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Juin 2014
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Conseil Municipal
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2014 DAC 1113 - Subventions (56.130 euros) à 20 associations adhérant à la Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc, Tunisie. Vœu déposé par le groupe UMP relatif à la modification de la subvention.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2014


 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DAC 1113 et le v?u n° 102. Ce projet de délibération est relatif à des subventions pour un montant de 56.130 euros à 20 associations adhérant à la Fédération nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc, Tunisie. Je donne la parole à M. Jean-François LEGARET, pour le groupe UMP.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Chers collègues, je voulais faire appel à votre indulgence et vous prier de rectifier une coquille. Effectivement, le montant global de la délibération est de 56.130, et non pas de 136.130, comme c?est indiqué par erreur dans le premier paragraphe. Je voulais vous demander de bien vouloir voter ce v?u qui consiste à abonder de 200 euros la subvention au comité de la FNACA des 1er et 2e arrondissements. Je vous en remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Pour répondre, je donne la parole à Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je tiens d'abord à rappeler l'étroite collaboration que j'entretiens et que la Mairie de Paris entretient avec tous les comités locaux et toutes les sections de la FNACA, avec qui elle travaille sur la mémoire, sur la guerre d'Algérie. C'est extrêmement important que d'avoir des relations aussi étroites avec cette fédération, nous le savons tous.

Monsieur LEGARET, je comprends bien que vous demandiez 200 euros pour les 1er et 2e arrondissements, mais cela ne se passe pas tout à fait de cette façon parce que, comme vous avez pu le voir, nous avons mis en place un tableau qui permet de voir combien perçoivent les comités locaux, et c'est pour cela que vous avez pu faire des comparaisons. Nous étudions les subventions en fonction du total des adhérents et de l'activité de ces comités locaux.

Ce qui nous honore, je pense, ici à la Ville de Paris, c'est que nous n'avons baissé aucune des subventions des comités locaux et des sections de la FNACA, malgré les difficultés financières que nous connaissons, et malgré les recommandations que votre camp avaient fait pendant la campagne électorale sur le fait qu'il fallait diminuer de moitié les subventions aux associations. Donc, nous conservons intactes les sommes que nous versons aux comités locaux. En plus, je vous rappelle que la FNACA est la fédération qui obtient le plus d?aides de la Ville de Paris au sein de ma délégation, et qu'en l'occurrence, en maintenant cette somme, je pense que nous faisons déjà un effort budgétaire. Je vous demande, Monsieur LEGARET, s'il vous plaît, de bien vouloir retirer votre v?u, sinon je ne pourrai donner qu?un avis défavorable.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Monsieur LEGARET, quelle est votre position ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je regrette la réponse défavorable, mais je maintiens le v?u.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 102 avec un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est rejeté. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 1113. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2014, DAC 1113). 2014 DU 1027 - Dénomination "Jacques Lacan" d'une rue - ZAC Paris Rive Gauche (13e). V?u déposé par le Groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants relatif à l'instauration d'un délai de carence pour l'attribution des noms de rues, jardins.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DU 1027 et le v?u n° 103. Ce projet de délibération est relatif à la dénomination Jacques Lacan d'une rue dans la Z.A.C. "Paris rive gauche" dans le 13e arrondissement. Je donne la parole à M. Jean-Bernard BROS, pour le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Ce v?u vise à proposer un nouveau cadre concernant les attributions de noms de rues, édifices, marchés ou jardins publics parisiens. Nous avons beaucoup d'exemples dans le passé au cours desquels nous avons assisté à une sorte de course à la dénomination, procédé assez discutable consistant à demander la dénomination d'un lieu ou d?un nom d'une personne tout juste disparue. J'ai en mémoire le regretté Aimé Césaire pour lequel trois maires d'arrondissement déposaient, lors du même Conseil de Paris, une demande d'attribution de nom d'un édifice public dans leur arrondissement. Je suggère également, et c'est une recommandation du Ministère de l'Intérieur, de ne pas attribuer de noms de lieux à des personnes vivantes. Enfin, je demande à ce que l'ensemble des projets de dénomination soient préalablement discutés au Conseil de Paris. Voici le sens de ce v?u.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Merci pour votre concision. Je donne la parole à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Monsieur le Maire, chers collègues, je vais répondre point par point à ce v?u pour plus de clarté, et je note que je ne comprends pas bien le rattachement de ce v?u à la dénomination Jacques Lacan, paix à son âme.

