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Octobre 2014
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Vœu déposé par le groupe U.M.P. relatif au Conseil parisien de la musique.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2014


 

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Nous passons à l'examen d'un v?u non rattaché. Le v?u n° 63 est relatif au Conseil parisien de la musique. La parole est à Mme Nathalie FANFANT pour deux minutes maximum.

Mme Nathalie FANFANT. - Merci, Monsieur le Maire. Bonjour, chers collègues. Avec mes collègues de la 2e Commission et Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, nous tenions à vous remercier de votre intérêt affiché pour les musiques actuelles, souvent parents pauvres des politiques publiques menées en matière culturelle. Loin de nous l'idée d'opposer, comme certains le font auprès des acteurs des musiques actuelles, la musique classique par exemple. L'objet de notre v?u est justement de montrer que nous sommes capables d'avoir une vision globale, structurée et à long terme pour l'ensemble des musiques dans la ville dite "Lumière", mais aussi carrefour de tous les genres de festivals musicaux. Aujourd'hui, les initiatives privées sont pléthores. C'eût donc été l'occasion, et vous auriez eu raison, Monsieur JULLIARD, en créant ce Conseil parisien de la musique, non seulement de décloisonner les genres musicaux. C?eût été aussi l'occasion de pallier pour nos acteurs parisiens, tout au moins, la carence liée à l'abandon du Centre national de la musique et d'accompagner les initiatives privées. C?eût été enfin l?occasion d?impliquer encore plus les élus dans la vie culturelle parisienne. Quelle ne fut ma déception d'apprendre qu'aucun budget ne serait consacré à ce Conseil parisien de la musique, ni en dépenses supplémentaires - ce à quoi nous souscrivons pleinement - ni en redéploiement, ce que nous déplorons fortement ? Ce ne serait - je cite - qu'une instance de dialogue et de réflexion. Monsieur le Maire, la filière a déjà ses propres instances de dialogue et de réflexion. Ce n'est pas parce que vous n'en faites pas partie qu?elles n'existent pas. Nous vous proposons donc, par l?intermédiaire de ce v?u, si nous prenons le postulat de départ qu'il n'y aura pas de budget supplémentaire à ce Conseil parisien de la musique : premièrement, que soient redéployés les crédits accordés aujourd'hui de façon un peu trop émiettée par le biais de commissions indépendantes dont les membres majoritaires seraient les professionnels de ces secteurs, et que soient représentées toutes les formations politiques du Conseil de Paris, en toute logique. Il n'est, en effet, intellectuellement pas compréhensible que les élus soient sollicités pour des votes de subvention en Conseil, et jamais impliqués dans les prises de décision. Nous refusons que le Conseil de Paris soit juste une chambre d'enregistrement.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je vous demande de bien vouloir conclure.

Mme Nathalie FANFANT. - Il en va de notre responsabilité envers les Parisiens qui nous ont élus et nous ont confié la gestion de fonds importants, puisque les professionnels ne...

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je vous demande de conclure, Madame.

Mme Nathalie FANFANT. - Je termine, s?il vous plaît. Si vous m?interrompez, je ne vais pas arriver à conclure.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Justement, il faut terminer.

Mme Nathalie FANFANT. - Puisque les professionnels nous affirmaient que vous n'aviez pas encore véritablement pris d?engagement concret avec eux, le MaMA a été l'occasion pour nous de revérifier cela. Il est donc encore temps de?

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je vous remercie, je vous remercie.

Mme Nathalie FANFANT. - ? de bâtir ensemble un projet durable et utile?

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - On ne peut pas dépasser de 30 secondes sur un v?u de deux minutes, Madame. Je vous remercie. Pour vous répondre, la parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, et merci, Madame Nathalie FANFANT. Je pense que mon intervention va pouvoir vous rassurer sur un certain nombre de points. La Maire de Paris a pris l'engagement, durant la campagne électorale, de créer un Conseil parisien de la musique, qui sera le lieu privilégié de dialogue et d'échange entre la Ville de Paris et la filière musicale parisienne, d'abord et essentiellement dans le champ des musiques actuelles. Il s'agira d'associer l'ensemble de la filière musicale à nos réflexions et à nos objectifs de politique publique. Evidemment, la démocratisation culturelle, le développement des publics, mais également l'accompagnement des artistes et notamment des artistes émergents, dont nous savons que, dans les musiques actuelles, la précarité est importante. Le développement de l'enseignement artistique, la formation aux musiques actuelles, mais aussi et surtout la diversité culturelle et esthétique dans un milieu qui est, vous le savez, très commercial et où la concurrence est rude, alors même que les moyens de production sont en baisse, ce qui se traduit malheureusement par un déficit d'investissement et de soutien, notamment, à de jeunes artistes émergents. Il nous faut donc contribuer - pas seul - à garantir cette diversité culturelle. Il s'agira aussi d'aborder les thèmes et besoins importants pour la filière musicale, notamment au regard des contraintes économiques auxquelles elle est confrontée. Toutes les esthétiques des musiques actuelles auront vocation à être présentées : jazz, chansons françaises, électro, hip-hop, musiques du monde et autres. Concernant le périmètre, en effet, les problématiques des musiques actuelles sont très différentes des problématiques de la musique savante qui, elle, est largement financée, et de longue date. Il ne s'agit pas de mettre en opposition ces esthétiques. Il faudra, en effet, des croisements et des passerelles évidentes. Donc la future Philharmonie et la musique savante seront représentées dans le Conseil parisien de la musique. Des moyens seront bien consacrés au Conseil parisien de la musique, mais ils permettront d'abonder des projets qui nous seront proposés par le Conseil parisien de la musique. Nous aurons l'occasion d'en délibérer dans cette instance. Mais il y aura bien des moyens et une organisation pour le Conseil parisien de la musique. Sur le champ de compétences, il s'agit d'une institution parisienne qui ne vient pas en substitution de C.N.V. ou d?un projet d?évolution du C.N.V., mais qui répond bien à une demande pertinente du territoire parisien.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Merci beaucoup. Avec ces explications, est-ce que le v?u est retiré ?

Mme Nathalie FANFANT. - Je maintiens le v?u.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - D?accord. Je mets aux voix le v?u n° 63. Qui est pour ? Il y a une explication de vote.

Mme Anne SOUYRIS. - Monsieur le Maire, le Conseil parisien de la musique était annoncé dès avril dernier par Mme la Maire dans la presse. Depuis, pas d?information. Il y a une semaine, nous apprenons par une communication de Bruno JULLIARD à la presse, que la première réunion aura lieu dès ce mois de novembre. Bruno JULLIARD vient de nous donner un certain nombre d?explications. Néanmoins, le groupe Ecologiste de Paris aimerait plus de transparence autour de ce dispositif, un peu plus d'information donnée sur les objectifs assez régulièrement du Conseil parisien de la musique : quels objectifs ? Quels moyens ? Quel mode de fonctionnement ? Surtout, qui participera au groupe de travail annoncé ? Vous avez donné quelques éléments, mais cela nécessiterait d'être continué. Par conséquent, le groupe Ecologiste de Paris demande plus de clarification et plus de suivi sur ces différents points, avant la première réunion annoncée. En revanche, nous ne voterons pas le v?u de l'U.M.P. qui a le mérite de poser la question de la stratégie musicale à Paris et même de sa métropole, mais dont les réponses sont encore de l'ordre d'une usine à gaz qui semble bien peu adéquate à la situation. Nous y reviendrons donc lors du prochain Conseil.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je vous remercie. Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 63 avec un avis défavorable de l?Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Qui ne prend pas part au vote ? Le v?u est rejeté.