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Juin 2014
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Vœu déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif aux projets de réorganisation du réseau des bibliothèques.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2014


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Le v?u n° 91 est relatif aux projets de réorganisation du réseau des bibliothèques. Je donne la parole à Mme Raphaëlle PRIMET pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, la Ville a investi 116 millions d'euros pour la rénovation et la construction d?équipements. L?activité y est en augmentation et c'est une bonne chose pour l'accès à la culture des Parisiens, mais il ne saurait y avoir d'investissements utiles sans y accoler les moyens humains nécessaires.

Alors même que le réseau s'étend et se dynamise, on supprime entre 50 et 80 postes budgétaires. Comment peut-on croire que le service public n'en soit pas dégradé ? Alors même que dans certaines bibliothèques on réduit les horaires d'ouverture faute de personnel, n'est-il pas contradictoire d?annoncer dans le même temps l?ouverture du dimanche dans une bibliothèque par grand arrondissement d'ici 2020 ?

L'accès à la culture des Parisiens n'est pas seulement une donnée quantitative, c'est bien le travail des agents dans l'accueil et l'accompagnement qui peut garantir la qualité du service rendu aux usagers, et cela ne peut être si les conditions de travail ne le permettent pas. C'est dans cet esprit que nous vous demandons, avant toute réorganisation, de lancer études et concertations avec les représentants du personnel, les responsables des bibliothèques, les conseils de quartier. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Madame, d'avoir respecté votre temps de parole. Pour vous répondre, je donne la parole à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, je serai très bref parce que depuis le dépôt du v?u par le groupe Communiste - Front de Gauche en 9e Commission, nous avons eu des échanges et vous avez accepté de faire quelques amendements. Le v?u n° 91, ainsi amendé, non seulement me convient parfaitement, mais même plus que cela. Je pense qu?il est nécessaire de bien démontrer que notre volonté est de poursuivre le développement de notre réseau de bibliothèques et de lecture publique qui est un service public absolument majeur. Je le crois plébiscité par les Parisiens, et évidemment, toute notre politique publique culturelle à l'égard de nos bibliothèques doit être en ce sens. Un service public efficace et qui répond à une demande, notamment de la société, des Parisiens et Parisiennes de toutes générations confondues, est un service public qui doit s'adapter. Je pense pertinent que nous réaffirmions que ces adaptations se fassent en concertation, dans l'intérêt du service public, mais aussi des agents concernés. C'est donc un avis favorable.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci. Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 91, qui a un avis favorable avec les amendements proposés par Bruno JULLIARD. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le v?u amendé est donc adopté à l'unanimité. C'est formidable. (2014, V. 88). V?u déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif à l'avenir des espaces discothèques.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous passons au v?u n° 92 relatif à l'avenir des espaces discothèques. Je donne la parole à Mme Raphaëlle PRIMET, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Monsieur le Maire, il est indéniable que la montée en puissance d'Internet et des pratiques de téléchargement est à l'origine de la crise du CD, et par conséquent, d'une baisse des prêts dans les médiathèques de la ville. Doit-on pour autant abandonner totalement le CD au profit des nouveaux supports numériques ?