Sur la proposition de ne pas attribuer le nom d'une voie ou d'un édifice public à une personne vivante, j'avoue que je n'ai pas d'opinion arrêté sur cette proposition. Toutes les situations peuvent se présenter, et il n'existe pas de dogme en la matière, puisqu'en France, nous avons des édifices sportifs, des bibliothèques, des écoles qui portent le nom de personnes vivantes. Je ne vais pas en faire l?inventaire, mais cela existe.

Deuxièmement, sur votre proposition de formaliser un délai de deux ans entre le décès d'une personnalité et la soumission d'un v?u demandant l'attribution de son nom, je ne me vois pas interdire à l?un des groupes politiques du Conseil de Paris le dépôt d'un v?u suite à l'annonce du décès d'une personnalité.

Vous savez très bien que, lorsque quelqu'un disparaît, qu'on a connu, qu'on a aimé ou qui représente symboliquement quelque chose de très important, au vu de l'émotion qu'une disparition suscite, le dépôt d'un v?u peut justement procéder de l'hommage que notre Assemblée, notre Conseil de Paris entend lui donner et je remarque d'ailleurs que tous les groupes politiques, y compris le vôtre, ont déposé des v?ux.

Par ailleurs, vous savez qu'adopter un v?u ne débouche pas automatiquement sur une dénomination, puisque la proposition est étudiée par les services et, ensuite, passe en Commission de dénomination et nécessite l'instruction d'un projet de délibération qui, lui-même, sera débattu ici même. Pour ces raisons, je ne suis pas d'accord avec votre deuxième alinéa. Le troisième point, sur votre proposition que l'ensemble des appellations de voies, rues, places, jardins ou établissements publics fassent l'objet d'une discussion en Conseil de Paris, c'est ce que nous faisons, comme M. Jourdain faisait de la prose, nous discutons dans cette enceinte des noms et des appellations de voies, puisque cela passe par le biais des v?ux et des projets de délibération. Par ailleurs, la proposition d'une dénomination est étudiée et discutée plusieurs fois, lors des v?ux comme je viens de le dire, lors de la Commission de dénomination qui se réunit une fois par an et où tous les maires d'arrondissement sont conviés, jouent un rôle prépondérant et ont été consultés longuement en amont et, enfin, lors du passage du projet de délibération en Conseil de Paris. Je suis désolée, mon cher collègue, mais votre proposition et votre v?u me semblent donc sans objet et, dans ce contexte, je vous demande de retirer votre v?u, car je ne pourrais donner qu'un avis défavorable.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Monsieur BROS, maintenez-vous votre v?u ?

M. Jean-Bernard BROS. - Oui, puisque l'histoire récente prouve le contraire de ce que vous venez d'annoncer, donc on le maintient.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets donc aux voix le v?u n° 103. Une explication de vote de M. LEGARET ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Est-ce que vous m?autorisez, Monsieur le Maire, à faire une explication de vote conjointe sur le v?u n° 103 et sur le v?u n° 107, les deux sujets étant liés ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je ne vois pas d'objection à ce que l'on gagne du temps.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Il y a effectivement, comme le v?u déposé par M. BROS le rappelle, des règles : c'est cette délibération de 1932 modifiée par la délibération de 1938.

Je tiens à dire que, aussi loin que remonte ma mémoire, il a toujours été fait état de cette règle de respect de ce délai de cinq ans après le décès d'une personnalité.

Attendez, je n'ai pas encore tout dit. Je signale que, pour ce qui me concerne, sur les propositions que j'ai pu faire et que j?ai d'ailleurs eu la joie de faire aboutir dans le 1er arrondissement, qu'il s'agisse de Michel Caldaguès ou d?Henri Salvador, j'ai déposé des v?ux, qui ont été adoptés à l?unanimité, alors que le délai de cinq ans venait de s'écouler.

Je fais observer aussi que, pour Jean-Paul II ou pour Nelson Mandela, dans la délibération attribuant la dénomination, il a été précisé que c'était par dérogation à la règle habituelle des cinq ans et on peut très bien admettre que, pour de grandes personnalités, je dirai planétaires, comme c'est le cas pour Jean-Paul II ou Nelson Mandela, là, le Conseil de Paris puisse se réserver la liberté de déroger à ses propres règles.

Ce n'est pas quelque chose d'interdit, mais il me semble quand même souhaitable que l'on maintienne une règle, et cette règle de cinq ans, moi, personnellement, ne me paraît pas excessive.

