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Mars 2004
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Conseil Municipal
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55 - 2004, JS 124 - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant n° 3 à la convention de maîtrise d'ouvrage signée avec la S.E.M.A.V.I.P. concernant l'étude et la rénovation de la piscine Pailleron, l'étude et la reconstruction d'une patinoire de quartier et de loisirs ainsi que la réalisation d'un bassin d'initiation dans l'enceinte du centre sportif Edouard Pailleron (19e)

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2004


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération JS 124 sur lequel un amendement n° 30 a été déposé par les membres du groupe "Les Verts". Il s'agit d'autoriser le Maire de Paris à souscrire un amendement n° 3 à la convention de maîtrise d'ouvrage signée avec la S.E.M.A.V.I.P., concernant l'étude et la rénovation de la piscine Pailleron.
Il y a donc une présentation de cet amendement par M. BLET, et c'est Mme MAZETIER qui répondra.
Monsieur Jean-François BLET, vous avez la parole.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, à l'instar de la piscine Molitor, la piscine Pailleron est un joyau Art Déco de l'architecte Lucien Pollet, qui est le père de ces deux piscines.
La piscine Pailleron dont la destruction fut programmée au début des années 90, ce monument Art Déco fut finalement de la destruction sous la précédente mandature grâce à l'intervention des élus "Verts" et grâce à l'inscription due à l'architecte des Bâtiments de France de la piscine à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
La valeur patrimoniale du bâtiment était ainsi reconnue et l'option de la réhabilitation, solution prônée depuis toujours par "Les Verts", pouvait enfin être mise en ?uvre.
L'appel d'offres fut lancé et le projet de l'architecte Marc MIMRAM fut retenu. Or ce projet ne respecte que partiellement l'?uvre de Pollet ; de nombreuses libertés sont prises par rapport au bâtiment originel. La principale dénaturation infligée à ce monument Art déco concerne la toiture : un toit arrondi à la mode des années 60, qui se substitue en effet à la verrière géométrique des années 30.
Alors pourquoi une telle hérésie, pourquoi modifier radicalement la physionomie de ce bâtiment qui se caractérisait par la pureté de ses formes géométriques, ce qui est la quintessence même du style Art Déco ?
Alors que l'architecte aurait pu amplement reproduire les formes de Lucien Pollet qui conférait au bâtiment la rigueur et la force des années 30, il a cédé à la tentation injustifiée de lui apporter une touche personnelle qui n'a d'autre vertu que de défigurer le bâtiment exceptionnel, le tout sous couvert d'obscures justifications pseudo techniques sur l'acoustique. Passons !
Cette dénaturation est en fait un non-sens historique doublé d'un contresens esthétique.
Par ailleurs, outre la toiture qu'il paraît de difficile de remettre en cause maintenant vu l'état d'avancement du projet malheureusement, d'autres éléments essentiels du bâtiment d'origine sont également malmenés, ce dont s'est ému le conservateur régional des Monuments historiques qui a émis les réserves suivantes sur le permis de construire :
- il demande qu'une variante soit déposée pour les façades latérales visant à conserver les ouvertures en bandeaux et à les restituer ;
- il demande que le décor en granito recouvrant les murs soit retrouvé après repérage et évaluation des manques, et que de nouveaux essais soient réalisés ;
- il demande, concernant les baies recevant des verres décoratifs, que ceux-ci soient restitués ;
- et enfin il demande que la cheminée, qui est une tour que pour une fois nous allons défendre, soit restaurée à l'identique dans sa hauteur et son couronnement.
Seul le premier point pour l'heure a été résolu, le troisième semble en voie de résolution, et notre amendement permet que les requêtes de la DRAC soient enfin prises en compte.
Concernant les verres moulés, il semblerait qu'une solution puisse être trouvée.
Pour les granitos, l'artisan sollicité par la S.E.M.A.V.I.P. n'a pas pu retrouver le grain initial, mais cela n'autorise pas pour autant le maître d'?uvre à conclure péremptoirement à l'impossibilité de reconstituer le granito. On peut faire venir un charter entier d'Italie d'artisans susceptibles de faire ce type de travail, et je pense que l'on devrait pouvoir arriver à en trouver aussi en France.
De nouveaux essais doivent donc être réalisés, comme le demande le conservateur des Monuments historiques avec des techniciens compétents.
Enfin, la cheminée doit pouvoir recouvrer sa hauteur et son couronnement évidé qui coiffait la piscine d'une verticalité emblématique. Que serait la cathédrale dont la flèche aurait été détruite ou une église avec son clocher tronqué ? Il ne suffit pas de sauver un monument Art Déco de la destruction, encore faut-il le restaurer en évitant toute dénaturation.
