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Novembre 2014
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Conseil Municipal
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2014 DJS 326 - Gestion et animation des antennes jeunes de la Ville de Paris. - Marché de services (art. 30). - Principe et modalités de passation. Vœu déposé par le groupe SOCA relatif à l'Antenne Jeunes Davout (20e). Vœu déposé par les groupes SOCA, GEP et PCF-FG relatif aux missions et aux moyens des antennes jeunes du 12e. Vœu déposé par le groupe PCF-FG relatif à l'antenne Jeunes Fontaine à Mulard. Vœu déposé par le groupe UMP relatif à la gestion des antennes jeunes parisiennes. Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif au maintien de toutes les antennes jeunes. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2014


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DJS 326, l?amendement n° 50 ainsi que les v?ux n° 51, 52, 53, 54, 55 et 55 bis qui y sont rattachés : il s?agit de la gestion et de l?animation des antennes jeunes de la Ville de Paris. Je vais donner la parole successivement à Marie ATALLAH, Danielle SIMONNET, Anne-Charlotte BUFFETEAU, Raphaëlle PRIMET, Emmanuelle BECKER, Jérôme GLEIZES, Frédérique CALANDRA, Catherine BARATTI-ELBAZ, Christophe NAJDOVSKI, Nicolas BONNET-OULALDJ et Jean-François LEGARET. Nous commençons donc par Marie ATALLAH pour 5 minutes maximum.

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, vous nous proposez d?approuver un projet de délibération relatif à la gestion de dix antennes jeunes parisiennes en application de l?article 30 du Code des marchés publics. Avant d?aborder les points qui nous interpellent dans ce projet de délibération, nous souhaitons tout d?abord saluer ici l?engagement de notre majorité municipale en faveur de la jeunesse parisienne, et notamment les jeunes ayant des difficultés pour accéder à une autonomie ou pour réussir l'insertion sociale et professionnelle. De l?accueil à l?insertion, plusieurs dispositifs sont mis en place pour répondre aux différents besoins des jeunes dans les quartiers parisiens, et le dispositif des antennes jeunes fait partie de cette politique globale qui doit évoluer et s?adapter en fonction des enjeux économiques et sociétaux, et de l?évolution des problématiques et profils des publics. Malgré cette politique volontariste, le constat reste alarmant. Les acteurs associatifs qui agissent sur le terrain ne cessent d?alerter les pouvoirs publics sur la précarité des jeunes et les chiffres le confirment. On estime à près de 150.000 chaque année les jeunes qui sortent du système éducatif sans qualification. Dans un rapport publié en mars 2014 sur la pauvreté dans les pays de l?OCDE, les jeunes de 18 à 25 ans sont les plus touchés par la pauvreté, le taux atteint 11,8 % en France. Oui, ce constat est alarmant et c?est bien la raison pour laquelle il faut mobiliser tous les leviers d?action et les antennes jeunes en font partie. Leur bilan globalement positif le prouve. A titre d?exemple, le nombre de visites des antennes jeunes est passé de 62.408 en 2010 et à 89.449 en 2013. Ce bilan positif se justifie par le fait que ces structures constituent des lieux d?accueil de proximité, visibles et facilement accessibles par des jeunes ayant abandonné tout lien avec les institutions. Pragmatiquement, le bilan positif de ces structures devrait nous encourager à renforcer leur rôle dans les quartiers de Paris. Or, dans le présent projet de délibération, nous constatons un recul qui nous interpelle sur deux points en particulier : d?abord, sur la durée de ce marché qui sera de seize mois alors que le marché précédent était de quatre ans prolongé de huit mois ; le deuxième point sur la fermeture définitive de trois antennes jeunes dans le 12e, le 13e et le 15e arrondissement. Je tenais ici à revenir tout particulièrement sur le cas de la fermeture de l?antenne jeune située dans le 13e arrondissement, rue Fontaine-à-Mulard dans le quartier de la Poterne des Peupliers, secteur inscrit au dispositif "politique de la ville". Nous le redisons : fermer une structure d'accueil pour les jeunes dans ce quartier ne peut envoyer qu'un message extrêmement négatif aux jeunes de ce quartier mais aussi à l'ensemble des habitants. D'ailleurs, et comme vous le savez, Monsieur le Maire, les habitants et les acteurs associatifs locaux ont tout de suite réagi par le lancement d'une pétition dont le titre a le mérite de la clarté : "Non à la fermeture de l'antenne jeunes de la rue Fontaine-à-Mulard", qui continue à recevoir des signatures plusieurs jours après sa diffusion. Pour insister sur la nécessité du maintien d'un dispositif d'accueil, d'information et d'accompagnement pour les jeunes des quartiers du 13e, nous rappelons ici que les élus écologistes ont présenté un v?u au dernier conseil d'arrondissement, qu'ils ont accepté de retirer au profit d'un v?u de la majorité municipale plus global, s'engageant dans une politique territoriale plus cohérente et plus adaptée aux besoins des jeunes des quartiers du 13e. Enfin, et ayant connaissance de la volonté de l'Exécutif de repenser la politique de notre collectivité en direction des jeunes, les élus écologistes voteront ce projet de délibération, tout en rappelant la nécessité d'y être associés en amont et plus globalement d'organiser une large concertation écoconstruction de cette politique avec les habitants des quartiers et sûrement avec les jeunes. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Danielle SIMONNET ?

