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Novembre 2014
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2014 DAC 1493 - Subvention (1.250.000 euros) et avenant à convention avec l'association "Philharmonie de Paris" (19e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2014


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DAC 1493 : subvention et avenant à la convention avec l?association "Philharmonie de Paris" que les membres de la 2e Commission iront bientôt visiter. La parole est bien entendu à Mme MÉHAL pour 5 minutes maximum.

Mme Fadila MÉHAL. - Merci, Madame le Maire. Chers collègues? Je vais attendre que les personnes soient à leur place pour pouvoir peut-être avancer dans ma présentation ?

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Chers amis, la journée va encore être longue, essayons de ne pas perdre de temps de cette manière. Madame MÉHAL, de nouveau, vous êtes seule à avoir la parole.

Mme Fadila MÉHAL. - Merci à vous. Madame la Maire, chers collègues, chacun le sait, la situation de la Philharmonie a suscité de vifs débats lors de nos précédents Conseils. Je n?y reviendrai pas car tout a été dit sur le budget investissements. J?ai moi-même, au nom du groupe UDI-MODEM, dénoncé les graves dérives de gouvernance qui ont conduit à l?alourdissement de la facture des travaux de cet établissement. Certes, des erreurs ont été commises, coûteuses, regrettables. Le pilotage du projet semble parfois avoir échappé au contrôle des élus. Cette situation est regrettable, mais il nous est difficile de revenir en arrière. Tout cela est vrai. Aujourd?hui pourtant, nous devons penser à l?avenir et faire que la Philharmonie devienne le fleuron de notre politique musicale symphonique à Paris. C?est à l?ensemble du Conseil collectivement de faire face à ses nouvelles responsabilités et d?assumer la suite des événements. La Philharmonie ouvrira ses portes le 14 janvier 2015. Même si de nombreuses questions restent en suspens sur son modèle économique viable, l?engagement clair de la part de l?Exécutif, notamment par la prise en compte de nos demandes, ainsi que la mise en place d?un comité de suivi et la maîtrise des coûts nous incitent à soutenir le projet de délibération qui permet de solder la subvention votée l?année dernière pour permettre le fonctionnement de l?association en 2014. Oui, notre groupe est favorable à ce projet de délibération, dans un esprit de devoir, de responsabilité vis-à-vis de l?engagement pris l?an dernier avec l?ancienne mandature. Car ces crédits sont essentiels et ils vont permettre partiellement de préparer l?ouverture de la Philharmonie et donc de préparer la première saison 2015. Madame la Maire, vous avez évoqué, depuis votre rencontre avec le Premier Ministre à la rentrée, votre souhait de remettre à plat le fonctionnement de la Philharmonie, afin de baisser la dotation de la Ville pour des frais de fonctionnement. La définition d?un nouveau type d?organisation a d?ailleurs été confirmée dans le v?u de l?Exécutif, auquel j?ai pu faire référence au début de mon intervention. Nous attendons avec impatience vos propositions à ce sujet, et le groupe UDI-MODEM sera vigilant quant au maintien des moyens suffisants pour remplir au mieux les ambitieux objectifs de programmation musicale que se donne la Philharmonie. Madame la Maire, le sérieux budgétaire nous anime mais également un principe de responsabilité vis-à-vis des Parisiens amoureux de musique classique. L?ouverture de la Philharmonie doit être un succès, elle doit avoir des garanties solides quant à ses ressources à venir, afin de réussir les objectifs que nous lui avons assignés. Reconnaissons les dérives, assumons les erreurs, assumons les erreurs - j?y reviens - mais, au présent, dépassons-les et garantissons la réussite de ce beau projet, si vital pour l?Est parisien. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame MÉHAL. La parole est à Mme de SARNEZ pour 5 minutes maximum.

