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Septembre 1996
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Conseil Municipal
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65 - 1996, D. 1059 - Aménagement des abords du centre Georges-Pompidou (4e). - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant à la convention du 18 mars 1993 signée avec le centre national d'art et de culture Georges-Pompidou.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1996



M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération D. 1059 concernant l'aménagement des abords du centre Georges-Pompidou.
Monsieur BELLITY, vous avez la parole.
M. Lucien BELLITY. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous célébrons à la fin de l'année prochaine le 20e anniversaire du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou.
Le Centre Beaubourg a connu bien des détracteurs, et en connaît sans doute encore aujourd'hui, mais il n'en reste pas moins que celui-ci est devenu l'une des plus belles et prestigieuses institutions culturelles de la Capitale, au rayonnement national et international.
Est-il est nécessaire de rappeler le succès que cet équipement connaît depuis son ouverture ? Avec près de 8 millions de visiteurs, dont près de la moitié pour la bibliothèque publique d'information, soit près de 25.000 par jour au lieu des 5.000 initialement prévus, on comprend aisément la nécessité d'engager, vingt ans après son ouverture, la réhabilitation d'un ensemble aussi prisé des touristes.
Cette réalisation marquante de l'architecture contemporaine, comme le souligne le projet de délibération adressé aux élus, est aussi, si je peux me permettre cette parenthèse, à l'origine d'une série architecturale répandue désormais sur notre territoire et à laquelle nous sommes tous habitués, je veux parler des médiathèques.
Je crois en effet qu'il faut retenir que le centre Georges-Pompidou a ouvert à sa façon une ère, celle d'une certaine démocratisation de la culture. En ce sens, il mérite notre attention mais aussi d'être réhabilité.
Ces travaux de rénovation sont engagés depuis plusieurs mois et se poursuivront l'année prochaine. Nous souhaitons à ce propos, comme les habitués du centre, que ceux-ci soient rapidement achevés. Nous tenons d'ailleurs à saluer les responsables et personnels du centre pour le travail qu'ils ont effectué jusqu'ici et pour l'organisation de cette opération délicate qui nécessite d'importants déménagements.
Les élus du Mouvement des citoyens souhaitent que les aménagements des abords du centre Georges-Pompidou fassent l'objet d'une approbation unanime du Conseil de Paris, comme ce fut le cas lors de la séance du 15 février 1993 au cours de laquelle notre Assemblée approuvait dans son ensemble ce programme d'aménagement. Il faut en effet regretter, comme le précise le projet de délibération qui nous a été adressé, le manque de fluidité des circuits piétonniers sur la piazza, dans l'îlot Venise. En décaissé par rapport au plan incliné général, il n'a jamais reçu la desserte initialement prévue. Il fallait aussi renforcer l'éclairage, réorganiser le développement du mobilier urbain, car il résultait de l'évolution des abords de cet édifice une insécurité constante signalée, ce qui est bien compréhensible, par les riverains.
Le projet de l'équipe d'architectes retenue pour la mise en oeuvre de cette opération devrait, à n'en pas douter, améliorer la situation que nous connaissons actuellement.
Si les élus du Mouvement des citoyens approuvent le principe d'une restructuration des abords du centre intégrant un parc souterrain destiné à accueillir une vingtaine de cars de tourisme, ils regrettent cependant l'absence de plan et de schéma descriptif dans le projet de délibération transmis aux élus. Ce document aurait permis d'apprécier de façon plus précise la nature du programme et des aménagements prévus.
La réussite d'une restructuration de cette importance tient en effet, selon nous, aussi à la finesse des aménagements projetés, à certains éléments, tels que la distribution du mobilier urbain, à l'organisation des cheminements, pour lequel nous ne disposons que d'informations générales. L'expérience montre à Paris que la multiplication du mobilier urbain rend difficile sur de nombreux espaces publics la circulation des piétons.
Aussi, nous souhaiterions être rassurés sur ce point qui n'est pas seulement d'ordre qualitatif, le coût de cette opération relativement élevé -149 millions- justifie à lui seul, nous semble-t-il, une meilleure information des élus pour pouvoir se prononcer en connaissance de cause.
Malgré ces quelques réserves, nous voterons pour ce projet de réaménagement des abords du centre Georges-Pompidou.
