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Octobre 2014
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2014 DGRI 1059 - Subventions (70.000 euros) et conventions avec les associations OPALS et WAHA pour des programmes d'urgence de lutte contre le virus Ebola en Guinée Conakry. Vœu déposé par le groupe UMP relatif à la création d'un plan international d'épargne-vaccins contre le virus Ebola.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2014


 

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DGRI 1059 concernant des programmes d?urgence de lutte contre le virus Ebola en Guinée-Conakry, sur lequel le groupe UMP a déposé le v?u référencé n° 15. La parole est à Mme Marielle de SARNEZ.

Mme Marielle de SARNEZ. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire. Evidemment, nous soutenons l'esprit de ce projet de délibération, mais je voudrais essayer, en quelques minutes, d'aller plus loin devant vous et vous rappeler ceci. Le président de la Banque mondiale a décrété, estimé vendredi dernier que nous étions en train de perdre la bataille face au virus Ebola, faute d'une solidarité internationale suffisante, certains pays ne se préoccupant que de leurs propres frontières. Nous sommes en train de perdre la bataille parce que nous ne la menons pas et que notre mobilisation n'est pas à la hauteur de ce qu'elle devrait être. Je pense en particulier à l'Union européenne et à la France. Les Américains ont mobilisé, sont en train de mobiliser, 3.000 militaires pour le Liberia. La Grande-Bretagne est en train de mobiliser 750 militaires pour la Sierra Leone. La France et l'Union européenne en tant que telle n?a mobilisé, pour le moment, aucun militaire. Il y a eu de la part du Président de la République une annonce de création d'un centre de traitement en forêt équatoriale par l'État français. Si on vérifie les choses, ce n'est pas l'État français qui a ouvert ce centre et qui s'en occupe, c'est la Croix-Rouge française. Alors aujourd'hui, nous avons les ministres des Affaires étrangères qui se réunissent au Luxembourg. Ils vont annoncer, ceci va dans le bon sens, qu'ils vont désormais garantir aux travailleurs humanitaires des rapatriements d'urgence en cas d'infection. Cela est évidemment à souligner. On va avoir cette semaine un sommet des chefs d'État. Je forme ici le v?u qu'ils prennent conscience de leur propre responsabilité devant cette épidémie terrible. Il y a aujourd'hui plus de 4.500 morts et les perspectives, les estimations qui sont données et qui sont devant nous, si nous n'agissons pas au niveau où nous devons agir, c'est 1,5 million de personnes qui seront touchées par la maladie d?ici la fin de l?année. Cette épidémie est en train de gagner la course, comme l'a dit l'envoyé spécial de l'O.N.U., et je veux le dire ici : la France et l'Union européenne doivent agir. C'est bien que Paris agisse dans le sens de ce v?u, mais nous devons agir comme le font les États-Unis, par exemple au Liberia. Il faut que vous sachiez une chose, mes chers collègues, si nous nous décidons, nous la France, à mobiliser enfin quelques centaines de personnels médicaux, 200, et quelques centaines d'ingénieurs, de logisticiens et de militaires pour s'occuper des questions de logistique, si nous mobilisons ces forces en Guinée, alors nous en sommes sûrs : nous arriverons à éradiquer le virus Ebola de Guinée, mais mes chers collègues, il y a vraiment urgence. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Madame de SARNEZ. Monsieur Bernard DEBRÉ ?

