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Juin 2014
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe UMP relatif à l'exposition "Un monde parfait".

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2014


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Le v?u n° 85 est relatif à l'exposition "Un monde parfait". Je donne la parole à Mme Anne-Constance ONGHENA, pour une minute maximum.

Mme Anne-Constance ONGHENA. - Merci, Madame la Maire. Je vais vous parler de cette exposition des mondes parfaits qui a pour objectif de retracer ou de dénoncer quelques amalgames ou quelques représentations architecturales hasardeuses des années 1970. Le 19e arrondissement est concerné au travers des Orgues de Flandre puisque des "sculptures monumentales" incarnent ce que les artistes considèrent être comme des aberrations et associent à tout cela des mots forts, comme "ghettoïsation, démolitions et émeutes". Il est clair que les Orgues de Flandre n'ont jamais vu d'émeutes, ni même de démolitions et je ne pense pas que l?on puisse parler de ghettoïsation, puisqu'il y a des tours de logements sociaux et de l'habitat privé. Les habitants ne sont pas particulièrement d'accord avec ces représentations et ils font circuler une pétition pour demander au Pavillon de l'Arsenal qui accueille cette exposition de bien vouloir faire corriger la production de discours concernant les Orgues de Flandre. Ma question est simple : que comptez-vous faire pour à la fois laisser la liberté artistique s'exprimer, sans pour autant permettre que des propos dévalorisants sur les quartiers du 19e, et les quartiers de Paris en général, puissent être diffusés ? Des propos non seulement dévalorisants mais également infondés à l'heure où vous prônez, Madame le Maire, le vivre-ensemble. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Pour vous répondre, la parole est à Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Madame ONGHENA, j'avoue que je suis un peu troublé par votre v?u qui est contradictoire puisque vous parlez de liberté d?expression dans votre intervention orale, mais que ce que vous réclamez dans votre v?u, c'est un acte de censure pure et simple. Les artistes en question, les deux artistes plasticiens, qui d'ailleurs ont un jugement extrêmement favorable sur les grands ensembles des années 1970 et non pas du tout un jugement négatif, ont écrit un texte. Le texte est écrit par les artistes, il n'est pas écrit par le Pavillon de l'Arsenal ni par le commissaire de l?exposition. Le texte est écrit par les artistes et il est hors de question de porter atteinte à la liberté d?expression des artistes. Ce que je vous recommande, c'est de prendre votre plus belle plume et d'écrire aux artistes, et même de rendre public cet écrit, pour expliquer pourquoi vous n'êtes pas d'accord avec le point de vue qu'ils défendent. J'ajoute - et j'ai lu attentivement le texte en question - qu'il ne parle pas du bâtiment des Orgues de Flandre. Il parle des bâtiments des années 1970 en général. D'ailleurs, dans leurs ?uvres, il y a plusieurs tours et ensembles immobiliers qui sont retravaillés, qui sont réinterprétés. Il s'agit d'une installation. Je crois qu?il faut laisser la liberté artistique s'exprimer et, de la même façon, il faut laisser le droit à la critique. J'ajoute que vous affirmez que les copropriétaires des Orgues de Flandre se sont indignés. C'est une partie d'entre eux, il y a une partie qui est favorable à ce projet artistique et c?est tout à fait normal qu?il y ait des opinions divergentes sur un projet artistique. Ce n?est pas pour cette raison qu?il faut le censurer. J'émets un avis défavorable à votre v?u, et je vous recommande même plutôt de le retirer parce que prôner dans un v?u une censure, à Paris en 2014, ne me paraît pas une très bonne idée.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur MISSIKA. Je vous en prie, Madame ONGHENA, vous le retirez ?

Mme Anne-Constance ONGHENA. - Non, je ne le retire pas. Amalgame, ghettoïsation, émeutes : ce n'est pas parler positivement des quartiers du 19e arrondissement, donc nous le maintenons.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - D?accord, merci. Je mets aux voix, à main levée, le v?u assorti d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le v?u est repoussé. Merci. 2014 DU 1004 - Programme hôtelier 31 à 43, boulevard Carnot (12e) - Désignation du candidat - Signature du protocole de cession du volume.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le dernier projet de délibération de la 8e Commission, le projet DU 1004, le programme hôtelier 31 à 43, boulevard Carnot, désignation du candidat. Je donne la parole pour cinq minutes chacune à Mme MONTANDON, puis à Mme BARATTI-ELBAZ.

Mme Valérie MONTANDON. - Merci, Madame la Maire. Nous avions déjà été habitués à être déçus des différents projets du GPRU - Grand projet du renouvellement urbain de la porte de Vincennes -, notamment avec le manque d?équipements publics, mais aussi avec la non-couverture du périphérique, même partielle, au niveau de l?avenue Courteline. Nous avions espoir de nous réjouir de la création d'un complexe hôtelier. Cependant, au fur et à mesure de la tournure du projet, nous avons à redire. Nous nous abstiendrons sur ce projet de délibération pour deux raisons. Tout d'abord, le choix de la cession de la parcelle qui, dans le futur, pourra engendrer des difficultés pour une éventuelle couverture partielle du périphérique à ce niveau-là, mais aussi par le choix du seul projet qui n'englobait pas de parking. Lorsqu'on lit l'avis de la Direction générale des Finances publiques, je me permets de vous lire l'extrait : "la parcelle concernée bénéficie d'une mauvaise desserte par les transports en commun et d'un bon accès routier". Finalement, lorsqu'une parcelle se situe à un endroit très mal desservi au niveau des transports publics, mais à accès direct au périphérique, on aurait pu penser qu'il aurait été cohérent de choisir le projet qui bénéficiait d'un parking pour véhicules, au moins d'un parking d'autocars. Pour le manque de cohérence, nous nous abstiendrons sur ce projet de délibération. Merci.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame MONTANDON. La parole est à Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, pour cinq minutes maximum.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. En 2013, Paris a enregistré de nouveaux records de fréquentation de ses sites touristiques, confirmant sa première position en matière de destinations touristiques au monde. Alors que l?attrait des touristes pour Paris continue d?opérer, il est indispensable pour nous de poursuivre nos efforts pour continuer à accueillir dans les meilleures conditions ces nombreux visiteurs annuels. Pour y parvenir, un plan hôtelier de la ville a été élaboré en mars 2013 et prévoit la création de 7.000 chambres supplémentaires d'ici 2020, répondant ainsi à des critères de modernisation de notre offre hôtelière, se voulant plus durable et innovante. En tant que Maire du 12e arrondissement, je me réjouis d?accueillir prochainement dans notre arrondissement ce projet hôtelier de 180 chambres avec 680 lits permettant de répondre à ces objectifs du plan hôtelier, tout en rééquilibrant l?offre de l'Est parisien, à proximité de secteurs attractifs et touristiques comme le bois de Vincennes, dont le parc floral, dont nous avons eu le plaisir d?évoquer la programmation hier, mais aussi le parc zoologique de Paris. Je m'inscris en faux avec ce qui vient d'être dit : cet endroit bénéficie d?une desserte en transports en commun de qualité. Je regrette que Mme MONTANDON ait besoin de lire un rapport administratif pour se rendre compte que cet endroit est très bien desservi par la ligne 1 du métro et par le tramway T3 récemment prolongé. Ce projet de délibération vise à désigner le programme hôtelier qui sera réalisé sur cette parcelle, boulevard Carnot, en bordure du périphérique, cet immeuble constituant, pas une couverture, mais plutôt un écran pour protéger les riverains des bruits du périphérique. Il s'agit ici d'approuver la signature du protocole de cession auprès de l'opérateur désigné. Ce projet de délibération fait suite à la décision qui a déjà été prise par le Conseil de Paris en mars 2013 approuvant le principe de la cession de ce terrain. Parmi les propositions reçues, l'offre de Holiday Break est apparue comme la plus à même de répondre aux objectifs de qualité et de diversification de l?hôtellerie parisienne, et la plus intéressante financièrement, avec un prix de cession de 15 millions d?euros qui abonderont notre compte foncier et pourront ainsi être utilisés pour construire du logement social à Paris. Le projet présenté aujourd'hui défend une vision de l?hôtellerie plus innovante facilitant l?accueil notamment des familles et des jeunes dans de très bonnes conditions. Afin de répondre au besoin de restauration de ces visiteurs, nous veillerons au développement d?une offre de commerce de proximité et de restauration de qualité, bénéficiant ainsi à l'ensemble des habitants tout en préservant la tranquillité de ce quartier. En lien avec les structures locales de l?emploi et d?insertion professionnelle et l'opérateur du futur hôtel, nous serons attachés à accompagner la création de partenariats afin que les emplois créés sur ce site bénéficient aux Parisiens. Il s'agit d'un projet porteur d'une dynamique nouvelle pour ce quartier et l'arrondissement, qui s'inscrit dans la continuité du Grand projet de renouvellement urbain de la porte de Vincennes, qui contient aussi un volet de dynamique commerciale auquel nous sommes particulièrement attachés. Je me réjouis de ce projet de délibération.

(M. Mao PÉNINOU, adjoint, remplace Mme Colombe BROSSEL au fauteuil de la présidence).

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. Jean-Louis MISSIKA pour la réponse.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Sur ce dossier, l'essentiel a été dit, puisque Catherine BARATTI-ELBAZ a très clairement répondu aux critiques de Mme MONTANDON. Je vais peut-être donner un coup de projecteur sur le projet lui-même parce que je crois qu'il est intéressant. Le projet qui a été choisi dans le cadre de l'appel d'offres est un projet à la fois innovant et participatif, tourné vers la jeunesse, puisqu?il mixe hôtellerie et auberge de jeunesse. C'est un projet fondé sur la notion d'accueil convivial et bon marché, et il contribue à diversifier l'offre hôtelière sur Paris, ce qui est très important. Nous manquons de ce type de projets hôteliers à Paris.

