoles est réalisée depuis août 2012, la seconde de 55 écoles vient d'être faite ; on voit que le rythme est quand même peu soutenu par rapport à l'objectif. Nous avons voté la poursuite du projet de 200 écoles en février 2013, le rapport ne fait pas le point sur cette tranche et n'indique pas non plus celles qui sont encore à venir, car il reste beaucoup à faire. En matière de bâtiments municipaux ensuite, sans aller chercher très loin, mes chers collègues, le bâtiment du 9 place de l'Hôtel-de-Ville est un modèle absolu de non isolation des fenêtres avec les conséquences qui en découlent concernant l'air et donc les dépenses de chauffage et également en matière de non isolation contre le bruit. Nous apprécions certes les expériences innovantes du Louxor ou de la halle Pajol, mais nous soulignons l?insuffisance des efforts concernant le patrimoine des bâtiments municipaux anciens. En ce qui concerne l'amélioration de la qualité de l'air, la présentation de cette amélioration depuis 2001, telle qu'elle est faite, ne peut rester sans commentaire. En effet, elle est attribuée pour une part importante à l'action municipale qui se prévaut des 25 % de la réduction du trafic automobile, du développement des transports en commun, des circulations douces, de la promotion des véhicules électriques et de l'optimisation de la logistique urbaine, du stationnement et de la circulation ; excusez du peu ! Certains propos laissent sans voix. L'optimisation du stationnement et de la circulation ; le stationnement est en pleine crise, 85.000 places de voirie en moins, un nombre sans aucune relation, sans aucune proportion, avec la diminution du nombre de voitures des parisiens. Le manque de places pour les deux-roues motorisés et les vélos est, chaque jour, plus évident ; là aussi, on ne fait pas face au besoin. Parler d'optimisation est un véritable leurre qui ne peut dissimuler qu'aucune ressource nouvelle ne vient compenser le manque de place en surface, puisqu'il y a toujours interdiction absolue de construire des parcs souterrains, à l'exception des deux éternellement cités et longtemps attendus de Batignolles et de Frémicourt. Quant à parler de l'optimisation de la circulation, je vous invite, mes chers collègues, à en discuter de temps en temps avec les chauffeurs de taxi ; ils remettront les pendules à l?heure rapidement, par exemple sur la diminution du nombre de courses effectuées par jour, la baisse de la vitesse moyenne et les conséquences en matière d'encombrement et d'immobilisation dans le trafic des modifications de la voie sur berges rive droite, de la fermeture de la rive gauche ou du nouvel aménagement de la place République, et ce ne sont que des exemples. Dire, ensuite, que la politique municipale est plus efficace en matière de qualité de l'air que les progrès techniques des constructeurs automobiles est assez osé. En 2010, une étude d'AIRPARIF avait attribué la proportion de la politique municipale à 6 % contre 26 % aux progrès techniques. Apparemment, ces réalités doivent être répétées. Enfin, il faut aussi remettre les choses à leur juste place en matière de transport collectif. Certes, la Ville de Paris contribue au budget du S.T.I.F., qui est l'instance décisionnaire, mais même si sa contribution a augmenté, elle n'atteint que 7 %. Je voudrais ajouter, en tant qu?administratrice du S.T.I.F., que je trouve vraiment spécieuse la présentation de la participation de la Ville telle qu'elle est énoncée dans ce rapport. En effet, les trains à deux niveaux sur le RER A, l'automatisation de la ligne 1, le prolongement des lignes 4, 8 et 12, par exemple, sont présentés comme des réalisations dues à la Ville de Paris. Ce sont des décisions du S.T.I.F. et un financement du S.T.I.F., au sein duquel la Région est largement majoritaire.

En matière d'électricité, maintenant, il a fallu attendre 12 ans pour que la question des bornes de recharge soit abordée sérieusement et que des perspectives soient tracées.

