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Mars 2004
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Conseil Municipal
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59 - 2004, DGIC 3 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché ayant pour objet la recherche, la mise en place et le suivi opérationnel des partenariats dans le cadre de l'opération "Paris-plage 2004"

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2004


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DGIC 3 qui porte sur la signature d'un marché pour rechercher des partenariats dans le cadre de l'opération "Paris-plage 2004".
La parole est à Mme LE STRAT et c'est M. GIRARD qui lui répondra.
Mme Anne LE STRAT. - Merci, Monsieur le Maire.
Ce projet de délibération nous propose d'attribuer un montant de 107.640 euros à la société "Carat culture" pour l'opération "Paris-plage 2004". Ce projet de délibération nous inspire plusieurs remarques.
Tout d'abord, ce projet de délibération devrait s'inscrire plus largement dans le cadre d'une réflexion sur le partenariat. Alors que de plus en plus d'opérations de la Ville sont soutenues par des partenaires privés, nous ne pouvons pas en effet faire l'économie d'un débat sur la nature du partenariat demandé et sur sa mise en ?uvre.
Il est écrit dans la délibération : "Cette société, en l'occurrence "Carat culture", devra proposer des partenaires dans le respect de l'image et l'identité de la Mairie de Paris et de "Paris-plage" tout en veillant au bon équilibre de visibilité des marques partenaires". Si cette assertion a pour objet d'opérer une sélection parmi les partenaires qui pourront être retenus sans plus de précisions quant aux critères imposés, je crains que cela ne soit un peu vague. Quel type d'image et d'identité les partenaires doivent-ils respecter ? S'il s'agit de choisir des partenaires qui ne rentrent pas en contradiction avec les politiques municipales en matière d'environnement, en matière de transport, de solidarité, alors nous devons mieux définir ce que nous voulons ou ce que nous ne voulons pas.
Cela signifie-t-il que nous souhaiterions que soient privilégiés des partenaires qui s'inscrivent dans une démarche de développement soutenable, de qualité environnementale, dans une démarche d'économie solidaire, de commerce équitable, pour ne prendre que ces exemples ? S'agit-il de privilégier des partenariats avec des opérateurs privés qui concilient impératifs économiques, éthiques, sociaux et environnementaux ? Cela correspondrait en effet à des objectifs de politique municipale que nous nous sommes donnés. Mais le projet de délibération tel qu'il est formulé ne nous laisse pas nécessairement le supposer, ni d'ailleurs le choix de la société "Carat". Première agence média française sur le plurimédia, elle constitue le quinzième réseau mondial de conseil média. Pour reprendre les termes de l'Institut "Recma" pour son classement 2002, "Carat" est "plus dominateur que jamais". Quand on connaît ses principaux clients, RENAULT, FIAT, BMW, TOTAL, CEGETEL pour ne citer qu'eux, on peut s'interroger sur les partenaires que cette agence pourrait nous proposer pour "Paris-plage".
Ma deuxième remarque porte sur la deuxième partie de la phrase citée selon laquelle la société de conseil devra veiller au bon équilibre de visibilité des marques partenaires. Là encore, le propos est sibyllin et sujet à interprétation. S'il est légitime que les éventuels partenaires soient associés à la communication de l'événement, il ne me semble par contre pas souhaitable que les manifestations organisées sous l'égide de la Ville soient le lieu d'une foire commerciale et publicitaire.
Sans bannir le mécénat pour aider au financement de ces opérations, nous devons néanmoins rester vigilants quant au choix des partenaires possibles et quant à la communication faite. Nous devons d'abord nous interroger sur la nécessité de rechercher systématiquement des partenaires privés pour des manifestations municipales.
Il suffirait parfois de réduire le budget de l'événement ou de le concevoir autrement en fonction des partenaires désirés pour éviter d'avoir recours, ce qui est encore trop souvent le cas, aux grands opérateurs privés. Cela signifie aussi que nous aurions à décider plus en amont de la recherche ou non de partenaires, et selon quelles modalités, et non en mars comme dans ce cas-ci, ce qui semble assez tardif.
Quant à la communication... et je conclurai sur ce dernier paragraphe, quant à la communication faite par les éventuels partenaires, elle doit être fortement encadrée. Il s'agit d'éviter qu'elle donne lieu à une énième opération publicitaire fortement médiatisée, et plus largement à une forme de privatisation de l'espace public. Cela permettrait aussi de mieux équilibrer la communication entre les différents partenaires. En l'occurrence, cela n'a pas été le cas lors de l'édition 2003 de "Paris-plage" pour laquelle la S.A.G.E.P., faut-il le rappeler S.E.M. de la Ville, avait très fortement contribué (à hauteur de 160.000 euros) la plaçant de fait avec la réalisation et l'installation des fontaines parmi les plus grands contributeurs. Seul contributeur à n'avoir pas été cité comme partenaire de l'opération dans le journal à Paris, elle n'a pas eu non plus la possibilité d'assurer une communication autour de cette opération. Dommage pour le service public.
Et je conclurai par cette phrase, en souhaitant que soit créé au plus vite le groupe de travail établissant une charte des partenariats.
Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame LE STRAT.
Je crois que M. GIRARD, avec son talent habituel, va vous rassurer, mais de façon très concise.
M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Quelques mots, chère Madame LE STRAT.
Je rêverais évidemment pour Paris et pour "Paris-plage" que la S.A.G.E.P. fut le partenaire unique et plus généreux en peut-être abondant un budget qui s'approcherait plus d'un million d'euros que d'à peine 200.000 euros. Cela c'est un rêve.
En revanche, là où je suis bien évidemment en accord avec vous, puisqu'en 9e Commission nous avions déjà abordé cette question, à l'occasion d'une discussion avec le conseiller GAREL et d'autres conseillers de la 9e Commission, c'est que nous devions débattre de la nature des partenariats que nous rechercherons. Alors ce travail a été initié. Comme vous le savez, la recherche des partenaires se fait de deux façons, à la fois avec le concours des adjoints mais également sous la haute autorité et la compétence de Mme SCHNEIDER qui est en charge de la Direction de la Communication de la Ville. Un appel d'offres avait été fait auprès d'un certain nombre d'agences, et Mme SCHNEIDER a retenu l'agence "Carat" qu'elle a jugé avec beaucoup de sagesse, particulièrement compétente et dynamique.
Vous savez qu'il est difficile par les temps qui courent de trouver des partenaires. Nous faisons très attention, Anne-Sylvie SCHNEIDER et moi, à ne pas faire appel au nucléaire par exemple ou à E.D.F. ou à des sociétés qui évidemment ne pourraient pas être partenaires de la Ville.
Voilà. Je retiens votre proposition. Je suis certain que si vous ne votez pas pour, en tout cas "Les Verts" s'abstiendront. Bien évidemment, j'espère que ce projet de délibération passera néanmoins l'examen. Sans cela, j'en ferai évidemment un problème personnel.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Très bien. On voit quelle implication l'adjoint à la Culture met dans son travail d'élu.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DGIC 3.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DGIC 3).