Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Septembre 2014
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par l'Exécutif relatif aux combattants de la Nueve.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2014


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous commençons par l?examen du v?u référencé n° 78 déposé par l?Exécutif, relatif aux combattants de la Nueve. La parole est à Mme VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire. Chers collègues, dans le cadre des commémorations du 70e anniversaire de la Libération, la "Marche sur le chemin de la Nueve" a eu lieu le 24 août 2014 sur l?Esplanade des Villes Compagnons de la Libération. Suite aux engagements de la Maire de Paris lors de ces événements, je vous propose, chers collègues, de rendre un nouvel hommage aux combattants de la Nueve en attribuant le nom de "La Nueve" à un lieu public de la Capitale.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame VIEU-CHARIER. Pas de demande d?intervention particulière ? Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de v?u est adopté à l'unanimité. (2014, V. 198). Je vous en remercie. V?u déposé par l'Exécutif relatif au centenaire du génocide des Arméniens.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 79, déposé par l?Exécutif, relatif au centenaire du génocide des Arméniens. La parole est à nouveau à Mme VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Chers collègues, ce v?u fait suite au v?u déposé par Mme la Maire du 9e arrondissement de Paris, chère Delphine, lors du Conseil de Paris de juillet qui avait accepté? Mme la Maire du 9e avait accepté de le retirer en séance après l'intervention de mon collègue Patrick KLUGMAN. Comme vous le savez, la Ville de Paris est très engagée dans le travail de mémoire et notamment dans le travail concernant les politiques génocidaires, puisque cette année nous aurons la commémoration non seulement du 70e anniversaire de l'ouverture des camps mais aussi du 100e anniversaire du génocide arménien. Nous luttons aussi contre toutes les formes de négationnisme particulièrement importantes, puisque, en ce moment, nous avons quelques difficultés, justement, de ce point de vue. Dans le cadre du centenaire du génocide arménien, nous vous proposons que la Ville prenne sa part aux commémorations de 2015 par le biais de plusieurs initiatives auxquelles, évidemment, nous proposons d'associer étroitement la mairie du 9e arrondissement et sa Maire, qui est l'arrondissement qui a été en première ligne pour l'accueil des Arméniens à Paris après le génocide. Il s'agirait : - de l?organisation, qui est en cours de préparation, d'une grande exposition à l'Hôtel de Ville au premier semestre 2015 ; - d?un travail pédagogique engagé en lien avec l'Education nationale dans les établissements scolaires parisiens ; - de la valorisation des initiatives associatives ; nous le savons, elles sont nombreuses ; - du déplacement de Mme la Maire de Paris à Erevan. Ce travail de mémoire se fera, évidemment, en lien étroit avec la République d'Arménie, la mission 2015 du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France et les organisations arméniennes de Paris. Je vous propose donc, mes chers collègues, de répondre favorablement à ce v?u.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Catherine VIEU-CHARIER. Pas de demande d'explications de vote ? Oui, Madame la Maire ?