Sur l'absence de parkings, je voudrais préciser quelque chose qui me semble important. C'est une des spécificités du projet et c'est justement une spécificité intéressante ; 50 % des voyageurs dans le projet viendront en transports en commun par la ligne 1, le RER et le tramway, ou en taxi ; 38 % seront des groupes. Ce projet va dans le sens de la diminution de la place de la voiture et des autocars fonctionnant au diesel à Paris, à la différence des projets plus classiques qui prévoyaient 40 places de parking pour les voitures de clients. Je pense que le concours d'architecture qui sera engagé sera l'occasion d'intégrer au mieux le point de dépose reprise des clients, notamment en ce qui concerne les autocars, pour limiter l'impact sur l'espace public. Par ailleurs, je vous rappelle que nous avons tous ensemble un objectif de dédieseliser le parc d'autocars d'ici 2020. Ce projet est également le plus intéressant au point de vue du prix. Le seul regret que j'aurais est qu?il n'y a pas de clauses sociales dans la consultation, et cette consultation ne prévoyait pas ces clauses sociales. Il n'est juridiquement pas possible d'imposer cette obligation à l'opérateur, mais il est tout à fait possible de lui suggérer cette démarche. C'est ce que j'ai l'intention de faire avec la Maire du 12e arrondissement. En ce qui concerne le protocole lui-même, le protocole qui va être signé, il prévoit comme à chaque fois des éléments de calendrier obligeant l'opérateur, en ce qui concerne les clauses de complément de prix en cas de constructibilité supplémentaire au moment du permis ou dans les 10 ans qui suivent. J'ajoute, pour être complet, que notre Assemblée aura à délibérer sur le déclassement de l'emprise et à confirmer l'autorisation de signer l'acte de cession. Il y aura donc un deuxième projet de délibération sur ce sujet. Je vous remercie.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Merci. Pour une explication de vote, Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire. En arrondissement, nous avons longuement débattu de ce projet de délibération ; le groupe Communiste - Front de Gauche s'était abstenu en faisant remarquer à nos collègues, notamment à Madame la Maire Catherine BARATTI-ELBAZ, qu'il était nécessaire de faire évoluer ce projet. Il avait déjà évolué sur l'aspect de l'offre de logement pour des étudiants ou pour des revenus modestes, donc on s'en félicite. Maintenant, nous sommes assez rassurés, puisque Jean-Louis MISSIKA, dans sa réponse, nous dit qu'on étudiera la possibilité d'y joindre des clauses sociales. Pourquoi ne pas aussi activer le P.L.I. (Plan local d?insertion à l?emploi) qui permettrait que des jeunes employeurs du 12e arrondissement soient concernés par ce projet qui aura un réel dynamisme d'un point de vue économique ? Nous voterons ce projet de délibération. Je vous remercie de l?évolution de ce dossier.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Monsieur le Maire. Sur ce projet de délibération, nous nous abstiendrons pour deux raisons. La première est que nous préférons aux cessions d'actifs immobiliers par la Ville de Paris de faire des baux emphytéotiques. La deuxième raison est par rapport à la nature du projet. Notamment, si on avait gardé la maîtrise de la propriété, il aurait été plus facile de monter un projet avec une association, notamment de l?économie sociale et solidaire, peut-être dans les auberges de jeunesse, de façon à être sûr de la maîtrise future du projet, notamment sur l'aspect des critères sociaux. C'est pour cela que nous nous abstiendrons pour ces deux raisons.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 1004. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2014, DU 1004). Désignation, au scrutin secret, de représentants du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal, dans divers organismes.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Mes chers collègues, je vous propose de procéder à la désignation, au scrutin secret, des représentants suivants au sein des organismes ci-après :

Jury appelé à procéder à la sélection du maître d??uvre qui sera chargé de la création de quatre classes, d?un centre cuiseur de 1.500 repas/jour par démolition-reconstruction et restructuration partielle du groupe scolaire 21, rue Dupleix et 5-7, place du Cardinal Amette (15e) :

Titulaires : - Claude DARGENT, - Hermano SANCHES RUIVO, - Dominique VERSINI, - Claire de CLERMONT-TONNERRE, - Jean-Baptiste MENGUY.

Suppléants : - Olivia POLSKI, - Etienne MERCIER, - Thomas LAURET, - Anne-Charlotte BUFFETEAU, - Franck LEFEVRE.

Mission d?information et d?évaluation sur le thème "Le travail dominical et nocturne à Paris : état des lieux et perspectives".

- Bernard GAUDILLÈRE, - Léa FILOCHE, - Pierre AIDENBAUM - Afaf GABELOTAUD, - Jérôme COUMET, - Philippe DUCLOUX, - Yves CONTASSOT, - Danièle PREMEL, - Jean-Bernard BROS, - Jean-Baptiste de FROMENT, - Valérie MONTANDON, - Alexandre VESPERINI, - Geoffroy BOULARD, - Florence BERTHOUT, - Anne TACHÈNE.

Commission consultative des services publics locaux de la Ville de Paris :

- Claudine BOUYGUES, en remplacement d'Emmanuel GRÉGOIRE titulaire, désigné les 19 et 20 mai 2014. Les scrutins sont ouverts. Tout le monde a voté ? Les scrutins sont clos.

(Il est procédé au dépouillement).

Je vous annonce les résultats :

Jury appelé à procéder à la sélection du maître d??uvre qui sera chargé de la création de quatre classes, d?un centre cuiseur de 1.500 repas/jour par démolition-reconstruction et restructuration partielle du groupe scolaire 21, rue Dupleix et 5-7, place du Cardinal Amette (15e) : Nombre d?inscrits : 163 Nombre de votants : 67 Non participation au vote : 96 Bulletin blanc ou nul : 0 Suffrages exprimés : 67 Majorité absolue : 34 Pour : 67

Mission d?information et d?évaluation sur le thème "Le travail dominical et nocturne à Paris : état des lieux et perspectives".

Nombre d?inscrits : 163 Nombre de votants : 68 Non participation au vote : 95 Bulletin blanc ou nul : 0 Suffrages exprimés : 68 Majorité absolue : 35 Pour : 68

Commission consultative des services publics locaux de la Ville de Paris :

Nombre d?inscrits : 163 Nombre de votants : 68 Non participation au vote : 95 Bulletins blancs ou nuls : 2 Suffrages exprimés : 66 Majorité absolue : 34 Pour : 66 Les candidatures proposées sont adoptées. V?u déposé par le groupe UDI - MODEM relatif à la prévention de l'alcoolisation massive des jeunes près du canal Saint-Martin.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Nous examinons en 9e Commission le v?u non rattaché n° 86 relatif à la prévention de l'alcoolisation massive auprès des jeunes du canal Saint-Martin. La parole est à M. HAAB, pour une minute maximum.

M. François HAAB. - Merci, Monsieur le Maire, de me donner la parole sur cette question sanitaire extrêmement importante qui concerne la plupart de nos jeunes. On voit apparaître ces dernières années une vraie modification de la relation à l'alcool des jeunes, avec une consommation aiguë et brutale qu'on appelle le "binge drinking" ou "biture express". L'alcool avec ce mode de consommation est un véritable poison. On assiste régulièrement? J'aimerais bien, pour une communication qui me semble importante?

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Je suis bien d'accord. Si l'ensemble de nos collègues pouvaient respecter l'ensemble des orateurs et l'ensemble des sujets, merci.

M. François HAAB. - Je pense que si certains de nos collègues voyaient arriver aux urgences un de ces jeunes en coma éthylique ou avec ce que l'on appelle une pancréatite ou une destruction massive du foie après une seule injection d'alcool, cela ferait réfléchir un peu plus.

Je souhaitais attirer l'attention du Conseil sur cette question qui ne concerne pas que Paris, mais beaucoup de grandes villes. Il est très important dorénavant de mettre en place un plan d'ampleur d'éducation sur les ravages de ce mode de consommation alcoolique, qui n'a rien de festif, qui est plus en général un défi le plus souvent stupide et qui concerne des primo-accédants à l'alcool qui n?ont jamais consommé ce type de boisson. Il y a des lieux particulièrement à risques à Paris, comme le canal Saint-Martin, raison pour laquelle nous avons déposé ce v?u.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. Frédéric HOCQUARD pour vous répondre.

M. Frédéric HOCQUARD. - Merci.

Mes chers collègues, Monsieur le Maire, je vous remercie pour ce v?u. Je vais utiliser le terme de "biture express" plutôt que de "binge drinking", pour essayer de franciser ce que nous disions sur la prévention de l?alcoolisation massive chez les jeunes près du canal Saint-Martin.

C'est un phénomène en développement chez les 15-25 et un enjeu sanitaire à Paris, dont j'avais déjà rappelé l'importance lors de mon intervention au dernier Conseil de Paris. La Ville de Paris partage votre constat et votre inquiétude face à l'envergure de ce phénomène sanitaire grave : mise en danger des jeunes par une ingestion brutale et massive d'alcool lors de rencontres festives sur la voie publique. Même si je ne voudrais pas ramener simplement la question de l'alcoolisme à la question de la jeunesse.

Tout à fait consciente de cette problématique, la Ville de Paris a déjà mis en place un nombre d'actions en étroit lien avec la Mairie du 10e arrondissement et ses équipes. Ainsi, face à ce défi de santé publique, en 2009, la Ville de Paris avait réalisé une campagne de prévention innovante intitulée "The binge : trop boire, c'est le cauchemar". Notre préoccupation d'une communication efficace et ciblée sur les jeunes est constante. C'est pourquoi la Ville s'associe régulièrement aux campagnes de prévention de la Préfecture de police. Ce sera encore le cas lors de la prochaine fête de la musique le 21 juin, avec une communication axée sur le message : boire, trop boire, déboire ; en buvant sans te contrôler, tu te mets en danger.

Mais parce qu?il ne faut pas se limiter à des moments éphémères de valorisation d'un message de la Ville, la Ville s?est aussi engagée dans un travail au long cours avec des associations ancrées dans les territoires.

