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Novembre 1997
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Conseil Général
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4- 1997 ASES 52 G Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec l'association "Espoir Goutte d'Or" une convention pour le fonctionnement d'un local d'accueil et de prévention destiné aux toxicomanes (18e).

Débat/ Conseil général/ Novembre 1997



M. CHÉRIOUX, président. - Nous passons au dossier suivant, qui est référencé ASES 52 G : autorisation à M. le Président du Conseil de Paris siégeant en formation de Conseil général de signer avec l'association "Espoir Goutte d'Or" une convention pour le fonctionnement d'un local d'accueil et de prévention destiné aux toxicomanes.
La parole est à Mme HOFFMAN-RISPAL qui est inscrite.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL. - Merci, Monsieur le Président.
Mes chers collègues, j'interviens ici sur l'ensemble des délibérations qui nous sont soumises aujourd'hui et qui concernent les dossiers sur le Sida et la toxicomanie. Il me semble, à ce propos, nécessaire de souligner l'importance de ne pas faire l'amalgame entre ces deux sujets qui, s'ils sont malheureusement parfois liés, ne le sont en aucun cas systématiquement. Il existe, comme vous le savez, d'autres formes de transmission du V.I.H. que la toxicomanie.
Si l'arrivée de nouvelles thérapies a permis des améliorations sensibles de l'état de santé des malades, la maladie n'est pas pour autant éradiquée et la situation sociale des patients n'a pas, loin s'en faut, totalement changé. Nous devons poursuivre nos efforts d'aide aux malades, d'accès au logement, encore trop insuffisants et nous ne devons surtout pas relâcher notre action dans le domaine de la prévention.
Les progrès thérapeutiques ne doivent pas entraîner la banalisation du Sida.
On constate aujourd'hui qu'un quart des adolescents n'utilisent pas de préservatif lors de leur premier rapport. Certes, une nouvelle campagne de prévention s'étale sur les panneaux de la Ville. Elle incite notamment à la fréquentation des centres de dépistage anonyme et gratuit. C'est bien mais est-ce suffisant ?
Les mêmes moyens sont toujours utilisés alors qu'ils n'ont pas fait leurs preuves de manière flagrante. Pensez-vous que les affiches soient toujours parlantes pour une population nourrie de messages audiovisuels ? Paris dispose de relais médiatiques plus adaptés tels que les radios et les chaînes de télévision. Quand ces supports seront-ils utilisés ?
Par ailleurs, une fois de plus, inlassablement peut-être, je ne manquerai pas de souligner les difficultés de trésorerie que rencontrent les associations lorsque leurs subventions, applicables au 1er janvier, sont votées le 17 novembre. Encore faut-il qu'elles soient votées ! Je pense au report envisagé, il y a deux jours, en 5e Commission, des dossiers d'Arc en Ciel et de Sida Info Service.
J'ai souvent l'impression d'une méconnaissance de la réalité du travail que mènent certaines associations, parfois depuis quinze ans à Paris, d'autant que le secteur associatif se substitue bien souvent aux charges des services de notre collectivité territoriale.
Comment comprendre que la limite d'écoute réservée aux malades et à leur entourage de Sida Info Service puisse être mise en cause ? C'est la seule association, en France, capable de répondre 24 heures sur 24 à la peur, à l'angoisse ou à la solitude.
M. CHÉRIOUX, président. - Je m'excuse de vous interrompre deux minutes pour vous poser une question. Vous savez bien que le texte que nous sommes en train d'examiner concerne " Espoir Goutte d'Or " ?
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL. - Je me suis inscrite sur toutes les délibérations. Je fais une intervention de cinq minutes sur toutes les délibérations, ce sera mieux.
M. CHÉRIOUX, président. - Je n'avais pas saisi.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL. - Je l'ai dit au début de mon intervention, Monsieur le Sénateur.
Comment expliquer que " Vaincre le Sida ", qui fournit aux malades, en plus de l'aide à domicile et du portage de repas, un travail d'accueil, d'orientation, de conseil juridique, de suivi social, n'obtienne que 200.000 francs sur les 500.000 francs demandés ?
Pourquoi des associations telles Mahavar, Les Tantines de la Bastille et tant d'autres - mais c'est l'élue du 11e qui vous interpelle - ne se voient jamais reconnues ?
Je vous rappelle que la Ville a signé l'an dernier, et nous nous en sommes félicités, une convention avec l'Etat portant notre participation financière à 33 millions de francs. Où en sommes-nous à ce jour ?
Concernant la toxicomanie, comment justifier que " Espoir Goutte d'Or " ne soit pas plus aidée au regard de son action effective depuis vingt ans dans un quartier difficile, même si nous notons une nette amélioration de sa subvention cette année ?