En ce qui concerne la flotte municipale, les qualités d'exemplarité dont la Ville aurait dû faire état sont en défaut. Or, tous ces points concourent fortement à la bonne qualité de l'air. Que trouve la Ville à redire ? La Ville trouve à dire que la vitesse moyenne sur le boulevard périphérique est trop élevée. En ce qui concerne les vélos, où la pratique cycliste manque de voies sécurisées, beaucoup a été fait pour Vélib' mais peu en matière de vélos individuels. En ce qui concerne la promotion des véhicules propres de transport de marchandises, la Ville n'est pas assez ambitieuse non plus. Ces quelques réflexions, et je conclus, n?ont pour objectif que de remettre en perspective les données présentées dans ce rapport, en rappelant certaines réalités et en situer les faits dans une progression nécessaire, qui pourrait, à notre sens, être largement stimulée et encouragée. Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme Fabienne GASNIER, 5 minutes.

Mme Fabienne GASNIER. - Merci, Monsieur le Maire. C'est le dernier rapport sur le développement durable que vous présentez ; c?est donc l?occasion de faire un bilan de vos politiques en la matière. Je veux dire que des choses ont été faites en matière d'environnement depuis 12 ans, qu?il y a eu une prise de conscience de l'enjeu que représente le développement durable pour la capitale et pour les Parisiens. Le plan Climat, en 2008, voté à l'unanimité de notre Conseil, en est la parfaite illustration. Cette prise de conscience était indispensable et il faut reconnaître que vous avez été un acteur important. Cependant, une chose me gêne : vous semblez faire comme si vous aviez été tout seul à agir en France et dans le monde, comme si cela n'était pas un mouvement partagé au-delà de Paris. Je vous rappelle qu'en avril 2007, New York lançait un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 30 % par rapport à 2005 d'ici 2030, qu'en juin 2007, Tokyo présentait son "Climate Change Strategy" pour 2025. Paris, et c'est tout à son honneur, s?inscrit dans cette logique, mais résistez, Monsieur le Maire, à la prétention de jouer le rôle décalé du chevalier blanc en la matière. Vous oubliez également un peu facilement le Grenelle de l'environnement, mené par Jean-Louis BORLOO et Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, qui a été un tournant dans la prise en compte nationale des enjeux que représente le réchauffement climatique. Au-delà de l'esprit de consensus et de responsabilité qui l'a animé, c'est d'abord lui qui vous a doté de nouveaux outils opérationnels. Il y a, dans cette autosatisfaction, quelque chose du syndrome du coq Chantecler, le coq d'Edmond Rostand, qui parce qu'il chante chaque jour au petit matin, croit que c'est lui qui fait lever le soleil. A travers le plan Climat, vous vous êtes fixé des objectifs très ambitieux, mais il apparaît depuis plusieurs années que nous sommes loin, très loin, de les atteindre. Pour le moment, le bilan est bien modeste : une baisse de 2 % des émissions de gaz à effet de serre. Je vous rappelle que l'objectif est de moins 25 % en 2025. On voit clairement que la Ville n'est pas sur le bon rythme. Et je ne parle pas du plan 100.000 immeubles, censé rénover l'ensemble du bâti parisien à l'échelle 2050 pour le parc privé, parc social et tertiaire, qui semble oublié dans votre rapport. Pourquoi ce manque d'efficacité ? Peut-être parce que la politique de la multiplication des chartes montre ses limites, parce qu'elle privilégie davantage la communication que l'opérationnel, parce que les dispositifs mis en place ne s'avèrent pas adaptés. Prenons deux exemples. Tout d'abord, l'Agence parisienne du climat. Elle a mis beaucoup de temps à se mettre en place, ce guichet unique, en contact direct avec les Parisiens et les professionnels, devait être un instrument essentiel dans le processus de la rénovation énergétique. Pourtant, quel résultat ? Des évaluations de précarité énergétique pour, finalement, 130 ménages. Vous pouvez vous féliciter que c'est plus qu'en 2011, mais vous devez reconnaître que la Ville n'est pas sur le bon tempo pour atteindre ses objectifs. D'ailleurs, l'année dernière, M. MANO lui-même, il me semble, estimait que l'Agence parisienne du climat ne fonctionnait pas bien. Pour améliorer ses performances, elle doit devenir plus visible auprès du public, recentrer son activité comme interlocuteur conseil auprès des Parisiens et des professionnels. Signer une charte avec la Fédération du bâtiment n'a pas d'impact si l'outil opérationnel ne fonctionne pas. Autre sujet majeur de préoccupation, le dispositif "Copropriétés : Objectif Climat !" ; là aussi, il existe un gros problème d'efficacité, le bilan est minuscule au regard des enjeux et le plus préoccupant est que depuis 2008, il ne s'améliore pas. Fin 2012, 119 audits énergétiques subventionnés pour seulement 24 copropriétés qui ont réalisé les travaux ; c'est décidément très peu. Vous devez vous interroger sur le très faible nombre de Parisiens qui s'intéressent aux dispositifs de la Ville et à l'infime nombre qui décide, finalement, d'en profiter. Plutôt que de multiplier les chartes sur tous les sujets sans qu?elles n'aient aucune portée, plutôt que d?empiler les observatoires, plutôt que de s'éparpiller dans des mesures symboliques utiles comme dans les éoliennes à Paris, la Ville va désormais devoir se focaliser sur quelques priorités, dont la première doit être la performance énergétique des logements. Pour cela, il faudra s?atteler à une vraie simplification, une meilleure visibilité des dispositifs et un véritable accompagnement ; c?est ce qu'attendent les Parisiens qui s'y sont complètement perdus dans toutes ces complexités. Un dernier sujet, puisque l'on est à l'heure du bilan, est l'exemplarité de la Ville. Où est l?exemplarité de la Ville quand, sur les 2.747 véhicules de la flotte municipale, seulement 4 % roulent en hybride ou en électrique, où est l'exemplarité de la Ville quand sur les 241 bennes à ordures qui dépendent de la Ville, 30 % roulent au diesel, quand le privé est beaucoup plus vertueux avec 92 % de véhicules propres ? Les premières mesures que la nouvelle majorité devra prendre seront de remédier à cette anomalie que ne comprennent pas les Parisiens. Pour être convaincant, plutôt que de donner des leçons, il faut d'abord montrer l'exemple ! Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Très bien. La parole, pour répondre à tout le monde, est à M. René DUTREY.