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, le projet de délibération que vous nous proposez prévoit donc la fermeture de 4 des 13 antennes jeunes parisiennes : les antennes jeunes Decaen dans le 12e, Fontaine-à-Mulard dans le 13e, Quatre Frères Peignot dans le 15e et Davout dans le 20e. Le marché des 9 autres ne serait reconduit que pour 16 mois, cela alors même que la fréquentation globale de ces antennes a augmenté de 30 % depuis 2010, que le non-recours à ces A.J. par un certain nombre de jeunes devrait, au contraire, nous faire envisager de les développer davantage, avec plus de moyens humains, notamment pour renforcer les actions conduites hors les murs par leurs professionnels. Cette fréquentation, d?ailleurs, continue d?augmenter, ce qui témoigne de leur utilité dans leur localisation : il est donc totalement irrationnel d'envisager leur fermeture à court terme, comme à long terme. La mairie du 20e arrondissement aurait obtenu le report de la fermeture de l?A.J. Davout, prétextant l'ouverture dans un an et demi d'un nouvel espace jeunes, en prévoyant sa fusion avec l?Antenne Python. Ce ne serait donc que reculer pour mieux fermer. Les jeunes des boulevards des Maréchaux ont pourtant besoin de services publics jeunesse renforcés. Pour les trois autres antennes, que vont donc devenir les jeunes qui les fréquentaient ? Et les personnels salariés par la Ligue de l'Enseignement, prestataire du marché de gestion de ces antennes ? Mais le projet non avoué que la Ville porte d'ici 2016, ne serait-il pas de fermer l'ensemble des antennes jeunes parisiennes et de fondre leur mission dans les espaces jeunes ? Si c'est le cas, je suis en total désaccord avec cette stratégie purement dictée par des objectifs d'économie, qui vise à supprimer le maillage déjà trop faible en structures de proximité de quartier. Si l'intégration des missions d'une antenne jeunes dans un espace jeunes peut avoir sa pertinence, la suppression des antennes jeunes de quartier, via le regroupement de plusieurs antennes jeunes dans ces espaces jeunes, mettrait en péril ce travail de proximité engagé auprès de ces jeunes et affaiblirait la lisibilité de la politique parisienne envers la jeunesse. Les antennes jeunes sont un outil indispensable comme lieu de proximité permettant d'établir des relations de confiance avec ces jeunes qui subissent des difficultés à s'insérer socialement et professionnellement. Elles constituent la première porte d'entrée dans un réseau jeunesse d'acteurs multiples, d'accompagnement individuel et collectif dans leurs projets, qui commence par l?accès aux informations jeunesse. Il faut donc en ouvrir de nouvelles, notamment dans les quartiers "politique de la ville". Depuis longtemps, le travail de ces professionnels des antennes jeunes ne se limite plus à la simple information ou la distribution de places de foot, comme avant 2001, comme j'ai pu l'entendre au conseil d'arrondissement du 20e. Personnellement, moi, j'étais adjointe en charge de la jeunesse de 2001 à 2008. J'avais donc participé au suivi de la redéfinition des missions des antennes jeunes, notamment dans l'accompagnement des projets. Je me souviens très bien de projets extrêmement porteurs, passionnants, conduits sous l'impulsion, à l?époque, de Clémentine AUTAIN. Je me souviens notamment d'un projet avec une association Toc Médias, au travers de la réalisation de journaux muraux de quartier. La démarche avait permis de faire émerger la parole des jeunes d'un quartier, leur volonté de s'y engager. C'était notamment le cas sur le quartier Python-Duvernois, quartier dont on a parlé sur le projet de désenclavement dans le débat que nous avons eu ce matin. C'était essentiel et c?