Mme Marielle de SARNEZ. - Merci beaucoup. Dans moins de deux mois, le 14 janvier, la Philharmonie sera enfin inaugurée et Paris pourra ainsi rivaliser avec les grandes capitales mondiales de la musique symphonique, Londres, Berlin ou New York. C?est une très bonne et belle nouvelle pour toutes celles et tous ceux qui aiment la musique classique et qui souhaitent que cette passion soit partagée par le plus grand nombre. Car cette grande salle de concerts, son installation à l?Est de Paris, la variété de sa programmation, son projet pédagogique, tout plaide en faveur de cette ambition, portée par de grands artistes créateurs de Pierre BOULEZ à Jean NOUVEL. Notre groupe soutient ce projet, comme Fadila vient de le dire, nous le soutenons depuis le début et nous voterons donc le projet de délibération sur les dépenses de fonctionnement. Mais, ce soutien à la Philharmonie ne doit pas nous exonérer de porter un juste regard sur les dysfonctionnements qui sont intervenus par le passé. Problème de "pilotage", de délai et de coûts, comme l?a écrit le rapport d?information du Sénat, sur lesquels il est utile de revenir pour comprendre ce qui n?a pas marché, en tirer les conséquences dans le but d?éviter que cela ne se reproduise à l?avenir. Un coût global sous-estimé dès le départ. Puis, dans le cadre de l?appel d?offres lancé pour les travaux. Une indécision chronique des pouvoirs publics avec des hésitations, des crédits bloqués, des voltefaces de la part de l?Etat comme des collectivités locales, un chantier pas vraiment piloté, un architecte mis de côté, un montage financier surréaliste entre la Ville et l?association en charge du fonctionnement et de la programmation : la liste est longue des dysfonctionnements. A l?arrivée, cela donne une Philharmonie dont le coût a plus que triplé en douze ans, passant de 118 millions à 380 millions d?euros. Or, tout cela aurait pu et aurait dû être évité, si depuis le premier jour l?Etat et la Ville avaient pris clairement leurs responsabilités, en assumant, en décidant et en pilotant clairement le projet. De surcroît - je veux ajouter cela car je crois que c?est important -, nous vivons dans une époque où l?argent public se fait et va se faire de plus en plus rare. Et cette situation donne à tous ceux qui pensent, qui réalisent et qui décident de grands projets d?architecture, une responsabilité plus grande que par le passé où l?on pouvait dépenser sans compter. Désormais, il faudra faire preuve de rigueur et de sobriété dans la conception et la réalisation des bâtiments architecturaux, ce qui n?empêchera nullement l?expression du génie créatif. Les plus beaux bâtiments du monde sont rarement les plus coûteux. Malgré tous ces dysfonctionnements qui étaient, je le répète, évitables, ce projet de la Philharmonie s?achève enfin. La France compte parmi les plus grands compositeurs du monde, de tous les siècles, et qui rivalisent avec les plus grands, ceux d?Allemagne, d?Italie, d?Autriche. Elle compte des chefs d?orchestre, des virtuoses, des interprètes d?une qualité exceptionnelle. Et pourtant, malgré cette grande richesse, la musique classique reste enfermée, réservée, élitiste. C?est avec cela qu?il faut rompre. C?est un enjeu culturel majeur pour notre Ville : il faut favoriser la pratique musicale dès le plus jeune âge, et permettre l?accès du plus grand nombre aux conservatoires. Mais si nous voulons vraiment que Paris devienne une des références mondiales de la musique classique, de toutes les musiques classiques, il faut non pas tout concentrer à la Philharmonie mais bien au contraire élargir l?offre du répertoire et diffuser largement. Donc, ce n?est pas une bonne idée d?interdire à la salle Pleyel de programmer cette musique, alors même que sa rénovation lui a conféré une acoustique exceptionnelle. Pleyel ne doit pas être pensée en concurrence avec la Philharmonie, mais en complémentarité, comme le souligne si justement le chef d?orchestre Laurent PETITGIRARD. 2.400 places, c?est très grand, surtout quand on veut proposer des programmes audacieux. Les 1.700 places de Pleyel offrent une alternative qu?il serait regrettable de supprimer. Sur ce dossier, il serait bien que le bon sens l?emporte. La Philharmonie est un formidable projet au service de la musique classique, mais à une condition, qu?il soit et qu?il demeure un projet ouvert. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. La parole est à Mme KUSTER pour 5 minutes maximum.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. La Philharmonie est décidément un projet coûteux, et pas uniquement d?un point de vue financier. Le projet de délibération qui est soumis à notre vote ne pose à proprement parler de difficultés. Dès lors que la Philharmonie de Paris s?apprête à ouvrir ses portes, il faut bien en assurer la promotion et le succès. La subvention allouée à l?association "Philharmonie de Paris" est sans doute justifiée. On peut seulement se demander quel montant atteindra ladite subvention lorsque la salle de concert sera ouverte. Mais le coût de la Philharmonie est aussi culturel, et c'est sans aucun doute beaucoup plus grave. La Cité de la musique, établissement public sous tutelle du Ministère de la Culture, propriétaire de la salle Pleyel depuis 2009 et gestionnaire de la Philharmonie, a décidé de concéder la programmation musicale de Pleyel à un opérateur privé. L'appel d'offres prévoit que le nouveau concessionnaire ne pourra pas y produire de musique classique, la programmation classique étant transférée à la Philharmonie de Paris. La salle Pleyel se trouve arbitrairement dépossédée de ce qui constitue son identité, et ce, à la seule fin de ne pas concurrencer la Philharmonie. Une décision sans fondement au regard de l'expérience : plus l'offre de musique classique est large - Opéra Bastille, Opéra-Comique, Théâtre des Champs-Élysées, théâtre du Châtelet pour l'offre lyrique -, plus le public est nombreux et varié. Une décision qui suscite d'ailleurs la colère des musiciens et amateurs de musique qui ont signé la pétition, plus de 6.000 à ce jour, pétition que nous avons initiée à la mairie du 17e et à laquelle je souhaite associer Jeanne d?HAUTESERRE, maire du 8e, et qui ont participé, tous ensemble, extrêmement nombreux, au magnifique concert de soutien que nous avons organisé le 4 novembre dernier à la mairie du 17e. Je ne pouvais donc laisser passer ce projet de délibération sans évoquer le sort réservé à Pleyel, et comme vient d'ailleurs de le faire précédemment Marielle de SARNEZ. Je vous demande, et je demande solennellement à la Maire de Paris, car je rappelle quand même que la Philharmonie est financée à 45 % par la Ville, de s'engager à nos côtés pour préserver le classique à Pleyel. La coexistence des deux établissements est possible. Elle est même une chance pour Paris et le rayonnement de la musique classique. Le silence dont vous faites preuve, dont fait preuve la Maire de Paris sur ce sujet est tout simplement incompréhensible, pour ne pas dire coupable. La Mairie de Paris, qui a pris une part importante à la réalisation de la Philharmonie, ne peut se laver les mains du sort qui est réservé à Pleyel. Son rôle est d'être aux côtés des musiciens et des créateurs. Il en va de la réputation de notre Capitale. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Aurélie SOLANS, pour cinq minutes maximum.

Mme Aurélie SOLANS. - Madame la Maire, mes chers collègues, la Philharmonie de Paris va donc ouvrir dans moins de deux mois. Nous avons déjà beaucoup discuté de la conception, de la situation géographique et du financement de son bâtiment qui s?achève : je n'y reviens donc pas. Il convient maintenant à l'équipe dirigeante d'en faire vivre le projet au bénéfice du plus grand nombre. Ouvert à tous, ancré dans son territoire du Nord-Est parisien, d'autant qu?il doit s'inscrire à l'échelle métropolitaine. Nous avons aujourd'hui à en voter la subvention au titre de l'année 2014. À cette occasion, nous souhaitons rappeler les propositions de notre groupe lors du dernier Conseil de Paris, qui ont été adoptées par cette Assemblée. Le groupe des écologistes a demandé : - Qu'un comité de suivi soit constitué, rassemblant des représentants des mairies d'arrondissement, des communes, des associations, des établissements scolaires et des conservatoires proches de la Philharmonie afin de réaffirmer et approfondir l'inscription effective de cet équipement dans son territoire et une adéquation aux attendus des publics des quartiers environnants de manière pérenne. - Que l'emprunt souscrit par l'association "Philharmonie de Paris" pour la construction de la salle soit renégocié. En effet, contracté en 2009, cet emprunt sur 17 ans est à un taux extrêmement élevé de 5,186 %. - Qu?un rapport d'audit détaillé du déroulement du projet, de sa gestion et de son suivi soit fait par la Philharmonie pour ses financeurs et qu'un bilan soit tiré, notamment en termes de gouvernance. - Et enfin, qu'une évaluation soit menée au bout d'un an afin de faire un bilan des actions menées et établir une série de recommandations suite à ce bilan. Le groupe des écologistes demande qu'un point d?