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Novembre 2008
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Conseil Général
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2008, DASES 502 G - Signature d'une convention avec l'association "Sida Info Service" (20e) pour l'attribution d'une subvention. - Montant : 70.980 euros.

Débat/ Conseil général/ Novembre 2008


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DASES 502 G relatif à la signature d'une convention avec l'association "Sida Info Service" (20e) pour l'attribution d'une subvention de 70.980 euros.

La parole est à Mme Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Madame le Présidente.

Plus de 2 millions de personnes ont été contaminées par le virus du Sida dans le monde en 2007 et Gauthier CARONTHIBAULT vient d?aborder très largement la question.

Ces 2 millions s?ajoutent aux 33 millions de malades du Sida, déjà contaminés depuis le début de l?épidémie et à l'approche de la journée mondiale de lutte contre le Sida, le 1er décembre prochain, ces chiffres ne peuvent que nous rappeler à une triste réalité.

En France, même si le nombre de découvertes de cas de séropositivité a baissé de 17 % en 2007, passant ainsi de 6.700 à 6.300 cas, on peut aussi le mettre en corrélation avec la baisse du nombre de dépistages constatée par les associations en charge de ces dossiers.

La Ville de Paris est loin d'être épargnée et les cas de contaminations nouvelles sont toujours une réalité, puisque l'Ile-de-France est la région la plus touchée d?Europe du Nord.

Les associations qui font la demande, aujourd?hui, de subventions pour continuer à prévenir, à accompagner, à informer, à former, à soutenir psychologiquement, à encadrer, bref, à faire en sorte que le sida ne soit plus vécu comme une tare, permettent enfin aux personnes touchées par le sida de pouvoir avoir un droit de vivre normalement, notamment en cas de dépendance liée à cette maladie.

Les cas de nouvelles contaminations touchent en particulier de plus en plus les femmes, qui représentent 42 % des nouvelles contaminations d?aujourd?hui. Il est donc important que le travail des associations perdure. Elles permettent d'aider les femmes à vivre le mieux possible leur séropositivité et à améliorer notamment leur quotidien, en leur prodiguant des conseils de base permettant à ces femmes de faire-valoir leurs droits dans toutes les situations.

S'adresser à toutes les femmes via les permanences dans les hôpitaux, les lieux d'accueil parisiens, les lieux d'accueil franciliens, rompre leur isolement tendant à aggraver leur situation, construire des messages de prévention prenant en compte leur culture, toutes ces démarches novatrices participent activement à développer des actes de prévention et à accompagner toutes les catégories sociales, tous les âges, toutes les situations, toute les pathologies vers une meilleure prise en charge et une meilleure information sur les droits des malades.

De plus, il ne faut pas délaisser le terrain de la jeunesse qui, en lien avec le progrès de la recherche, permettant aujourd'hui, dans notre pays, de vivre mieux et plus longtemps avec la maladie, a tendance à ne plus être aussi vigilante qu'il y a quelques années.

C?est pourquoi l?installation de nouveaux distributeurs dans les lieux fréquentés par les jeunes doit pouvoir permettre aux associations de continuer à intervenir directement auprès des populations encore très exposées au risque de nouvelle contamination et aux jeunes d'avoir accès à des préservatifs masculins à des prix réduits.

Ces subventions permettront aux Parisiens de mieux appréhender les risques liés au sida, d'être mieux informés directement sur les lieux de vie de chacun, de mieux répondre aux demandes d'accompagnement, de suivi, d'insertion des malades. Intervenir auprès des malades du sida ne peut être distingué des campagnes massives de prévention.

Je terminerai par dire que lorsque les malades atteints du sida sont bien encadrés, bien suivis et bien soignés, c'est signe pour tous les Parisiens qu'ils peuvent compter sur la solidarité de la Ville et sur les capacités d'intervention des associations qui ont un rôle primordial à jouer sur cette question.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

La parole, pour répondre, est à M. Jean-Marie LE GUEN.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. - Merci, Madame la Présidente.