était possible parce que, justement, on avait une structure de très forte proximité. Les actions assurées par les antennes jeunes devraient relever, par ailleurs, de la compétence directe de la Municipalité et du service public et non d'un prestataire, quel qu'il soit, via une procédure d'appel d'offres. Les objectifs de rationalisation des dépenses budgétaires, dans une logique d'austérité, ne doivent en aucun cas prévaloir sur l'ambition de la Municipalité dans sa politique en direction de la jeunesse. D'autres structures, par ailleurs, sont, dans le même temps, menacées. Je vous interpelle, d?ailleurs, sur le C.I.D.J. qui est traversé par une grave crise du fait d'une absence de portage politique de l?Etat et d'une diminution de ses moyens et de ses effectifs : plan social à venir avec, à terme, une menace de fermeture de la structure. L'information jeunesse serait-elle sacrifiée ? Avec ce projet de délibération, mes collègues, je crains que, finalement, de Matignon à l?Hôtel de Ville, le PS, visiblement, entende définitivement enterrer la priorité promise à la jeunesse. C?est pour cela que je voterai contre ce projet de délibération.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Madame Anne-Charlotte BUFFETEAU ?

Mme Anne-Charlotte BUFFETEAU. - Merci. Monsieur le Maire, mes chers collègues, vous nous proposez de renouveler le marché pour la gestion de 9 équipements jeunesse dont l'utilité n'est pas aujourd'hui remise en cause. Comme on vient de le dire, le projet de délibération est très clair sur ce point : la fréquentation des antennes jeunes a augmenté de 30 %. Leur rôle n'est donc plus à démontrer, notamment pour l'accompagnement des jeunes les plus en difficulté. Cependant, le lancement aujourd'hui de ce marché nous laisse perplexes, peut-être même inquiets sur l'avenir que vous réservez à ces équipements. À en croire les quelques v?ux déposés par tous les groupes, y compris les maires d'arrondissement de votre Majorité, nous ne sommes pas les seuls. Vous avez dit en 7e Commission mercredi avoir calqué la durée de ce marché sur celle des espaces jeunes et des lieux d'accueil innovants, de façon à lancer les prochains marchés fin 2015 pour une entrée en vigueur à la rentrée 2016. Cela laisse-il présager une fusion de ces équipements ? Tout serait-il donc déjà acté ? Cette décision nous semble, en effet, prématurée, dans la mesure où il faudrait au préalable lancer la concertation, ce que vous vous apprêtez à faire. Évidemment, nous ne nions pas la nécessité de refondre la carte des équipements jeunesse qui apparaît trop souvent, et nous l'avons déjà dit, comme étant illisible, voire méconnue du public cible. Mais laissons donc l'ensemble des acteurs concernés s'exprimer avant de s'engager dans la voie d'une fusion de tel et tel équipements. Nous nous interrogeons, par ailleurs, sur un aspect plus formel de ce marché : pourquoi persistez-vous à globaliser la gestion des 9 antennes jeunes parisiennes dans le cadre d'un seul et unique marché ? Pourquoi ne pas choisir de passer un contrat par équipement ou par arrondissement, comme c'est le cas pour les centres d'animation, par exemple ? C'est l'objet de la première demande de notre v?u. Notre v?u vous demande également de prendre en compte la spécificité de chaque territoire. Le maillage du territoire parisien en équipements jeunesse est un travail de dentelle et doit s'effectuer comme tel. À ce titre, nous souhaitons justement que les maires concernés puissent avoir leur mot à dire. Au regard du v?u de l'Exécutif que vous nous proposez, et que nous voterons, nous gageons donc aujourd'hui que vous ne déciderez pas unilatéralement. Quel que soit le projet, quand le maire d'arrondissement y est