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Mars 2004
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Conseil Municipal
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23 - II - Question d'actualité de Mme Michèle BLUMENTHAL et des membres du groupe socialiste et radical de gauche à M. le Maire de Paris relative à la rentrée scolaire 2004

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2004


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons maintenant à la question d'actualité de Mme BLUMENTHAL à laquelle Eric FERRAND répondra.
Madame, vous avez la parole.
Mme Michèle BLUMENTHAL, maire du 12e arrondissement. - Monsieur le Maire, la question est relative à la rentrée scolaire 2004.
La carte scolaire proposée par l'Académie de Paris pour la rentrée 2004-1005, soulève de nombreuses inquiétudes de la part tant des équipes éducatives que des parents d'élèves et des élus. La méthode employée, annonce de fermetures, attente de réaction, modification des décisions, montre que l'éducation n'est plus gérée comme une priorité et qu'il n'y a plus de véritable projet éducatif.
Fermeture de classes en maternelle et en primaire et plus particulièrement dans les Zones d'éducation prioritaire, suppression de milliers d'heures dans les collèges, dégradation de la scolarisation des enfants de moins de trois ans, entraînent des conséquences très défavorables pour le fonctionnement de nombreux établissements dès la rentrée prochaine.
Alors que la Ville de Paris assume la totalité des investissements à sa charge, qu'elle entretient, rénove et sécurise de nombreux établissements, le désengagement de l'Etat de sa fonction éducative qui se traduit aujourd'hui par une sous-dotation après s'être manifesté par l'abandon pur et simple de nombreux emplois-jeunes si utiles dans les établissements, est inacceptable.
Déjà, lors de la rentrée 2003-2004, 500 enfants de moins de trois ans n'avaient pu obtenir une place dans les écoles maternelles publiques, en particulier là où les besoins étaient les plus manifestes, alors même que la Ville mettait à disposition de l'Académie plus de 130 classes supplémentaires.
A ce rythme de sous-dotation, seuls 4 % des enfants de moins de trois ans pourront être scolarisés à Paris à la rentrée 2004 contre 36 % en province.
De nombreux Conseils d'arrondissement ont exprimé leur malaise par le vote de v?ux. A son tour, le groupe socialiste et radical de gauche demande à M. le Maire de Paris, qui a fait part de son inquiétude à M. le Ministre de l'Education nationale, les réponses qui lui ont été faites afin de garantir une rentrée scolaire sereine pour l'ensemble des membres de la communauté éducative.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à Eric FERRAND.
M. Eric FERRAND, adjoint. - Comme l'a dit Mme BLUMENTHAL, vous avez saisi le Ministre de l'Education nationale pour dénoncer la situation malheureusement prévisible pour la rentrée scolaire prochaine et en demandant qu'il y ait un moratoire sur la carte scolaire. Le Recteur de l'Académie a répondu au Maire de Paris presque immédiatement, en justifiant sa politique, notamment en promettant qu'un effort serait fait pour la scolarisation des enfants de moins de trois ans et pour les écoles situées dans les quartiers les plus défavorisés.
Malheureusement, ces affirmations ne résistent pas à l'analyse des décisions prises à l'issue du Conseil départemental de l'Education nationale qui s'est tenu le 26 février dernier.
Cela ne résiste pas à la dynamique des faits qui sont têtus comme vous le savez !
Nous observons qu'il reste encore 38 fermetures à Paris, dont près de 40 % concernent des écoles qui sont situées en Z.E.P., en Réseau d'éducation prioritaire ou en politique de la ville. Ces écoles d'ailleurs ne sont concernées que pour 25 % dans les 15 ouvertures annoncées. On voit donc que, proportionnellement, les quartiers les plus défavorisés sont les plus touchés par la politique qui est menée actuellement pour l'éducation à Paris.
J'ai donc suivi évidemment le C.D.E.N. du 26 février de bout en bout et nous nous sommes battus, arrondissement par arrondissement, pour défendre une approche qualitative de la carte scolaire, parce que je disais que les quartiers les plus défavorisés ont été proportionnellement les plus touchés et je dois dire aussi que 85 % des fermetures concernent les arrondissements de l'Est de Paris. Par ailleurs, je ne peux dissocier cette situation de la suppression de milliers d'heures d'enseignement dans les collèges et les lycées. A Paris, ce sont 4.500 heures d'enseignement qui sont supprimées dans les établissements du second degré, et notamment sont touchés les lycées professionnels qui voient leur population augmenter, plus 200 élèves, avec une diminution à mettre en rapport de 750 heures d'enseignement !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.