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Mars 2005
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Conseil Général
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2005, DASES 30 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer les conventions fixant la participation du Département de Paris au fonctionnement des centres d’accueil de jour pour personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées.

Débat/ Conseil général/ Mars 2005


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DASES 30 G relatif au fonctionnement des centres d?accueil de jour pour personnes âgées atteintes de la maladie d?Alzheimer et des maladies apparentées.

M. Olivier PAGÈS a la parole.

M. Olivier PAGÈS. - Merci, Madame la Présidente.

Si j?interviens sur ce projet de délibération, c?est en premier lieu pour me féliciter de l?ouverture prochaine au public de ces six, voire huit centres d?accueil de jour d?ici à la fin de l?année, et rappeler à quel point la Ville de Paris a eu une heureuse initiative en mettant en place une aide extralégale qui permet de réduire considérablement la participation financière des personnes âgées fréquentant les accueils de jour à Paris.

Mais je tiens aussi à souligner que, malgré les efforts fournis par la Ville dont ce projet de délibération témoigne, il nous reste beaucoup à faire. Les centres d?accueil de jour demeurent très insuffisants en nombre. Je vous rappelle qu?on estime à 20.000 le nombre de Parisiens âgés atteints de la maladie d?Alzheimer ou d?une maladie apparentée, estimation basse je précise. Près des trois-quarts des personnes malades vivent à domicile, même à un stade évolué de la maladie, grâce en grande partie au soutien de leur famille et de leurs proches. On est loin d?assurer à tous ces malades et à leurs familles la possibilité de recourir à cette aide, pourtant essentielle, qu?est l?accueil de jour.

Il reste beaucoup à faire également au niveau de l?accueil des personnes âgées désorientées, dans les établissements parisiens. Je rappelle là encore le chiffre : plus de la moitié de la population actuellement accueillie en E.H.P.A.D. souffre de maladies démentielles. A ce titre, je souhaiterais savoir où nous en sommes par rapport à l?objectif des 500 places qui doivent leur être dédiées dans le cadre du plan de modernisation des résidences santé du C.A.S.-V.P.

Enfin, j?insisterais sur la nécessité de la formation des personnels tant de ceux qui s?occupent et ?uvrent au domicile qu?en établissement. S?occuper au mieux des personnes désorientées nécessite, en effet, à la fois une connaissance de la maladie et de ses symptômes et l?acquisition de pratiques et de gestes d?accompagnement spécifiques. La formation devrait donc être plus largement développée qu?elle ne l?est à l?heure actuelle.

C?est aujourd?hui une responsabilité collective. Aussi, familles, proches, élus, médecins de ville? doivent répondre avec volontarisme et dignité aux problèmes du vieillissement de la société et du grand âge.

Je vous remercie de votre attention.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Madame Françoise FORETTE, vous avez la parole.

Mme Françoise FORETTE. - Madame la Présidente, je voulais simplement confirmer tout ce que vient de dire M. PAGÈS, je suis en accord avec lui sur le nombre insuffisant, pour le moment, d?accueil de jour et sur la gravité de ce problème de la maladie d?Alzheimer en France. La circulaire Alzheimer va être publiée très bientôt, et j?espère que le Département de Paris pourra s?associer à toutes les nouvelles mesures qui sont prises, non seulement les accueils de jour mais aussi les centres de ressources et de mémoire, et les consultations de mémoire qui devraient être plus nombreuses à Paris puisqu?on est probablement un des départements qui porte le diagnostic le plus tard et de façon totalement insuffisante.

Je viens de parler avec Mme l?Adjointe au Maire pour lui dire que le décret sur les petites unités de vie est paru et qu?il était de ma compréhension que normalement, les accueils de jour devaient pouvoir bénéficier des mesures prises pour les petites unités de vie. Mme l?Adjointe au Maire me dit que non. Je me propose de vérifier ce point, parce que je pense qu?associer ces nouvelles mesures à ces subventions, que je salue, du Département de Paris, si nous pouvions bénéficier aussi des mesures prises dans le cadre des petites unités de vie, ce serait probablement un confort supplémentaire pour les patients atteints de maladie d?Alzheimer.

Je vais donc vérifier cela, mais je crois que vous avez déjà fait une vérification.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je donne la parole à Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL.

Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, au nom de la 6e Commission. - Merci, Madame la Présidente.

Mes chers collègues, j?ai d?abord envie de vous remercier d?être intervenus, Monsieur PAGÈS et Madame FORETTE, sur ce sujet dont malheureusement on ne parle pas assez, y compris si on veut rompre le tabou. Toutes les enquêtes à Paris nous disent qu?entre 10.000 ou 20.000 personnes sont atteintes de cette maladie. C?est toujours difficile à chiffrer parce que nous savons que les familles vivent dans une telle culpabilité, dans une telle souffrance qu?elles n?osent pas dire qu?un de leurs parents est peut-être atteint d?une de ces maladies dites ?désorientées? et, pire encore, cela nous empêche d?agir en termes de prévention.

Ce non-dit, ce tabou nous amène parfois à ne pas pouvoir prendre en charge au début l?affection, alors que l?on pourrait faire mieux si nous en avions connaissance. Un point positif, par rapport au plan développé par M. DOUSTE-BLAZY, c?est le fait que cette maladie soit enfin reconnue comme affection de longue durée.

Point négatif à mon sens, je citerai juste quelques chiffres et sans critique aucune : 105 millions sur la Caisse nationale de solidarité à l?autonomie (C.N.S.A.) sur la maladie d?Alzheimer, 88 millions au mois de septembre, cela fait 212 millions pour la France, 800.000 personnes aujourd?hui connues, peut-être plus, or l?A.P.A. c?est 92 millions à Paris. Je continue à penser que l?effort de solidarité nationale pour cette maladie doit aller au-delà de tout ce qui est fait aujourd?hui.

Monsieur PAGÈS, comme vous l?avez souligné, nous avons créé une aide extralégale, et nous sommes le seul Département en France. Pourquoi ? Parce que, quand on a quelques heures d?A.P.A. à domicile pour se laver, pour s?habiller, pour faire sa toilette, pour repasser un peu, on ne peut pas se payer un centre d?accueil de jour. Au niveau de la loi, cela n?existait pas malheureusement. C?est un peu mon combat si je prends ma casquette de parlementaire ; je souhaiterais que l?aide sociale légale, qui existe pour l?hébergement de nuit, puisse exister de jour.

Pour le moment, nous avons donc créé cette aide extralégale qui nous amène à 540.000 euros par an. Nous participons financièrement pour les personnes les plus démunies de manière qu?elles puissent être dans ces centres.

Dernier point, il y avait une structure à Paris il y a 3 ans, il y en a trois de plus aujourd?hui, quatre ou cinq ouvrent cette année ; je reconnais que cela ne suffit pas. Je redemande aux maires d?arrondissement qui sont parfois les mieux placés de nous aider à trouver des locaux d?une superficie de 250 mètres carrés pour continuer à en créer parce que je pense que c?est un vrai besoin. J?ai 6,2 millions d?investissement, j?ai les fonds d?in-vestissement. Il y a l?aide extralégale pour payer le fonctionnement. Si tout le monde s?y met, on y arrivera ensemble.

Merci.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 30 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2005, DASES 30 G).