Mme Delphine BURKLI, maire du 9e arrondissement. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire. Comme vous l'avez dit si parfaitement, Madame Catherine VIEU-CHARIER, chère Catherine, 2015 sera une année d'une particulière importance s?agissant de la mémoire des génocides qui ont marqué le XXe siècle. En France, en Europe et, plus généralement, dans le monde, les citoyens et tout particulièrement les plus jeunes se rassembleront pour se souvenir et commémorer ces tragédies marquées par l'horreur et la souffrance. A Paris plus qu'ailleurs, compte tenu de son histoire, il s'agira de poursuivre le travail de connaissance et de pédagogie, de transmission mais aussi de vigilance contre toutes les dérives racistes, antisémites et négationnistes. En ces temps de troubles et de retour des intégrismes et de la barbarie, de telles initiatives de rassemblement et de cohésion nationale seront plus que jamais nécessaires. Nous devons tous y contribuer. C'est l'objet de ce v?u aujourd'hui. En 2015, nous commémorerons notamment le centenaire du génocide des Arméniens, vous l'avez rappelé, Madame Catherine VIEU-CHARIER, qualifié dès 1915 par la France, l?Angleterre et la Russie, de crime contre l'Humanité. Ce génocide allait avoir pour conséquence la disparition tragique de 1,5 million d?Arméniens et la dispersion un peu partout dans le monde de ceux qui ont pu survivre. Dès 1915, Paris a accueilli, et je vous remercie beaucoup de l'avoir souligné dans votre explication, des rescapés du génocide qui se sont d'abord installés dans plusieurs quartiers du 9e arrondissement, autour du square Montholon, de la rue Cadet, que l'on continue parfois à appeler "la petite Arménie". En 2015, nous commémorerons également le 70e anniversaire de la Libération des camps nazis et le 9e arrondissement abrite encore aujourd'hui une importante communauté juive qui s'acquittera plus que jamais de son devoir de mémoire et prendra avec force et vigueur toute sa place, pour que, là encore, il n?y ait plus d'insulte à la mémoire des victimes ni à la dignité de leurs descendants. Dès lors, et vous l'avez rappelé, il était primordial que le 9e soit étroitement associé à l'organisation des cérémonies parisiennes. C'est tout le sens du v?u de consensus républicain que vous avez parfaitement présenté aujourd'hui au nom de l'Exécutif. Je vous remercie, ainsi que Patrick KLUGMAN, d'avoir associé mon premier adjoint Alexis GOVCIYAN à la rédaction de votre v?u. C'est tout naturellement que nous voterons des deux mains ce v?u. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame la Maire. Y a-t-il d?autres demandes d?explication de vote ? Non. Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de v?u est adopté à l'unanimité. (2014, V. 199). V?u déposé par le groupe Socialiste et Apparentés relatif à l'attribution de la dénomination "Yacine Kateb" au jardin d'immeubles du boulevard de l'Hôpital.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 80, déposé par le groupe Socialiste et Apparentés, relatif à l'attribution de la dénomination "Yacine Kateb" au jardin d'immeubles du boulevard de l'Hôpital. Je crois que c?est Mme Annick OLIVIER qui le présente.

Mme Annick OLIVIER. - Merci, Monsieur le Maire. Jérôme COUMET et les élus du groupe socialiste et apparentés proposent que l'attribution de la dénomination " Kateb Yacine" soit donnée au jardin d'immeubles du boulevard de l'Hôpital. Kateb Yacine est un écrivain algérien d'expression française, né en août 1929 dans la région de Guelma en Algérie et mort à Grenoble le 28 octobre 1989. Il s'est engagé politiquement en faveur de la liberté, a participé aux manifestations du 8 mai 1945, à l?issue desquelles il fut emprisonné. Son engagement en faveur de l?indépendance de l'Algérie ou pour l'égalité de la femme et de l'homme traverse son ?uvre. En considération de son ?uvre romanesque (Nedjma, le Polygone étoilé), poétique et théâtrale, qui est inscrite au programme de la Comédie Française, il nous paraît souhaitable que cette dénomination soit attribuée. Kateb Yacine a reçu en 1987 le grand prix national des lettres. Il a eu des liens privilégiés avec la Ville de Paris où il a vécu de nombreuses années. Nous proposons donc que cette dénomination soit attribuée à ce jardin. Merci beaucoup.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame OLIVIER. Catherine VIEU-CHARIER, pour vous répondre.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Chère collègue, évidemment, nous émettons un avis favorable à ce v?u qui concerne un merveilleux écrivain. Évidemment, nous avons tous en tête le magnifique texte de Nedjma qui est si particulier et si poétique. J'ai juste une petite réflexion technique à apporter avant d'émettre un avis favorable à ce v?u. Comme vous savez, la Commission de dénomination des lieux a un grand nombre de propositions de v?u en attente et nombre d'entre eux rendent hommage à des personnalités masculines. La Ville de Paris, vous le savez, a à c?ur d'apporter aux hommages la parité et un certain nombre de noms de femmes. Sur ce v?u en particulier, nous allons bien vérifier que le jardin dépend de la DEVE. Dans le cas contraire, nous nous retournerons vers le bailleur responsable du jardin afin d'envisager la dénomination demandée, mais nous faisons un effort particulier encore pour Kateb Yacine au vu des problématiques de parité. Mais j?émets évidemment un avis favorable.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame la Maire, au nom de tous les élus du 13e arrondissement. Pas d'explications de vote ? Je soumets ce v?u à vos votes. Pardon ! Excusez-moi, Madame, je ne vous avais pas vue !

