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Fevrier 2014
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Examen des questions d'actualité.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2014


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Dans le cadre du Conseil municipal maintenant, nous examinons les questions d'actualité dans l'ordre déterminé par la Conférence d'organisation. I - Question d'actualité posée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés à M. le Maire de Paris relative au droit à l'interruption volontaire de grossesse.

M. LE MAIRE DE PARIS. - D'abord, la parole est à Mme Frédérique CALANDRA, pour la question d'actualité des élus du groupe socialiste radical de gauche et apparentés.

Mme Frédérique CALANDRA, maire du 20e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le 17 janvier 1975 entrait en vigueur dans notre pays la loi dite VEIL relative à l?interruption volontaire de grossesse, mettant fin à des années de pratique d?avortements clandestins qui mutilaient, humiliaient et traumatisaient des centaines de milliers de femmes y ayant recours.

Cette loi, je cite, "humaine, réaliste et juste", a fait entrer notre pays dans la modernité en octroyant aux femmes le droit fondamental de disposer de leur corps ; ce droit qui concourt à l'autonomie, à l?intégrité et à la dignité de la femme tout en constituant une avancée majeure pour la santé publique. L?avortement légal, libre et gratuit, participe depuis des années de l?émancipation des femmes et constitue un fondement de l?égalité femmes-hommes, principe structurant de notre société et valeur de notre République. À ce titre, les élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés soutiennent pleinement les actions que mène le Gouvernement depuis 18 mois pour faire de l?avortement un droit à part entière, la bataille contre la désinformation et la culpabilisation des femmes qui souhaitent interrompre une grossesse, la levée des barrières financières dans l?accès à l?I.V.G. et la lutte contre les disparités d'accès sur le territoire. Notre groupe se félicite également des améliorations apportées par le projet de loi pour l?égalité femmes-hommes qui élargit, entre autres mesures de progrès pour les droits des femmes, le délit d'entrave à l'I.V.G. et supprime la notion de situation de détresse comme condition d'accès à l'I.V.G. dans un contexte où de plus en plus d'États européens, tels que le Gouvernement conservateur en Espagne ou en Hongrie, remettent en cause la légalité de ce droit fondamental et que de plus en plus de voix s'élèvent contre sa légitimité. Les élus socialistes, radicaux de gauche et apparentés ont toujours défendu avec détermination le droit à l?avortement, combattu ses entraves et soutenu la garantie d'un accès libre et gratuit dans l'ensemble du territoire parisien, derrière laquelle tous les Républicains parisiens se doivent d'être rassemblés. Nous en avons fait notamment la démonstration concrète dans le 20e arrondissement en soutenant l'importante mobilisation et en votant des v?ux qui ont permis la réouverture du centre I.V.G. de l'hôpital Tenon en 2011, puis avec l'obtention l'année dernière d?une subvention versée par le Conseil régional d'Ile-de-France de 68.000 euros afin de moderniser et d?améliorer la qualité des soins offerts aux usagers de ce centre I.V.G.

Vous sachant fondamentalement attaché à ce droit de disposer de notre corps, Monsieur le Maire, pouvez-vous nous indiquer quelles sont les actions que Paris a menées et mène aujourd'hui en soutien à l'application de ce droit et aux améliorations que notre collectivité a pu apporter en faveur de l'accès à l'I.V.G. et à la contraception sur notre territoire ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame CALANDRA et en plus, d'avoir tenu votre temps. Vous êtes un exemple sur le fond et le temps, j'espère que tout le monde va tenir son temps de la même manière jusqu'au bout, sinon jusqu'au bout je serai exigeant. La parole est à Mme Fatima LALEM.

Mme Fatima LALEM, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire. Monsieur le Maire, chers collègues, Paris s'honore de sa politique en faveur des droits des femmes, et je suis particulièrement fière de notre action politique et de notre bilan en matière d'accès des femmes à l'I.V.G. Ce droit fondamental, ce droit fondateur est aussi une valeur de progrès et un symbole fort de la liberté et de la dignité des femmes. Comme l'a rappelé Frédérique CALANDRA, le Gouvernement, et notamment la Ministre au Droit des femmes, Najat VALLAUD-BELKACEM, a renforcé et a amélioré l'accès à l'I.V.G. L'action parisienne de prévention des risques sexuels, d'accès à la contraception et à l?avortement a été probante. Elle est reconnue par tous les acteurs de la société civile, mais aussi par les instances institutionnelles. Ainsi, elle a été saluée dans le rapport de l'I.G.A.S. en 2012. Durant ce mandant, nous avons renforcé le réseau des centres de planification avec l'ouverture de sept nouveaux centres de planification permettant ainsi un maillage et une proximité adéquats. Nous avons mis en place l'accès à l'I.V.G. médicamenteuse permettant de réduire les délais d'intervention et permettant une meilleure accessibilité aux femmes les plus vulnérables. Nous avons développé une politique de prévention en direction des femmes les plus vulnérables et des jeunes. Ainsi 70.000 jeunes ont pu, durant cette mandature, bénéficier des informations et des actions d'éducation autour de l'ensemble de ces dimensions. Une mobilisation inédite et une formation des professionnels avec une organisation et un pilotage coordonnés ont été également mis en place. Lorsque les centres I.V.G. dans les hôpitaux parisiens avaient été mis en difficulté - restructuration, réduction de moyens? vous avez fait référence à Tenon, mais il y a eu également Saint-Antoine et bien d'autres, et encore Les Lilas aujourd'hui -, le Maire de Paris a réagi avec une grande célérité. L'Exécutif parisien et l'ensemble des Conseillers de la majorité municipale se sont mobilisés régulièrement et efficacement. Je n'oublierai pas, tout de même, de citer le soutien de quelques collègues de la Droite républicaine. Permettez-moi, Monsieur le Maire, d'avoir aussi une pensée pour les équipes de la Ville, les équipes de la DFPE et mes collaborateurs, mais je vais faire court à ce niveau-là. Et au final?

M. LE MAIRE DE PARIS. - D'autant que le temps est quasiment fini?

Mme Fatima LALEM, adjointe. - Je formule le v?u que ce combat que je porte depuis longtemps soit un combat partagé et porté sans concession face aux forces rétrogrades et intégristes.

M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est très bien, mais comme plusieurs adjoints vont répondre, je les dispense à l'avance? pour le bilan, c'est trop court, trois minutes. Monsieur le Président Ian BROSSAT, c'est à vous. Vous ne voulez pas parler ?

M. Ian BROSSAT. - Monsieur le Maire, chers collègues, il y a un an?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Tu as parfaitement raison. Je me suis trompé.