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Mars 2004
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Conseil Municipal
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123 - QOC 2004-142 Question de M. Richard STEIN et des membres du groupe U.M.P. à M. le Maire de Paris relative aux conséquences de la politique de circulation sur le commerce dans Paris

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2004


Libellé de la question :
"M. Richard STEIN et les membres du groupe U.M.P. s'interrogent sur le point de savoir si M. le Maire de Paris est bien conscient des conséquences de sa politique de circulation sur le commerce de centre-ville.
En effet, alors que les automobiles ne peuvent plus ni rentrer dans Paris ni stationner, des rues, voire des quartiers entiers sont sinistrés en ce qui concerne le commerce.
Il semble qu'il y ait une volonté de la Municipalité d'encourager les gens à fréquenter les commerces hors de la ville. Cette impression est avérée par les récentes déclarations de l'Adjointe chargée du Commerce, qui est visiblement résignée à cette tendance.
Aussi, il lui demande s'elle compte continuer cette politique suicidaire pour les commerçants et l'avenir de notre Ville ou s'il compte prendre des mesures pour y remédier."
Réponse (Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe) :
"L'auteur de la question fait part de ses critiques visant la politique municipale de circulation dont il considère qu'elle affecte la compétitivité du tissu commercial parisien, comme en témoigneraient les résultats des soldes d'hiver.
La Ville de Paris a effectivement engagé une politique globale visant à encourager les modes de déplacements alternatifs à la voiture. On peut rappeler à cet égard ainsi qu'en atteste une étude publiée en décembre 2001 par l'A.P.U.R. sur "les comportements d'achats en Ile-de-France dans les enquêtes globales de transports", 65 % des déplacements dans Paris pour des motifs d'achats s'effectuent à pied, la marche devançant les transports en commun (métro et secondairement autobus), l'utilisation de la voiture particulière n'étant motivée que pour des achats bien spécifiques dans la Capitale (achats familiaux ou encombrants). De façon plus précise :
- pour les achats quotidiens : 86 % des déplacements sont réalisées à pied et 2 % en voiture ;
- pour les achats hebdomadaires ou bi-hebdomadaires, 73 % des déplacements sont effectués à pied et 9 % en voiture ;
- pour les achats exceptionnels : 34 % sont effectués à pied et 17 % en voiture.
L'auteur de la question semble oublier la dégradation tendancielle du commerce de proximité depuis de très nombreuses années, au cours des précédentes mandatures alors que les politiques de déplacements étaient fort différentes de celle conduite depuis 2001 qui vise à concilier l'attractivité économique et la qualité de la vie.
Les difficultés récentes du commerce parisien doivent par ailleurs être mises en perspective de la détérioration de la conjoncture économique qui frappe la France comme la capitale depuis 2 ans. L'augmentation du chômage, le développement de la précarité, l'érosion du tourisme dans le contexte international très défavorable de l'année 2003 (qui a beaucoup affecté le chiffre d'affaire des grands magasins) ne sont pas sans expliquer par exemple les résultats décevants des soldes d'hiver dans la Capitale.
Pour n'évoquer ici que la seule fréquentation de la Capitale par les visiteurs américains, la conjugaison de la menace terroriste, de l'hostilité à l'égard de la France faisant suite au conflit irakien et le taux de change Euro/Dollar expliquent l'effondrement de celle-ci. Or est-il besoin de souligner qu'il s'agit là d'une catégorie de visiteurs à fort pouvoir d'achat, venant habituellement en France tout autant pour le tourisme que pour les affaires.
Enfin, l'augmentation de la fréquentation des centres commerciaux implantés en proche et en grande banlieue est largement consécutive à l'évolution démographique de l'Ile-de-France et au renforcement de l'équipement commercial de ces zones. La Ville de Paris appelle de ses v?ux la mise en ?uvre au plan régional d'une politique d'urbanisme commercial volontariste, se traduisant concrètement dans le cadre d'un schéma directeur révisé de la Région Ile-de-France.
Dans ce contexte, la Ville de Paris n'est pas restée inactive depuis 3 ans. C'est ainsi que la Ville de Paris cherche à améliorer les modalités de transport des marchandises dans la Capitale (rationalisation de l'entrée et de la sortie des marchandises) et à favoriser de nouvelles organisations de distribution. Une instance de concertation permanente entre la Ville de Paris, la Préfecture de police et les organisations professionnelles du transport, de la logistique et du commerce a été mise en place en avril dernier, à laquelle l'UCV est invitée. Parmi les premières actions mises en ?uvre, on peut citer l'intégration d'espaces de livraison dans les aménagements de voirie, en vue de répondre aux impératifs du bon fonctionnement de l'activité économique.
L'attractivité commerciale spécifique de Paris réside non seulement dans la densité et la diversité de son offre commerciale mais aussi dans la qualité de son cadre urbain : la qualité des espaces publics et la réduction des nuisances dans les rues commerçantes (avec la limitation du trafic de transit notamment) constituent des atouts par rapport aux commerces de banlieue qu'il faut valoriser. Le commerce parisien doit jouer la carte d'une accessibilité tous modes de transports, l'accessibilité automobile ne concernant qu'un pourcentage très minoritaire de la clientèle, notamment s'agissant des grands magasins. L'aménagement de grands axes (Magenta, Clichy, Jean-Jaurès) en espaces civilisés, en favorisant le cheminement des piétons, devrait avoir une conséquence positive sur les achats dans les commerces concernés.
Par ailleurs, si l'offre de transport collectif est de grande qualité à Paris, des progrès restent encore à faire pour améliorer son attractivité, particulièrement aux heures creuses qui drainent la majorité des clients des commerces concernés. La Ville intervient régulièrement auprès du S.T.I.F. pour améliorer la situation.
Globalement, la Ville de Paris a pour objectif de favoriser, le développement et la diversité du commerce dans la Capitale. Dans le cadre très contraint de la réglementation applicable en matière d'intervention économique, la municipalité conduit une politique ambitieuse, globale et cohérente en vue de renforcer le tissu commercial parisien : nouvelle mission confiée à la S.E.M.A.-EST afin de lutter contre la mono-activité ou réintroduire des commerces dans plusieurs quartiers de la capitale création de structures déconcentrées d'appui et d'accompagnement des commerçants, mise en place de dispositifs financiers d'aide à la création et au développement des entreprises, implantation de commerces dans les rez-de-chaussée vacants des bailleurs sociaux, requalification des quartiers en difficultés en vue d'en améliorer la commercialité, bourse des locaux, dynamisation des marchés parisiens, adaptation du Plan local d'urbanisme.
Parallèlement, la redynamisation des quartiers défavorisés de la capitale, tels que le secteur Château-Rouge dans le 18e arrondissement, conjugue des actes sur le bâti, un remodelage de la voirie, des conditions de circulation et des actions en faveur de l'activité économique et commerciale."