Mme Edith GALLOIS. - Une toute petite explication de vote pour dire que ce v?u a été voté à l'unanimité à la mairie du 13e arrondissement, où vous siégez, donc vous vous en souvenez également. Je note ce que dit Mme l'adjointe sur la féminisation et je trouve que c'est une bonne chose. Cela étant dit, nous sommes tous, dans le 13e, d'accord et on serait vraiment ravis que ce nom puisse être donné à ce jardin.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame GALLOIS. Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Socialiste et Apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est adoptée à l'unanimité. (2014, V. 200). V?u déposé par les groupes de la majorité municipale relatif à l'attribution de la dénomination "Jean Carpentier" à un lieu du 12e.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 81, déposé par les groupes de la majorité municipale, relatif à l'attribution de la dénomination "Jean Carpentier" à un lieu du 12e arrondissement. La parole est à M. le président Nicolas BONNET.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire. Malheureusement, je ne vais pas contribuer à la féminisation des rues de Paris, puisqu'il s'agit encore d'un homme. Le v?u que je vous présente pour l'attribution de la dénomination de "Jean Carpentier" a été adopté à la majorité au Conseil du 12e arrondissement. Je présente conjointement ce v?u avec Catherine BARATTI-ELBAZ et Christophe NAJDOVSKI. Il avait été adopté aussi par le groupe UDI. Jean Carpentier était un acteur marquant du quartier d?Aligre dans le domaine de la santé et de l?animation citoyenne. C'était un médecin généraliste qui avait à c?ur de s?adresser à tous les patients, qui avait à c?ur l'humain d'abord dans l'accueil de ses patients. Il a participé à la création d?ailleurs du Centre national des jeunes médecins. Il a créé le Comité d'action pour la santé et animé le journal "Tankonalasanté". Il a rédigé le Livre blanc de la réforme des études médicales. Il s?est installé comme médecin d'abord à Corbeil. Il décrit son travail comme le témoin de la vie des habitants au service de la collectivité et de sa population. Il a été particulièrement connu en 1971 lors de la rédaction d'un tract sur la sexualité : "Apprenons à faire l?amour". Je ne vous ferai pas la lecture de ce tract aujourd'hui parce que, quand je l?ai fait dans le Conseil du 12e, les plus conservateurs d?entre nous ont été choqués et, du coup, n?ont pas voté pour ce v?u. Mais j?espère que, aujourd'hui, ils vont nous rejoindre ! Le docteur Carpentier s'est installé en 1979 dans la rue de Charenton avec la docteure Clarisse Boisseau. Ils tissent des liens forts avec les habitants de ce quartier populaire et sont membres actifs de la commune d'Aligre. Ils sont de toutes les luttes et notamment celles liées à la toxicomanie et la prévention, au soutien de la mobilisation des personnes concernées par le VIH et les hépatites. Jean Carpentier continue son combat dans ce sens en 1992. Avec d?autres médecins, il crée le réseau des professionnels pour les soins aux usagers des drogues. Il fonde la même année l?Ecole dispersée de santé européenne. En 1998, il devient membre de la Commission des stupéfiants et des psychotropes de l?Agence en charge des médicaments. En 2000, le Ministre de la Santé, Bernard KOUCHNER, le charge d?une mission auprès du directeur de la santé, afin de sensibiliser et de former les médecins généralistes à la substitution des opiacés. Bien sûr, la presse nationale lui a rendu hommage au moment de son décès, et notamment est revenue sur l?ensemble des ouvrages qu?il a publiés. "La toxicomanie à l?héroïne en médecine générale : manuel" en 1994 et "Journal d?un médecin de ville, médecine et politique 1950-2005". Je propose qu?on délibère. Excusez-moi d?avoir été un peu long.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le Président. Madame la Présidente SOURYS.

Mme Anne SOUYRIS. - Merci, Monsieur le Maire, de me donner la parole. Juste une explication de vote. Nous sommes, bien entendu, pour ce v?u d?autant que le Docteur Carpentier - je rajoute une petite explication - a été vraiment à l?origine de tout ce qui était réduction des risques en France, à un moment où c?était encore complètement interdit. Il faut se souvenir qu?il a été interdit d?exercer la médecine, parce qu?il a aidé des usagers de drogue à avoir accès à des produits qui étaient à l?époque illicites et qu?il leur a permis de cette manière-là de survivre et surtout aussi de pouvoir revenir à un mode de vie acceptable et digne. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame SOUYRIS. Il n?y a pas d?autres demandes d?explications de vote ? Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par les groupes de la majorité municipale, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est adoptée à l?unanimité. (2014, V. 201). Je vous en remercie. V?u déposé par le groupe UDI-MODEM relatif à la création d'un centre Dumas. V?u déposé par l'Exécutif.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous passons à l'examen des v?ux référencés n° 82 et n° 82 bis déposés par le groupe UDI-MODEM et l'Exécutif, relatifs à la création d?un centre Dumas. La parole est à Fadila MÉHAL pour présenter le v?u n° 82.