associé en amont, voire concerté, voire encore mieux quand il est copilote, les choses se passent réellement mieux, soyez-en sûr ! Faites confiance aux maires d'arrondissement qui sont au quotidien au contact de la jeunesse de leur arrondissement et qui connaissent leurs besoins. Je ne reviens pas, par ailleurs, sur le fait qu'il s'agisse d'équipements inscrits à leur inventaire. C'est, par conséquent, le moins que vous puissiez faire. Pour preuve de la nécessité d'associer les maires d'arrondissement, je voudrais revenir sur les trois fermetures des antennes jeunes des 12e, 13e et 15e arrondissements également évoquées dans le v?u de l'Exécutif, et plus particulièrement, bien sûr, sur celle du 15e arrondissement, pour laquelle je ne peux que saluer le dialogue fructueux entamé avec Philippe GOUJON, le maire du 15e. En l'occurrence, cela a permis d'acter l'ouverture d'une structure pour les jeunes gérée par une association locale, afin d?assurer une certaine continuité des services pour la jeunesse du quartier et, plus globalement, du 15e arrondissement. Voilà l'illustration, s'il en fallait une, que vous avez tout intérêt, Madame la Maire, à construire cette réforme des équipements jeunesse, mais bien d'autres évidemment, main dans la main avec les maires d'arrondissement. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme Raphaëlle PRIMET. Ensuite, à Mme Emmanuelle BECKER.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Nous nous inscrivons dans la démarche de la Ville de lancer une concertation sur les équipements dédiés à la jeunesse, dans le but de mieux répondre aux besoins et aux pratiques actuelles des jeunes et de donner une meilleure visibilité à nos équipements, tout en élargissant leur mission. Nous pensons qu'il est important de repenser l'offre dédiée à la jeunesse en prenant en compte la spécificité de nos quartiers et en étant cohérents avec la carte des quartiers prioritaires ou en veille, au titre de la politique de la ville. Nous sommes attachés aux structures de proximité qui, en partenariat avec les associations de quartier, créent du lien avec les habitants et les impliquent dans la vie locale. Les jeunes doivent être au centre de nos priorités et dans chacune de nos démarches, nous devons veiller à ce qu'ils aient leur place. Développer l'éducation populaire, les aider à accéder à l'autonomie, leur faire prendre leur place de citoyen, doivent être des objectifs prioritaires. S'agissant de l'antenne jeunes Davout, compte tenu du nombre important de jeunes qu'elle reçoit chaque année - près de 4.000 - de l'ancrage des équipes locales dans le quartier et de la spécificité du quartier de la porte de Montreuil, il ne nous paraissait pas concevable de fonctionner avec une structure de proximité en moins, en attendant la transformation en espace jeunes, surtout dans un quartier comme la porte de Bagnolet. Nous ne nous opposons donc pas à une transformation, mais nous pensons qu'elle doit se faire en concertation avec la mairie d'arrondissement, les équipes locales et les usagers, par le biais d'une fusion des deux antennes jeunes Davout et Python, plutôt que par la suppression d'une des deux antennes avant transformation. Nous nous félicitons que, grâce au dialogue avec les différentes composantes politiques, notamment le groupe Ecologiste de Paris qui a porté ce v?u avec nous depuis le mois de septembre, l'antenne jeunes Davout soit finalement réintégrée dans le marché des AJ. La fusion des deux antennes jeunes, tout en veillant au maintien des emplois et des structures, étant inscrite au v?u de l'Exécutif, nous le voterons.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à Mme Emmanuelle BECKER, puis à M. Jérôme GLEIZES.

