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Avril 2014
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Conseil Municipal
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Election de Mme la Maire de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2014


 

M. Pierre AIDENBAUM, Doyen d'âge, président. - Mes chers collègues, je vous rappelle que, conformément aux articles L. 21-21-20 et L. 21-21-21 du Code général des collectivités territoriales, le vote par procuration est admis pour l?élection du Maire et des adjoints. L?élection du Maire se fait à bulletin secret par appel nominal. Il m?a été fait savoir qu?il y avait un certain nombre de prises de parole. Je vais donc donner la parole à Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET pour l?UMP.

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Merci, Monsieur le Président.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris, je voudrais d?abord adresser mes félicitations à tous les élus et en particulier aux nouveaux élus.

J?ai la fierté de rejoindre cette Assemblée, en ayant contribué à un renouvellement, à un rajeunissement qui ont été salués et reconnus. Certes, il ne m?a pas échappé que le renouvellement n?avait pas tout à fait atteint l?ambition que j?avais fixée, mais j?ai néanmoins à c?ur de vous dire comment j?entends, avec celles et ceux qui m?entourent, travailler pour les Parisiennes et les Parisiens.

Avant de procéder à l?élection du nouveau Maire de Paris, je tiens à partager avec vous quelques exigences qu?il faut, je crois, affirmer. La première est l?exigence démocratique - et vous l?évoquiez à l?instant justement, Monsieur le Président.

Notre Assemblée élira tout à l?heure le Maire, nous ne présenterons pas de candidat, et Mme HIDALGO sera élue. Parce que je respecte les institutions de la République, je respecte ce choix.

Ce choix, mes chers collègues, reflétera la composition de notre Assemblée, mais pas la stricte expression du vote des Parisiens car les élections des 23 et 30 mars derniers ont une nouvelle fois démontré que l?organisation démocratique qui prévaut à Paris ne fonctionne pas. Paris sera la seule ville en France dirigée par un maire minoritaire en voix sur l?ensemble de la Ville et plus encore dans son propre arrondissement, avec dans ce dernier, un score historiquement faible. C?est une anomalie démocratique, pourtant elle ne fait pas débat, elle n?est pas discutée, on n?aime pas qu?on en parle, elle est tue tout simplement. Il faudra bien un jour changer ce système électoral qui entre en contradiction avec le principe sacré : un citoyen, une voix à égalité entre tous. Il faudra bien un jour que notre système démocratique représente la volonté du peuple de Paris en prenant en compte la diversité des arrondissements, en prenant en compte l?Histoire de Paris que vous avez excellemment évoquée, Monsieur le Président, mais sans déformer le choix des électeurs. Il faudra bien un jour réformer cette élection pour que les Parisiens, les Marseillais et les Lyonnais puissent choisir directement et clairement leur maire. En attendant, vous avez conservé le pouvoir, vous êtes le pouvoir et nous sommes l?opposition. Monsieur le Président, mes chers collègues, au commencement de cette nouvelle mandature, je voudrais vous dire quelle opposition nous entendons être pour les années à venir. Une opposition que guide une triple exigence : exigence éthique, exigence sociale et environnementale, exigence économique. L?exigence éthique, c?est d?utiliser l?argent public au mieux parce qu?il est rare, parce qu?il est cher, parce qu?il n?appartient pas aux élus, parce que sa mauvaise utilisation contribue toujours un peu plus à discréditer ceux qui en ont la responsabilité, c?est-à-dire vous, c?est-à-dire nous, c?est-à-dire notre démocratie. Les années passées ont vu en la matière des dérives que nous avons condamnées pendant la campagne. Nous serons intraitables sur ce sujet dans les mois et les années à venir. La deuxième exigence est sociale et environnementale. Nous vivons collectivement un phénomène inédit dans l?histoire sociale de la France. Les Français les plus aisés sur le plan financier mais aussi sur le plan intellectuel se concentrent toujours plus dans quelques grandes villes, à commencer par Paris et ils délaissent les villes intermédiaires. Pourquoi Paris ? Parce que Paris, c?est le lieu de rencontre de la France et de la mondialisation, c?est là que les plus aisés rencontrent le monde, c?est là qu?ils profitent du monde. Tant mieux pour eux, nous ne les condamnons pas, nous avons besoin d?eux. Mais parce que Paris est plus que jamais nécessaire à ces Français, les prix montent, les comportements changent et la dynamique d?exclusion se met en place. Les classes moyennes et les familles sont chassées du Centre. Elles quittent la ville capitale petit à petit, à bas bruit. Tous les quartiers sont touchés. Et quand la politique socialiste prétend lutter contre ce phénomène, elle l?amplifie. L?objectif de 30 % de logements sociaux, c?est le choix de la polarisation sociale de la Ville, c'est le choix du départ des classes moyennes. Nous croyons que ce phénomène est dangereux parce que Paris doit pouvoir profiter à tous, parce que vivre à Paris c'est une opportunité unique de changer de vie, d'avoir une vie plus grande, d'avoir une vie plus excitante. Mais aussi parce que plus les classes moyennes quittent la Capitale, plus il faut aller habiter loin du Centre de Paris pour pouvoir continuer à travailler dans Paris, plus le ressentiment monte contre les plus aisés, plus le Front National progresse. Pas à Paris certes, mais tout autour de Paris.