Mes chers collègues, vous me répondrez sans doute que nous devons aussi traiter de sujets aussi douloureux que le cancer, les hépatites B et C et d'autres sujets sociaux très difficiles. Mais il reste des tabous et de lourds retards dans notre société, en particulier dans notre ville, concernant les deux thèmes que je viens d'évoquer, qui doivent nous amener à continuer à nous battre, à ne pas relâcher l'effort entrepris.
Bien entendu, nous voterons l'ensemble de ces délibérations car, si nous les jugeons toujours insuffisantes, nous reconnaissons un mieux par rapport aux années précédentes. Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, communiste et du Mouvement des citoyens).
M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie.
La parole est à M. GRISCELLI.
M. Claude GRISCELLI. - Chère Madame, vous reprenez l'ensemble de l'action que nous menons concernant le Sida et ce, à partir d'une délibération relative à l'association " Espoir Goutte d'Or ". Vous avez raison parce que tout se tient et que, finalement, toutes les actions associatives sont complémentaires les unes des autres.
Sur les quatre points que vous avez indiqués et que je reprendrai rapidement, il est facile, à peu de choses près, de parvenir à un accord.
Tout d'abord, poursuivre l'effort de prévention est indispensable. Nous le faisons et vous avez raison de dire que c'est surtout en faveur des jeunes qu'il convient de porter une attention toute particulière.
D'autre part, à propos de la nouvelle campagne lancée à Paris depuis le 12 novembre, je sais, justement par " Sida Info Service ", que son impact est important et qu'elle est perçue de façon positive. Quand il s'agit de donner une opinion, pour ne pas parler de critique, il est vrai que les campagnes d'affichage ne représentent qu'une méthode et que l'on pourrait toujours faire plus. Je veux toutefois vous rappeler que les grands moyens de communication, tels que les supports télévisuels, sont généralement réservés à l'Etat. Cependant, vous savez très bien que le Sida n'entre pas dans les attributions municipales obligatoires, mais relève de la compétence de l'Etat. J'estime par conséquent que l'effort budgétaire de la Ville portant sur 33 millions de francs, et sur lequel je vous donnerai quelques explications tout à l'heure, est considérable en comparaison de ce qui est fait par d'autres municipalités.
Il serait logique que l'Etat et la Ville, dans le cadre de la convention signée le 19 mars 1996, aient une action également complémentaire en matière de communication. Nous avons réalisé notre campagne et je suis convaincu qu'elle a un impact important. A l'Etat d'élaborer la sienne.
En troisième lieu, pour ce qui concerne les différentes associations que vous avez citées, en particulier " Sida Info Service ", je voudrais aller plus loin et souligner qu'après bientôt deux ans de fonctionnement de cette convention Etat-Ville, mettant à disposition de l'ensemble des associations un budget important, il serait aujourd'hui souhaitable d'établir une évaluation, la plus objective possible, des actions que nous avons menées.
Les choses évoluent dans le temps. Vous le savez, vous l'avez énoncé vous-même, le Sida est une maladie qui évolue grâce aux nouvelles thérapies. On doit pouvoir parler aujourd'hui non seulement de prévention et d'accompagnement, mais également d'insertion, comme vous l'aviez d'ailleurs souligné. Le problème est donc de savoir comment désormais, grâce aux 100 millions prévus par la convention, faire mieux encore.
Bien entendu, La Ville de Paris et l'Etat étant partenaires, la Municipalité doit dans cet objectif engager le dialogue avec la Direction générale de la Santé. Mais ce que nous ne pourrons pas faire cela ensemble, nous le ferons seuls.
Enfin, quatrième et dernier point relatif aux pathologies autres que le Sida. Toute une série de maladies chroniques, telle que le cancer, mais on peut également citer la sclérose en plaques, la maladie d'Alzheimer ou ses équivalents (dépendance sénile, précoce ou tardive), doivent bien évidemment être prises en charge, tout autant que les problèmes liés aux handicaps et, Mme Claude-Annick TISSOT ne me démentira pas, car toutes ces questions de santé retentissent sur les situations sociales de ceux qui en sont victimes.
Ce que l'on a fait à propos du Sida est exemplaire et je suis convaincu que nous devons pouvoir l'étendre progressivement à d'autres pathologies. En tout cas, c'est un sujet de réflexion qu'il conviendra d'aborder.
Je vous remercie de votre attention.
M. CHÉRIOUX, président. - Je mets aux voix le projet de délibération ASES 52 G.
Que ceux qui sont favorables à son adoption veuillent bien le manifester en levant la main.
Epreuve contraire ?
Abstentions ?
Je vous remercie.
Il est adopté à la majorité, M. REVEAU ayant voté contre. (1997 ASES 52 G).