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Novembre 2013
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2013 DDEEES 122 G - Subvention (400.000 euros) et avenant à la convention pluriannuelle avec l'association "Ecole de la 2e chance de Paris" (20e).

Débat/ Conseil général/ Novembre 2013


 

Mme Olga TROSTIANSKY, présidente. - A présent, nous examinons le projet de délibération DDEEES 122 G relatif à l'association "Ecole de la 2e chance de Paris", dans le 20e arrondissement. La parole est à Mme Valérie SACHS, pour 5 minutes.

Mme Valérie SACHS. - Merci, Madame le Président.

Mes chers collègues, se réunit aujourd'hui à Paris le second rendez-vous des dirigeants européens sur le chômage des jeunes.

Les indicateurs semblent s'améliorer légèrement, même si l'emploi des jeunes européens reste une réelle préoccupation. 7,5 millions de jeunes européens sans emploi ou formation, cela représente un coût économique exorbitant, que la Fondation européenne pour les conditions de vie et de travail évalue à 150 milliards d'euros par an de perte annuelle pour l'Union européenne.

Le problème de l'emploi des jeunes européens comme des jeunes français est très spécifique, à forte composante structurelle, et la solution ne repose pas sur la seule reprise de la croissance pour le résoudre.

De toute façon, ce type de politique relève, pour l?heure, du ressort exclusif des Etats, même si les fonds européens viendront renforcer les outils nationaux.

Or, le constat est que les emplois aidés, d'avenir, de génération, quels qu'ils soient, ne répondent que très partiellement aux besoins des jeunes et ne sont jamais suffisamment orientés vers le secteur privé.

Paris s'est néanmoins positionnée comme la première collectivité employeuse de contrats aidés. Ils sont 1.400 contrats aidés, 300 emplois d'avenir et 650 apprentis. Or, selon nous, il conviendrait de mettre progressivement un terme aux programmes subventionnés, dispositifs qui ont tous montré leur inefficacité à réinsérer durablement les jeunes sur le marché de l'emploi. Nous sommes de ceux qui pensent que ces mesures nuisent aux chances d'insertion stable, car les qualifications acquises sont trop faibles et ne correspondent pas forcément aux attentes du marché du travail. Nous pensons, finalement, que ces emplois ont un effet stigmatisant et créent une sorte de double trappe à exclusion. C'est pourquoi nous avons toujours soutenu les initiatives parisiennes sur l'accompagnement et la formation intensive des jeunes décrocheurs, et particulièrement le dispositif de l'Ecole de la 2e chance, notamment dans le cadre de la M.I.E. ad hoc. L?Ecole de la 2e chance offre la possibilité d'un vrai retour à la qualification et à l'emploi, elle s'adresse à des jeune âgés de plus de 18 ans, sortis du système scolaire depuis plus de deux ans, sans diplôme ni qualification, et plus particulièrement à ceux issus des quartiers "politique de la ville". Le taux de sorties positives atteint 66,5 % en 2012, ce qui est une réussite. Le Gouvernement expérimente depuis le 2 octobre une "garantie jeunes", proposant un accompagnement renforcé vers l'emploi, avec une allocation d?un montant équivalent au Revenu de solidarité active pendant les périodes sans emploi ni formation, versée, dans un premier temps, à 10 000 jeunes sélectionnés dans 10 territoires pilotes, mais dont Paris a été exclue. Aussi, au nom du groupe U.D.I., nous proposons, pour Paris 2014, que tout jeune non qualifié au chômage depuis trois mois soit dans l'obligation de suivre une formation qualifiante d'une année et demie minimum, en contrepartie, par exemple, de l'accès à l'allocation jeunes de la Mairie de Paris. En attendant, nous voterons pour ce projet de délibération. Je vous remercie.

Mme Olga TROSTIANSKY, présidente. - Merci, Madame SACHS. Pour répondre, la parole est à Mme Pauline VÉRON.

Mme Pauline VÉRON. - Merci, Madame la Présidente.

Madame SACHS, je ne partage pas votre point de vue sur les contrats aidés, notamment pour les jeunes.

Le constat est que ces contrats aidés, bien sûr, sont accompagnés d'une formation professionnelle, et qu'en conséquence, lorsqu'ils sortent de ces contrats aidés, notamment, par exemple, on voit depuis quelques mois les emplois d'avenir, ces jeunes sont beaucoup plus à même de retrouver un emploi sur le marché du travail que lorsqu'ils n'ont pas pu bénéficier de ces emplois aidés. Ce sont des dispositifs qui fonctionnent.

J'ai organisé, en octobre, pour la deuxième année consécutive, une journée "passerelle pour l'emploi", qui est une journée qui met en relation des jeunes qui sont employés en contrats aidés, de différents types d'entreprises, notamment entreprises d'insertion, qui rencontrent des entreprises dites "classiques", pour pouvoir, justement, permettre à ces jeunes de pouvoir basculer sur un emploi classique ; c'est un peu la difficulté, parfois, ce n'est pas de trouver un emploi aidé avec une formation ad hoc dans des entreprises qui ont des compétences pour cela, mais, ensuite, de permettre à ces jeunes de pouvoir rentrer dans le marché du travail dit "plus classique".

C'est pourquoi j'ai organisé ces deux rencontres, au cours desquelles plusieurs centaines de jeunes ont trouvé un emploi durable, après avoir passé quelques mois sur des contrats aidés.

Preuve s?il en est, à travers ce type d'événement, que ces jeunes, à travers les contrats aidés, trouvent ensuite un emploi, parce que, justement, ils ont eu une formation sur leur lieu de travail. Concernant l'Ecole de la 2e chance, effectivement, c'est un autre dispositif que les contrats aidés, en direction des jeunes, notamment ceux qui sont âgés de 18 à 25 ans et qui souhaitent reprendre une formation pour réacquérir des connaissances de base, que ce soit en mathématiques, en français, en informatique ou en connaissances générales, mais aussi en formalisant un projet professionnel, et, pour cela, ils bénéficient d'une succession de stages dans différentes entreprises qui leur permet de, progressivement, découvrir des métiers et confirmer leur projet professionnel. Ce qui est important, c'est de proposer différents dispositifs, suivant l'endroit où les jeunes se sont arrêtés dans leur formation, que ce soit un arrêt très tôt dans la formation dès l'école, par exemple, on sait que beaucoup de jeunes décrochent dès le collège ou dès le lycée ; l'Ecole de la 2e chance leur permet d'avoir une deuxième chance de réacquérir des connaissances et de, ensuite, rentrer sur le marché du travail, et, par ailleurs, il y a un certain nombre de dispositifs en direction des jeunes, que ce soient des contrats aidés ou des emplois d'avenir, pour leur permettre de rentrer dans le monde du travail tout en recevant une formation. C'est pourquoi je pense que l'ensemble de ces dispositifs est pertinent et fait ses preuves aujourd'hui sur le territoire de Paris. Je vous remercie.

Mme Olga TROSTIANSKY, présidente. - Merci, Madame VÉRON. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEEES 122 G. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2013, DDEEES 122 G). Je vous remercie.