Depuis quatre ans, nous finançons ainsi sept associations de prévention qui touchent des jeunes au plus près de leur lieu de vie, en s'appuyant notamment sur leurs partenaires de terrain : centres d'animation, centres sociaux ou équipes de prévention spécialisée via des projets créatifs, visant à la fois à les valoriser et à permettre une prise de conscience des dangers de l'alcool excessif.

Je dois aussi citer le dispositif "Fêtez Clairs", un programme exemplaire de prévention copiloté par la Ville et la Direction départementale de la Cohésion sociale qui travaille, non seulement sur la question de l?alcoolisation en discothèque, ainsi que sur les produits illicites dans une approche de réduction des risques et de sensibilisation.

Les espaces de "chill-out", je n?ai pas trouvé la traduction française pour le "chill-out", mais vous voyez ce que c?est, régulièrement mis en place autour des quartiers festifs nocturnes dans l'espace public, constituent une zone d'accueil, un sas qui permet de limiter les situations à risque.

Zones de dégrisement, de dégrisage?

Concernant la problématique plus spécifique du canal Saint-Martin sur laquelle votre v?u se concentre, de nombreuses actions ont également été engagées, notamment sous l'impulsion de ma collègue Myriam EL KHOMRI et en lien étroit avec Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement, pour répondre le plus efficacement possible aux nuisances pour les riverains : alcoolisation massive, mais aussi bruit, saleté, insalubrité, épanchement d?urine notamment.

A l?initiative de la mairie du 10e arrondissement, des équipes de prévention mobiles ont été mises en place l'été dernier, il s?agit de professionnels de la médiation et de la prévention avec un vrai savoir-faire, qui travaillent en lien avec les équipes de correspondants de nuit.

Ces équipes informent les usagers des dispositifs de propreté spécifiques mis en place par la Ville de Paris. Mao PÉNINOU a rappelé, d?ailleurs, dans un v?u sur les questions de la propreté liées au canal Saint-Martin, l'ensemble des actions que nous menons, que nous avons menées et que nous continuons à mettre en place.

Cette première expérience pilotée par la mairie du 10e et en lien avec le commissariat et les services de la Ville a été reconduite avec des horaires étendus de 22 heures jusqu'à 2 heures du matin et une extension des capacités d?intervention des correspondants de nuit de l?équipe du 10e et du 11e arrondissement.

Il existe donc bien une prise en compte spécifique du canal et nous estimons cette mission comme prioritaire pour la Ville. En sus de ces maraudes, les équipes des inspecteurs de sécurité de la Ville de Paris interviennent également en début de soirée, entre 21 heures et 23 heures, lorsque les esprits ne sont pas encore trop alcoolisés dans le cadre de leur patrouille sur le secteur. Nous sommes donc favorables à la continuation de ces dispositifs et, bien évidemment, à leur évaluation. Pour conclure ce focus sur les moyens mis en ?uvre sur le canal Saint-Martin, permettez-moi de souligner que le canal fait partie des sites identifiés à forte fréquentation estivale avec un dispositif renforcé de la présence de la police et de la D.P.P. Concernant le v?u que vous avez déposé, j'émettrai un avis favorable sous deux réserves : la première, c'est que, dans vos considérants, vous dites que la mairie du 10e arrondissement a été alertée à de multiples reprises. Or, je crois qu'elle a été alertée et que nous avons mené un certain nombre d'actions. Le deuxième considérant que je vous demanderai aussi de bien vouloir amender, qui parle de la dizaine de personnes décédées dans les canaux de Paris intramuros entre 2010 et 2013, si cette dizaine de personnes existe bien, je ne suis pas sûr que ce soit imputable uniquement à l'alcoolisation massive de jeunes, donc je vous demanderai de bien vouloir amender votre v?u sur ces deux considérants, sous réserve de ces amendements il y aura un avis favorable de l'Exécutif.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Monsieur HAAB, acceptez-vous les amendements ?

M. François HAAB. - Absolument, nous acceptons ces amendements parce que, effectivement, pour les affaires de noyades, nous n'avons pas de lien de causalité établi, mais il serait d?ailleurs bien, à l?avenir, de renseigner justement sur les causes de ces décès accidentels. Encore une fois, je réattire l'attention sur le fait qu?il ne s'agit pas ici de dresser un constat sur l'alcoolisation festive, mais on est bien sur l'empoisonnement à l'alcool qui est vraiment un problème de société aujourd'hui.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Nous l'avons tous compris. Madame PAWLIK, pour une explication de vote du groupe UMP.

Mme Déborah PAWLIK. - Monsieur le Maire, je vous remercie.

Monsieur le Maire, chers collègues.

Effectivement à l?arrivée des beaux jours le canal Saint-Martin devient l?un des lieux de rencontre privilégié des jeunes Parisiens.

Dès que la météo le permet, ce sont chaque soir des centaines de jeunes qui s'installent sur les berges du canal.

Si le canal Saint-Martin demeure un endroit particulièrement apprécié et doit le demeurer, un phénomène préoccupant s'installe, à savoir l'alcoolisation grandissante de ces jeunes. Chaque soir encore, ce sont en effet des jeunes de 16, 17 ans, parfois moins, qui s?adonnent à une ivresse fulgurante. Si le phénomène n'est pas nouveau au canal Saint-Martin, aucune solution satisfaisante, en tout cas à nos yeux, n'a effectivement été apportée. Faut-il attendre un épisode dramatique pour prendre enfin la mesure de la situation ? Aux risques de santé publique s'ajoutent également les nuisances subies par les habitants du canal Saint-Martin. Chaque nuit, les riverains ne peuvent que déplorer les excès sonores provoqués par ces jeunes désinhibés par l'alcool et, chaque matin, les mêmes riverains ne peuvent que constater avec amertume les amas de déchets laissés sur le bord du canal. Certaines associations, notamment l?Association des riverains du canal Saint-Martin, ont effectivement alerté à plusieurs reprises le maire du 10e. Déjà, en 2008, un v?u était impulsé en Conseil d'arrondissement par cette association pour que des mesures soient prises.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Madame PAWLIK, la personne qui a déposé le v?u a bénéficié d'une minute pour en parler. Vous avez déjà dépassé la minute en termes d?explication de vote. Vous savez que vous avez, vous aussi, la possibilité de déposer des v?ux, si vous voulez.

Mme Déborah PAWLIK. - J'ai presque terminé. Il faut dire que les riverains et commerçants, effectivement, ont été trop longtemps négligés. Pour ces raisons, nous nous associons pleinement à ce v?u pour appeler à la prise de mesures alliant répression et prévention. Des solutions peuvent en effet être apportées et un équilibre trouvé dès lors qu'il existe une réelle volonté politique en la matière.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Le terme de "coucou" a été utilisé plusieurs fois, dans cette Assemblée? Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 86 ainsi amendé. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u amendé est adopté. (2014, V. 85). 2014 DAC 1048 - Subvention (5.425.000 euros) et avenant avec l?association Théâtre de la Ville (4e et 18e).

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DAC 1048 : subvention et avenant avec l'association Théâtre de la Ville. La parole est à M. Christophe GIRARD.

M. Christophe GIRARD, Maire du 4e arrondissement. - Je félicite la Ville de Paris pour son soutien au programme de lutte contre le sida en Afrique, continent le plus durement touché par cette épidémie avec plus de?

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Christophe, il s'agit du Théâtre de la Ville qui, je suis sûr, est très mobilisé contre le sida en Afrique, mais?

M. Christophe GIRARD, Maire du 4e arrondissement. - Le Théâtre de la Ville - et je tiens à apporter tout mon soutien à ce projet de délibération - a réuni plus de 250.000 spectateurs cette saison pour une centaine de spectacles, toutes disciplines confondues programmées. Cette performance confirme la qualité du projet porté par la Direction du théâtre et de son équipe, une volonté de soutenir la création en produisant ou coproduisant des projets artistiques, un engagement constant pour renouveler les publics, une politique tarifaire d'ouverture. Pour cette nouvelle saison, le Théâtre de la Ville sera producteur ou coproducteur de 35 compagnies. Le développement des coproductions portées par Emmanuel DEMARCY-MOTA, son directeur, a permis de créer un dialogue entre les lieux, à la fois indispensable au regard des restrictions budgétaires imposées par les puissances publiques et porteur d'un enrichissement évident né du partenariat qu'on peut aisément requalifier en compagnonnage avec le Centquatre, le théâtre Monfort, le Grand Parquet ou le Centre Pompidou. Je salue également les efforts constants de la Direction pour trouver d'autres sources de financement par le mécénat. En quatre ans, les recettes de mécénat ont été multipliées par dix. Le Théâtre de la Ville réalise un travail remarquable auprès des jeunes, les parcours enfants jeunesse, "l'Art pour grandir" et désormais les activités périscolaires sont autant d'outils qui contribuent au renouvellement des publics, comme le rappelle régulièrement Bruno JULLIARD. En proposant des ateliers, ce sont 16 écoles - et le nombre est amené à être doublé - qui bénéficient de 32 ateliers avec des intervenants remarquables comme Olivier PY ou Jean-Claude GALLOTTA. Aujourd'hui, plus de 55.000 spectateurs ont moins de 30 ans, dont 17.000 sont des scolaires. Lors du Conseil d'arrondissement du 4e, l'opposition a voté contre cette subvention, s'interrogeant sur les montants qu'elle jugeait disproportionnés, versés au Théâtre de la Ville et aux autres institutions culturelles parisiennes comme la Maison européenne de la Photographie et leur utilité dans des temps où les économies sont de rigueur. Il me tenait par conséquent à c?ur de rappeler la qualité du travail engagé par la Direction du Théâtre de la Ville depuis plusieurs années et le virage résolument tourné vers l'avenir qu'a pris cette institution, tant dans le mode de gestion que dans l'approche de ses publics, en tenant compte des contextes économiques et sociaux tendus de ce début de siècle. Je n'ai plus qu'une chose à dire à ceux et celles qui pensent encore que l'argent dédié à la culture serait du gaspillage : "Si vous pensez que la culture coûte cher, essayez l'ignorance !"