Nous avons là toute une série de projets de délibération qui témoignent de la diversité, de l'importance et du caractère...

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Pardonnez-moi, j'étais distraite. Mme Karen TAÏEB souhaitait également intervenir.

Je vous en prie, Madame TAÏEB, vous avez la parole.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Madame la Présidente.

Mes chers collègues, les chiffres du Sida parlent d'eux-mêmes, plus de 25 ans, plus de 25 millions de morts.

Dans les années quatre-vingts, les chercheurs de l'équipe du professeur Luc MONTAGNIER décrivaient un nouveau virus, le H.I.V., responsable du syndrome d?immunodéficience acquise ; le monde découvrait alors le sida, épidémie mondiale mortelle.

Depuis, c'est un véritable combat que mènent avec détermination tous les acteurs de la lutte contre cette maladie : chercheurs, monde associatif, collectivités.

Si la recherche avance, le vaccin n?est toujours pas à l?ordre du jour.

En revanche, les thérapies sont moins lourdes, la trithérapie a notamment remplacé les 30 comprimés par jour que les malades prenaient il y a quelques années avec leur cortège d?effets secondaires.

Tout aussi important à l'heure où l?on parle, la prévention et l'information, car il s'agit de faire régresser les chiffres du sida.

Selon l'O.M.S., le pourcentage de personnes atteintes semble stabilisé, mais il faut désormais que la courbe s'inverse.

Or, en 2008, le nombre de femmes atteintes continue d'augmenter, comme on le disait à l?instant ; 33 millions de personnes dans le monde en sont atteintes et l'épidémie en Afrique continue de sévir de façon exponentielle.

En France, la plupart des malades ont accès au traitement disponible, mais 36.000 personnes séropositives ignoreraient être infectées par le virus.

La mise en place récente d'un test de dépistage rapide a été décidée dans quatre villes : Paris, Montpellier, Lille et Bordeaux, test qui, après prélèvement d?une goutte de sang, donne, en 30 minutes, un résultat.

Nous aimerions avoir des informations sur ce sujet et notamment sur l'état d'avancement de l'étude de recherche clinique menée à l'intérieur des centres de dépistage pour la mise en place de ces tests dits rapides.

Je conclurai en disant que les élus du M.R.C. se félicitent de la politique municipale en matière de lutte contre le sida, tant à l'échelle nationale qu'internationale, menée depuis la précédente mandature. Plusieurs délibérations sont ainsi reconduites et nous les appuyons toutes : le Sidaction, Sol en Si, le C.R.I.P.S., le Fonds Solidarité Sida Afrique ou encore Sida Info Service qui propose, depuis de nombreuses années, une écoute anonyme, gratuite, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Information, prévention, recherche, la Ville de Paris se doit, comme elle le fait, de faire partie des acteurs de la lutte contre ce véritable fléau en informant, en soutenant la prévention et en soutenant la recherche.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

Cette fois, je pense que M. LE GUEN peut répondre.

M. Jean-Marie LE GUEN, rapporteur. - Merci, Madame la Présidente.

Je me permets de redire ce que j'avais commencé à dire, mais qui a été très largement complété par ce que disait Mme Karen TAÏEB, à savoir que l'action de la Ville en matière de lutte contre le sida est à la fois très importante, très diverse et, je le crois, très innovante.

Nous allons voter toute une série de projets de délibération et je remercie les collègues qui sont intervenus pour témoigner, de façon d?ailleurs très argumentée, à la fois sur ce qui a été mis en ?uvre et sur un certain nombre de questions qui se posaient.

Nous intervenons à la fois dans le domaine de la prévention, dans le domaine de l'aide aux malades et, je l?ai dit tout à l?heure, dans le domaine de la coopération internationale.