M. Bernard DEBRÉ. - Monsieur le Maire, merci. C'est vrai, l?Afrique est submergée par le virus Ebola, et ce qu'a dit Marielle de SARNEZ est vrai, et peut-être même en deçà de la vérité. Quand on annonce 4.000 morts, 5.000 morts, il est vraisemblable qu?il y en ait déjà 10.000 ou 20.000. C'est vrai qu'à la fin de l'année, si rien n'est fait - mais est-il possible de faire beaucoup ? -, il y aura peut-être 1 million, 1,5 million, 2 millions de personnes atteintes. D'ores et déjà, nous avons fait un certain nombre de choses puisqu'il y a là-bas des infirmiers et des infirmières, des techniciens, des médecins qui sont au premier rang et qui parfois sont atteints, et quelques-uns sont morts. M.S.F., la Croix-Rouge, l'O.M.S., et il faut leur rendre hommage car vraiment, ce sont des hommes et des femmes qui y sont allés avec leur foi, leurs sentiments et leur humanité. Et c'est bien cela qu'il faut développer, c'est l'humanité. Nous ne pouvons pas laisser l'Afrique sombrer dans ces drames. Oui, nous avons fait un certain nombre d'actions et c'est vrai que le Gouvernement, l'État français a décidé de créer un hôpital de campagne en Guinée forestière : 50 lits, 15 millions. Il va ouvrir le 20 novembre. Il n'y a que 5 millions pour l'instant mais le reste va être trouvé grâce à l'Institut Pasteur et d'autres. L'espoir, c'est un vaccin. Ne croyez quand même pas que l'on éradiquera cette maladie ; on va la prévenir. On ne peut pas l'éradiquer tout simplement parce que le réservoir est un réservoir animal, et si on fait en sorte de vacciner le plus possible de gens, d?hommes et de femmes, le virus restera et il faudra continuer à vacciner tout au long des années qui vont venir. Et c'est là où nous devons intervenir, la Mairie de Paris et d'autres encore. Oui, le vaccin va être trouvé. C'est un virus qui n'est pas tellement différent des autres. Ce n'est pas le HIV où là, le vaccin n'est pas trouvé. Le vaccin contre Ebola sera trouvé et d'ores et déjà, il y aura des candidats vaccins qui vont être essayés. Ils viennent du Canada, de l'Europe, des États-Unis, de la Chine, de la Russie et même du Japon. Vous voyez qu'il y a un espoir, dans les prochains mois, prochaines semaines peut-être, l'année prochaine. Oui, il faudra le tester. Et là où je voudrais insister, c'est le v?u que je voudrais formuler. C'est que ces vaccins, certes ne seront pas excessivement chers, mais il faudra vacciner combien de dizaines de millions d'africains ? Qui paiera ? Oui, il y a des organismes qui pourront payer, mais si nous avons la volonté de créer un plan d'épargne vaccin international, c'est-à-dire que d'ores et déjà, les villes comme les villes de Paris, New York, d'autres encore, qui ont été contactées, peuvent mettre un peu d'argent, beaucoup d'argent de côté, qui sera à l'O.M.S. ou ailleurs, et qui sera débloqué quand le vaccin sera disponible, nous pourrons alors vacciner les populations africaines, car vous savez très bien que la quantité de vaccins, le nombre de vaccins coûtera horriblement cher aux pays d'Afrique, qui ne pourront pas se vacciner. Ma crainte est que les pays occidentaux, les pays développés, se satisfassent de se vacciner eux-mêmes et laissent les pays africains avec l?Ebola. N?oubliez pas, chers collègues, qu'actuellement la rougeole tue 2 millions d?Africains par an, et il y a pourtant un vaccin ! Et qu'est-ce-que nous faisons ? Pourquoi n'agissons-nous pas ? Alors nous avons l?Ebola qui surgit, l?Ebola qui nous interpelle, l?Ebola qui va venir en France, beaucoup moins dangereusement qu'en Afrique, mais au moins montrons notre capacité d'humanité et créons ce plan d'épargne vaccin international, comme l'ont demandé les Africains. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci, Monsieur DEBRÉ. Pour vous répondre, la parole est à M. Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. La crise Ebola aura eu au moins ceci, et je veux d?abord le souligner et le mettre en exergue, c'est ce grand moment d'intelligence collective qui fait que nous réfléchissons ensemble, que Marielle de SARNEZ vient de nous alarmer au sujet du soutien d'un projet de délibération d'urgence qu'avec la Maire nous avons voulu mettre à l'ordre du jour de ce Conseil dans des délais extraordinairement brefs, et c'est Bernard DEBRÉ qui nous soumet cette idée importante, intelligente, généreuse. De notre côté, avec Bernard JOMIER, nous n'avons de cesse que de nous demander comment faire d'abord - c'est Bernard JOMIER qui le dira et la Maire en a déjà parlé s?agissant de protéger les Parisiens - mais au-delà, quel est le rôle de la Ville de Paris dans la mobilisation internationale contre ce fléau qui éradique, qui tape, qui frappe durement pour le moment dans trois, et bientôt quatre pays d'Afrique les populations les