Doit-on fermer les espaces discothèques comme c'est déjà le cas dans les bibliothèques Vaugirard, Aimé Césaire et Glacière ? Pouvons-nous faire évoluer l?offre musicale du réseau ? Aujourd'hui, seul le CD propose une réelle diversité musicale et permet au plus grand nombre de découvrir de nombreux styles. La qualité de son du CD, bien qu?inférieure à celle des vinyles, reste encore dix fois meilleure que celle du lecteur mp3. Lorsque nos médiathèques disposent d'un fonds important, l'engouement du public pour la musique ne faiblit pas. Réduire le nombre d?espaces discothèques ou supprimer purement et simplement le CD de nos bibliothèques irait à contre-courant de la demande des usagers. Le prix de l'abonnement, 30 euros, est par contre un obstacle pour une grande partie du public. La gratuité permettra de relancer l?activité et de garantir l?accès de tous à cette offre culturelle. Les agents de la DAC ont des propositions pour faire évoluer l'offre musicale, et c?est pour cette raison que nous demandons que toute évolution soit réfléchie avec eux. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Madame PRIMET. Merci encore d'avoir respecté votre temps de parole. Pour vous répondre, la parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - On ne les fait pas ensemble, avec le v?u de Danielle SIMONNET sur les discothèques ? Non ? Ah bon, très bien. Cela m?a laissé un peu moins de temps pour relire mes notes, mais je vais essayer d?être performant quand même. D'abord quelques éléments de contexte. Il n'existe pas, aujourd'hui, ni dans mon esprit ni dans celui de la DAC, de plan spécifique ou caché même de disparition des discothèques. Il est vrai que nous sommes face à une baisse conséquente des prêts de C.D., malgré des ouvertures de nouveaux établissements qui, certaines, intègrent des C.D., notamment les dernières grandes médiathèques. Cette baisse est inégalement répartie suivant les petites ou moyennes discothèques et la question du coût de ces prêts n'est en tout état de cause pas la seule explication de cette baisse. En effet, j'adhère à votre raisonnement sur le fait que nous ne pouvons pas avoir une réflexion sur les discothèques, quelle qu'elle soit d'ailleurs, qu'il s'agisse d'un élargissement, qu'il s'agisse d'une diminution, d'une concentration dans certaines bibliothèques pour y mettre ces discothèques concernées, il faut que nous ayons une réflexion globale, d?ailleurs pas uniquement sur l'avenir des discothèques, mais plutôt de notre offre musicale dans nos bibliothèques. Je pense que le débat, tel qu'il est aujourd'hui, n'est pas particulièrement bien posé. Par exemple, nous ne prenons pas en compte les liens que nous pourrions avoir avec les conservatoires. Nous ne prenons pas en compte l?offre que nous pourrions avoir dans les bibliothèques en termes de musique numérique. Nous ne prenons pas en compte, par exemple, l'offre de nouveaux services, je pense par exemple aux vinyles dont nous savons que, probablement, je ne veux pas trop anticiper, il a plus d'avenir que le C.D., paradoxalement. Le réseau de nos bibliothèques, qui est l?un des réseaux les plus à la pointe des réseaux français, peut tout à fait justifier ce type de réflexion. C'est la raison pour laquelle je vous ai proposé, pareil, suite à la 9e Commission, quelques amendements, enfin vous avez proposé quelques amendements suite à nos discussions qui me conviennent parfaitement. Je peux même les préciser un peu, puisqu'on a déjà eu cette discussion et je dois reconnaître que nous n'avons pas avancé depuis le dernier v?u que nous avons voté ici, Conseil de Paris. Nous avons pris l'engagement avec, j'imagine que vous me félicitez de l?admettre, avec Noël CORBIN pour deux choses. D'abord, avant que la réflexion n'aboutisse à une décision politique, il faut qu'il n'y ait pas de changement sur les discothèques en cours, c?est-à-dire un moratoire sur tout changement dans les discothèques jusqu'à ce qu?une décision finale soit prise dans les mois qui viennent. Je propose également que nous fixions une date définitive après le groupe de travail, après une étude extérieure, et que nous ayons des informations objectives pour pouvoir ensuite décider ensemble de ce que nous faisons, y compris en termes de coût d'ailleurs. Nous étudierons évidemment la gratuité, parce que peut-être qu?elle est en effet un outil au service du public, peut-être qu?elle est une dépense excessive par rapport à d'autres services publics que nous pourrions mettre en place. Tout cela, nous devons, avec les personnels et puis évidemment les élus, nous devons en discuter. Je vous propose que nous nous donnions comme date butoir, pour avoir tous ces éléments d'information et pour un aboutissement de nos échanges avec les organisations syndicales et tous les personnels, d'ailleurs, maximum le premier trimestre 2015 puisque bon nombre d'organisations syndicales vont être beaucoup prises par les élections professionnelles d'ici la fin de l'année. C'est peut-être deux précisions que j'ajouterais, le moratoire et la date butoir des six mois pour compléter votre v?u pour que nous soyons complètement d'accord sur la méthode et le calendrier à venir.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci. Si je comprends bien, le v?u est amendé avec ces éléments.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Excusez-moi, Monsieur le Maire, c'est donc un avis favorable à ce v?u et je voulais également répondre en même temps au v?u de Danielle SIMONNET parce que j?imaginais que, peut-être, mais peut-être que je m?avance trop, avec l'ensemble de ces éléments plus les deux précisions que je viens d'apporter, peut-être que nous aurions pu avoir une unanimité sur le v?u du groupe Communiste - Front de Gauche tel qu'il est dorénavant amendé, sinon ce sera un avis favorable au v?u n° 92 et défavorable au v?u de Mme SIMONNET dont j'ai oublié le numéro, 93.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Logiquement, après le v?u n° 92, c?est le v?u n° 93, effectivement. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 92 amendé avec un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le v?u amendé est adopté à l'unanimité. (2014, V. 89). V?u déposé par Mme SIMONNET relatif aux effectifs dans les bibliothèques et pour la gratuité de tous les prêts.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Je donne donc la parole à Mme SIMONNET sur le v?u n° 93, qui nous dira également, par la même occasion, si elle retire ou si elle maintient son v?u.