Là-dessus vient se greffer le récent voyage de sa gracieuse majesté la Reine Elizabeth II d'Angleterre.

Je tiens à dire que, bien que parfaitement républicain, j'ai beaucoup de respect pour la Reine d'Angleterre, mais je suis quand même très surpris des modalités qui ont été constatées.

Je ne veux pas lire dans vos intentions cachées, cher Jean-Bernard BROS, mais, si ce v?u est déposé maintenant, c'est probablement parce qu?un événement récent l'a suscité. Je tiens d'abord à dire que, pour la première fois, lors d'une visite d'une personnalité aussi importante, les élus parisiens n'ont pas été conviés ni même les maires d'arrondissement. Je l'ai appris par la presse, mais les maires d'arrondissement n'ont pas été conviés. Le maire du 4e ? Bon, très bien, mais, enfin, le 1er arrondissement n'est pas très éloigné et je tiens à dire que je n'ai pas été convié. On apprend donc que la dénomination de la Reine Elizabeth II a été donnée au Marché aux fleurs, qui est un lieu très sympathique et très symbolique. Je trouve quand même cela très curieux, d'abord parce que, effectivement, par chance pour elle, sa majesté la Reine Elizabeth II est toujours en vie, mais parce que nous n'avons jamais délibéré et que je ne crois même pas qu'il y ait eu un arrêté de la Maire de Paris publié au B.M.O. Je trouve cela extrêmement regrettable et très léger sur le plan des procédures parce que qu?est-ce qui interdira demain n'importe quel Parisien un peu allumé de procéder à une dénomination plus ou moins fantaisiste si la Mairie de Paris donne elle-même, si je puis dire, l'exemple ? Je ne vois pas ce qui interdira de le faire. Mon souhait, bien entendu je voterai le v?u de Jean-Bernard BROS et moi, personnellement, je considère que le délai de cinq ans n?est pas déraisonnable, mais je le voterai quand même, parce que c'est mieux d'avoir un v?u que de ne pas en avoir du tout. Je voterai contre le v?u de Mme SIMONNET sur Elizabeth II, mais je souhaite et je dépose, si vous me le permettez, Monsieur le Maire, un v?u oral, comme il arrive à l'Exécutif de le faire, c'est qu'il y ait au moins un projet de délibération qui, a posteriori, régularise la dénomination du Marché aux fleurs Elizabeth II et qu'il y ait également un arrêté en régularisation qui soit publié au B.M.O. Pour l'instant, je constate qu'il y a un vide juridique total et je considère que c'est une profonde anomalie. Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à Mme Catherine VIEU-CHARIER qui va répondre à la fois sur le v?u, c'était déjà fait, donc l'avis est défavorable, mais peut-être quelques éléments en complément en réponse à M. LEGARET.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je vais recommencer, puisque, comme je suis? Attendez, Monsieur LEGARET, si vous avez bien lu le v?u de M. BROS, il y a des choses que vous vous interdisez, c'est-à-dire que vous ne déposerez aucun v?u à la mort d'une grande personnalité?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - J'ai répondu qu?il pouvait y avoir dérogation.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Un v?u, ce n'est pas une délibération, c'est un v?u.

L'Assemblée exprime?

Laissez-moi terminer. L'Assemblée exprime le v?u qu'un jour, délai de carence de cinq ans par exemple, une rue, un marché, une place puisse s'appeler, je ne sais pas, une personnalité, une très grande personnalité X ou Y. Je le lis : "de formuler un délai de deux ans entre le décès et la soumission d'un v?u". Cela veut dire que, maintenant, si on vote ce v?u, on s'interdit de déposer des v?ux à la mort de quelqu'un. Ce n'est pas une règle, un v?u, c'est la liberté d'expression d'un groupe politique. Vous déposez un v?u. Ensuite, pour répondre à l'affaire de la Reine Elizabeth, parce que je n'avais pas compris, chez M. BROS, qu'il y avait malice à ce point. Quand on écrit un v?u, on va jusqu'au bout. Mme SIMONNET est claire, elle parle d'Elizabeth II, au moins on sait où on est. Monsieur BROS, vous avez décrypté, formidable, et voilà que la Reine d'Angleterre est rhabillée pour l'hiver. Je voudrais rappeler une chose, le deuxième considérant du v?u de Mme SIMONNET, la dénomination Marché aux fleurs Reine Elizabeth II ne fait pas l'objet d'une délibération au Conseil de Paris parce que, précisément, il n'est pas prévu que le Conseil de Paris délibère sur la dénomination d'un marché, d'autant que le Marché aux fleurs conserve son nom de Marché aux fleurs et qu'il est mis en-dessous "Elizabeth II", comme elle l'a d'ailleurs très bien reçu puisqu'elle était là pour l'inaugurer. Je vous rappelle qu'on peut penser ce que l'on veut de la Reine d'Angleterre, c'est le dernier chef d'Etat qui a fait la guerre de 39-45 à être vivante aujourd'hui et, cela, c?était très, très bien. Voilà.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets à présent aux voix, à main levée, le v?u n° 103 avec un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est rejeté. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 1027. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2014, DU 1027). 2014 DU 1028 Dénomination "Jean-Michel Basquiat" d'une place-ZAC Paris Rive Gauche (13e).

