Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mars 2004
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

87 - Vœu déposé par le groupe U.M.P. relatif à l'implantation éventuelle et la création d'un nouveau centre commercial porte d'Aubervilliers

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2004


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant au v?u référencé n° 58 dans le fascicule.
Madame KUSTER, vous avez la parole. Allez-y.
Mme Brigitte KUSTER. - Merci, Monsieur le Maire.
Oui, un v?u d'importance, j'allais dire capital.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Ce n'est qu'un v?u.
Mme Brigitte KUSTER. - Un v?u d'une importance capitale, Monsieur le Maire. Et je pense que vous y serez sensible en tant qu'élu du 18e, Monsieur CARESCHE, puisque...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Oui, je connais très bien le sujet.
Mme Brigitte KUSTER. - ... puisque c'est l'implantation éventuelle et la création d'un nouveau centre commercial qui devrait être réalisé porte d'Aubervilliers, qui fait succession donc à un autre projet, qui était d'envergure moindre mais qui cette fois est prévu avec une surface constructive en équipements commerciaux qui représentent la valeur d'un grand centre commercial, 76.000 mètres carrés et une surface de vente de 40.000 mètres carrés, dont un hypermarché de 4.000 mètres carrés, une jardinerie de 3.800 mètres carrés, 3.500 mètres carrés de restaurants et 18 moyennes surfaces, plus 2.300 places de stationnement.
Ce projet, tout comme le précédent, suscite, vous le savez, une grande inquiétude chez les commerçants du Nord-est parisien, qui au moment où le nombre de commerces de proximité ne cesse de diminuer dans Paris intra-muros s'inquiètent bien évidemment des répercussions économiques d'un projet d'une telle ampleur aux portes de Paris.
Alors, nous sommes soucieux au sein du groupe U.M.P., et je remercie M. LEGARET d'avoir déposé ce v?u en mon nom en 1ère Commission concernant la prise de position du Maire de Paris sur ce dossier, et nous aimerions que sa position soit connue et surtout qu'il se prononce contre l'ouverture de ce centre commercial porte d'Aubervilliers dans l'intérêt des commerçants parisiens.
Je vous remercie.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Enfin, attendez, attendez ! Tout le monde veut avoir la parole.
On commence par qui ? Peut-être d'abord l'Exécutif, ou après l'explication de vote ?
La parole est donnée à M. VUILLERMOZ, puis à M. RIOU.
M. Jean VUILLERMOZ. - Monsieur le Maire, il s'agit évidemment là, je dois le dire, d'un v?u qui se trouve très bien placé dans une période électorale. N'est-ce pas, Madame KUSTER ?
Parce que, soyons clairs, cette surface de vente par rapport au premier projet, pour lequel d'ailleurs nous n'étions pas très favorables, parce que nous pensions qu'il était nettement trop important dans cette partie de la Région Ile-de-France et juste à côté de Paris.
Mais ce projet a rétréci de façon très importante et vous parlez d'un hypermarché de 4.000 mètres carrés, Madame KUSTER ?
Vous allez faire des courses quelquefois dans Paris et quand vous allez, par exemple, dans un MONOPRIX, cela ne fait-il pas 4.000 mètres carrés ? Donc, vous appelez cela un hypermarché ?
Non, ce n'est pas un hypermarché, c'est une surface de vente qui a diminué sensiblement puisque, auparavant, elle devait faire 12.000 mètres carrés.
Entre 12.000 mètres carrés et 4.000 mètres carrés aujourd'hui, on tombe dans les normes.
Ensuite, Madame KUSTER, tout de même, quand, à Paris, nous construisons des surfaces de ventes comme les Halles à Châtelet, quand nous construisons un certain nombre de supermarchés ou de surfaces de vente, comme vous dites, dans les gares parisiennes, quand nous construisons ou quand les magasins viennent s'implanter à ciel ouvert dans nos rues comme la rue de Rivoli et autres, on demande à Aubervilliers qui est la ville la plus pauvre de la Région parisienne si on a le droit d'implanter ces structures ? !
Vraiment, là, il y a quelque chose qui ne va pas ! Je vous le dis, c'est un acharnement. A un moment donné, il y a un acharnement et je le dis à l'ensemble de mes collègues qui se posent des questions. Oui, il y a un acharnement contre la volonté d'Aubervilliers, de donner la possibilité à ses habitants de pouvoir vivre convenablement.
Et je vous signale quand même qu'un certain nombre de logements sociaux, ... d'accord, vous ne les connaissez peut-être pas, mais un certain nombre de logements sociaux dans les 18e et 19e arrondissements qui sont proches de ce centre qui va je l'espère ouvrir et pour lequel, je l'espère, le Maire de Paris va se prononcer favorablement, ont besoin de ces magasins parce qu'ils n'en ont pas aujourd'hui.
Ils n'ont pas de magasins et il n'y a pas beaucoup de magasins alimentaires notamment dans cette partie de Paris.
Il y a eu une réduction de mille places de stationnement dans ce centre et nous aurions souhaité qu'il ne soit pas mis de barrage au niveau du contrat de plan, notamment pour que le tramway puisse venir dans cette zone. Malheureusement, le tramway va s'arrêter avant.
On aurait souhaité que la gare EOLE, dans le 19e arrondissement, soit réalisée. Ce n'est pas de notre fait, c'est bien le Gouvernement qui a refusé de la faire.
Tout cela doit nous permettre ici de voter contre votre v?u, tous ensemble, et de faire en sorte qu'au bout du compte, le Maire de Paris donne son acceptation à ce projet.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Rapidement, s'il vous plaît, Monsieur RIOU. Les choses sont claires, je crois.