Pour conclure, Monsieur le Maire, le patrimoine Art Déco, vous le savez, a été malmené à Paris. La prise de conscience de la richesse de cette période de l'architecture est très récente, quelques bâtiments symboliques tels "Le Berry Zèbre" ou "Le Louxor" ont été sauvés. D'autres telle la poste Laumière dans le 19e ont succombé et non pas eu cette chance.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Monsieur BLET...
M. Jean-François BLET. - Je n'ai parlé que trois minutes et demi sur mes cinq, je tiens à vous le dire.
Quant au sauvetage de la piscine Molitor, nous l'espérons en bonne voie.
Puissent au moins les rares bâtiments sauvés être préservés dans leur esprit et dans leur forme originelle, et que l'esprit de vandalisme qui plane sur trop de tripatouillages architecturaux soit enfin relégué dans le passé.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BLET, de ne pas avoir pris tout votre temps de parole.
Mme MAZETIER, adjointe au patrimoine, va vous répondre. Brièvement, même si vous avez abordé beaucoup de points.
Mme Sandrine MAZETIER, adjointe, au lieu et place de M. Pascal CHERKI, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Je remplace M. CHERKI qui aurait souhaité être là pour vous apporter des éléments de réponse lui-même.
Comme vous l'avez souligné dans votre intervention, de nombreux attendus et éléments de l'amendement que vous proposiez sont en fait comblés par des réponses d'ores et déjà présentes dans le projet. Et donc ne demeure finalement sur les 3 problèmes que soulevait votre amendement qu'un seul problème qui est la hauteur de la cheminée, la restitution de la cheminée.
Le projet de délibération auquel vous aviez associé votre amendement ne porte pas sur le projet à proprement parler, mais sur l'approbation des avenants qui reprécisent à la fois le montant des marchés mais aussi le calendrier de l'opération. C'est pourquoi je vous propose de substituer à votre amendement (qui, je le souligne, fait une fois de plus la preuve de toute l'attention que vous portez à l'Art Déco et au patrimoine d'une manière générale, et au patrimoine du XXe siècle en particulier), un v?u de l'Exécutif que je formulerai de la sorte :
"Considérant d'une part l'avis conforme délivré par l'architecte des Bâtiments de France sur l'opération visée par ce projet de délibération, et considérant également l'avis favorable sous réserve délivrée par la D.R.A.C., le Conseil de Paris émet le v?u que la restitution à l'identique de la cheminée dans sa hauteur soit étudiée, sous réserve que le calendrier de l'opération et l'économie générale du projet, qui font l'objet des avenants présentés dans ce projet de délibération, soient respectés."
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Monsieur BLET, à votre amendement que vous avez déposé, numéro 30, Mme MAZETIER a substitué un v?u de l'Exécutif qu'elle vient de lire avec beaucoup d'attention, et qui retient à mon avis l'essentiel de vos propositions.
Qu'en pensez-vous ?
M. Jean-François BLET. - Sur la formulation, il faudrait reprendre la formule exacte du conservateur régional des Monuments historiques, c'est la hauteur et son couronnement. Puisque la caractéristique de cette cheminée est qu'elle est évidée selon un rectangle géométrique.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - C'est accepté.
M. Jean-François BLET. - Et deuxièmement, je ne comprends pas le sous réserve... Si on passe d'un amendement à un voeu avec des réserves, je suis un peu plus inquiet.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Monsieur BLET, pour être simple, vous avez déposé un amendement n° 30, Mme MAZETIER, au nom de l'Exécutif, a déposé un v?u qui reprend l'essentiel de vos propositions, y compris sur le couronnement de la cheminée, et vous demande de retirer votre amendement n° 30. Si vous ne le retirez pas, elle appellerait en le regrettant beaucoup à voter contre.
Donc acceptez-vous la substitution du v?u oral de l'Exécutif à votre amendement ?
M. Jean-François BLET. - Mme MAZETIER allait me répondre sur la petite précision que je lui demandais, ce avant de lui répondre, je pense favorablement, si sa précision n'entraîne pas de conséquences fâcheuses.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Madame MAZETIER, vous avez la parole.
Mme Sandrine MAZETIER, adjointe, au lieu et place de M. Pascal CHERKI, adjoint, rapporteur. - Il n'y a pas de problème, on réintroduit le couronnement.
Et je vous propose de retirer votre amendement.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Monsieur BLET ?
M. Jean-François BLET. - Si Mme MAZETIER suit consciencieusement son v?u, son application et sa réalisation, nous sommes prêts à retirer cet amendement.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, le voeu qui a été exposé par Mme MAZETIER au nom de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le v?u est adopté. (2004, V. 36).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération JS 134.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, JS 134).