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Mars 2004
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36 - Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif aux moyens de supprimer les métaux lourds des eaux de ruissellement provenant des bâtiments publics parisiens

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2004


M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons maintenant au v?u référencé n° 14 dans le fascicule, déposé par le groupe "Les Verts", relatif aux moyens de supprimer les métaux lourds des eaux de ruissellement provenant des bâtiments publics parisiens.
La parole est à Mme AZZARO.
Mme Nicole AZZARO. - Merci, Monsieur le Maire.
De nombreux édifices parisiens disposent, pour l'étanchéité de leur toiture, de revêtement en zinc et une grande partie des édifices de culte, d'un toit en plomb. L'eau de ruissellement qui provient de ces toits recouverts soit de zinc soit de plomb se charge de ces matières avant de rejoindre les systèmes de collecte des eaux usées. La toxicité de ces métaux lourds, une fois qu'ils sont dispersés dans la nature, n'est plus à démontrer. Le plomb et le zinc, présents sous forme de trace dans l'eau ou dans la terre, peuvent intégrer la chaîne alimentaire et avoir de graves conséquences sanitaires pour les populations touchées et, en particulier, pour les enfants, plus sensibles aux effets de cette pollution.
Le S.I.A.A.P., qui gère l'épuration des égouts de Paris, traite les eaux usées de façon à réduire leur concentration en métaux lourds pour les rendre inférieures aux normes autorisées. Cependant, toutes les eaux de ruissellement ne sont pas retraitées par le S.I.A.A.P.
En effet, si les égouts franciliens sont à 65 % unitaires, c'est-à-dire qu'ils collectent pour les traiter en même temps les eaux usées et les eaux de ruissellement, 15 % des réseaux sont séparatifs, c'est-à-dire que la récupération des eaux usées et des eaux de pluie est dissociée. Ainsi, les eaux de ruissellement collectées dans les réseaux séparatifs ne font l'objet d'aucun retraitement avant le retour à la nature.
En plus, lorsqu'il y a de fortes pluies, les capacités de retraitement des eaux peuvent être inférieures par rapport aux flux constitutifs de ces précipitations importantes. Dans ce cas, la partie qui ne peut être traitée directement est dispersée dans la nature via les bassins déversoirs d'orage.
Les matériaux comme le plomb ou le zinc sont couramment utilisés pour des raisons réglementaires car, pour les bâtiments parisiens classés, la réfection doit se faire à l'identique, et les architectes des bâtiments de France y veillent particulièrement. De surcroît, la perméabilité limitée de ces matériaux fait que leur emploi garantit la durabilité des revêtements qui sont faits.
Cependant, il faut tenir compte de l'extrême toxicité du plomb et du zinc. Des solutions devraient être trouvées, en tous les cas cherchées, pour réduire leur présence dans l'écosystème : par exemple, utiliser d'autres matériaux ou mettre en place des systèmes de rétention des eaux de ruissellement.
C'est la raison pour laquelle je souhaite que le Conseil de Paris émette le v?u qu'une étude soit entreprise par la Municipalité avec la participation de tous les acteurs institutionnels nécessaires, Ministre de la Culture, architectes des bâtiments de France, pour étudier les moyens de réduire l'impact environnemental de la présence de métaux lourds toxiques dans les eaux de ruissellement des bâtiments qui dépendent de la Ville de Paris.
Je vous remercie.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci.
La parole est à Mme CONSTANTIN.
Mme Myriam CONSTANTIN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Madame AZZARO, je voterai ce v?u et j'élargirai son objet. La Ville de Paris, avec le S.I.A.A.P. et l'Agence de l'eau, avait il y a quelques années participé à une étude menée par le CEREVE, le Centre d'enseignement et de recherche eau et environnement, sur les pollutions provoquées par les ruissellements sur toiture en plomb ou en zinc.
Un territoire expérimental, le Marais, avait été étudié. Cette étude avait mis en évidence la présence de traces de plomb et de zinc dans les eaux. A ma connaissance, rien n'a été entrepris alors pour réduire cette pollution, par l'emploi de dispositifs de traitement ou autres. Il est temps de s'en occuper.
Cela correspond à ma demande également auprès des services et auprès de nos partenaires. Je vous rejoins donc tout à fait, et il est temps que nous prenions cette démarche à bras le corps, ce qui suppose notamment de nous donner les moyens de confirmer ou non les résultats de cette étude ancienne, de mesurer son impact environnemental, c'est-à-dire les performances de l'épuration et ses insuffisances, éventuellement même son absence dans certains cas : vous avez parlé de déversements d'orage. Je voudrais également vous signaler que 95 % du réseau parisien est unitaire et non 65 %.
Il faudra réfléchir à l'amélioration de l'épuration et il faudra réfléchir ensemble, avec le Comité de pilotage adéquat, aux mesures pour réduire à la source cette émission. Il est très important de réduire à la source la pollution et non seulement de traiter...
Je vous rejoins dans l'idée de traitements adaptés. Cela pourrait être notamment des traitements susceptibles de limiter la corrosion par l'eau de pluie, et donc la dissolution des métaux lourds. Mais tout doit être envisagé, y compris d'autres matériaux...
En tout cas, c'est une réflexion globale à laquelle vous nous invitez et sur laquelle je vous rejoins totalement et, pour ma part, je l'ai déjà entreprise, comme je vous l'ai dit. Elle concerne aussi bien les bâtiments municipaux que les autres bâtiments. Donc avançons : avis favorable.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le v?u.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le v?u est adopté. (2004, V. 26).