Mesdames et Messieurs, de notre côté, nous dénonçons toutes les initiatives du pouvoir qui contribueraient à cette polarisation. Notre exigence sociale, c'est le combat de tous les instants pour les classes moyennes parisiennes.

Et nous serons au rendez-vous de tous les progrès écologiques car la Ville a la responsabilité d'être exemplaire en tout, et en particulier sur l'écologie, moteur de transformation positive de la société et de l'économie. Les Parisiens en ont le désir, ils en ressentent l'urgence et la nécessité. Les récents pics de pollution ont démontré, pour ceux qui en doutaient, à la fois le retard de Paris et la demande forte des Parisiens en la matière.

Exigences économiques enfin, parce que Paris a des atouts uniques en France. Paris doit s'engager sur les sujets les plus importants. Qu'y a-t-il de plus important aujourd'hui, mes chers collègues, que la création d'emplois, que le dynamisme économique, que la capacité à créer de la richesse ? Il faut enfin que le pouvoir lève la tête et regarde le monde.

Gérer les problèmes du quotidien, c'est bien. Créer des emplois, c'est mieux.

Nous vivons à l'heure de la concurrence entre les métropoles mondiales, l'échelle pertinente de la compétition internationale est parfois continentale, souvent mondiale, elle n'est plus nationale. Les villes s'organisent dans cette compétition comme les plus grandes entreprises. Elles réfléchissent à leur stratégie, elles approfondissent leurs avantages comparatifs, elles vont chercher des investisseurs, elles cultivent leur marque, elles lui donnent de la valeur, elles adaptent leur gouvernance pour pouvoir répondre vite aux défis qui s'offrent à elles. Bref, elles se dotent d'une stratégie et des moyens de la mettre en ?uvre. Toutes les villes mondiales le font : Tokyo, New York, Séoul, Singapour, Dubaï. Toutes, sauf Paris. Qui pilote la stratégie économique de Paris ? Le Maire précédent s'y est peu intéressé. La Région, pour autant, a une partie de la compétence et ne le fait pas. La future Métropole, dont la compétence économique se limite au logement ne prévoit pas de le faire. Paris, c'est aujourd'hui la troisième ville du monde. Je souhaite qu'elle le reste pour la France et pour les Parisiens, et mieux, qu'elle dépasse Londres. Mais la tendance est inverse. Si on continue au rythme des 10 dernières années, en 2020 Paris ne fera plus partie des 10 plus grandes villes du monde. Monsieur le Président, je le dis devant vous et je le dis devant les élus au Conseil de Paris, nous, opposition, ferons tout pour définir une stratégie économique pour Paris, attirer les investisseurs, créer de l?emploi et de la richesse et convaincre aussi le pouvoir de faire de même, de consacrer tout simplement du temps à ce sujet qui n'est pas mince, d'écouter les entrepreneurs et ceux qui créent des emplois. Mesdames et Messieurs, ces trois exigences, ces trois orientations guideront notre action durant le mandat qui commence. Nous nous opposerons à tout ce qui ira contre ces principes mais nous proposerons aussi des idées, des textes, des actions pour les mettre en ?uvre. Nous croyons en l'opposition constructive. Je vous remercie.