Merci, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs du groupe du Mouvement des citoyens).
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Madame SCHNEITER, vous avez la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Beaubourg, sublime horreur pour les uns, oeuvre géniale pour les autres, quoi qu'il en soit, l'équipement vieillit mal, coûte cher et a complètement dénaturé un quartier. En outre, est-il normal de concevoir un bâtiment dont il faut sans arrêt repeindre les tuyaux depuis sa construction ? ... Mais le rayonnement culturel de Beaubourg est incontestable. Drainant des milliers de visiteurs et de touristes, accompagnés par leur cohorte d'autocars, ce quartier subit de plus les dégâts dus à sa surfréquentation. Il faut réaménager le site, le rénover, le consolider, fluidifier les déplacements. Peu importe, aujourd'hui, il faut assumer les erreurs du passé à coups de millions.
Justement c'est cet empilement de millions qui m'inquiète et j'aimerais bien connaître les coûts pour la Municipalité, et par voie de conséquence pour le contribuable parisien, de l'entretien suscité par Beaubourg et ses aménagements depuis sa construction, ainsi que plus de précisions sur les moyens permettant d'améliorer le site et les déplacements.
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Je vous remercie.
Madame COUDERC, vous avez la parole.
Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Oui, merci, Monsieur le Maire. Sur l'intervention de M. BELLITY, j'ai bien pris acte des réserves qu'il a émises et je peux lui dire que nous aurons tout à fait le souci, dans le cadre de notre projet d'amélioration de l'espace public aux abords du centre, de prendre en compte les différents éléments qu'il a évoqués et plus particulièrement celui du mobilier urbain.
Mais notre objectif est bien d'améliorer l'espace public aux abords du centre, avec les autres aménagements qui sont indispensables, c'est-à-dire aménager le parc souterrain existant en parc pour autocars et construire un nouveau bâtiment devant recevoir les oeuvres du sculpteur Brancusi.
Sur l'intervention de Mme SCHNEITER, sans évoquer le bâtiment lui-même, j'aimerais dire simplement qu'il m'est assez difficile de lui donner aujourd'hui une répartition des coûts des différents éléments du projet d'aménagement des abords sur lesquels je ne dispose que d'informations sur la répartition par lots aux entreprises. Mais je pourrais faire parvenir à Mme SCHNEITER la délibération de 1993 qui détaille ces aménagements et leur coût, si elle le souhaite.
Ceci dit, en ce qui concerne les surcoûts récents, je rappelle qu'ils portent sur environ 49 millions de francs et, comme cela est également expliqué dans l'exposé des motifs de la délibération, ces surcoûts s'exliquent par des évolutions inévitables et justifiées par le centre Georges-Pompidou qui est, je le rappelle, maître d'ouvrage. Il s'agit de travaux complémentaires et d'honoraires pour une valeur 1992 de 20,5 millions de francs, de dépenses complémentaires liées au pilotage des travaux pour 13,8 millions, toujours valeur 1992, et de l'incidence de l'érosion monétaire pour 14,4 millions de francs.
Le montant de 5 millions qu'il est proposé d'accepter par l'avenant à la convention comme nouvelle participation ferme et non révisable par la Ville, représente uniquement 10 % du surcoût total enregistré par l'opération des abords, alors que je vous le rappelle, la convention initiale était basée sur une participation Ville-Etat à parts égales. En dehors de la construction du musée Brancusi, ce montant correspond globalement à la moyenne du surcoût induit par :
- les travaux de confortation de la dalle du parking, du premier sous-sol, dont la nécessité est apparue au niveau des études de l'A.P.D. lors des sondages ;
- le déplacement du poste E.D.F. ;
- la création de l'escalier de liaison Piazza-rue Rambuteau non envisagé au stade de l'A.P.S.
Ces deux catégories de travaux, le parking et l'escalier, sont au premier chef de l'intérêt de notre Ville : le parking car il évite le stationnement sur la rue du Renard, l'escalier car il désenclave la Piazza et facilite les flux piétonniers avec la rue Rambuteau et le quartier de l'Horloge.
Je me tiens bien évidemment à la disposition des deux intervenants pour leur donner de plus amples informations au vu des dossiers.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Bravo ! Je vous remercie pour ces informations.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 1059.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, M. REVEAU s'étant abstenu. (1996, D. 1059).