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DU 1028 relatif à la dénomination "Jean-Michel Basquiat" d'une place dans la Z.A.C. "Paris rive gauche", dans le 13e arrondissement. Je donne la parole à Mme Raphaëlle PRIMET pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Monsieur le Maire, Jean-Michel Basquiat n'est pas seulement le premier peintre noir américain à avoir connu un succès international. C'est un peintre de génie, un véritable artiste qui a plus que sa place à Paris. A ses débuts, il peint la rue, graffitant, tagant la signature SAMO avec son ami Al Diaz sur les murs de SoHo à Manhattan. Il peint sur tous les supports, des boîtes, des frigos, tout ce qui lui tombe sous la main. Mais il le dit lui-même : "Je n'ai jamais fait de tag, j?ai fait de la peinture dès le début". Il rencontre le succès très jeune et délaisse les murs pour la toile, et sa peinture vibre de l'énergie nocturne et urbaine de la solitude de la ville. Sa peinture parle de la mort : silhouettes décharnées et fragiles, masques funéraires rappelant l'art primitif, couleurs noir et rouge omniprésentes. Elle parle du corps humain qui le fascine depuis son enfance.

Sa peinture est musicale, rythmée comme le jazz, le reggae, le rap, le rock qu?il écoute et qu?il pratique parfois en musicien dans les groupes qu'il a formés. Il remixe violemment la peinture occidentale, comme un DJ, pour mieux la renouveler. Sa peinture parle. Ses toiles couvertes de phrases, de mots peints, biffés, raturés, met en peinture la technique du "cut up", collage littéraire de William Burroughs, son écrivain préféré de la Beat Generation. Sa peinture raconte l?histoire du peuple noir, sa culture, ses musiciens, ses boxeurs, ses sportifs, ses hommes politiques.

Dans son panthéon, les grands hommes sont Charlie Parker, Jessie Owens, Malcolm X, Marcus Garvey.

Sa peinture dénonce l'esclavage, le racisme. On y voit sa fierté de ses origines lointaines d'Afrique, de la révolte des esclaves et de la lutte des afro-américains. Prolixe, il laisse malgré sa courte vie des milliers d??uvres. Il fait partie du mouvement néo-expressionniste aux côtés d'artistes tels que Keith Haring, Julian SCHNABEL, Francesco CLEMENTE. En 1983, Basquiat rencontre Andy Warhol, devient son ami et conçoit avec lui nombre d??uvres. En 1987, la mort du même Andy Warhol anéantit Basquiat qui se réfugie davantage encore dans la drogue. Il décède d'une overdose le 12 août 1988, à seulement 27 ans. Deux musées européens lui avaient déjà consacré une rétrospective. Jean-Michel Basquiat a marqué l?art de la fin du XXe siècle. Son ?uvre est riche et complexe et ne se satisfait pas d'un regard superficiel. Je finirai par ces mots d?Enrico NAVARRA : "Jean-Michel Basquiat n?a pas de couleur, il est de toutes celles qu'il a inscrites sur ces toiles". Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je ne peux rien ajouter à un si bel hommage. Je voudrais vous dire que la dénomination Jean-Michel Basquiat, qui a été longuement travaillée par la Commission de dénomination, a été adoptée à l'unanimité le 12 mars 2014.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 1028. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté à l?unanimité. (2014, DU 1028).

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Chers collègues, je vous informe que des sandwichs sont disponibles à la buvette. Vous pouvez donc aller vous restaurer pour prendre des forces pour la poursuite de cette séance. 2014 DU 1045 Dénomination "Cesaria Evora" d'une rue (19e).