M. Pierre AIDENBAUM, Doyen d'âge, président. - Ayant un devoir de réserve en tant que Président, je donne la parole à M. Eric AZIÈRE pour l'UDI.

M. Eric AZIÈRE. - Merci, Monsieur le Président.

Mes chers collègues, le groupe UDI - MODEM prend acte des résultats des élections de dimanche dernier et ne présentera pas de candidat au fauteuil de Maire de Paris.

Néanmoins, c'est au nom de ce groupe que je voudrais dire notre détermination à prendre dans ce Conseil toute notre place.

Tout d'abord, je forme des souhaits pour que cette mandature si importante pour l?avenir de Paris, mais aussi si importante pour l?avenir de notre métropole parisienne, soit une mandature de respect marquée par l?écoute, le dialogue et qu?elle soit le plus souvent possible celle du dépassement des intérêts politiciens ou des positionnements partisans.

Le groupe UDI - MODEM sera une force d'opposition, mais une force d'opposition constructive, une force de proposition, une force d'initiative, représentée d'ailleurs, comme vous le constatez, par un renouvellement considérable, incarnée majoritairement par beaucoup de nouveaux élus, et qui sera aussi une force de renouvellement des idées dans ce Conseil.

Mais pour autant, l'intérêt supérieur de Paris dans les crises multiples qui frappent nos concitoyens et qui les frappent encore plus durement à Paris nous amène à considérer notre positionnement avec mesure. C'est la raison pour laquelle lorsque l'intérêt général des Parisiens sera en jeu, plus particulièrement sur les sujets que nous avons portés dans cette campagne, aux côtés de Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, que je salue, sur le sujet capital du logement, en particulier sur ce sujet la défense des classes moyennes, sur le combat contre la pollution et la défense de l?environnement, de l?air, sur les transports, sur la sécurité, sur les équilibres budgétaires, sur les grands projets de l'urbanisme parisien et beaucoup d'autres sujets, sachez que nous saurons à chaque fois voir au-delà des clivages, mettre en avant l'intérêt supérieur des Parisiennes et des Parisiens et juger tout d'abord le fond. Mais tous ces sujets d'opposition seront toujours orientés par trois principes. Premièrement, l'efficacité économique, deuxièmement, la responsabilité écologique, et troisièmement, l'esprit de justice dans la dimension humaine et sociale de chaque mesure dans chaque débat. Voilà. Sachez que le groupe UDI - MODEM sera dans ce Conseil, dans cette mandature, la vigie lucide, la vigie exigeante, la vigie indépendante, parce que ce qui nous importe avant tout c'est la réussite de Paris. Je vous remercie.

M. Pierre AIDENBAUM, Doyen d'âge, président. - Je donne la parole à Mme Danielle SIMONNET, non-inscrite.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, je transmets bien évidemment toutes mes félicitations à l'ensemble des nouveaux élus et à celles et ceux qui se sont fait réélire et je souhaite tout particulièrement transmettre mes félicitations à Mme Anne HIDALGO qui sera donc, dans un instant, élue première femme Maire de Paris.

Elire une femme Maire de Paris, de la Capitale de la République française, pour toutes celles et ceux dans cette assemblée attachés au féminisme, comme moi, ce n'est pas rien.