M. Alain RIOU. - Il se trouve que dans la précédente mandature, M. BLET avait présenté un v?u dans le sens que le projet ne se fasse pas dans l'état où il était à ce moment-là et il avait été voté à l'unanimité du Conseil de Paris.
Bien sûr, c'était un projet plus ambitieux et donc plus prédateur.
Il se trouve que "Les Verts" d'Aubervilliers, par rapport au projet dont on nous parle ici, ont voté contre et "Les Verts" de la communauté de communes se sont abstenus. Ce qui est d'ailleurs assez curieux, c'est qu'à la communauté de communes, l'U.M.P. a voté pour.
Par conséquent, je ne comprends pas la position défendue ici par l'U.M.P. puisqu'elle a fait le contraire par ailleurs.
Mme Brigitte KUSTER. - On est à Paris !
M. Alain RIOU. - Notre pente naturelle nous conduirait à approuver ce v?u. Simplement, la façon dont il est rédigé... cela consisterait à dire que l'on se prononce contre l'ouverture d'un centre commercial porte d'Aubervilliers, un 1er mars, alors que le projet ne pourra être acté définitivement, c'est-à-dire que l'on commencera à envisager de faire quelque chose qu'à la fin de l'année. Je ne comprends pas très bien cette précipitation de l'U.M.P.
Nous souhaitons nous rapprocher de nos amis "Verts" et de la majorité municipale de l'environnement de Paris, d'Aubervilliers et d'ailleurs. Quand nous aurons un projet complètement bouclé et que nous le connaîtrons mieux, nous ferons connaître notre appréciation sur ce projet.
Pour l'instant, il est prématuré et précipité que de le faire et, donc, "Les Verts" ne voulant pas s'opposer à ce v?u, ne participeront pas au vote.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Très bien.
Madame COHEN-SOLAL, vous avez la parole.
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Je voulais répondre à Mme Brigitte KUSTER. Je comprends que le contexte électoral la pousse à poser des questions qui n'ont pas de rapport avec la façon dont les dossiers avancent, comme vient de le dire M. RIOU.
Pour l'instant, il n'y a pas de projet déposé en C.D.E.C. à Aubervilliers. Nous ne connaissons pas exactement ce projet. Nous travaillons avec les élus d'Aubervilliers et de la Seine-Saint-Denis pour savoir exactement comment ce projet va évoluer. Comme l'a dit M. VUILLERMOZ, ce projet est en train d'évoluer. Attendons la fin de cette évolution pour savoir de quoi il s'agit.
Pour l'instant, il n'y a rien de déposé en C.D.E.C. et il n'y a aucune raison que la Ville de Paris se prononce en quoi que ce soit sur un dossier qui n'existe pas et d'ailleurs...
Mme Brigitte KUSTER. - Vous savez parfaitement... !
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Laissez parler Mme COHEN-SOLAL, elle en sait plus que vous !
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Ecoutez moi et ensuite vous arrêterez votre opinion sur ce sujet.
S'opposer a priori à un projet dont on ignore exactement le sens est un refus de principe contraire à l'intelligence et, de toute façon, nous ne nous opposons pas au développement économique et à l'amélioration des conditions de vie des habitants de Paris et de sa banlieue. Nous collaborons au contraire étroitement avec les communes limitrophes afin de rechercher ensemble les moyens d'un développement durable et harmonieux de chaque côté du périphérique.
Nos projets pour le développement du Nord-est parisien par ailleurs, sont ambitieux et dynamiseront à leur tour le commerce parisien, tous les commerces parisiens.
Par conséquent, le moment venu, sans doute fin 2004, sera déposé devant la C.D.E.C. de Seine-Saint-Denis un projet et le recours éventuellement de la Ville de Paris, s'il le faut. Mais, pour l'instant, il est vraiment trop tôt pour se prononcer. Je vous invite donc à retirer ce v?u, sans quoi nous appellerons à voter contre.
Merci, Madame KUSTER.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole à Mme KUSTER.
Mme Brigitte KUSTER. - Ecoutez ! Là, je suis quand même un peu étonnée, d'abord de vos propos, Madame COHEN-SOLAL. Vous êtes quand même adjointe au Commerce et ne dites pas ainsi que vous découvrez que le projet n'est pas défini. Il a fait l'objet d'une enquête publique.
Vous nous faites un procès d'intention parce que nous sommes en période électorale, je vous invite à vous rapprocher des associations de commerçants du Nord-est parisien ; rapprochez-vous par exemple de l'Association des commerçants de l'avenue de Saint-Ouen. Quand ils nous parlent de leurs problèmes, je ne vais pas leur dire : excusez-moi, on est en campagne électorale, je ne vais pas faire écho de votre inquiétude. Il y a une véritable inquiétude.
Et, Monsieur CARESCHE, vous la connaissez parce que nous sommes élus de la zone concernée et que nous sommes sur les mêmes inquiétudes. Nous avons d'ailleurs eu un débat il y a encore quelques mois. Alors, ceux qui sont élus...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je ne sais pas comment s'est conclu le débat, donc ne me donnez pas des leçons électorales.
Mme Brigitte KUSTER. - Nous sommes sur le Nord-est de Paris. Je regrette, il y a des associations de commerçants à l'heure actuelle qui sont inquiètes, je ne vais pas m'arrêter de travailler et de faire écho à leurs inquiétudes sous prétexte que l'on est en campagne électorale.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Vous maintenez votre v?u, Madame KUSTER ?
Mme Brigitte KUSTER. - Oui, je le maintiens, plutôt deux fois qu'une.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - C'est très bien.
Je mets aux voix, à main levée, ce v?u assorti d'un avis défavorable de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le v?u est repoussé.