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous passons à présent à l'examen du projet de délibération DU 1045, relatif à une autre dénomination importante, celle de Cesaria Evora, d'une rue du 19e arrondissement. Je donne à nouveau la parole à Mme Raphaëlle PRIMET pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Mme Raphaëlle PRIMET. - A l?image de Nina Simone ou de Myriam Makeba, Cesaria Evora a su donner une voix féminine à l'Afrique, mais pas seulement, au monde et, singulièrement, à la France. La France et Paris ont permis à cette femme d'avoir une carrière qui a porté loin la musique capverdienne. Son destin est un roman qui a des pages sombres et difficiles, comme celles de son enfance d'orpheline, mais aussi des pages lumineuses comme ses concerts ou ses enregistrements.

Une carrière morcelée dans un pays colonisé, puis décolonisé, mais qui hésite à donner des espaces de liberté à ses créatrices et créateurs. Incidence de 10 ans et une résurrection à partir de la fin des années 1980. Paris bruisse de la world music, les radios libres cherchent et trouvent des bijoux comme Cesaria Evora. Son mythe se construit. Cette femme née simple restera simple. Elle explose littéralement au New Morning à l?aube des années 90. Son hymne "Sodade", lancinant et envoûtant, occupe pendant des semaines les premières places du box-office. Ce titre est un hymne à la gloire des Capverdiens exploités dans les champs de cacao. Adulée, récompensée dans le monde entier, faite chevalier de la Légion d?honneur en 2009, elle est une des étoiles de la chanson qui a su conquérir le monde. Paris a été l'étincelle dans sa longue carrière. Alors faisons que Paris rende à cette grande dame un hommage à la hauteur de ce qu'elle nous a offert, la joie, le plaisir de découvrir une pépite musicale, la musique du Cap-Vert. Pour paraphraser André Malraux, "la France n'est grande que lorsqu?elle touche à l'universel". Faisons par cette décision que Paris soit la meilleure illustration de cette maxime. Merci.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Madame VIEU-CHARIER...

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je remercie Mme PRIMET pour le très bel hommage qu?elle a rendu à Cesaria Evora. Là, il s'agit bien d'une dérogation à la règle des cinq ans, mais quel bel hommage que de lui donner le nom d'une rue dans le 19e arrondissement. Cette dénomination a été adoptée à l'unanimité de la Commission de dénomination du 12 mars 2014 qui, je vous le rappelle, rassemble tous les maires d'arrondissement de droite, comme de gauche.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 1045. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2014, DU 1045). V?u déposé par le groupe SOCA relatif à une plaque mémorielle sur le pont Marie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous passons à l'examen de v?ux non rattachés. Le v?u n° 104 est relatif à une plaque mémorielle sur le pont Marie. Je donne la parole à Christophe GIRARD pour le groupe Socialiste et Apparentés pour une minute.

M. Christophe GIRARD, Maire du 4e arrondissement. - Considérant que le pont Marie est le plus ancien pont de Paris, que l'on doit à l'ingénieur Christophe - du très beau prénom Christophe - Marie, qui le construisit de 1614 à 1635.

Sur ma proposition et celle de Karen TAÏEB et des élus du groupe Socialiste et Apparentés, le Conseil de Paris émet le v?u qu'une plaque commémorative puisse être apposée à cette occasion sur le pont, mentionnant ce qui suit : "Le 11 octobre 1614, la première pierre de ce pont fut posée par le jeune Louis XIII et sa reine mère, Marie de Médicis, en présence du Prévôt des marchands, Robert Miron, et de nombreux participants. Ce pont construit par Christophe Marie, entrepreneur des ponts de France, a relié le quartier Saint-Paul et celui de la Tournelle et permis l'aménagement de l?île Notre-Dame, alors déserte, pour créer la future île Saint-Louis". Il est proposé que la pose et l?inauguration de la plaque aient lieu le vendredi 10 octobre 2014, afin que les écoles puissent y participer.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je remercie Christophe GIRARD et Karen TAÏEB de ce poétique v?u puisque tous les ponts sont pour moi un symbole tout à fait extraordinaire, celui-ci particulièrement, parce qu'on l'aime, parce qu?il est très ancien, parce qu'il est magnifique.