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire. La parole est à M. Bruno JULLIARD, pour vous répondre.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Je ferai très bref et Christophe GIRARD m?y aidera beaucoup puisque je peux souscrire à la totalité de son intervention. En effet, le travail du Théâtre de la Ville, de son directeur Emmanuel DEMARCY-MOTA et de ses équipes est excellent et il mérite d'être soutenu. Le Théâtre de la Ville est l'un des théâtres, en intégrant d?ailleurs les théâtres nationaux, qui a la capacité la plus large de produire ou de coproduire des spectacles, ce qui lui permet d'accueillir les compagnies les plus renommées à l'international, mais aussi de jeunes compagnies artistiques françaises. J?insiste aussi sur ses actions de médiation culturelle, notamment l?engagement très, très important, déterminant, même, du Théâtre de la Ville dans l?aménagement des rythmes éducatifs. Et je veux en saluer l?ensemble des équipes, parce que le résultat - j?ai eu l?occasion d?y assister - a été vraiment d?une très grande qualité. Voilà, donc cette hausse de subvention m?apparaît justifiée. Alors, pour dire un mot à Christophe GIRARD, mais il s?en souviendra sûrement : des représentants de droite étaient au conseil d?administration du Théâtre de la Ville et je me souviens qu?à plusieurs reprises, ils ont demandé que la subvention soit augmentée de manière beaucoup plus nette que ce que nous votons aujourd?hui, à savoir, une hausse de 100.000 euros. J?ai cru comprendre que ce n?était pas le cas dans le conseil d?arrondissement du 4e arrondissement, et je le regrette, mais ce que je crois, c?est que cette hausse de subvention est très, très largement méritée.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Merci. Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 1048. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2014, DAC 1048). 2014 DAC 1051 - Subvention (700.000 euros) et avenant avec l?association Théâtre Silvia Monfort (15e).

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DAC 1051 est une subvention à l?association Théâtre Silvia Monfort. La parole est à M. Claude DARGENT, pour cinq minutes maximum.

M. Claude DARGENT. - Monsieur le Maire, chers collègues, le théâtre Silvia Monfort est un lieu culturel important, implanté dans le 15e arrondissement et qui a su trouver son public dans le quartier populaire où il est situé. Sa programmation allie créations contemporaines et découvertes de compagnies émergentes, dans des domaines divers comme le cirque, le théâtre, la danse, et la musique. Le théâtre Silvia Monfort rempli donc parfaitement sa mission de découverte et d?accompagnement des jeunes compagnies. C?est notamment le cas dans le domaine du cirque contemporain. C?est en effet une des rares scènes parisiennes à s?intéresser régulièrement à cette discipline, qui souffre parfois d?un manque de reconnaissance institutionnelle. Le Monfort est aussi un lieu de résidence artistique, aujourd?hui pour six compagnies de théâtre et deux de cirque. Il s?est lancé dans la production de spectacles. Je voudrais citer Acrobates, de Stéphane RICORDEL et Olivier MEYROU, et Projet Luciole, de Nicolas TRUONG, présenté au festival In d?Avignon et actuellement en tournée en France et à l?étranger. Il faut aussi saluer le beau succès public et médiatique d?un nouveau festival, Désillusions, dont le but est de faire découvrir de nouvelles formes artistiques en croisant diverses disciplines, dans une ambiance chaleureuse, et qui sera repris dans les prochaines années. Ces belles réalisations sont notamment à mettre au crédit de la très bonne gestion des deux codirecteurs, Laurence de MAGALHAES et Stéphane RICORDEL, en poste depuis 2009. Leur travail doit être salué pour la qualité des propositions artistiques retenues, le suivi sur le moyen terme des compagnies, la capacité à se réinventer. Je pense, parmi les innovations, en particulier à la deuxième salle, salle dite La Cabane, à la jauge plus restreinte, qui permet ainsi de proposer des spectacles de taille plus modeste. La politique conduite par ces directeurs vis-à-vis des différents publics est ambitieuse. On doit notamment évoquer les actions de médiation culturelle en direction du jeune public, mises en ?uvre via l?aménagement des rythmes éducatifs, et le parcours Enfance et Jeunesse, initié par le Théâtre de la Ville. Par ailleurs, le Monfort s?ouvre au Grand Paris en nouant notamment des relations avec des écoles de danse, par exemple. Enfin, en s?engageant dans la coproduction, qui génère des droits de suite, le théâtre prouve sa capacité à trouver de nouvelles sources de financement. Pour toutes ces raisons, je voudrais ici me féliciter de la subvention de 700.000 euros, et de son augmentation de 150.000 euros, qu?il nous est proposé d?attribuer pour le théâtre Silvia Monfort. Elle vient en effet saluer et encourager un projet artistique et culturel particulièrement innovant et répondant aux enjeux de l?accompagnement de jeunes équipes artistiques à Paris, et aux conditions nécessaires d?une rencontre avec un public nombreux. Je vous remercie.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Merci, Monsieur DARGENT. La parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, et merci à Claude DARGENT. Ecoutez, c?est la même chose : j?adhère totalement au concert de louanges, parce que tant l?orientation artistique du théâtre Silvia Monfort que l?excellente gestion des deux codirecteurs sont à saluer, la création contemporaine, la découverte de compagnies émergentes, en cirque - vous l?avez dit -, théâtre, danse, marionnettes, musique, jeune public ; jeune public d?ailleurs avec une participation, en collaboration avec le Théâtre de la Ville, à l?A.R.E. C?est aujourd?hui un théâtre qui a su trouver son public et il devient d?ailleurs un lieu de repérage pour l?ensemble de la profession - je crois -, qui est très apprécié de tous, des professionnels, du public, comme de bon nombre d?observateurs. La gestion est excellente et le théâtre remplit parfaitement sa mission d?accompagnement des jeunes équipes artistiques, de mise en valeur de disciplines complémentaires de celles présentées dans nos autres théâtres parisiens, avec une excellente politique de développement des publics. La hausse de subvention, bien sûr, salue à la fois ce travail artistique de qualité réalisé, la bonne gestion financière et très rigoureuse, mais également marque le fait qu?il y a besoin d?un léger réajustement structurel de notre subvention pour que le théâtre puisse se développer dans les meilleures conditions, et ce réajustement était nécessaire dès cette année. C?est l?objet de cette subvention.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Très bien. Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 1051. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2014, DAC 1051). 2014 DAC 1110 - Subventions (1.132.500 euros) avenant à convention avec l?établissement public Maison des Pratiques Artistiques Amateurs (6e).

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DAC 1110 porte sur la subvention à l?établissement public Maison des Pratiques Amateurs du 6e arrondissement. La parole est à M. Alexandre VESPERINI, pour cinq minutes maximum.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, si nous ne partageons pas toujours les objectifs de la Mairie en matière culturelle - cela ne vous étonnera pas - et en direction des pratiques culturelles amateurs, nous suivons, dans le 6e arrondissement, avec une attention particulièrement soutenue, et même constructive, vos engagements en la matière ; attention soutenue en particulier aux missions que vous venez de confier à M. JULLIARD - là, je m?adresse plus à Mme HIDALGO, mais comme elle n?est pas là, je change - auxquelles vous demandez, je cite : "d?être particulièrement attentifs aux questions budgétaires et financières".

Dans la feuille de route que vous avez adressée à l?adjoint chargé de la culture, vous écrivez en effet, je vous cite toujours : "dans un contexte budgétaire contraint, le modèle économique, les ambitions culturelles et éducatives devront être rediscutés. Je souhaite, à cette occasion, que vous puissiez engager une refonte de la politique menée en direction des pratiques amateurs". Une refonte. Une refonte : le mot est donc lâché.

Les élus de la majorité du conseil du 6e arrondissement, Jean-Pierre LECOQ et Marielle de SARNEZ, et l?administrateur de la M.P.A.A. que je suis, nous vous disons donc : chiche ! Mais cette réforme implique la prise en compte de plusieurs impératifs : premièrement, la maîtrise des dépenses et leur réorganisation. Sur ce point, vous vous contentez pourtant de poursuivre la même politique menée jusqu?à présent, et nous ne voyons aucun signe d?évolution. Je pense en particulier aux questions des dépenses. Deuxièmement, transition : le développement des conservatoires municipaux qui, précisément pour les raisons financières que je viens d?évoquer, ne doivent pas être négligés au profit de la M.P.A.A. Je me fais ici l?écho des parents et des familles qui méritent de pouvoir confier leurs enfants aux conservatoires à des tarifs raisonnables et stables, et dans des conditions dignes de la capitale. A ce titre, j?attire votre attention naturellement sur l?incroyable bug actuel des inscriptions dans les conservatoires. Je ne fais que reprendre les alertes de la C.G.T. des services culturels de la Ville et des Parisiens. Toujours dans le domaine de la réorganisation des dépenses entre M.P.A.A. et conservatoires, je regrette par exemple, en particulier dans le 6e arrondissement, que l?auditorium Saint Germain, qui est attenant au conservatoire, ne soit ouvert à ce dernier que pour quelques soirées par an. Enfin, pour conclure, une refonte de la politique culturelle est donc indispensable, et je ne peux que partager cet objectif-là avec la Maire et l?Exécutif, mais vous ne pouvez pas négliger certains enjeux qui sont trop importants pour nous et pour les habitants du 6e arrondissement en particulier. Et c?est la raison pour laquelle je ne peux pas, à titre personnel, approuver sans ciller ce projet. Merci.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - La parole est à M. Bruno JULLIARD pour vous répondre.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Cher monsieur, chers collègues, plusieurs choses différentes : d?abord, sur la subvention qu?il vous est proposé aujourd?hui d?adopter, elle concerne l?établissement public Maison des Pratiques Artistiques Amateurs, qui remplit une mission de service public fondamentale pour les Parisiens : valoriser, encourager la pratique artistique en amateurs, dans tous les domaines des disciplines artistiques, et puis, également constituer un pôle ressources pour les praticiens amateurs et pour les formateurs, via l?organisation - nombreuse, d?ailleurs - de séminaires de rencontres destinés aux formateurs et aux amateurs.