Pourtant, mes chers collègues, je m'abstiendrai car je regrette que les 35.000 électrices, électeurs du Front de Gauche des listes "A Paris, Place au Peuple !", n'aient pas été respectées par les composantes de la future majorité qui va s'installer. Néanmoins, je souhaite la réussite dans l'intérêt des Parisiennes et des Parisiens de cette mandature. Pour autant, l'aggravation des politiques de réduction de la dépense publique de l'actuel Gouvernement est plus qu'inquiétante. Pour satisfaire les besoins sociaux et répondre aux impératifs écologiques, il sera nécessaire de rompre avec les politiques libérales d'austérité imposées. Non-inscrite, j'assumerai d'incarner une opposition de gauche, une opposition de gauche exigeante, une opposition de gauche force de proposition, écho socialiste. Il n'y a pas de fatalité à la spéculation immobilière, pas de fatalité à la pollution, pas de fatalité à la mainmise des intérêts privés au détriment des services publics. Que les Parisiennes et les Parisiens s'impliquent pour se réapproprier leur ville. Tel sera mon engagement dans toute cette mandature. Je vous remercie.

M. Pierre AIDENBAUM, Doyen d'âge, président. - Je donne la parole à M. Nicolas BONNET-OULALDJ pour le parti Communiste.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci.

Chers collègues, Monsieur le Préfet, vous comprenez que ce moment est, pour nous, important et plein d?émotion. Permettez-moi de saluer et de féliciter l'ensemble des nouveaux élus, dont je fais partie, et vous comprenez pleinement mon émotion.

C'est aussi une joie pour nous et, je pense, pour l'ensemble des Parisiennes et des Parisiens, d'élire à la tête de la Capitale de notre pays une femme. Comme l?a salué notre collègue, c'est un moment fort pour l'ensemble des combats et des luttes féministes que nous avons portés. Permettez-moi aussi de saluer l'ensemble de mes collègues qui ont travaillé dans cet hémicycle et qui ne feront pas partie de cette mandature. Je pense notamment à Pierre MANSAT, Alain LHOSTIS, Jean VUILLERMOZ, qui sont dans les tribunes et que je salue. Je pense également à l'un de nos doyens, à qui j'ai l'honneur de succéder : Henri MALBERG. Les élus du groupe Communiste - Front de Gauche sont, dès aujourd'hui, mobilisés pour faire réussir la Gauche à Paris. Pour cela, nous soutenons la candidature d'Anne HIDALGO au mandat de Maire de Paris, qui va être proposée dans un instant. Le peuple de Paris a choisi. Il a choisi le projet porté par les listes "Paris qui ose" d'Anne HIDALGO avec les Communistes, les Socialistes, les Radicaux de gauche et les Écologistes. Les Parisiennes et les Parisiens ont confirmé leur choix de 2001 et de 2008. Ils veulent faire avancer Paris sur la voie du progrès et de la justice sociale et ne souhaitent pas retourner au siècle précédent. Ils nous accordent leur confiance pour écrire ensemble une nouvelle page de l'Histoire de Paris. Ils ont fait le choix d?un programme qui répond à leurs exigences, à leurs priorités, pour améliorer leur vie quotidienne, avec des engagements forts, tels que la production de 30 % de logements sociaux, et, bien sûr, le rééquilibrage géographique, notamment dans les arrondissements de l'Ouest de Paris. Ils ont fait le choix d'un programme dont l'objectif est de continuer à investir dans les équipements de proximité et renforcer le service public. C'est, bien sûr, par l'investissement, et précisément l'investissement public et la création d'emploi, que nous relancerons l'activité économique. La priorité doit revenir à la croissance et à l'emploi. Les défis environnementaux doivent être le fil conducteur. Nous avions repris, dans la précédente mandature, le contrôle sur un droit élémentaire : celui de l'accès à l'eau. L'acte II de la municipalisation se traduira demain par la gratuité des premiers mètres cubes d?eau et les Parisiennes et les Parisiens pourront juger, à ce moment-là, de la manière dont la Gauche aura fait avancer un nouveau droit qui est celui élémentaire de l'accès à l'eau. Les Parisiennes et les Parisiens veulent faire de Paris la capitale du projet partagé. Nous leur proposons de faire place au peuple : par exemple, en renforçant notre démarche de budget participatif au sein des conseils de quartier. Nous leur proposons la création d'un Conseil économique, social et environnemental pour associer les représentants de la société civile, des syndicats, du monde économique et associatif, sur les grandes orientations de la Ville. Chacun aura mesuré l'élégance d'une responsable de l'Opposition qui conteste le mode de scrutin parce qu'elle a perdu. Nos collègues de Droite doivent respecter le choix des Parisiennes et des Parisiens, sans se lancer dans des polémiques d'additions, de soustractions et de calculettes auxquelles ils sont habitués dans leurs propres instances. C'est la Droite parisienne qui a eu l'habitude de s'inventer des électeurs et de fausser les comptes et certainement pas la Gauche. Chers collègues, respecter le choix du peuple de Paris, c'est respecter la démocratie. Les élus Communistes - Front de Gauche sont d'ores et déjà au travail et entièrement mobilisés pour faire réussir le projet porté par la Gauche : rassembler à Paris. Anne HIDALGO proposera tout à l'heure que 4 membres de notre groupe participent à l'Exécutif. Les Parisiennes et les Parisiens pourront compter sur eux et sur l'ensemble des élus Communistes - Front de Gauche pour agir au quotidien en mettant en ?uvre de nouvelles avancées de progrès social, écologique et démocratique et s'opposer aux politiques d'austérité qui pourraient porter atteindre à leurs intérêts. Notre boussole, vous la connaissez : c'est l'esprit des lumières, c?est l?émancipation de toutes et de tous. C'est l'Humain d'abord. Merci, chers collègues.