M. René DUTREY, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Je crois qu'en matière de politique environnementale et de développement durable, les élus de ce Conseil sont particulièrement tenus au courant. Vous avez remarqué qu?au mois de juin, vous est présenté le rapport environnemental, aujourd'hui, c'est le rapport développement durable, suivra le bleu climat au mois de décembre, et c'est peut être cette surinformation sur la politique, ce que vous considérez comme une surinformation sur la politique que nous menons, qui peut vous donner l'impression que cela pourrait être de l'autosatisfaction. Loin de là, beaucoup de chemin reste à parcourir, nous en sommes bien conscients. Effectivement, cet exercice du rapport de développement durable vise à éclairer les décisions budgétaires qui vont être prises au mois de décembre. Au mois de décembre, nous sera présenté un bleu climat ; pour répondre en partie à M. BERTHAULT, dans ce bleu climat figurera l'ensemble des sommes et des implications budgétaires qu'entraîne notre politique sur les différentes Directions de la Ville. Alors, effectivement, ce rapport est extrêmement riche et ne se limite pas uniquement à description de la partie environnementale de notre politique. Je ne saurais vous rappeler que le développement durable a trois piliers : un pilier environnemental, un pilier social et un pilier économique. Et c?est bien ces trois piliers qui seront traités conjointement dans ce rapport environnemental. Ce rapport environnemental d?ailleurs déborde largement ma simple délégation puisqu?il ne vous a pas échappé qu?une grande partie de ce rapport concerne Fabienne GIBOUDEAUX, pour toute la partie qui concerne la biodiversité, que la partie consommation responsable concerne également l?adjoint à la propreté, Mao PENINOU. En fait, on retrouve des actions d?énormément de directions dans ce rapport "Développement durable". Encore une fois, cette politique que nous menons n?est pas une option environnementale que nous raccrochons à la politique générale de la Ville mais elle irrigue bien l?ensemble de nos politiques. Alors, vous êtes longuement revenus sur le Plan Climat et l?année 2012 a été effectivement le moment de l?actualisation du Plan Climat. M. BERTHAULT disait : vous n?avez pas cherché l?unanimité. Si, nous avons cherché l?unanimité. La preuve : ce Plan Climat a été voté la première fois et actualisé à chaque fois à l?unanimité. Donc c?est bien que nous avons, à un moment ou à un autre, recherché l?unanimité. Ces objectifs sont effectivement très ambitieux et nous en sommes bien conscients. Le chemin qui reste à parcourir reste important, mais pour répondre cette fois-ci à Mme DOUVIN qui avançait seulement moins de 2 % de gaz à effet de serre, cela se base sur la période 2004-2009. Vous imaginez les difficultés que nous pouvons avoir à réaliser un bilan des gaz à effet de serre sur l?ensemble des actions de la Ville de Paris. En 2004-2009, alors que le Plan Climat était en cours de vote, puisqu?il a été voté en 2007, nous baissions de 2 %. Je peux vous affirmer aujourd?hui que nous sommes sur la bonne pente avec moins 2 % de gaz à effet de serre dans ce bilan, moins 5 % de consommation énergétique, et surtout nous sommes passés de 10 à 21 % d?énergies renouvelables.