La raison de l?augmentation de cette subvention est tout simplement mécanique. En 2014, la nouvelle antenne qui a ouverte à Broussais dans le 14e fonctionnera en année pleine, ce qui, de fait, nécessite des dépenses de fonctionnement supplémentaires. Il s?agit simplement d?honorer ces dépenses de fonctionnement supplémentaire. C?est sur le premier point et je salue, sans prendre le temps de développer - on n?a pas le temps - l?excellent travail qui est réalisé et la très forte croissance de la fréquentation, ce qui démontre bien que la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs a trouvé son identité et sa pertinence.

Ensuite, vous faites référence à la lettre de mission que m?a adressée la Maire de Paris. C?est un petit peu différent. Nous avons, ici, dans notre politique de pratiques artistiques, culturelles, de loisirs pour les amateurs, toutes générations confondues, une multitude d?établissements, d?actions ou de dispositifs. Nous avons les centres d?animation, nous avons la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs, nous avons les ateliers Mozart, nous avons les conservatoires, vous l?avez dit, même si c'est un peu différent.

Ce que m'a demandé la Maire de Paris, c?est que, au vu de l'ensemble de ces dispositifs, nous trouvions les moyens pour une plus grande à la fois pertinence, une meilleure organisation, peut-être une meilleure rationalisation au service du public parisien. Ce que je peux vous dire, c?est que, en ce qui concerne ce projet de délibération et la Maison des pratiques artistiques amateurs, il est très probable qu'elle soit un exemple du travail que nous aurons à accomplir dans les années qui viennent sur bon nombre de sujets complémentaires. C'est en tout cas dans ce sens-là que je travaillerai avec mes collègues qui sont également concernés par les structures que j'ai citées.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Merci. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 1110. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2014, DAC 1110). 2014 DAC 1130 Contribution (2.050.000 euros), avenant avec l?établissement public de coopération culturelle 104 CENTQUATRE (19e) et convention d?occupation du domaine public.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DAC 1130 porte sur la contribution à l'établissement "104". Je donne la parole à Mme Anne-Constance ONGHENA, pour 5 minutes maximum.

Mme Anne-Constance ONGHENA. - Merci, Monsieur le Maire.

Mettre en place un projet culturel pour un bâtiment de cette taille aux multiples possibilités n'est pas aisé, j'en ai bien conscience, au moment où je prends la parole aujourd'hui.

Dans une première phase du développement du "104", nous avons regretté que l'établissement oublie quelque peu les habitants du 19e et il semble qu'avec le travail et la concertation, cette situation se corrige et que le "104" s'ouvre progressivement sur son environnement proche, en accueillant notamment de jeunes élèves du 19e arrondissement.

Nous sommes aujourd'hui dans une deuxième phase du lancement du "104" et nous regrettons que cet établissement aux multiples possibilités soit sous perfusion de la Ville de Paris avec plus de 8 millions de son budget sur les 11 qu'il compte, et soit donc supporté et financé par notre Ville. Dans les autres métropoles, un tel projet est soutenu par du mécénat privé.

Vous ne me direz pas le contraire, puisque M. GIRARD l'a décrit de manière très habile sur le Théâtre de la Ville il y a quelques minutes.

A l'heure où le Ministre de la Culture parle de financements croisés, le "104" a besoin d'une ambition pour attirer de telles possibilités et cette ambition n'est pas du tout, à ce jour, à la hauteur des enjeux que pourrait apporter à la Ville de Paris et au 19e arrondissement un bâtiment aussi merveilleux. Alors, j?ai envie de vous dis que, nous aussi, dans le 19e, nous avons le droit aux gros projets et nous vous demandons d'intervenir auprès de la direction du "104" pour travailler à leurs côtés, afin que ce bâtiment puisse bénéficier d'une stratégie culturelle ambitieuse et, ainsi, permettre du financement croisé, donc forcément assouplir la contribution de la Ville à cet établissement.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Merci. Bruno JULLIARD pour vous répondre.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Ecoutez, jusqu'à présent, il y avait un double désaccord sur le "104". Il y avait à la fois un désaccord sur le montant de la subvention et puis, il y avait un désaccord sur la qualité du travail qui y était réalisé.

Je constate que, sur le second point, manifestement, c'est dire le brio du directeur, nous pouvons tomber d'accord sur le fait que le travail qui y est réalisé est très bon, donc je n'insisterai pas sur ce point.

Sur la question de la subvention, je pense que vous faites fausse route en considérant que le "104" est sous perfusion de la Ville. Il suffit de faire quelques comparaisons avec d'autres établissements culturels, qu'ils soient d?ailleurs municipaux, régionaux ou nationaux, pour constater que, pour une telle surface, une telle capacité de production et une telle capacité d'accueil, il n'y a pas d'équivalent, avec une si faible subvention au mètre carré. Je suis prêt à faire toutes les comparaisons que vous souhaiteriez, pour une raison simple : c?est que, d?ores et déjà, l'équipe du "104" réalise un travail de financements croisés et de partenariats très conséquent, qui en fait à la fois un lieu d'accueil mais aussi un lieu de production, ce qui nécessite, là, en revanche, en effet, des moyens publics. Mais je pense que vous avez tort, c?est vrai, sur ce v?u-là, comme d?ailleurs? enfin, sur ce projet de délibération comme sur un v?u dont nous parlerons tout à l'heure sur le théâtre privé. Vous avez tort d?opposer les subventions publiques à des équipements culturels et, par ailleurs, la vitalité d'initiatives privées. Tous les établissements culturels privés ont besoin, à côté, non pas en concurrence mais à côté, d'établissements publics financés avec de l'argent public pour garantir des moyens de production et de création qui, demain, se retrouveront? ces mêmes créations, ces mêmes spectacles, ou en tout cas les mêmes metteurs en scène ou les mêmes auteurs, se retrouveront dans le théâtre privé ou dans des lieux culturels privés. Donc, il y a besoin que, dans des établissements publics, il y ait des financements publics pour permettre cette vitalité, y compris d?ailleurs du secteur privé. Bref, pour toutes ces raisons, je pense que non seulement le travail réalisé par le "104" est très bon mais qu?en plus, la subvention, au risque de vous choquer, mais la subvention, au vu à la fois de la surface du "104" et l'activité qui y a lieu, est tout à fait raisonnable. D?ailleurs, elle n'augmente pas cette année.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 1130. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2014, DAC 1130). 2014 DAC 1148 Subventions (800.000 euros) et avenant à convention avec l?association Institut des Cultures d?Islam (18e).

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DAC 1148 concerne la subvention à l'association Institut des Cultures de l?Islam. La parole est à Mme Fadila MÉHAL.

Mme Fadila MÉHAL. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, pourquoi le nier ? L'Institut des Cultures de l?Islam n?est pas un établissement culturel comme un autre à Paris. Il occupe une place de choix et notre soutien ou non à cet équipement très médiatisé sera lourd de conséquences pour toutes les populations, bien sûr, qui y sont attachées mais aussi pour les médias. De fait, cet institut tient dans l'imaginaire de beaucoup de Parisiens une place à part. Non sans fantasmes d'ailleurs ! Aussi, devrons-nous nous attacher à faire en sorte qu'il soit accompagné, qu'il soit géré dans la transparence et surtout dans la sérénité.

Dès sa création en 2010, voulue par Bertrand DELANOË, l'institut a fait le pari de faire se côtoyer dans un même lieu physique un espace culturel et un espace cultuel, idéalement très étanches l'un de l'autre mais se nourrissant quand même de la part des publics qui circulent.