Je voudrais rappeler que l'année dernière, lorsque nous avons commémoré les 850 ans de Notre-Dame de Paris, un grand colloque a justement parlé de ce pont parce que c'est par là que les Prévôts partaient de l'Hôtel de Ville de Paris en procession jusqu'à Notre-Dame de Paris et qu'ils traversaient ce pont. Puis les ponts, vous savez, c'est le pont des Soupirs, c'est les ponts de l'amour, les ponts de? Il y a beaucoup de choses qui s'y rattachent. Je voudrais vous informer que le conseil de quartier des îles organise le 11 et le 12 octobre prochain un colloque scientifique à l?hôtel de Lauzun afin, justement, de célébrer les 400 ans de la construction du pont. Donc, bien évidemment, c'est un v?u que nous allons adopter avec enthousiasme, tous ensemble, je l'imagine. Et, bien évidemment, nous travaillons en amont avec la mairie du 4e arrondissement pour que les écoles puissent effectivement participer à l'inauguration le vendredi 11 octobre 2014, comme vous le souhaitez, Monsieur le Maire du 4e arrondissement.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 104, avec un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est adopté. (2014, V. 94). V?u déposé par le groupe PCF-FG relatif à la dénomination "Caroline Aigle" à un jardin et un square parisien.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Le v?u n° 105 est relatif à la dénomination "Caroline Aigle", à un jardin et un square parisien. Je donne la parole à M. Nicolas BONNET-OULALDJ pour le groupe Communiste - Front de gauche pour une minute.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire.

C'est un v?u que je présente dans le cadre du travail d'histoire et de mémoire de la Ville de Paris, qui joue son rôle sur la Défense et ses soldats. Il est important de rappeler à la population parisienne que les femmes jouent un rôle de plus en plus important au sein des armées.

Caroline Aigle est une grande figure féminine.

Issue d'une famille lorraine, née le 12 septembre 1974 à Montauban, Caroline Aigle parcourt très jeune une bonne partie de l'Afrique où son père sert comme médecin militaire, avant de rejoindre à 14 ans le lycée militaire de Saint-Cyr, où elle reste jusqu?en classe de Terminale. Elle effectue ensuite sa préparation aux grandes écoles au Prytanée national militaire de la Flèche, avant d?intégrer l'Ecole polytechnique promotion 1994.

Pendant ces études, elle décide de servir l?Armée de l'air.

En septembre 1997, elle intègre donc et débute sa formation au pilotage, ralliant la "division des vols" qui correspond à la troisième et dernière année de l'Ecole de l'air.

Le 28 mai 1999, Caroline Aigle est brevetée pilote de chasse ; en 2000, elle intègre la base aérienne 115 d'Orange dans l'escadron de chasse Ile-de-France et effectue sa formation sur Mirage 2000. Elle est affectée sur Mirage 2000 à l'escadron de chasse Côte-d'Or à la B.A. 102 de Dijon en 2000, puis devient commandant d'escadrille à partir de 2005.

En septembre 2006, elle est affectée à la "sécurité des vols" du commandement des forces aériennes de la B.A. 128 de Metz.

Caroline Aigle est aussi une sportive accomplie : championne de France militaire de triathlon en 1997, championne du monde militaire de triathlon par équipe en 1997 et vice-championne du monde militaire de triathlon par équipe en 1999. Caroline Aigle est sur le point d?être sélectionnée comme astronaute de l'Agence spatiale européenne mais, très malade, sa dernière grande participation à un événement est d'être, en mai 2007, la marraine du meeting aérien Airexpo à Toulouse. Elle est décédée le 21 août 2007 à l'âge de 32 ans d'un cancer foudroyant, décelé quelques mois avant sa disparition, quelques jours après avoir mis au monde son second fils Gabriel. Pour toutes ces raisons, mes chers collègues, je vous propose que la Ville de Paris, la capitale de notre pays, mette à l'honneur Caroline Aigle en dénommant un jardin ou un square en son nom. Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à Mme VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je vous remercie, cher collègue, cher président, d'avoir présenté ce v?u parce que, franchement, la figure de Caroline Aigle est à la fois une très belle figure, une figure extrêmement émouvante, et l'itinéraire de cette femme est absolument magnifique, foudroyée hélas, mais je trouve que vraiment notre ville s'honorerait d'avoir un jardin ou un lieu s'appelant "Caroline Aigle". Voilà, c'est pour cela que je demande qu'on vote un avis favorable et que, effectivement, ce v?u débouche sur une délibération afin que nous puissions inaugurer un lieu dénommé "Caroline Aigle". Merci, Monsieur BONNET.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 105, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est adopté à l'unanimité. (2014, V. 95).