Mme Fadila MÉHAL. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, aujourd?hui, pendant que je vous parle, trois plaintes ont été déposées par des Antillais pour racisme à Villers-Cotterêts, patrie de Dumas, et ville désormais dirigée par le Front national. Hasard du calendrier, je réitère aujourd?hui mon v?u auprès de vous au nom du groupe UDI - MODEM pour que soient mis en place par la Ville de Paris une mission de préfiguration pour la création d?un centre Dumas à Paris.

Ce centre est attendu depuis de longues années par la communauté ultra-marine, la communauté d?origine africaine, ainsi que par de nombreuses personnes attachées au devoir de mémoire. Cette institution culturelle de mémoire et de lutte contre le racisme devra être à la fois un centre de documentation, d?exposition et aussi un lieu de spectacles et de création artistique.

Le Président de la République au jardin du Luxembourg, le Premier Ministre place du Général Catroux dans le 17e arrondissement de Paris, la Maire de Paris et l?ensemble de l?opposition unanime ont réaffirmé ce 10 mai l?attachement de la République à cette famille issue de l?esclavage qui a donné à la France trois générations durant des personnages illustres : un grand soldat d?abord, un romancier populaire reconnu dans le monde entier, et surtout un écrivain engagé pour la cause, et notamment la cause des femmes. Je pense à "La dame aux camélias".

Depuis plusieurs années, je me bats pour le respect de la mémoire de cette famille, et tout particulièrement pour la réhabilitation de son fondateur, le général Dumas, un ardent républicain, né esclave et qui devint un héros de la Révolution. Mais il a été rattrapé par le racisme, discriminé du fait de sa couleur de peau, auquel la République n?a jamais voulu attribuer une Légion d?honneur refusée par l?Empire. En 2014, cette Journée de la lutte contre l?esclavage a revêtu un symbole particulier dans un contexte de rassemblement républicain, en réaction au refus par la municipalité de Villers-Cotterêts de commémorer l?abolition de l?esclavage et de célébrer la mémoire du général Dumas. Monsieur le Maire, chers Conseillers, les plus grandes villes du monde ont l?équivalent de ce centre Dumas : New York abrite à Harlem le Schomburg Center, une institution très respectées ; à Washington, le musée des africains américains va ouvrir ses portes début 2015 pour fêter le 150e anniversaire de l?abolition de l?esclavage. A Paris, cette tradition est tout aussi vivace et nous sommes en droit d?attendre que l?Exécutif et l?opposition dans leur unanimité fassent un geste fort contre le racisme. Paris doit donner l?exemple, car cette mission de préfiguration pourrait facilement voir le jour en lien avec les Ministères de l?Outre-Mer et de la Culture. Enfin, si le nom prestigieux de Dumas, admiré dans le monde entier, symbolise la lutte contre l?esclavage et le racisme, il évoque aussi et surtout l?intégration républicaine. Ainsi, à Villers-Cotterêts où le premier Dumas fut accueilli, aujourd?hui la réalité fait écho à cette mémoire d?hier.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Il faut conclure, Madame.

Mme Fadila MÉHAL. - Le fait que Myriam BOURHAIL, qui fit la une de tous les journaux, soit une brillante bachelière de Villers-Cotterêts issue de la diversité, habitant, qui plus est, la cité Dumas et qu?elle ait récemment obtenu la meilleure moyenne de France, 21 sur 20, est comme un clin d??il aux Dumas qui furent les chantres du mérite et du talent.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame.

Mme Fadila MÉHAL. - Je voudrais terminer, si vous le permettez.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Cela fait déjà deux fois le temps imparti.