Le pari n'était pas aisé, tant l'Islam suscite encore crainte et méfiance, du fait, bien sûr, de la montée des intégrismes et d'une actualité internationale parfois insoutenable. C'est un pari audacieux, c'est un pari courageux pour Bertrand DELANOË qui a pensé et réalisé ce lieu culturel unique à Paris, implanté dans un quartier populaire (le 18e) mais avec une vocation locale, voire nationale. Cet institut a misé sur l'intelligence, sur la culture du savoir pour sortir l'Islam et ses cultures des catacombes de l'obscurantisme. Je ne m'attarderai pas sur ce lieu cultuel créé pour répondre aux prières de rue, car il concerne d'abord les musulmans eux-mêmes. Conformément à notre laïcité bien assumée, il relève de l'espace privé. Les pouvoirs publics ne soutiennent, vous le savez, ni ne salarient le culte. En tant que Centristes attachés à cette règle fondamentale de la laïcité, nous serons vigilants sur son application stricte. Je m'attarderai plutôt sur l'espace culturel, qui fait l'objet d'ailleurs du projet de délibération de ce soir à hauteur de 800.000 euros mais c'est de 1,3 million d'euros dont il s'agit dans la globalité. C'est vrai qu'à l'heure où beaucoup de nos jeunes sont tentés par le repli identitaire communautarisant, à l'heure où les forces xénophobes du populisme attisent la haine de l'autre et dénoncent l'altérité, ce lieu culturel doit être plus que jamais protégé et soutenu. Mais, avant tout, nous avons quand même quelques interrogations. Ma première interrogation est d'ordre financier. Le soutien important de la Ville, qui s'est élevé à la création à 650.000 euros, est aujourd'hui passé, en 2014, à 1,3 million, puisqu'il y a eu des étapes de 700.000 euros, de 1 million, plus de 1,3 million. Première question : jusqu'à quelle hauteur de subvention irons-nous encore avant d'atteindre le régime de croisière ? A ce stade, il me semble que nous devons jouer la carte de la transparence, car cet équipement fait l'objet de beaucoup d'attentions à l'extérieur et, je le rappelle, qu'elles ne sont pas toutes bienveillantes. Ma deuxième question relève du fonctionnement et de la gouvernance de cet établissement parce que c'est vrai qu?en regardant, en examinant attentivement les comptes, j'ai noté que la structure avait mobilisé en 2013 700.000 euros pour ses salaires, alors que les charges concernant l'animation, qui sont l'objet même de cette structure, notamment du pôle artistique dont chacun reconnaîtra que les animations sont de qualité, eh bien, elles, elles s'élèvent seulement à 300.000 euros. Je dois ajouter ma grande surprise que l'année dernière, par exemple, ces dépenses n'ont pas toutes été consommées. Sur ces deux points, Monsieur le Maire, je vous l?avoue, cela m'inquiète un peu : qu?est-ce qu'un espace créé pour offrir des activités aux Parisiens et des alternatives à l'ignorance, qui consacre près de 70 % de son budget au fonctionnement et qui n'arrive même pas à dépenser les sommes liées à l'animation ? C'est donc avec beaucoup d'intérêt que j'attends vos réponses, Monsieur le Maire, mais c'est aussi avec beaucoup de vigilance que le groupe Centriste votera la subvention allouée à l'Institut des Cultures d'Islam parce que nous croyons à la pertinence de ce projet, mais nous sommes très vigilants quant à la mise en ?uvre effective de ce projet. Pour tout dire, comme je siégerai bientôt au Conseil d'administration de l'Institut, j'aurai à c?ur, au nom de vous tous, de porter ces interrogations au sein même de ces instances délibératives. Je vous remercie.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Merci. M. Bruno JULLIARD pour répondre.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, Madame la Présidente. Je vais pouvoir vous apporter quelques éléments de réponse sur vos interrogations. Mais d'abord vous dire que vous avez raison de signaler qu'il s'agissait à l'origine d'un pari très audacieux. Et à l?heure qu?il est, je serai assez raisonnable et sobre, d'ailleurs, sur la réussite de ce pari. Je pense que tout est sur les bonnes voies. Mais cela dit, cela prendra du temps avant de pouvoir dire que le pari est vraiment remporté, même si, d'abord, sur le premier point qui est le respect de la laïcité, on a eu beaucoup d'interrogations, beaucoup de débats longs, nourris, nombreux dans cette enceinte. Je crois pouvoir dire que du début, c?est-à-dire à l?investissement, à la création, à la construction de l'Institut des Cultures d'Islam et de l'immeuble, jusqu'au fonctionnement actuel, les règles de laïcité sont parfaitement respectées, à la fois dans le montage financier initial, c'est-à-dire qu'une institution privée - en l'occurrence, la Mosquée de Paris - a acheté les murs, mais y compris dans le fonctionnement. Aucun euro de la Ville de Paris n'est utilisé pour le bon fonctionnement de la Mosquée de Paris. C'est évidemment la Mosquée elle-même qui assure son propre fonctionnement et c'est bien normal. Donc nous sommes dans un cadre strictement conforme à la loi de 1905. C'est le premier point. Le second point concerne l'activité, les initiatives culturelles et, effectivement, la tenue du budget de l'Institut des Cultures d'Islam. La raison pour laquelle, d'abord, il y a une hausse cette année pour avoir une subvention totale de 1,3 million d?euros, c?est que 2014 est la première année de fonctionnement en année pleine du site Stephenson, qui a été inauguré il y a quelques mois et donc, mécaniquement, c'est la même chose que pour la Maison des Pratiques artistiques amateurs de Broussais dans le 14e, mécaniquement des frais de fonctionnement supplémentaires sont nécessaires pour assurer le fonctionnement en année pleine de ce site-là. La raison pour laquelle, en revanche, tout n'a pas été dépensé l'année dernière, c?est tout simplement parce que nous avons eu du retard dans l'ouverture de ce même site de Stephenson. Donc tout, pour les mêmes raisons mais inverses, tout n'a pas été dépensé jusqu'à présent. D?ailleurs, il est probable que la subvention eût été légèrement supérieure s'il n'y avait pas eu des restes du fonctionnement de 2013. Pour la suite, nous verrons bien. Je trouve que le travail qui est réalisé est très bon. Il y a encore des améliorations à opérer dans le lien entre la Mosquée et l'équipe culturelle, l'équipe de l'Institut des Cultures d'Islam de l'établissement culturel en soi. Il y a encore une identité qui est à affiner pour l'Institut des Cultures d'Islam, notamment dans son rapport par rapport à l'institut du monde arabe. Bref, il y a encore du travail à opérer, mais je trouve que nous sommes sur de bons rails et y compris sur la gestion budgétaire. Vous aurez l'occasion de le vérifier au Conseil d'administration. Je pense que l'institut est particulièrement bien géré. En tout cas, je me tiens à votre disposition pour pouvoir échanger puisque nous le savons, c?est vrai, pour tous les équipements culturels, ce sont les trois, quatre premières années qui sont déterminantes pour la réussite de tout projet à l'avenir.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Merci, Monsieur JULLIARD. Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 1148. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2014, DAC 1148). 2014 DAC 1190 Subventions (930.000 euros) et conventions avec 33 sociétés et 1 association. V?u déposé par le groupe UMP relatif aux subventions aux salles de cinéma d'art et essai.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DAC 1190 porte sur les conventions avec 33 sociétés et une association. La parole est à M. François-David CRAVENNE.

M. François-David CRAVENNE. - Merci, Monsieur le Maire. J'avais déposé un v?u, le v?u n° 95, sur ce projet de délibération et il n'a pas été rattaché. Donc je voulais savoir si je pouvais m'exprimer, parler et défendre ce v?u maintenant.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Oui, sans problème.

M. François-David CRAVENNE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, la Ville de Paris, et c'est bien légitime, apporte un soutien financier aux exploitants des salles qui, par leur programmation, il s'agit pour l?essentiel, de salles d'art et d'essai, contribuent à la diversification de la production française dans ce qu?elle a de plus exigeant, de plus audacieux. Par ailleurs, cette aide contribue à l'animation de lieux vivants de proximité qui favorisent l'échange, la réflexion et les valeurs culturelles auxquelles nous sommes tous, quelles que soient nos opinions, extrêmement attachés.

Je tiens à rappeler préalablement que le groupe UMP souhaite que le montant global de l?enveloppe de ces subventions soit pérennisé. En revanche, nous tenons à ce que des disparités inexplicables, voire injustes, certaines inégalités entre les salles, ainsi que des choix hasardeux ne soient pas, eux, pérennisés.

Le projet de délibération que vous nous avez présenté, Monsieur JULLIARD, fait en effet apparaître un manque de clarté dans les critères d'attribution de subvention, des formes de discrimination pour le moins surprenantes et des choix très contestables. Comment se fait-il par exemple que le Majestic Bastille reçoive des subventions et que le Majestic Passy, animé par l?excellent Alain RIOU qui propose une programmation du même type, n'en bénéficie pas ? Comment se fait-il, par ailleurs, qu'une salle de cinéma comme le Club de l'Etoile, bien connu des professionnels, qui a vocation à accueillir exclusivement des publics invités à l'occasion de projections privées, qu?elles soient liées à la promotion d'un film ou d?autres événements, bénéficie d?une aide reposant sur des critères dont ce type d?exploitation est exclu par définition ? Comment se fait-il, et c'est beaucoup plus grave, que vous attribuiez une aide conséquente à la société Bastille-Saint-Antoine possédant deux cinémas à Paris, alors que son propriétaire ne se conforme pas aux obligations sociales et fiscales stipulées dans la convention qu?il a signée avec la Ville ? Ces aides atteignent 800.000 euros et sont en constante progression. Pour preuve, le C.N.C. lui a coupé toute possibilité de demande d?aide sélective. Le contrôleur financier a même bloqué l'attribution de l?Etat automatique. Je précise que ces cinémas ne font plus partie de l?Association française de cinéma d'art et d'essai. Notre v?u est donc le suivant, Monsieur le Maire, v?u auquel j?associe mon collègue Grégoire CHERTOK : que les subventions allouées aux cinémas d?art et d?essai de la Capitale soient harmonisées, transparentes et justes, selon des critères préalablement et objectivement définis, de sorte que ces attributions soient parfaitement légitimes. "La libéralité ne consiste pas tant à donner beaucoup, qu'à donner à propos", disait La Bruyère. Je vous laisse méditer cette phrase et, surtout, vous en inspirer.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Merci. Je donne donc la parole à Bruno JULLIARD pour répondre à la fois sur le DAC 1190 et sur le v?u n° 95 que nous lui rattachons.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

D'abord, je me félicite de ce projet de délibération qui permet d'accorder des subventions aux salles de cinéma d'art et essai à Paris qui sont un maillon essentiel du cinéma à Paris. Paris est une capitale mondiale du cinéma, à la fois par le nombre d'écrans, mais aussi par la diversité de sa programmation. Cette diversité est acquise grâce à la présence nombreuse de salles d'art et essai, mais dans un contexte très concurrentiel. Il y a besoin de soutenir ces salles art et essai pour qu?elles puissent poursuivre leur activité.

Concernant les critères, le soutien de la Ville de Paris à ces salles s'articule entre un soutien en fonctionnement et un soutien en investissement, pas forcément pour les mêmes cinémas concernés. Pour l?investissement, c'est la transition numérique ou encore l'accessibilité handicapé.

Les critères d'attribution des subventions de fonctionnement aux salles de cinéma art et essai sont d'ores et déjà harmonisés et transparents. Tous les exploitants parisiens ont connaissance des subventions au travers de leurs organisations professionnelles.

Un premier critère de périmètre : seules des salles classées art et essai, donc classés par le C.N.C., selon leur programmation, peuvent bénéficier des subventions de la Ville de Paris.

Vous m?avez effectivement interrogé en 9e Commission sur le Majestic Passy. Il n'est pas subventionné en fonctionnement car cela n'est pas une salle classée art et essai selon les critères du C.N.C., du fait de sa programmation, contrairement au Majestic Bastille qui, lui, est classé art et essai et qui, donc, peut avoir une subvention de fonctionnement, même si dans mon souvenir elle est assez minime. Je vous avoue, je ne l'ai plus en tête immédiatement.

