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Septembre 1996
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14 - IV - Question d'actualité de MM. Alain DUMAIT, Georges MESMIN et Mme Benoîte TAFFIN, élus indépendants, à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police sur les conditions de mise en oeuvre du plan vélo.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1996



M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Nous passons à la question d'actualité posée au Maire de Paris par MM. DUMAIT, MESMIN et Mme TAFFIN sur le plan vélo.
Monsieur DUMAIT, vous avez la parole.
M. Alain DUMAIT. - Sur la mise en oeuvre du plan vélo, un sondage réalisé par l'institut B.V.A. et publié opportunément mercredi dernier, 18 Septembre, montrerait que les Parisiens, dans leur grande majorité, sont d'accord avec la nouvelle priorité mise en oeuvre par la municipalité depuis le début de l'année en faveur de l'usage de la bicyclette.
Pourtant la mise en service...
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Si cela n'intéresse personne nous pouvons tout arrêter ! Vous allez faire les conversations dehors...
Vous êtes le seul à avoir la parole, Monsieur DUMAIT.
M. Alain DUMAIT. - Merci, Monsieur le Maire.
Pourtant la mise en service des premiers tronçons de pistes cyclables - peut-être un peu précipitée à mon avis - n'a pas manqué de susciter des critiques et des observations. Cette nouvelle priorité aboutit à multiplier les obstacles, sous différentes formes, sur l'espace public, ce qui n'est pas un progrès, mais de mon point de vue au moins une régression.
Les élus indépendants, attachés à la fois à l'usage de la bicyclette à Paris et en même temps à ne pas multiplier les obstacles physiques et dangereux sur l'espace public, suggèrent qu'autant que possible à l'avenir les pistes cyclables soient aménagées sur les trottoirs plutôt que sur la chaussée, ce qui suppose que les trottoirs aient été préalablement élargis dans le cadre d'une politique générale d'aménagement et de valorisation de l'espace public, avec à la clé une réduction significative du stationnement autorisé sur voirie, en particulier dans les arrondissements du centre.
Les élus indépendants font observer que la cohabitation entre les piétons et les cyclistes pose des problèmes plus faciles à résoudre que la cohabitation entre les cyclistes et les véhicules à moteur. Il est plus facile et moins coûteux de protéger les piétons des vélos que ceux-ci des voitures, des camions ou des autobus.
Les élus indépendants souhaitent qu'un point soit rapidement fait sur la première partie de la mise en place du plan vélo du Maire de Paris, afin que le tir soit éventuellement rectifié avec réduction parallèle du stationnement autorisé sur voirie. On aurait pu en effet profiter de cette occasion pour supprimer des places de stationnement en surface plutôt que de réinstaller des marquages au sol à 1,50 mètre des trottoirs pour cause d'aménagement de pistes cyclables.
Enfin, les élus indépendants demandent à M. le Préfet de police si l'usage de ces nouvelles pistes cyclables a ou non réglementairement un caractère obligatoire pour les usagers cyclistes.
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Je vous remercie.
Monsieur PLASAIT, vous avez la parole.
M. Bernard PLASAIT, adjoint. - Il apparaît très clairement, à travers notamment un sondage qui a été publié en fin de semaine dernière, que les Parisiens plébiscitent ce plan vélo, puisque 87 % d'entre eux l'approuvent.
Ensuite, c'est une action qui a fait l'objet d'une très large concertation, j'indique d'ailleurs à cette occasion qu'une prochaine réunion de la commission extramunicipale se tiendra le 16 octobre prochain et qu'elle permettra notamment de tirer les premiers enseignements de ces réalisations.
Ensuite, tous les arguments développés par M. DUMAIT ont été pris en compte dans notre réflexion, avec un souci majeur, bien entendu, qui est celui de la sécurité.