M. Pierre AIDENBAUM, Doyen d'âge, président. - Mes chers collègues, pour le groupe EELV, il y a une coprésidence. Donc, les 2 coprésidents veulent s'exprimer. Je pense donc qu'ils se partagent leur temps de parole. Je donne la parole à Mme Anne SOUYRIS.

Mme Anne SOUYRIS. - Monsieur le Président, Mesdames les Conseillères, Messieurs les Conseillers, oui, nous nous partageons notre temps de parole parce que nous estimons que la parité est très importante. Nous avons le plaisir d'être réunis pour cette première réunion du Conseil de Paris dont la composition, justement, avec ses 9 conseillères et 7 conseillers écologistes, donc plus que paritaire en faveur des femmes - et nous en sommes très fiers -, révèle le désir des Parisiennes et des Parisiens de préserver leur santé, d?améliorer leur qualité de vie et de protéger leur environnement. Mais, avant tout, nous sommes très émus de cette toute première fois où la Maire de Paris va être une femme. Et cette femme, Anne HIDALGO, nous avons décidé de lui accorder toute la confiance du groupe Écologiste pour que Paris soit à la hauteur des ambitions communes de changement. Pendant ces derniers mois, les tensions politiques étaient fortes, à la mesure de la crise économique qui enferme les personnes dans l'impuissance et accentue les inégalités. Les insultes proférées pendant les manifestations contre le mariage pour toutes et tous, les propos racistes qui ont été tenus à l'encontre d'une ministre du Gouvernement ou encore les spectacles à connotation antisémite devenus de véritables meetings politiques, tout cela montrait le visage d'un pays qui risquait, pour le moins, de se replier sur lui-même et d'aller dans une direction inquiétante. Pourtant, au repliement et à l?abandon, manifestés par un vote contestataire et par l'abstention, les Ecologistes ont opposé un projet alternatif crédible et concret. Là où nous l'avons fait, les électeurs nous ont soutenus. Il n'y a pas de fatalité. Je donne la parole à mon collègue David BELLIARD.