Et vraiment, ce Plan Climat, pour avoir comparé - nous accueillions récemment, lors des Journées parisiennes du climat et de l?énergie, les experts du G.I.E.C. qui sont venus présenter le rapport dans nos locaux à l?Hôtel de Ville - ce Plan Climat et les actions mises en place par rapport à d?autres villes aujourd?hui en France et même en Europe, je peux vous dire que notre Plan Climat est particulièrement avant-gardiste.

C?est d?autant plus important car, pour changer d?échelle, quand on voit l?absence de gouvernance mondiale sur le climat, quand on voit l?échec répété de ces différentes conférences climatiques, les collectivités ont un rôle énorme à jouer et elles le jouent d?ailleurs. Même dans des pays que l?on peut considérer comme assez hostiles aux politiques de lutte contre les gaz à effet de serre, je pense par exemple aux Etats-Unis ou à la Chine, de nombreuses collectivités, des petites villes chinoises de 6 à 8 millions d?habitants ont également voté des Plans Climat, se sont engagées dans des actions innovantes et importantes, font du lobbiyng au niveau international pour faire avancer la lutte contre le réchauffement climatique. Alors je risque d?être un peu épars tant le nombre de sujets abordés a été divers.

Sur la partie des écoles, Mme DOUVIN a abordé le sujet de la rénovation thermique des écoles. Il y a effectivement 600 écoles qui sont aujourd?hui prévues à la rénovation thermique. Nous avons une tranche de 100 qui vient de se terminer, une tranche de 200 est en cours de lancement. C?est le programme de rénovation thermique le plus important sur le territoire français aujourd'hui de bâtiments publics. Effectivement, 600 écoles, on aurait pu dire qu?on allait les traiter en un an, mais cela aurait été quand même techniquement extrêmement compliqué. Réaliser le lancement de la rénovation thermique de 300 écoles dans le cadre de la mandature, cela m?apparaît quand même une très bonne chose, en tout cas un rythme particulièrement rapide. En matière d?habitat, même si je peux tout à fait vous rejoindre sur les qualités thermiques du bâtiment 9, place de l?Hôtel de Ville pour y avoir passé de longs moments, il y a certainement quelque chose à faire et nous allons regarder spécifiquement sur ce bâtiment, mais on peut tout de même constater qu?à Paris aujourd?hui, toute construction neuve respecte le 100 kWh/mètre carré annuel.