Mme Emmanuelle BECKER. - Merci, Monsieur le Maire. Pour poursuivre dans la même ligne que ma collègue et amie Raphaëlle PRIMET, je tenais à dire aussi en préambule que nous voterons ce projet de délibération pour plusieurs raisons. D'abord, avant de dire exactement pourquoi on le votera, je voulais dire que je partage aussi les constats de Danielle SIMONNET. En effet, François Hollande annonçait comme priorité la jeunesse et, de fait, ce n'est pas le cas. Le projet de délibération qui nous est proposé aujourd'hui avec trois fermetures d'antennes jeunes, suscite des craintes qui doivent être soulevées. En effet, on peut se dire, à la première lecture, qu'il y a uniquement une recherche d'économies et que, du coup, les jeunes Parisiens vont faire les frais d?une politique d'austérité menée à l'échelle nationale, que Paris subit. Mais il y a un autre constat que moi je fais en étant adjointe à la jeunesse du 13e arrondissement, c?est qu?une ville comme Paris bouge. Ce qui a été fait en 2001, qui correspondait aux besoins des jeunes de 2001, ne correspond plus forcément aux besoins des jeunes d?aujourd'hui. Je pense que dans une délégation comme la jeunesse, à aucun moment il ne faut être conservateur sur des structures qui ont pu fonctionner et qui, aujourd'hui, ne fonctionnent plus. Ce que moi je remarque concrètement dans le 13e arrondissement, c?est que l'antenne jeunes, le local rue Fontaine-à-Mulard, n'accueille pas des milliers de jeunes, comme le laissent dire les chiffres. Les chiffres que nous avons, c?est énormément d'actions hors les murs, notamment en direction des collèges et des lycées de l'arrondissement. Du coup, de fait, ce lieu, ce local qui est tout petit, ne permet pas de répondre aux missions qui sont inscrites dans le cadre des cahiers des charges des antennes jeunes. Le deuxième problème, c'est qu'aujourd'hui - c'est Danielle SIMONNET qui l'a rappelé - les professionnels dans les antennes jeunes remplissent des missions qui dépassent le cadre des cahiers des charges des antennes jeunes, ce qui veut dire que la structure antenne jeunes, telle qu'elle a été conçue, ne correspond plus, de fait, aux missions qui sont inscrites dans les cahiers des charges. C'est pourquoi, moi j'accompagne complètement la volonté du cabinet de Pauline VÉRON, du cabinet d?Anne HIDALGO, de vouloir refonder la politique jeunesse à Paris. Il y a une nécessité de repenser complètement les structures pour répondre aux besoins des jeunes. Je pense qu?entre les lieux d'accueil innovants, les espaces jeunes, les centres d'animation, les antennes jeunes, cette politique jeunesse, qui a pu répondre à des besoins, aujourd'hui est illisible, et que l'on a besoin pour les jeunes Parisiens d'être clairs, d'être visibles et que les informations sur la prise en charge des jeunes soient claires et efficaces. Du coup, on accompagne ce projet de délibération avec évidemment un problème. C'est que l'on ne souhaite pas non plus être amputé d'animateurs jeunesse sur le territoire sud de l'arrondissement. C'est le v?u que nous déposons : à la fois l'ouverture d'un point information jeunesse, c'est-à-dire exactement les missions de l'antenne jeunes actuelle, à cinq minutes à pied, au centre d'animation Poterne des Peupliers et, aussi, que le soutien scolaire actuellement fait dans le local Fontaine à Mulard - qui n?est pas dans les missions des antennes jeunes - puisse être déplacé juste à côté, et pourquoi pas au centre social de la place de Rungis. Enfin, un autre souci. J?ai entendu beaucoup d'interventions parler de l'intérêt des structures de proximité, sans dire "structures de proximité de jeunesse". Nous aussi, nous partageons le besoin de structures de proximité, de structures dans les territoires. Ce n'est pas forcément des structures de proximité jeunesse. C'est pourquoi - cela a été un amendement de Marie ATALLAH au v?u de la majorité du 13e arrondissement - nous souhaitons pour le local actuel Fontaine à Mulard, qu?il y ait une discussion qui s?engage avec le bailleur Paris Habitat, pour que s?installe un projet local - pourquoi pas un café associatif, pourquoi pas un café coopératif ? - en tout cas, que ce soit un lieu dédié à un projet associatif local.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à M. Jérôme GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Monsieur le Maire. C'est avec un certain plaisir que j'interviens sur ce projet de délibération, ou plutôt sur le projet de délibération auquel vous avez échappé car, comme l'ont dit les collègues précédents, il y a quand même quelques inquiétudes sur le devenir des trois antennes jeunes qui vont être fermées. Lors du dernier Conseil de Paris, les Ecologistes et les Communistes avaient déposé un v?u - comme l'a rappelé Raphaëlle PRIMET - contre la fermeture de l'antenne jeunes du 20e arrondissement, située boulevard Davout. Conformément à la procédure démocratique, nous avions retiré ce v?u pour poursuivre le débat avec Pauline VÉRON. Je la remercie de la qualité de son écoute qui nous a permis de modifier le projet de délibération. Nous avons pu montrer que cette antenne anticipait déjà la volonté et la majorité de modifier la politique vis-à-vis de la jeunesse. Comme l'ont dit aussi mes collègues précédents, nous avons beaucoup de critiques par rapport à ce qui existe, par rapport au fait que, dans la réalité, on va bien au-delà des missions des antennes jeunes. C?est pour cela qu?il faut aller, comme le v?u de l'Exécutif l'indique, vers des espaces jeunes. Cette antenne du 20e arrondissement a déjà prévu en six mois cette année, 12 actions hors les murs, car c?est un élément important de cette action, comme vient de le dire ma collègue précédente. Par rapport à celle du 13e arrondissement, les actions hors les murs sont un élément très important de l'action de ces équipes qui travaillent sur place. Elle a un rôle important dans la construction de projets individuels. C?est cela qui est aujourd'hui important : construire dans les quartiers "politique de la ville" des projets individuels. Il aurait été dommageable de ne pas aller au-delà de la durée du marché d?appel d?offres de 16 mois. C?est pourquoi nous appelons, à la fois à voter ce projet de délibération, mais surtout à voter les v?ux qui vont avec, par rapport à l'inquiétude que l'on a sur le devenir, sur les 16 mois qui nous restent jusqu'au renouvellement du marché d'appel d'offres. Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je vais donner la parole à Mme Nathalie MAQUOI.