Alors M. DUMAIT développe une thèse selon laquelle les pistes cyclables ne peuvent se développer que sur le terrain des piétons. Nous ne partageons pas cette analyse. Nous pensons que les pistes peuvent être aménagées de temps en temps, quand la voirie et l'environnement le permettent, sur les trottoirs. Mais cela n'est qu'un des aménagements possibles et si la largeur des trottoirs l'avait permis pour les premières pistes qui ont été installées, elles auraient pu être implantées sur le site en bordure immédiate de la chaussée ou sur le trottoir. Comme il n'est pas question de diminuer l'espace affecté aux piétons et en fonction des contraintes budgétaires, les pistes ont été directement implantées sur la chaussée.
Ces solutions ne sont pas définitives et nous avons toujours indiqué que nous étions dans une phase d'expérimentation. Par conséquent, lorsque ce sera souhaitable et possible, des adaptations pourront être faites.
Enfin, M. DUMAIT se plaint que l'on n'ait pas supprimé des places de stationnement. Je voudrais à cet égard indiquer que pour les 25 kilomètres de voies cyclables réalisés à ce jour, 600 places de stationnement ont été supprimées, ce qui a d'ailleurs provoqué des réactions compréhensibles de certains riverains et commerçants, et lui dire que ce n'est pas à l'occasion de la mise en place du plan vélo que l'on peut avoir la diminution de l'offre de stationnement comme objectif. Si cela doit intervenir, ce sera à l'occasion de la présentation de l'ensemble du plan de déplacements à Paris, politique des déplacements dans laquelle la partie vélo n'est qu'un élément, même si c'est un élément important.
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Je vous remercie.
Monsieur le Préfet de Police, vous avez la parole.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais répondre à la question d'actualité qui est posée par M. Alain DUMAIT, M. Georges MESMIN et Mme Benoîte TAFFIN, mais également, si vous le voulez bien, aux deux questions orales de M. HUBIN d'une part et de Mme Martine BILLARD d'autre part, en vous indiquant ceci : la suggestion d'aménager à l'avenir les pistes cyclables sur des trottoirs préalablement élargis, qui est évoquée par certaines des personnalités intervenantes, revient à poser le problème du partage de la voirie entre les différents types d'utilisateurs, selon le mode de locomotion qu'ils pratiquent.
Remarque étant faite que la surface totale de la voirie est à peu de chose près constante, il est concevable d'organiser ce partage de manière différente selon les dimensions respectives dans chaque cas de la chaussée et des trottoirs, il y a lieu de remarquer toutefois que les textes actuels conduisent à considérer les vélos comme des véhicules dont le lieu naturel d'évolution, en l'absence de cheminement propre, est la chaussée, par opposition aux piétons qui bénéficient pour leur circulation d'un espace réservé appelé trottoir.
Par ailleurs, dans un milieu urbain dense - car la sécurité des utilisateurs de vélos est à considérer non seulement dans les sections dites courantes, où elle repose notamment sur le respect que leur portent les autres usagers, mais aux intersections des voies, où elle postule également un respect scrupuleux de leur part de la signalisation - la proposition de réduire l'espace affecté au stationnement des véhicules pour l'affecter à la circulation des vélos va dans le sens de la politique mise en oeuvre à Paris qui tend à inciter au stationnement hors voirie et à réserver prioritairement la voirie à la circulation, mais l'application de cette idée directrice ne peut être que progressive.
La cohabitation sur un même espace des piétons et des cyclistes paraît quant à elle poser un réel problème pour la sécurité des premiers d'entre eux qui incluent notamment les personnes âgées, les enfants, et les personnes à mobilité réduite.
Quant au caractère obligatoire ou non de l'utilisation des pistes cyclables pour les cyclistes, le code de la route fournit une réponse dépourvue d'ambiguïté. L'article R. 43 dispose en effet : "Tout usager doit, sauf cas de nécessité absolue, emprunter exclusivement les chaussées, voies, pistes, bandes, trottoirs et accotements affectés à la circulation des usagers de sa catégorie." L'article R. 190 du même code précise en outre : "Les cyclistes doivent emprunter les bandes ou pistes cyclables lorsqu'il en existe." Il va de soi que ces dispositions ne s'appliquent, bien entendu, qu'aux axes pourvus de pistes cyclables. Merci de votre attention.
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Je vous remercie, Monsieur le Préfet de police.