M. Pierre AIDENBAUM, Doyen d'âge, président. - Monsieur David BELLIARD, vous avez la parole.

M. David BELLIARD. - Pendant toute cette campagne, nous avons défendu un projet pour Paris résolument écologiste. Notre rêve d'une ville plus verte, où les transports en commun et les mobilités douces, comme le vélo et la marche à pied, prennent toute leur place dans l?espace public, a trouvé une adhésion forte chez nos concitoyennes et nos concitoyens. Nous avons su entendre la volonté d'une ville apaisée où la violence sociale est combattue par un accès au logement redevenu possible pour toutes et tous, par une école qui s'attaque aux inégalités avec tous ses acteurs, par le développement d'une économie de proximité, sociale et solidaire. Cette vision, les Parisiennes et les Parisiens y ont massivement adhéré. Loin des petits arrangements soi-disant arithmétiques qui, pour des man?uvres politiques, veulent nous faire croire l'inverse, la Gauche et les Ecologistes ont reçu le soutien de la grande majorité de nos concitoyennes et de nos concitoyens. Nous nous réjouissons de pouvoir, pour les 6 prochaines années, participer à la transition écologique de Paris. Comme l?a écrit Henry David Thoreau, personne n'a la responsabilité de tout faire, mais chacun doit accomplir quelque chose. Nous, Ecologistes, avons l'ambition d'accomplir ce pourquoi nous sommes là. A ce titre, nous serons des partenaires vigilants et respectueux des engagements que nous avons pris. Nous vous remercions de votre attention.

M. Pierre AIDENBAUM, Doyen d'âge, président. - Je donne la parole à M. Rémi FÉRAUD, pour le groupe PS.

M. Rémi FÉRAUD. - Merci, Monsieur le Président.

Chers collègues, à l'issue d'une campagne électorale longue et intense, les Parisiennes et les Parisiens ont donné, en voix comme en sièges au Conseil de Paris, une majorité nette aux listes de la Gauche et des Ecologistes.

Nous avons bien entendu tout à l'heure que, dans un monde imaginaire, la minorité deviendrait majoritaire.

Rappelons qu'il faudrait, pour arriver à cette étrange conclusion, cumuler deux artifices :

- d'une part, mélanger les voix du premier et du deuxième tour en éliminant au passage de nombreuses voix de Gauche et en y ajoutant une grosse pincée de voix de Droite.

Et le deuxième artifice consisterait à supprimer un élément essentiel structurant de notre ville, c'est-à-dire les vingt arrondissements de Paris. Alors que, depuis plus d'un siècle et demi, ils sont fondamentaux dans l'identité de Paris, dans sa démocratie municipale, dans sa vie quotidienne, et alors que leur rôle n'a fait que se renforcer ces dernières années dans un souci de proximité et d'efficacité, comme vous l'avez rappelé, Monsieur le Président, dans votre discours. La réalité et la légitimité sont que le suffrage universel a très clairement traduit la volonté des électeurs de voir Anne HIDALGO devenir Maire de Paris. Le rassemblement de candidats et de soutiens qui s'est effectué autour de sa candidature se fonde sur des valeurs partagées et sur un projet ambitieux pour notre ville. La mise en ?uvre de celui-ci prolongera l'action menée depuis 2001 autour de Bertrand DELANOË. Par leur vote des 23 et 30 mars, les Parisiens ont ainsi fait le choix d'une candidate et d'une équipe, dont les priorités seront l'innovation, la solidarité, le logement, l'écologie, et la volonté de construire ensemble une grande métropole tournée vers l'avenir et fraternelle. Cette marque de confiance des Parisiens envers Anne HIDALGO, l'ensemble des élus de la majorité, dans leur diversité politique qui vient de s'exprimer à l'instant, la partage toutes et tous. C'est en leur nom que me revient ce matin l'honneur de présenter au vote de notre Conseil, et je le fais avec beaucoup d'émotion, la candidature d'Anne HIDALGO pour l'élection de la Maire de Paris. Je vous remercie.

M. Pierre AIDENBAUM, Doyen d'âge, président. - Dans l'émotion qui est la mienne, j'ai oublié Jean-Bernard BROS, le président du groupe radical de gauche et apparentés. S'il souhaite s'exprimer. Jean-Bernard, je suis désolé.