Mme Fadila MÉHAL. - La Ville de Paris doit aujourd?hui honorer cette mémoire et aller plus loin car le vent du racisme souffle plus fort et nos enfants doivent être protégés par la culture, l?éducation, contre ce poison mortel qui mine notre unité.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame.

Mme Fadila MÉHAL. - Et c?est pour cela que cette demande culturelle est légitime et je m?adresse à tous les groupes, qu?ils soient de l?opposition, puisque Mme KOSCIUSKO-MORIZET a déjà donné son accord, son adhésion pour ce v?u, je m?adresse au groupe des Verts, je m?adresse aux Communistes, je m?adresse aux Radicaux de Gauche pour leur dire?

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Madame, il faut vraiment conclure.

Mme Fadila MÉHAL. - Et à Mme SIMONNET qui n?est pas là, mais dont la parole est si libre, pour leur dire, en toute responsabilité : vous ne pouvez pas être ceux qui diront non à la création d?une étude de préfiguration pour le centre Dumas.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Il faut vraiment conclure, cela fait bientôt 5 minutes. Le temps est de 2 minutes.

Mme Fadila MÉHAL. - C?était juste ma conclusion.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Mais cela fait 2 minutes que c?est votre conclusion. Permettez-moi d?en douter.

Mme Fadila MÉHAL. - Monsieur le Maire, je pense qu?il y a eu des débats extrêmement animés parfois sur des questions?

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Je le confirme, notamment lors du dernier Conseil de Paris sur le même sujet, mais il y a tout de même un règlement intérieur.

Mme Fadila MÉHAL. - Je pense que le sujet est relativement important aujourd?hui pour qu?en toute responsabilité, dans un climat de lutte contre le racisme, nous puissions en responsabilité affirmer.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Tout à fait, merci Madame le Présidente, merci beaucoup pour votre intervention. J?ai fait preuve de grande faiblesse, veuillez m?en excusez. Pour vous répondre, Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Sur le fond, Madame MÉHAL, je ne retirerai pas un mot de ce que vous venez de dire. Et d?ailleurs la Ville de Paris s?honore d?avoir vraiment été parmi les premières à rendre hommage à M. Dumas en faisant cette fameuse commémoration le 10 mai, place du Général Catroux.

Simplement, comme nous en avons déjà discuté longuement, c?est sur les termes, les derniers termes de votre v?u, que nous ne sommes pas d?accord. Donc je propose un v?u de l?Exécutif relatif à la création d?un centre Dumas et je vous le lis :

"Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal, Considérant l?action menée parce la Ville de Paris depuis 2002 autour de la figure emblématique du Général Dumas, né esclave qui devint un héros de la Révolution avant d?être rattrapé par le racisme, prenant acte du consensus obtenu au sein du Conseil de Paris sur ses actions, notamment à l?occasion de la mise en place d?un monument place du Général Catroux dans le 17e arrondissement en 2009, Considérant que chaque 10 mai depuis 2009, à l?occasion de la Journée nationale de commémoration de l?esclavage et de ces abolitions, une cérémonie est organisée avec l?Association des amis du Général Dumas devant ce monument, Considérant que la journée du 10 mai 2014 a revêtu un éclat particulier du fait de la présence au côté de la Maire de Paris de nombreux élus de toutes sensibilités ainsi que du Premier Ministre et d?une partie du Gouvernement, Considérant que cette journée s?inscrit dans un contexte de rassemblement républicain en réaction au refus par la Municipalité de Villers-Cotterêts, patrie des Dumas, de commémorer l?abolition de l?esclavage et de célébrer la mémoire du Général Dumas, Considérant que l?Association des amis du Général Dumas a émis le v?u le 10 mai 2014 qu?un établissement culturel portant le nom de centre Dumas puisse être créé, qui s?inspirerait de modèles prestigieux, comme vous l?avez indiqué tout à l?heure, tel le Schomburg Center de New York ou le musée des Africains américains de Washington, qui sera inauguré en 2015 ; Considérant par ailleurs que la communauté ultramarine de Paris d'une part, la communauté d'origine africaine d'autre part, réclament depuis longtemps une institution dédiée de culture, de mémoire et de lutte contre le racisme qui soit ce à la fois un centre de documentation, d'exposition et un lieu de spectacle et de création artistique ; Considérant que le nom prestigieux de Dumas, admiré dans le monde entier, évoque la lutte contre l'esclavage et le racisme, l'intégration républicaine par le mérite, la vertu et le talent ; Et considérant le v?u déposé par Mme la présidente Fadila MEHAL ; Émet le v?u que la Ville de Paris demande à l'État de créer une mission d'étude de faisabilité pour la création à Paris d'un établissement culturel dédié à la mémoire de l'esclavage qui abriterait un centre de documentation, d'exposition de création et de spectacle ainsi qu?une cité des outre-mers et s?engage à y participer. Mes chers collègues, je vous propose d'émettre un avis favorable à ce v?u.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Catherine VIEU-CHARIER. Il y a une demande d'explication de vote de Mme Anne SOUYRIS.