Mme Nathalie MAQUOI. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues. Tout comme Raphaëlle PRIMET et Jérôme GLEIZES, je me réjouis que l'antenne jeunes Davout soit intégrée dans le marché de services. Merci à l'Exécutif d'avoir entendu l?équipe municipale du 20e arrondissement et nous laisser 16 mois de plus pour repenser, en accord aussi avec la feuille de route, la politique jeunesse. Cet équipement - et cela a été rappelé - est d'une grande importance pour l'accueil des jeunes de l'est du 20e arrondissement, l'un des quartiers les plus jeunes de Paris. C'est en effet 4.000 jeunes qui passent par cet équipement pour être informés, accompagnés dans des démarches liées à l'emploi ou l?insertion sociale, ou développer des projets liés à la citoyenneté grâce au travail de qualité de l'équipe de l'antenne jeunes. L'antenne jeunes Davout est implantée, en plus, dans un quartier "politique de la ville", en zone de sécurité prioritaire, la porte de Montreuil. Les indicateurs socio-économiques qui ont été produits par les dernières enquêtes "politique de la ville", montrent que la situation s'est dégradée et qu'on est parfois dans une situation identique à certains quartiers très difficiles de la Seine-Saint-Denis. C?est pour cette raison que nous avions demandé que pendant les 16 mois, l'action de la Ville soit maintenue. Cette action est une priorité pour nous. Ceci dit, mes chers collègues, la mairie du 20e arrondissement s'inscrit totalement dans la réflexion et la volonté de la Maire de Paris, portée par son adjointe Pauline VÉRON, de refondre et repenser les dispositifs jeunesse pour améliorer, renforcer le service public parisien. Aller dans le sens d'équipements plus grands permettant d'intégrer, parmi les missions qui existent déjà, les outils de l'animation, les pratiques amateurs, sportives comme culturelles. Cela permettra de porter aussi des projets de territoire plus adaptés face à des situations parfois complexes. Rendre plus lisible aussi la politique de la Ville pour les jeunes, permettra que l'action publique soit plus facilement identifiée au territoire et touche de façon plus directe les jeunes. Les missions de ces équipements vont évoluer pour qu?ils puissent bénéficier au plus grand nombre. Ils le seront aussi pour mieux outiller les équipes, pour lutter contre le décrochage, l'exclusion, le chômage, pour accompagner vers l'autonomie l'insertion sociale et professionnelle. Avec ces futurs équipements, la Ville de Paris se fixe une feuille de route ambitieuse et novatrice. C'est pour cela que vous pourrez compter sur l'équipe municipale du 20e arrondissement pendant ces 16 mois, pour travailler en concertation avec nous, avec les partenaires locaux, avec les jeunes eux-mêmes, pour construire ces nouvelles structures. En effet, les premiers intéressés seront particulièrement pertinents pour définir les missions et les orientations de ces équipements, pour les rendre en phase avec la réalité des territoires. Cette continuité nous permettra aussi de conserver le savoir-faire, l'implantation des équipes qui ?uvrent au quotidien auprès des jeunes et de maintenir le maillage fin, élaboré avec les partenaires locaux depuis des années. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme Catherine BARATTI-ELBAZ.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire. L'antenne jeune Claude-Decaen du 12e arrondissement accompagne actuellement des milliers de jeunes, dans un quartier prioritaire pour nous, par l'intermédiaire de plusieurs actions : les lundis de l?emploi, les forums job été ou encore l'accompagnement des jeunes dans leur projet professionnel sont autant d?activités aujourd'hui assurées par cette antenne jeunes qui répondent à une demande manifeste des jeunes du quartier et plus largement du 12e arrondissement. L'exiguïté des locaux ne permet cependant pas d'envisager son évolution vers une structure d'accueil plus souple et dans le même temps, nous avons été sensibles au fait que l?Exécutif parisien, et Pauline