Mme Danielle SIMONNET. - La cohérence du débat aurait voulu que ce v?u soit présenté avant les deux autres ou en même temps que les deux autres, mais pas dissocié des deux autres. Pas d'abord un v?u sur la gratuité qui est adopté avec amendement de l'Exécutif puis, ensuite, le débat des deux autres groupés, parce que mon v?u aborde bien les deux aspects.

Depuis près de cinq ans, il y a entre 50 et 80 postes qui ont été supprimés dans les bibliothèques de la Ville et on sait pertinemment qu'il y a eu, en plus des redéploiements, des sections de discothèques qui ont été supprimées, des petites bibliothèques de quartier qui ont disparu au profit des grandes concentrations. Mon v?u, à la fois, demande à ce que l'on créé des postes nécessaires au bon fonctionnement des bibliothèques et médiathèques de Paris et que l'on instaure la gratuité car, l'an dernier, les 10 et 11 juin 2013, le v?u qui avait été adopté en réponse au v?u que j'avais à l'époque présenté ou que nous avions dans le groupe à l'époque présenté disait que la Ville s'engageait à étudier la gratuité pour tous les prêts dans les bibliothèques et médiathèques de la Ville de Paris. Donc, vous avez avoué que vous n'aviez absolument pas avancé un an après et qu'est-ce que vous proposez aujourd'hui ? Finalement, que l'on reprenne tranquillement les études. Donc, franchement, les v?ux de l'Exécutif que l'on vient d'adopter, c'est du blabla car, sur les effectifs il n'y a rien, sur la gratuité il n'y a rien et sur la garantie que l'on ne ferme pas les discothèques, vous dites oralement un moratoire, mais il faudrait qu'il soit non seulement effectif, mais celles qui ont fermé devraient être rouvertes. La seule chose que j?approuve est que, enfin, vous dites qu'il faut absolument reprendre les négociations avec les organisations syndicales. Elles n'ont pas fait grève pour rien et je pense qu'elles ont besoin qu'on les entende enfin.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci. Est-ce que Bruno JULLIARD souhaite vous répondre ?

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Juste un mot. Je regrette que Danielle SIMONNET ne souhaite pas permettre que nous nous retrouvions sur le v?u du Parti Communiste. Sur les deux points, ce n'est pas possible. D'abord sur la question des créations de postes, nous ouvrons des bibliothèques et cela se fait avec des créations nettes de postes à chaque fois. Paris est l'une des seules collectivités en France qui investit autant sur la lecture publique avec à la fois de l'investissement, de la création de bibliothèques, qu'elles soient grandes ou petites, il ne faut pas les opposer, et avec en plus des créations de postes dans ces bibliothèques. Il y a peu de réseaux de lecture publique qui investissent autant que le réseau de lecture publique parisien. Le second point, nous avons à la suite du dernier C.T.P., avec les organisations syndicales, défini un calendrier qui intègre la question de la gratuité dans nos échanges et dans nos négociations des mois à venir. Je ne propose pas que le Conseil de Paris donne la conclusion avant même le début des négociations, c'est donc un avis défavorable.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Monsieur JULLIARD. J?ai été saisi d?une demande d?explication de vote de Mme Aurélie SOLANS pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Aurélie SOLANS. - Je ne serai pas longue. Je souhaitais souligner que nous voterons le v?u n° 92 tel qu'il a été amendé, nous l'avons voté d?ailleurs. Compte tenu de la fréquentation toujours très importante, même s?il y a une baisse, nous accordons de l'importance au travail qu'effectuent les discothèques dans les quartiers, dans l'accès à la culture et, quant à la réflexion sur la gratuité du prêt, dans les pistes, elle semble aujourd'hui indispensable et les retours des bibliothécaires, notamment en direction des publics adolescents, vont dans ce sens, donc nous y serons attentifs. Merci.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Madame SOLANS.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 93 avec un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le v?u est rejeté.