Mme Anne SOUYRIS. - Soyez sûrs d'une chose : le groupe Écologiste est pour un centre de commémoration de l'esclavage et de ses abolitions à Paris, parce que Paris était déjà la capitale de la France pendant notre grande période esclavagiste, parce que nous sommes toujours une capitale culturelle majeure, nous avons une responsabilité toute particulière à faire ?uvre de commémoration sur les sujets graves qui ne doivent pas être oubliés comme celui de l'esclavage et les peuples que cela a durablement touché. Paris doit donc être un facteur fondateur d'un centre de commémoration. Ainsi, nous voterons pour le v?u, qui va dans le sens d'une mission de préfiguration et qui va en ce sens. Juste un bémol cependant : pourquoi mêler cette question avec la mémoire de l'outre-mer. En effet cela pose deux problèmes. D'abord on ne peut résumer l'outre-mer à la question de l'esclavage. D'autre part, évidemment, l'esclavage déborde largement du cas de l'outre-mer. Cela nous semble donc bien bancal. Enfin, l'idée est là, et nous serons vigilants pour que cette mission aboutisse. Merci de votre attention

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Une demande d'explication de vote de M. Nicolas BONNET.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Je tiens d'abord à remercier Mme Fadila MEHAL pour cette proposition de v?u, qui est tout à son honneur et de son groupe. Nous soutenons cette démarche mais ce que j'entends dans les propos de Catherine VIEU-CHARIER, c'est aussi le rôle que l'État doit jouer sur ce sujet, et qu'une telle création d'un centre à ce niveau ne peut pas se faire seulement sur les dépenses de la Ville de Paris et seulement sur l'implication de la Ville de Paris. Donc, ce que nous dit Catherine VIEU-CHARIER dans sa proposition d'amendement, c'est un appel à ce que l'État contribue, ce qui renforce encore plus le rôle de ce centre et qui renforce encore plus la dimension de M. Dumas. Nous souscrivons totalement à l'amendement apporté par Catherine VIEU-CHARIER.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le Président. Madame Fadila MEHAL, retirez-vous votre v?u au profit de celui de l'Exécutif ?

Mme Fadila MÉHAL. - Non, je ne retire pas mon v?u et je voudrais? quelques mots?

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Non, Madame. Vous avez fait plus de 5 minutes tout à l?heure.

Mme Fadila MÉHAL. - Non mais le v?u de Mme CHARIER?

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - ? qui sera, lui, soumis au vote.

Mme Fadila MÉHAL. - Voilà? une présentation de vote.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci. Je vais soumettre les v?ux à vos voix mais vous avez déjà fait plus de 5 minutes?

Mme Fadila MÉHAL. - Une explication de vote pour le v?u de l'Exécutif.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Allez, 30 secondes !

Mme Fadila MÉHAL. - Je reprends bien évidemment tous les considérants qui reprennent en partie, et même en grande partie, le v?u de l'UDI-MODEM. Il y a une certaine déception dans la mesure où j'ai l'impression qu'en effet, il est important que la mobilisation de l'État se fasse, mais il me semble qu'une mission initiée par la Mairie donnait un engagement fort et une adhésion forte et que là, visiblement, j?ai parfois l'impression qu'on botte en touche et qu'on refile la patate chaude à l'État sur un sujet qui est très important, ramené d'ailleurs à des promesses qui n'ont pas été tenues, et je pense notamment par le Gouvernement, par la cité de l'outre-mer. Donc, je ne voterai pas contre le v?u de l'Exécutif. Je m'abstiendrai tout en étant dans une extrême vigilance par rapport à cette mission.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe UDI - MODEM, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée. Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de v?u est adopté. (2014, V. 202). Je vous en remercie. V?u déposé par le