VÉRON en particulier, souhaitent engager en ce début de mandature une réforme nécessaire de la politique et des équipements jeunesse parisiens. C'est pourquoi, avec l'ensemble des élus du 12e arrondissement, nous avons déposé ce v?u, appelant de nos v?ux qu'une nouvelle offre dédiée à la jeunesse voie le jour dans ce quartier de la Vallée de Fécamp de façon à poursuivre et amplifier les missions jusqu'alors assurées par l'antenne jeune Claude-Decaen. Nos priorités en la matière sont l?emploi et l?insertion, l?information des jeunes et l?animation socioculturelle. Nous lançons dans l?arrondissement, en écho à la dynamique parisienne, une démarche de refonte du contrat jeunesse d'arrondissement, dont nous voulons qu?il associe tous les acteurs - un premier séminaire a d?ailleurs réuni le 4 novembre tous les acteurs jeunesse dans cette perspective. Le v?u que nous portons présente les conditions nécessaires à la réussite de ces démarches. Je remercie Pauline VÉRON pour son soutien et sa mobilisation en faveur d'une politique jeunesse renouvelée dans le 12e arrondissement. Je voudrais également saluer les salariés de la Ligue de l'enseignement qui s'investissent au quotidien pour les jeunes du 12e arrondissement depuis plusieurs années, et je serai effectivement attentive à l'évolution de leur situation professionnelle. Je profite que j'ai la parole pour dire que je suis satisfaite du v?u de l'Exécutif et que je retire le mien.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. J?avais une dernière intervention prévue de Christophe NAJDOVSKI, mais je ne le vois pas. Je donne donc la parole à Mme Pauline VÉRON, pour cinq minutes maximum.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, depuis 2001, comme cela a été souligné, l'action volontariste de la Municipalité a permis de rattraper un réel retard en créant de nombreux équipements publics de proximité qui favorisent l'accès des jeunes à l'autonomie : antennes jeunes, espaces jeunes, lieux d'accueil innovants, sans oublier le rôle majeur des centres d'animation. Ces équipements municipaux remplissent une mission d'accueil et d'information essentielle. En 2014, 200 millions d'euros sont consacrés par la Ville au financement des dispositifs jeunesse. La Mairie de Paris soutient notamment de nombreuses initiatives locales dans des thématiques aussi variés que le logement des jeunes, l'accès au droit, la santé, l'insertion, la citoyenneté, l'accès au sport ou à la culture. En accord avec la feuille de route que m'a confiée la Maire de Paris, je vous propose aujourd'hui d'adapter le fonctionnement des équipements jeunesse à l'évolution des modes de vie et des besoins des nouvelles générations, comme cela a été souligné par plusieurs intervenants. Pour réussir cette transformation, je lance une grande concertation en associant les maires d'arrondissement, les différentes directions de la Ville concernées aux côtés de la sous-direction de la jeunesse, dont je remercie l'engagement, les associations gestionnaires des équipements municipaux, les partenaires associatifs de l'éducation populaire, les associations de jeunes, le Conseil parisien de la jeunesse et les usagers, en particulier les jeunes, qui seront consultés tout au long de la démarche. Le premier temps de cette grande concertation prendra la forme d'un "world café" le 19 décembre pour s?inspirer de bonnes pratiques venues d'ailleurs et libérer la créativité. Les associations d'éducation populaire, les maires d'arrondissement, les jeunes usagers ou membres du Conseil parisien de la jeunesse et les services de la Ville de Paris débattront ainsi des grands enjeux de cette réforme : participation des jeunes au programme des équipements, adaptation aux nouveaux besoins et nouveaux usages, polyvalence des structures et innovations sociales. Il est par ailleurs essentiel de renforcer l'usage des outils numériques, avec lesquels une part importante des jeunes est d'ores et déjà familiarisée - je dirai même tous. Cette concertation se poursuivra