Cela peut paraître comme anodin, mais il y a encore six ou huit ans, c?était absolument inimaginable que l?on arrive premièrement à avoir l?expertise en interne pour pouvoir passer à cet objectif et surtout avoir le réseau d?entreprises capables de construire en respectant ces conditions. Donc je dirais qu?un gros travail a été réalisé.

Sur l?intervention de Mme GASNIER, intervention d?ailleurs très équilibrée sauf concernant l?Agence parisienne du climat, je crois que cela tourne un peu à l?A.P.C bashing - il n?y a plus un Conseil de Paris sans que l?on recentre l?action de l?Agence parisienne du climat.

Premièrement, je ne saurais vous conseiller de venir à l?Agence parisienne du climat et la visiter pour comprendre son action et réellement ce qu?elle met en ?uvre aujourd?hui. Il y a effectivement une partie conseil au grand public, qui était la partie reprise aux espaces Info Energie, partie qui fonctionne aujourd?hui tout à fait correctement. Mais après, force est de constater, effectivement on parlait de précarité énergétique, quand on a une cible à Paris de 55.000 précaires énergétiques et l?Agence parisienne du climat a entre 25 et 30 salariés, il est évident que l?on ne peut pas organiser des visites et des préconisations sur ces 55.000 personnes ciblées.

Donc qu?a fait l?Agence parisienne du climat ? Effectivement, elle a fait un certain nombre de visites, avec son personnel, qui devait être au nombre de 200, 250 ou 300 les deux dernières années cumulées, mais elle a également formé les assistantes sociales, les personnels dans les associations sur ce sujet de la précarité énergétique. Nous cherchons à l?Agence parisienne du climat des leviers pour pouvoir démultiplier notre action, en étant tout à fait conscients que nous ne pourrons pas, nous seuls, accompagner tous les précaires énergétiques de Paris.

La précarité énergétique est un sujet complexe, car c?est un sujet qui pour être traité ne peut l?être que de façon transversale, avec une intervention sur le bâti, une intervention sur la solvabilisation des personnes et une intervention sur les usages de ces personnes. Le fait que cette politique, pour être efficace, doit être transversale, nous demande d?inventer d?autres pratiques et vraiment une vraie coexistence et synchronisation des interventions pour être réellement efficaces. C?est cela que l?A.P.C. fait aujourd?hui : elle forme des personnes pour qu?on ne soit pas seulement en train de solvabiliser une famille qui rencontre des problèmes de paiement dans ses factures d?énergie, sans être sûrs que l?on ne va pas les laisser dans une passoire thermique, ce qui est un puits sans fond et ce qui demanderait une nouvelle solvabilisation à chaque reprise.

Voilà sur cette partie précarité énergétique.

Sur la partie rénovation de l?habitat et des copropriétés, je dirais que c?est le même problème : l?Agence parisienne du climat ne peut accompagner aujourd?hui 100.000 copropriétés ; par contre, la Ville a développé tous les outils. Quand on sait que l?O.P.A.T.B. 13e, ce sont 13.000 logements qui ont réalisé un audit énergétique, ce n?est pas un petit chiffre et cela représente entre 150 et 160 copropriétés sur le 13e arrondissement. L?O.P.A.H.2D2E à République obtiendra certainement des résultats aussi importants.

Surtout, toujours dans cette logique d?utiliser des leviers pour démultiplier l?action de l?Agence parisienne du climat, c?est la sortie de la plateforme Internet Coach Copro, qui vise à accompagner concrètement les copropriétés dans leurs travaux de rénovation thermique. C?est une plateforme qui a été réalisée conjointement avec l?ADEME car l?objectif est de développer cette plateforme sur l?ensemble du territoire, Paris n?étant aujourd?hui qu?un test.