plus fragiles, qui donc fragilise des systèmes de santé qui sont déjà exsangues, qui donc fragilise des États qui sont eux-mêmes exsangues. Donc, évidemment, la Ville de Paris doit avoir sa voix, son rôle, et c'est ce débat que nous sommes en train d'avoir en dehors de toute considération d'appartenance, et je trouve que c'est à l'honneur de notre assemblée. Alors, pour procéder dans l'ordre, d'abord, je vous demande de bien vouloir adopter l'aide d'urgence dont la Maire de Paris vous a déjà parlé ce matin concernant la lutte contre l?Ebola. Je le rappelle, cela vient aussi après une première délibération au bénéfice de la Croix-Rouge que nous avions déjà adoptée. Les deux projets de délibération, les deux subventions que je vous propose d'adopter sont l?une au profit d?OPALS (20.000 euros) et l'autre au profit de WAHA (50.000 euros). C'est évidemment minimal mais ce sont des acteurs locaux qui font de la sensibilisation, de la prévention et qui ont besoin dramatiquement et urgemment de notre soutien. Mais je n'ai pas vu que ces projets de délibération suscitaient de larges débats. Concernant le reste, je voudrais d'abord dire que dans quelques jours, avec la Maire de Paris, avec Bernard JOMIER, nous serons à Kinshasa dans le cadre de l'assemblée générale de l'A.I.M.F. Avec les maires francophones, mais principalement les maires africains, nous lancerons la mobilisation internationale contre l?Ebola. Ça, c?est le rôle d?une ville que de mobiliser toutes les autres villes, que de faire que nos homologues d'Afrique soient des acteurs de la lutte, et pas seulement des récipiendaires du N.E.D. Et je tiens à dire que nous sommes en train d'y travailler, quasiment jour et nuit, dans ce cadre-là, et je voulais que tout notre Conseil sache et ait cette date en tête qui est l'assemblée générale de l'A.I.M.F., qui est une responsabilité importante pour la Ville de Paris. Ensuite, cher Bernard DEBRÉ, concernant votre v?u, évidemment, je souhaite y apporter une réponse favorable, parce que, encore une fois, c'est faire ?uvre de générosité, d'intelligence et je pense que c'est là notre place. J'aurais quand même quelques craintes, ou éclairages, que je veux partager avec vous. D'abord, le vrai sujet - vous l'avez dit -, ce sera le prix du vaccin quand il sera trouvé, et là, il faudrait un plaidoyer important pour s'assurer que les vaccins seront vendus à prix coûtant. Ensuite, le vaccin trouvé, à prix coûtant, il devra être correctement transporté, stocké, administré. Encore une fois, il y aura énormément de suivi à faire. Et puis, il y aura des campagnes de vaccination qui seront peut-être plus coûteuses encore que le vaccin lui-même, et qu'il faudra financer et surveiller. Suite à ces remarques que nous partageons, je voudrais faire quelques amendements sur votre v?u, si vous les acceptez. Dans les considérants, faire mention des aides d'urgence que nous présentons et, je l'espère, adopterons. Et dans les demandes, préciser que la possibilité de créer un plan d'épargne sera étudiée, c'est-à-dire, un peu plus de précautions, et préciser que la coordination au niveau international se fera en lien avec l'A.I.M.F., conformément à ce que je viens d'évoquer. Sous réserve de ces amendements qui sont minimes, je n'ai pas voulu faire un v?u de l'Exécutif, je vous propose d'apporter une réponse favorable à votre v?u. Je vous remercie.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Monsieur DEBRÉ, ces quelques amendements techniques ?

M. Bernard DEBRÉ. - Oui, personnellement, j'accepte, évidemment, ces amendements. D'ailleurs, ce n'est pas la peine de se voiler la face : nous avions déjà parlé, avec les uns et les autres, de ce plan et de cette hypothèse, et de ces amendements. Quelles que soient nos opinions politiques, encore une fois, ça ne doit pas interférer, si nous sommes les leaders pour la création de ce plan. Ce sera quand même à notre avantage et à l'avantage de la Ville de Paris. J'ai réuni déjà les ambassadeurs de Guinée et d'autres pays pour leur proposer : ils seront avec nous. J'ai réuni et j'ai vu d'autres villes qui attendent la décision de la Ville de Paris pour venir en support et en actions, et je crois donc que ce serait très bien que nous acceptions ces amendements et que ce v?u soit accepté.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur DEBRÉ. Je suis saisi d'une demande d'explication de vote de M. François HAAB. Non ? C'est une erreur, pardon. Très bien. Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe UMP, amendée par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u amendée est adoptée à l'unanimité. (2014, V. 216). Merci beaucoup. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DGRI 1059. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2014, DGRI 1059).