Ensuite, pour définir le montant de la subvention, il y a une part automatique, fixe, qui est d'abord définie selon une distinction entre les salles à un seul écran, qui reçoivent une part de 20.000 euros. Ce sont celles qui sont les plus fragiles. Les salles qui ont plusieurs écrans reçoivent une part de 10.000 euros. Puis une part variable est calculée en fonction du travail de programmation, d'animation et de la situation concurrentielle de la salle, c'est-à-dire du nombre d'écrans dans un périmètre proche, mais également de la fragilité de cette salle d'art et essai.

On a donc des critères harmonisés et, je le crois, justes, parce que si nous ne prenons qu?en compte le nombre de spectateurs comme, je crois le comprendre, vous le préconisez, cela pénaliserait inévitablement les salles les plus fragiles et, finalement, cela reviendrait à ce que nous arrosions là où c'est déjà mouillé ce qui n?est pas notre rôle. Prendre en compte la diversité des films aurait peu de poids car les salles soutenues sont toutes classées art et essai, comme je vous l?ai expliqué, et elles bénéficient toutes d'autres labels du C.N.C., par ailleurs. Enfin, aucune salle qui fait majoritairement du locatif privé et événementiel ne bénéficie de ces subventions de fonctionnement. Concernant le Club de l?Etoile, que vous avez cité, effectivement, il est bien soutenu à hauteur de 5.000 euros, et non pas 10.000 comme les salles mono-écrans classiques, car il n'est pas ouvert toute la semaine. La programmation de ce lieu est axé essentiellement sur les films du patrimoine, ce qui est peu le cas à Paris, et les filmographies étrangères, notamment récemment un Festival du film japonais l'année dernière. Le montant global de l'enveloppe qui vous est proposée aujourd'hui est constant, entre 900.000 et 950.000 euros. Je souhaite évidemment que ce soit le cas à l'avenir, car comme vous, je pense que cette politique est nécessaire. Je propose d?ailleurs qu'une réunion de présentation et d?information à tous les membres de la 9e Commission sur ce sujet puisse avoir lieu avec un détail précis, mais je ne vais pas le faire maintenant, j'ai été assez long. Au vu de ces explications, c?est un avis défavorable au v?u n° 95 et favorable au projet de délibération.

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 95 avec un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est repoussé. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 1190. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2014, DAC 1190). 2014 DAC 1199 Convention de partenariat entre les musées et institutions culturelles du Marais (3e et 4e).

M. Mao PÉNINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DAC 1199 et l'amendement technique n° 87 concernent le partenariat entre les musées et les institutions culturelles du Marais dans les 3e et 4e arrondissements. Je vais donner la parole successivement à Marie-Laure HAREL et Laurence GOLDGRAB pour cinq minutes chacune maximum.

Mme Marie-Laure HAREL. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voulais tout d'abord dire que ce projet de partenariat entre le 3e arrondissement et le 4e arrondissement, d'un point de vue culturel, est une très bonne initiative. Cette convention vise donc à rapprocher les établissements et les acteurs culturels du Marais pour qu?ils puissent construire ensemble des projets communs, informer mieux encore le public et les guider tout au long d'un parcours culturel dans le Marais.

Je vais me permettre d'abord d'émettre une première remarque qui consiste en la nature de ces établissements. Il s'agit d'établissements qui sont uniquement municipaux. Vous énoncez de très belles institutions culturelles : La Gaîté Lyrique, la maison de Victor Hugo, le musée Carnavalet et plusieurs bibliothèques. Il est très regrettable qu?il y ait deux mastodontes culturels dans le Marais que sont le musée Picasso et le Centre Georges Pompidou qui ne font pas partie des 15 établissements liés par cette convention.

Il me semblait que dans la mesure où vous disposez de la majorité à la Ville et au Gouvernement, il n'était pourtant pas si compliqué de permettre à des établissements municipaux et nationaux de coopérer entre eux, surtout quand le but est d'informer le public et de créer un parcours culturel susceptible de les émerveiller et de les faire aimer encore plus la culture française, Je crois que le public se fiche éperdument de savoir, quand il met les pieds dans un musée, s'il appartient à l'Etat ou à la Ville. C'est extrêmement dommage qu'il n'y ait pas davantage de synergies à travers cette convention, donc musées nationaux et municipaux mis ensemble.

Etant donné qu?hier, pour la deuxième fois de ma petite vie d'élue, j'ai réussi à faire passer un v?u au Conseil de Paris portant sur le tri sélectif, ce dont je me félicite, j'ai l'espoir de pouvoir suggérer parfois des idées qui vous plairont. Je vais vous en suggérer deux, puisque contrairement à ce que vous voulez nous faire croire, nous ne sommes pas là que pour critiquer et faire du mauvais esprit ; c?est bien tout le contraire.

J?ai deux petites idées pour vous dans le cadre de cette convention. La première, c?est que comme vous dites que vous allez rapprocher les établissements et les acteurs de la culture, parmi les acteurs locaux, il y a par exemple les galeristes. Dans le cadre de ma campagne dans le 3e, j?avais proposé de créer un pass culturel en direction des riverains du 3e, de manière à créer des activités locales et contribuant à la vie de quartier, notamment des activités qui auraient permis d?associer les galeristes. Peut-être que dans un deuxième temps, à travers ce partenariat entre établissements et acteurs culturels, comme vous le dites, vous pourrez finir par intégrer différents artistes et galeristes locaux du Marais.

Une deuxième idée pour vous que nous avons annoncée pendant la campagne, et à laquelle je continue à m'accrocher, c'est cette fameuse idée du conservatoire du Marais. Je rappelle, et par pitié, prenez cette idée pendant les années qui viennent, qu?au 6 ou 8, place des Vosges, de manière contiguë à la maison Victor Hugo, qui est l'un des établissements qui fait partie de cette convention, existent des locaux administratifs qui sont à deux tiers vides et qui pourraient permettre de mettre 1.000 mètres carrés à disposition d'environ 800 élèves pour apprendre le solfège et la musique.

Ce lieu est vide aujourd'hui. Dans la mesure où il existe 17 conservatoires à Paris, soit à peu près un pour chaque arrondissement, sauf dans le Centre de Paris où il n?y en a qu'un aux Halles, qui est un peu saturé, ce serait l'opportunité de répondre aux besoins des riverains. Ce serait l'opportunité de créer un bel établissement public de proximité, qui s?insérerait parfaitement et très symboliquement, puisque la place des Vosges est à la fois dans le 3e et le 4e, dans votre projet de partenariat. Il contribuerait pleinement au bouillonnement culturel que vous voulez instituer dans le Marais. Je vous remercie.

(M. Ian BROSSAT, adjoint, remplace M. Mao PÉNINOU au fauteuil de la présidence).

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci. Je donne la parole à Laurence GOLDGRAB.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, il ne nous a pas échappé que Mme HAREL profitait de ses interventions pour faire son marché. En l?occurrence, elle se sert d'un projet de délibération qui a trait au réseau Marais Culture Plus pour dévier du sujet.

Je vais répondre tout simplement pour me réjouir, chacun son tour, de voir ce beau projet arriver enfin à destination et prendre son envol. Ce passage en Conseil de Paris fait en effet suite à un long dialogue entre une vingtaine d'établissements culturels et les mairies du 3e et 4e arrondissement, sous l'impulsion et la coordination du musée Picasso.

Oui, Madame HAREL, le musée Picasso, dont vous indiquez qu'il ne figure pas dans la liste des établissements culturels, mais il faut lire le projet de délibération, car le musée Picasso est bien à l'initiative de ce projet, avec Christophe GIRARD, qui était alors adjoint à la culture, et Pierre AIDENBAUM, Maire du 3e, qui ont participé à tous les dialogues. Encore aujourd'hui, c'est le musée Picasso, provisoirement j'en conviens, puisque la présidence sera assurée à tour de rôle, qui dirige l?ensemble des opérations jusqu'à présent.

L'idée était de créer un réseau culturel au sein du Marais, appelé Marais Culture Plus, par la signature d'une convention entre ces établissements culturels et les mairies des 3e et 4e arrondissements. C'est le sens du projet de délibération qui vous est soumis.

Cette convention a pour objet de faciliter les liens entre les établissements et de faciliter les projets communs d'animation, donc de nouveaux projets en commun, mais aussi tout simplement favoriser l'accès à la culture, notamment la création d'un plan des lieux culturels du Marais, en partenariat avec l'Ecole Duperré pour la conception graphique, ou encore la conception d'une application mobile, ce qui est vraiment une très bonne idée.

Il y aura des événements, je le disais. Le premier événement organisé par Marais Culture Plus s'inscrit dans cette dynamique de réseau ouvert au public. Pendant une semaine, du 11 septembre 2014 au 21 septembre 2014, les différentes institutions partenaires joueront à s'observer les unes les autres, invitant les visiteurs à découvrir de nouvelles facettes des acteurs culturels à travers de nouveaux regards. C'est un événement qui est organisé par cette coordination. Le réseau se mobilisera ensuite dans le cadre de l?Art Fair 2014 qui se tiendra du 23 au 26 octobre au Carreau du Temple et dans 50 galeries d'art, parce que j'ai entendu que vous trouviez que les galeries d'art n'étaient pas associées, ce qui est un comble, puisque justement, le deuxième événement après celui dont je parlais, Regards croisés, est un événement avec 50 galeries d'art. Ce réseau établira un programme hors les murs dans les institutions partenaires et des projets aux visites spécifiques seront proposés. D?ailleurs, la mairie du 3e étudie actuellement la possibilité d'accueillir également dans sa mairie un projet partenaire. Voilà donc quelques exemples enthousiasmants de cette dynamique de collaboration, à laquelle nous apportons notre soutien. J'ajoute que la mairie du 3e, et j?imagine celle du 4e, vont elles-mêmes demander leur soutien à ces associations à travers les événements qu'elles organisent, sous l'égide de Pierre AIDENBAUM, le Maire du 3e, les événements du 3e : les lundis des arts, la musique avant toute chose, printemps de l?économie, parcours culturels nomades qui avaient lieu ce week-end dans tous les lieux de l'arrondissement. Nous réfléchirons donc désormais, en termes de réseau, avec ce soutien. Un dernier mot sur le pass culture et je ne fais qu'exprimer mon opinion. Moi, je n'ai pas cette conception de la culture qui est une culture qui s'adresse uniquement aux habitants du 3e, parce que c'est vraiment la conception inverse, c'est au contraire d'attirer dans le 3e tous les publics et qu'il n'y ait aucune discrimination selon le lieu de résidence, que l'on habite dans le 3e ou ailleurs, donc il n'y a pas cette conception en ce qui nous anime, Pierre AIDENBAUM et moi. Merci beaucoup de votre soutien sur ce projet de délibération et Christophe GIRARD, excuse-moi Christophe, bien entendu ce n'est pas notre conception et ce n'est pas dans cet esprit que nous avons soutenu ce projet de réseau ouvert à tous, j'insiste sur ce point.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Laurence GOLDGRAB. Pour vous répondre, la parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Laurence GOLDGRAB vient de rectifier un certain nombre de choses sur les quelques petites approximations dans l?intervention de Marie-Laure HAREL, mais, en effet, vous nous avez tellement convaincus de passer des conventions et des partenariats avec des établissements autres que municipaux, nationaux ou privés, que nous avions devancé cette attente puisque, d'ores et déjà, dans le projet de délibération qui vous est proposé, il y a bien la liste de tous les équipements qui sont concernés par cette convention et cette logique de partenariat et ils sont nombreux en dehors de la Ville.

