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Novembre 2010
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2010, DASES 33 G - Signature d'une convention avec l'association "Centre Français de Protection de l'Enfance-Etablissements", pour l'attribution d'une subvention pour le fonctionnement de son service CAP Alésia. Montant : 221.788 euros dont 43.747 euros de participation exceptionnelle. Fixation et versement du solde 2009 pour un montant de 14.920,44 euros.

Débat/ Conseil général/ Novembre 2010


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DASES 33 G, qui concerne le service CAP Alésia, et sur lequel est inscrite Mme Odette CHRISTIENNE.

Vous avez la parole, Madame.

Mme Odette CHRISTIENNE. - Merci, Madame la Présidente.

Il est des souffrances inhérentes à la vie en communauté et aussi anciennes que les groupes humains constitués.

Pascal COMBEMALE, professeur de sociologie, aime à dire : "la société, c'est la violence", constat qui interroge chacun d'entre nous.

Aujourd'hui, au-delà des pensées abstraites, il s'agit de délibérer sur un projet bien concret présenté au nom de la 6e Commission par l?adjointe au Maire en charge de la protection de l?enfance.

Oui, il s'agit de soutenir les acteurs de la lutte au quotidien contre toutes les formes de violences psychologiques, physiques ou sexuelles que subissent certains enfants, parfois même au sein de leur famille.

On connaît l'action globale du Centre français de protection de l'enfance, association humanitaire qui organise le parrainage d'enfants aux niveaux local et international afin de les sortir de leurs difficultés familiales, éducatives, sociales et économiques.

Cette association, créée en 1947, s'inscrivait d'ailleurs dans le sillage du programme du Conseil national de la résistance et de son idéal humaniste. Mais on sait moins que, dès 1984, il a créé le CAP Alésia, dont les membres agissent de façon efficace car ils sont portés par la conviction d??uvrer à des choses essentielles au sein de notre ville et au-delà.

Ils apportent une aide psychologique à ces enfants victimes de violences ou perturbés par les divorces ou par les troubles psychiatriques de leurs parents.

Cela impose d'ailleurs que l'on se préoccupe à la fois des acteurs de la violence, des victimes, et même quand on tente d'apporter une aide, à des témoins qui ont le souci d'agir.

L'entreprise est difficile, énorme. Il faut identifier les malaises même si les souffrances ne sont pas manifestes ; il faut faire prendre conscience aux parents, à l'entourage, par exemple que les blessures psychologiques minimes mais répétées qui leur paraissent négligeables peuvent entraîner des conséquences désastreuses pour la vie des enfants.

Bien sûr, on doit être vigilant pour déceler sans se tromper les violences physiques. Il est révoltant de voir encore des enfants mourir sous les coups et aussi déceler les agressions sexuelles encore trop souvent cachées.

Puis il faut porter remède et même parfois déculpabiliser les parents désemparés qui sont auteurs de certaines maltraitances. La nécessité des centres tel le C.F.P.E. et CAP Alésia est criante.

Et pourtant, on assiste en ce domaine à un véritable désengagement de l'État. On en veut pour preuve qu'a été supprimée en 2009 la subvention de l'État au Centre français de protection de l'enfance qui avait mis en place le Centre de traitement des troubles de la parentalité dès le début des années 1980.

Le rôle de CAP Alésia est bien défini dans le projet de délibération qui met en évidence la place des consultations individuelles et familiales, et à côté du rôle de spécialistes et aussi des juges des enfants - dont on a trop tendance à ne voir que l'aspect répressif -, l'action des bénévoles pour l'accompagnement des familles, car nous savons que l'efficacité des remèdes apportés, des consultations thérapeutiques dépendent de la qualité diversifiée de l'écoute, des dialogues, des suivis attentifs et pluralistes.

Dès lors, le C.F.P.E.-Etablissements sollicite le maintien d'un financement renforcé de la part du Département de Paris pour être en mesure d'offrir une réponse aux demandes d'intervention croissantes.

Le service CAP Alésia constitue également un partenaire précieux en termes de prévention. Il convient donc de soutenir la pérennité de ce service et de suivre en ses conclusions la proposition de la 6e Commission portée par Mme Olga TROSTIANSKY.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à Mme Olga TROSTIANSKY.

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente, au lieu et place de Mme Myriam EL KHOMRI, au nom de la 6e Commission. - Madame la Présidente, CAP Alésia est effectivement un dispositif de prévention complémentaire aux actions de l'Aide sociale à l'enfance très apprécié et très utilisé par les travailleurs sociaux.

Paris soutient ainsi une série d'offres d?écoute, d'appui, d'orientation, d'information, d'accompagnement et de médiation qui sont essentielles pour favoriser la consolidation, le maintien ou la restauration des relations parents-enfants.

Je voudrais déplorer, comme Mme Odette CHRISTIENNE, un contexte particulièrement inquiétant de désengagement de l'État sur ce secteur : la protection judiciaire de la jeunesse, l?Éducation nationale, la santé, et particulièrement la psychiatrie, mais aussi le Fonds national de financement de la protection de l?enfance, qui est doté d'un montant dérisoire, ou encore la suppression programmée du défenseur des enfants.

Une telle politique a un coût très lourd pour la collectivité car un jeune mal pris en charge aujourd'hui et demain peut être un adulte en souffrance. Paris considère au contraire que tous les enfants et les jeunes méritent des chances égales pour construire leur parcours de vie et s'intégrer dans la société.

En outre, en raison de la crise économique, les besoins d'intervention sociale et éducative sont croissants. Ils touchent particulièrement les familles précaires cumulant souvent les difficultés liées à l'éducation, la scolarité, l'insertion, le logement, l?errance, la santé, et les familles monoparentales, que nous avons évoquées tout à l'heure.

Avec un budget en augmentation de 45 % depuis 2001 touchant plus de 26.000 enfants en difficulté et leur famille, Paris a choisi de privilégier une politique innovante et dynamique de prévention et de protection de l'enfance.

Grâce à une palette de mesures diversifiées et individualisées, le Département propose un accompagnement social et éducatif de zéro à 25 ans prenant en compte toutes les problématiques de la vie quotidienne dans lesquelles le soutien aux familles tient une place prépondérante avec le souci croissant d'implication des pères.

Je crois que ce projet de délibération en est une bonne illustration et je vous invite donc à le voter.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 33 G.

Qui est favorable ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2010, DASES 33 G).