Cette logique de Coach Copro - je vous invite vraiment à aller voir ce logiciel d?accompagnement qui rend simple un sujet d?une grande complexité, en tout cas pour les utilisateurs - suit toujours ce même objectif : démultiplier notre action pour pouvoir toucher un maximum de copropriétés avec les moyens que nous avons.

Je le répète : venez à l?Agence parisienne du climat. Là, je vous ai parlé de l?activité de conseil au public, de l?activité accompagnement, il y a toute une activité prospective avec 92 adhérents du secteur privé et des ateliers prospectifs où s?élaborent les solutions innovantes de demain et les politiques de demain. Ces ateliers sont réguliers, venez jeter un coup d??il à l?Agence parisienne du climat.

Sur la qualité de l?air - je suis sûr que la manifestation de dehors est une manifestation d?automobilistes voulant une meilleure qualité de l?air à Paris ! - je dirais aujourd'hui que la Ville de Paris, pour vraiment se référer clairement à la communication sur l?air donnée par le Maire de Paris en novembre 2012, nous avons fait tout ce que nous avions dit que nous allions faire. Que ce soit en termes de reconquête de l?espace public, de prolongement du tramway, de l?installation des bornes de recharge électrique, les chartes marchandises sur les cinq derniers kilomètres, la dédielisation du parc des automobiles municipal, nous avons tout fait. Effectivement cette politique menée depuis 2001 a eu des effets. Pourquoi la pollution a baissé ? L?Etat ancien, l?Etat sous la droite, et j?ose le dire aujourd?hui l?Etat sous la gauche traîne un peu des pieds par rapport à toutes les demandes que nous avons pu faire d?interventions sur le rééquilibrage de la fiscalité diesel, sur le 70 km/heure sur le périphérique. Il y a énormément de demandes portées par la Ville de Paris qui pour l?instant prennent du temps à être décidées par l?Etat. Mais si la pollution a baissé à Paris, c?est bien pour une raison et la raison est la politique que nous avons menée. S?il vous plaît, ne disons pas encore une fois que c?est l?évolution du parc automobile et des véhicules neufs qui a entrainé une baisse de la pollution. Ce n?est pas le cas, c?est bien parce que depuis 2001 nous avons appuyé sur tous les leviers que la pollution s?est améliorée aujourd'hui, une amélioration qui n?est pas suffisante en termes de santé publique. Nous sommes encore sous le joug du risque d?une condamnation par la Communauté européenne sur ce problème de qualité de l'air. N'importe quel Parisien se rend compte aujourd'hui qu'il y a un problème en matière de qualité de l'air. J'avais encore d'autres sujets à aborder. Après, bien sûr, c?est le dernier rapport développement durable, j?ai envie de dire, et Bernard GAUDILLÈRE a fini son intervention comme cela : c?est à la campagne électorale et aux Parisiens de décider par leur vote, prochainement, si cette politique a été bonne ou pas. Mais juste pour faire un petit clin d??il en matière de transports, vraiment, à Paris, le ticket de métro coûte 1,70 euro - c'est important de le rappeler -, il y a des bus après 21 heures à Paris - c?est quelque chose de très important à rappeler. J'ai vérifié : à Longjumeau aussi il y a des bus après 21 heures. C?est une information dont je voulais vous donner la primeur : on peut voyager à Longjumeau jusqu'à 1 heure du matin sans aucun problème. Les lignes 199 et 297 vous permettent de venir à Paris ou de repartir. Voilà, nous allons prochainement élire le maire de la nuit. Je souhaite que le prochain maire ne soit pas un maire ou une maire bonnet de nuit ! Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci pour toutes ces informations concernant les horaires. Elles seront affichées quelque part, je suppose. C'est une communication. Il n'y a pas de vote.