Je pense à l'Institut suédois, au Mémorial de la Shoah, au musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, je pense au musée de la Chasse et de la Nature, je pense au musée Picasso ou encore au musée du C.N.A.M. ; bref, il y en a beaucoup, heureusement d'ailleurs, c'est dans le projet de délibération, parce que, s'il ne s'agissait que d'une convention entre des établissements de la Ville? Je reconnais que, parfois, on a du mal à faire travailler ensemble des équipements de la Ville lorsque ce ne sont pas les mêmes Directions, parfois même lorsque ce sont les mêmes Direction, mais enfin, quand même, nous n?avons pas besoin pour cela d'une convention en Conseil de Paris. Là, il s'agit bien évidemment de passer des partenariats avec d'autres établissements culturels, dont certains que je viens de citer. Cela correspond à ce que nous avons envie de faire à Paris en matière culturelle, c?est-à-dire favoriser les échanges, faire tomber les barrières entre les établissements publics, mais également avec des établissements privés, des fondations. Concernant votre proposition intéressante sur les galeries d'art moderne nombreuses dans le secteur, en général, les attentes et les volontés de participation de ce type de galeries à ces conventions de manière pérenne sont assez faibles. En revanche, je pense que, sur de l'événementiel, notamment au moment de la F.I.A.C. par exemple, pour certains qui pourraient être intéressés, pourquoi ne pas créer des convergences temporaires ? Cela m'apparaît être une bonne idée, en effet dans l?intérêt de la perception et de la pédagogie pour les habitants, les touristes et tous ceux qui pourraient se promener dans le Marais. C'est en tout cas l'esprit de ce à quoi travaillent les équipes de Direction des établissements culturels concernés, les maires des 3e et 4e arrondissements auxquels je rends hommage. J'espère que nous pourrons tirer un bilan très positif de cette initiative, je n'en doute pas en réalité. Quant à l'amendement technique, il porte parfaitement son nom et ne mérite pas plus de commentaire. Je vous demanderai de bien vouloir l'approuver.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci. Je mets à présent aux voix, à main levée, l'amendement n° 87 avec un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? L'amendement n° 87 est adopté. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 1199 ainsi amendé. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le projet de délibération amendé est adopté. (2014, DAC 1199). 2014 DAC 1241 - Subvention (235.000 euros) et convention avec l'association Halle Saint-Pierre (18e). V?u déposé par le Groupe Ecologiste de Paris relatif à la promotion de l'art des personnes en situation de handicap à l'association Halle Saint-Pierre.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DAC 1241 et le v?u n° 88. Ils portent tous les deux sur la Halle Saint-Pierre qui est située dans le 18e arrondissement et je donne la parole à Mme Anne SOUYRIS du groupe Ecologiste de Paris.

Mme Anne SOUYRIS. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

L'art brut est un art à part entière qui fut inventé en 1945 par le peintre Jean Dubuffet.

Il prolonge les découvertes et les travaux faits par le Dr Hans Prinzhorn dans les années 1920 sur l'art des fous, mais aussi l'étude que le Dr Morgenthaler consacra en 1921 à un interné psychiatrique qui deviendra un célèbre représentant de l'art brut, Adolf Wölfli. Cet art n?est pas un art conceptuel et ne se revendique d'aucune démarche intellectuelle. Il part, selon ses inventeurs, d?une démarche spontanée parce que, comme l'écrivait Jean Dubuffet : "L'art ne vient pas coucher dans les lits que l'on a faits pour lui, il se sauve aussitôt que l'on prononce son nom. Ce qu'il aime, c'est l'incognito, ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s'appelle." Ainsi, le travail artistique réalisé par des patients en psychiatrie est-il un élément phare de cette approche. Or, à Paris, les nombreux artistes en institution psychiatrique et fréquentant des institutions d'art thérapie constituent un vivier unique en France. La Halle Saint-Pierre, spécialisée dans le domaine de l?art populaire, semble ainsi toute indiquée pour recevoir des expositions de patients, d'autant que la Ville de Paris s?est déjà à de nombreuses reprises appliquée à ce que des artistes en thérapie soient exposés, notamment au Carré Baudoin, en mairie du 18e, au Couvent des Cordeliers et dans les salons de l'Hôtel de Ville avec le collectif événementiel "Art et Handicap". Nous souhaitons donc que la Halle Saint-Pierre envisage d?exposer plus souvent ces artistes, c'est le sens de ce v?u. Merci.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci. Pour vous répondre, je donne la parole à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Chère collègue, comme vous, je suis convaincu de l'importance de l'apport de l'art brut à la culture et à l'art.

C'est d'ailleurs une esthétique en développement, à la fois par le nombre d'artistes aujourd'hui connus sur la scène artistique, mais également par la fréquentation des publics, qu'il s'agisse d'ailleurs à Paris de la Halle Saint-Pierre, c'est l'objet du v?u d'aujourd'hui, mais également lors d'expositions soit en galerie soit dans des musées d'art contemporain où le public est nombreux, dorénavant, pour l'art brut, y compris d'ailleurs lorsqu'on regarde aujourd'hui le marché de l'art contemporain : l'art brut y a totalement fait son entrée, ce qui démontre qu'il y a bien une appétence du public.

Je partage totalement, de ce point de vue, votre enthousiasme.

J'ai en revanche deux petites réserves sur votre v?u. La première concerne ce débat, certes de spécialistes, assez passionnant d'ailleurs, entre ce qui est considéré comme étant l'art brut, en effet terme inventé par Jean Dubuffet, domaine passionnant, mais qui fait encore l'objet de débats quant à sa définition précise et aux pratiques qu'il englobe. C'est ainsi que, lors de l'exposition que nous avons accueillie dans ces mêmes murs il y a quelques mois, nombre d'observateurs, parfois zélés je le reconnais, nous avaient fait quelques reproches sur le fait d?avoir appelé cette exposition "art brut" alors que les plus puristes considéraient que ce n'en était pas. Je n'ai d'ailleurs pas la conclusion définitive de ces mêmes experts, je vous avoue que je ne me suis pas encore renseigné. En tout cas, ce que je sais, c?est que c'est un objet de discussion qui doit être laissé aux spécialistes, je parle bien sûr des relations entre l?art brut et l'art thérapie, mais il y a donc une controverse et cela m'embêterait que, par un v?u, nous soyons amenés, de fait, à prendre une position qui ne dépend pas de nous, mais j'aurai une proposition à vous faire évidemment sur ce point. Le second point qui est au moins aussi important, même plus, nous avons toujours veillé à l'indépendance des Directions de nos lieux artistiques, quels que soient d'ailleurs leurs statuts. Je pense à une double indépendance, une indépendance économique et budgétaire. C'est la raison pour laquelle il faut faire très attention, dans notre politique de mécénat : il faut des partenariats privés, mais il faut garantir la liberté de programmation de nos directeurs ou de nos commissaires d'exposition. Le second point, c'est l'autonomie et l'indépendance par rapport au financeur principal public, la Ville de Paris, l?indépendance publique de nos directeurs et nous n'intervenons jamais, je dis bien jamais, dans aucune des programmations de nos équipements culturels et je pense qu?il est sain et bon que cela demeure ainsi. Or, là, tel qu'est rédigé le v?u, nous pourrions entendre que nous avons quelque insistance auprès d'une Direction. Ce que je vous propose, si vous acceptez de retirer votre v?u, c?est que nous organisions nous-mêmes, en revanche, une rencontre entre l?association concernée qui fait effectivement un excellent travail et qui est reconnue et connue et la Direction de la Halle Saint-Pierre pour susciter d'éventuelles coopérations, mais que, en termes réglementaires, nous nous en arrêtions à cet aspect des choses, si vous en êtes d'accord.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Monsieur JULLIARD.

Madame Anne SOUYRIS, est-ce que vous acceptez par conséquent, à la demande de Bruno JULLIARD, de retirer votre v?u ?

C'est accepté, parfait !

Le v?u n° 88 est donc retiré. Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 1241. Il ne peut pas y avoir d?explication de vote sur un projet de délibération, il fallait s?inscrire sur le projet de délibération et il n?y a pas d?explication de vote sur le v?u, puisque le v?u n?est pas soumis à vote, puisqu'il est retiré. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2014, DAC 1241). Vous savez, Monsieur BOURNAZEL, on applique ici les règles qui sont les règles du règlement intérieur. Moi, je suis un partisan de l'ordre. Et l'ordre, c'est le respect des règles. Nous ne sommes pas ici en régime d'anarchie.