M. Jean-Bernard BROS. - C?est au-delà de l?émotion. Cela m?ennuie de parler après Rémi, mais je vais le faire.

Monsieur le Président de séance, les 23 et 30 mars 2014, les Parisiennes et les Parisiens se sont rendus aux urnes pour décider de leur avenir.

C'est sans appel qu'ils ont fait le choix d'une majorité de progrès, une majorité qui s'inscrit dans la continuité du travail effectué collectivement depuis deux mandatures autour de Bertrand DELANOË, et auquel je voudrais de nouveau rendre hommage. Les six années qui sont devant nous sont cruciales pour le devenir de Paris, et plus largement de notre métropole. Le rejet du politique, même s'il est moins présent à Paris que dans le reste de notre pays, est une réalité qu'il nous faut entendre. Il nous incombe, élus de la majorité comme de l'opposition, une responsabilité particulière, dans la manière dont nous mènerons nos mandats respectifs. Il nous faudra être digne de la confiance que nous ont donnée les Parisiennes et les Parisiens. Faisons en sorte que nos débats s'inscrivent dans un cadre démocratique à la fois exigeant et apaisé. Il me revient l'honneur de présider le groupe radical de gauche, centre et indépendants, au nom duquel je m?exprime aujourd'hui devant vous. Notre ambition est de contribuer au débat de manière constructive. Nous sommes habités par cet esprit de responsabilité, mais aussi par une ambition sans faille pour notre ville, eu égard aux déclinologues qui n'ont eu de cesse durant cette campagne électorale de tenter de la faire passer pour une ville affaiblie et sans vigueur. Il nous faut accompagner notre ville encore plus loin et les enjeux qui sont devant nous ne manquent pas. Notre feuille de route est de faire appliquer avec conscience, avec exigence, mais aussi avec créativité, le programme et les propositions qu'ont plébiscités les Parisiennes et les Parisiens. Gardons cela bien à l'esprit, les membres de notre groupe le feront. Le groupe radical de gauche, centre et indépendants, composé de personnalités issues de parcours et de formations politiques différents, s'inscrit pleinement et fièrement au sein de cette nouvelle majorité municipale, avec comme objectif d'accompagner efficacement, sans dogmatisme, ni conservatisme, l'action de la nouvelle Maire de Paris. Nelson Mandela écrivait : "L'expérience d'une vie réussie n'est pas à l'aune de la victoire, mais dans le sentiment et la conscience d'avoir été à la hauteur de ses responsabilités." Voilà le sens que nous devons donner à cette nouvelle mandature. Au nom de mes collègues membres fondateurs de ce groupe, Laurence GOLDGRAB, Jean-François MARTINS, Buon Huong TAN et Dominique VERSINI, je vous souhaite, Madame la Maire, je nous souhaite à tous, chers élus de cet hémicycle, une mandature à la fois dynamique, bienveillante et audacieuse pour continuer à faire de la Ville de Paris, de Paris, la ville que le monde entier nous envie. Je vous remercie.

M. Pierre AIDENBAUM, Doyen d'âge, président - Je demanderai aux quatre benjamins de cette Assemblée de bien vouloir nous rejoindre au pied de la tribune. J'ai cru comprendre, mes chers collègues, qu'il n'y avait pas d'autres candidats. Nous allons donc procéder à l'opération électorale. Mes chers collègues, je souhaite comme vous tous que cette élection du Maire de Paris revête une certaine solennité, et pour cela qu'elle se déroule en bon ordre. Je demande donc aux Conseillers de Paris de bien vouloir rester assis à leur pupitre et de venir voter un par un à la tribune à l'appel de leur nom. Je vous remercie. Le scrutin est ouvert.

(Il est procédé au vote par appel nominal).

Je déclare le scrutin clos et je suspends la séance pendant 10 minutes, le temps du dépouillement. Je vous remercie.

(Il est procédé au dépouillement).