Là aussi, en matière de prévention, nous avons une action très diverse. Nous avons à la fois une prévention d'ordre généraliste, qui passe soit par une action directe, soit par l'action à un certain nombre d'institutions : A.I.D.S., Sida Info Service, C.R.I.P.S., U.R.A.C.A. Bref, les principales associations engagées dans la lutte contre le sida savent qu'elles peuvent compter de façon très substantielle sur l'aide de la Ville de Paris pour promouvoir leur politique.

Mais nous mettons aussi en ?uvre une politique de prévention spécifique à la Ville contre le sida et les I.S.T. (infections sexuellement transmissibles), à la fois efficiente dans une approche généraliste, mais aussi plus ciblée, en essayant d'être au plus près du terrain, d?être aux côtés des populations les plus exposées ; comme vous le savez, il s'agit des personnes migrantes, des jeunes homosexuels, de populations même non migrantes mais installées depuis un certain temps dans notre pays.

C'est pourquoi nous avons voulu, toujours dans cette action en direction des jeunes, promouvoir - cela n'a d'ailleurs pas été sans débat et il a fallu insister pour que cela se fasse et je suis très heureux de souligner que cela puisse se faire - installer des distributeurs de préservatifs dans de nombreux équipements sportifs parisiens.

Nous allons aussi mener, toujours dans le cadre de cette politique de prévention, une campagne un peu innovante, dans la mesure où, si on parlait le plus souvent des jeunes et des populations en général ou des malades, on parlait assez peu, jusqu'à présent, de l'attitude de prévention et des comportements des personnes séropositives. Pour la première fois, la Ville de Paris va mettre en place une politique de communication autour des problèmes de comportement, de santé, qui sont rencontrés par les personnes séropositives. D'ailleurs, nous aurons une campagne de communication où s'exprimeront ces personnes séropositives témoignant de leur combat et de leur attitude responsable.

Vous m'avez interrogé, Madame TAÏEB, et je crois que Léa aussi l?avait fait, sur la question du test rapide. Nous allons effectivement mettre en place dans les semaines qui viennent un des quatre sites pilotes existant au plan national, un test rapide sur le H.I.V., avec l'idée de le faire dans un protocole d'étude et de recherche, parce que nous sommes finalement dans une innovation technologique mais dont il faut mesurer pleinement la manière dont elle va être utile socialement aux personnes séropositives, parce qu?on en voit bien, évidemment, les aspects positifs, mais il faut aussi, éventuellement, mesurer les effets contradictoires qu'il pourrait y avoir autour de ce test.

Il faut donc le faire et, en même temps, il faut le faire avec précaution. Je crois que c?est l?association "Kiosque" qui va faire cela dans des locaux que nous sommes en train de déterminer.

Dans les toutes prochaines semaines, j?espère que nous pourrons être parmi les premiers à lancer cette expérimentation dans le cadre d'une politique contrôlée, évaluée, ce qui est toujours très important en matière de politique de santé.

Concernant l'aide aux malades, qui est quelque chose de très important, la lutte contre le Sida a apporté une révolution dans la manière dont on envisageait le droit des malades, plus généralement le droit des usagers de la santé, il est donc légitime d'être en soutien autour de ces malades, notamment dans des populations qui sont souvent marginalisées.

C'est pourquoi, entre autres, nous avons une aide très ferme en soutien à "Basiliade", à des associations d'aide à domicile et de port de repas, ainsi que des actions vers l?association "Ikambère", qui est une association très active dans la prévention et l'accompagnement des femmes d?Afrique subsaharienne atteintes par le VIH - Sida.

Je vous invite tous mercredi, nous avons une présentation de cette association et de son atelier d'insertion par la couture, "la Main Fine" qui organise et nous organisons avec elle une soirée de gala à la Maison des Métallos le 26 novembre à partir de 18 heures 30. Vous êtes tous invités à ce défilé de couture.

C'est sur ces mots qui donnent toute leur place au volontarisme et à la présence dans la volonté de réinsérer socialement les malades que je termine mon intervention et vous propose de voter une myriade de délibérations qui vont traduire dans les faits y compris l'engagement financier de la Ville autour de cette politique.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 502 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DASES 502 G).