étape soit fait sur ces quatre demandes. Le groupe Ecologiste votera favorablement ce projet de délibération. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame SOLANS. Pour vous répondre, la parole est à Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Madame la Maire, et merci à tous les intervenants. D'abord, je suis très heureux que sur la quasi-totalité des bancs de cette Assemblée, il y ait une unanimité pour saluer la qualité et la beauté du projet architectural sur une porte de Paris qui sera identitaire de la ville de demain. En tout cas, je suis heureux que celui-là ne soit pas victime de quelque revirement politicien. Alors concernant l'ouverture de la Philharmonie, elle ouvrira ses portes le 14 janvier prochain. Cette inauguration marquera l'avènement d'une nouvelle ère pour la musique, notamment la musique symphonique à Paris, et cela alors que le nouvel auditorium de Radio France a ouvert ses portes le week-end dernier. Cela me permet d'ailleurs de répondre à un premier point qui concerne l'avenir de Pleyel. Depuis le début des discussions qui existent entre l?État et la Ville de Paris, et je parle de maintenant près de 10 ans, il était évident que l'ouverture d'une grande salle symphonique porte de La Villette se traduirait par la fin de la programmation de musique classique à Pleyel. Un dialogue constructif entre l'État et la Ville de Paris a permis de concevoir une politique commune sur la programmation de musique classique sur le territoire parisien, qui verra en quelques mois l'émergence de deux nouvelles salles : celle de la Maison de la Radio et celle de la Philharmonie de Paris. Et si l'on veut le succès effectif de la Philharmonie de Paris, alors il faut construire cette politique cohérente de programmation de musique classique et ne pas amplifier une concurrence qui serait néfaste pour tout le monde. Concernant la question budgétaire, la participation de la Ville de Paris en 2014 s'élèvera à 2,5 millions d?euros si vous votez cette subvention. Pour répondre à Mme KUSTER sur le budget 2015, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire ici même, nous travaillons actuellement avec l'État sur le besoin de financements publics. Je pense que nous aboutirons au montant de subventions publiques nécessaires pour 2015 dans les tous prochains jours ou semaines. Ensuite, nous discuterons avec l'État de la répartition de cette subvention publique entre la Ville de Paris et l'État. Une chose est certaine : la programmation qui a été annoncée par l'équipe de la Philharmonie n'est pas en cause et elle sera totalement assumée, y compris grâce aux financements publics nécessaires, mais il est vrai qu'en ces temps où l'argent public se fait plus rare, il faut que nous soyons rigoureux et donc, nous travaillons avec l'État pour limiter les dépenses de fonctionnement et surtout augmenter les mutualisations, notamment avec la Cité de la musique ou l'Orchestre de Paris. Nous travaillons activement à la préparation de cette ouverture et à l'implantation de ce nouvel équipement culturel dans son territoire. Ainsi, comme je m'y étais engagé lors du dernier Conseil de Paris par un v?u de l'Exécutif, la Ville de Paris organisera le 3 décembre prochain la première réunion du comité de suivi de la Philharmonie qui sera composé de l'équipe de la Philharmonie, bien évidemment, de conseillers de Paris de tous les groupes, de représentants de la Ville et de l'État, des communes limitrophes, des associations locales, de groupes scolaires, des conservatoires, des directions de la Ville concernées. Ce comité permettra, à quelques semaines de l'ouverture, de réaffirmer et d?approfondir l?inscription effective de l'équipement dans son territoire auprès du public de proximité.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur JULLIARD. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 1493. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. Je vous en remercie. (2014, DAC 1493).