ensuite jusqu'à l'été 2015 par la mise en place de groupes de travail associant les animateurs jeunesse au contact des jeunes Parisiens dans nos équipements, les associations de quartier qui travaillent avec les jeunes, le Conseil parisien de la jeunesse et aussi, par des rencontres bilatérales, l?ensemble des maires d'arrondissement. Notre objectif est de renforcer la polyvalence des missions et des offres, d'assurer l'égal accès de tous les publics, d'adapter les horaires d'ouverture aux usages des jeunes et de développer la participation des usagers dans la gouvernance et le fonctionnement, mais également de rendre plus lisible l'offre dédiée aux jeunes en parvenant à deux principaux types d'équipement à l'horizon mi-2016 : des centres d'animation nouvelle génération à la vocation jeunesse renforcée d'une part, des espaces jeunes nouvelle génération reprenant les missions des actuelles antennes jeunes, espaces jeunes et lieux d'accueil innovants d'autre part. J'espère que cette première explication sur la méthode de concertation que je souhaite mettre en ?uvre répond à plusieurs des interrogations qui figurent dans les v?ux qui ont été présentés par les élus des 12e, 13e et 20e arrondissements et au v?u du groupe UMP. En attendant l'aboutissement de cette réforme, le projet de délibération DJS 326 vise à lancer la procédure pour le prochain marché de gestion des antennes jeunes jusqu'août 2016. Cette date coïncidera avec la fin de la plupart des marchés de gestion des espaces jeunes, ce qui permettra de réaliser le véritable lancement des équipements nouvelle génération issus de la concertation. Ceci explique la durée du contrat de 16 mois. Depuis 2010, les antennes jeunes ont globalement connu une augmentation de leur fréquentation en développant de nombreux liens avec les collèges notamment, en tenant des permanences d'information jeunesse dans d?autres structures de leur quartier. Toutefois, il est apparu que certaines antennes jeunes ne sont plus en capacité de répondre aux missions que la Ville de Paris leur a confiées. Elles sont situées dans des locaux inadaptés ou sont enclavées, sans possibilité de rayonner au-delà de leur quartier d'implantation. Aussi, trois antennes jeunes situées dans les 12e, 13e et 15e arrondissements ne seront pas reconduites dans le prochain marché de gestion des antennes jeunes. L'antenne jeunes Davout était initialement concernée par une fermeture en mai prochain, mais j?ai souhaité conserver cet équipement situé dans un quartier particulièrement sensible du 20e arrondissement. C'est pourquoi je présente un amendement technique visant à réintégrer cette antenne jeunes dans le marché. C'est évidemment avec les quatre maires d'arrondissement concernés que j'ai souhaité commencer des échanges bilatéraux sur l'offre dédiée aux jeunes dans ces arrondissements. En effet, il est important que nous construisions une offre alternative et innovante pour les jeunes là où les antennes jeunes seront fermées, ce à quoi je me suis engagée auprès d'eux. Aussi, je remercie vraiment particulièrement les quatre maires d'arrondissement Catherine BARATTI-ELBAZ, Jérôme COUMET et aussi évidemment Emmanuelle BECKER, son adjointe chargée de la jeunesse particulièrement investie sur ces questions, Philippe GOUJON, Frédérique CALANDRA, les élus du 20e et l'ensemble des élus qui sont intervenus dans ce débat pour les échanges que nous avons pu avoir et les pistes de travail sur lesquelles nous nous sommes accordés et qui sont dans le v?u de l'Exécutif. Nous avons tous la même volonté d'apporter aux jeunes Parisiens une offre utile et efficace à leur autonomie. Le v?u de l'Exécutif que je propose fait mention de ces pistes de travail qu'il est nécessaire de mettre en ?uvre dès à présent pour qu?elles soient opérationnelles dès le mois de mai 2015, au moment de la fermeture des trois antennes jeunes. Je propose également qu'une attention particulière soit apportée au maintien des emplois lors du renouvellement du marché. Notre mobilisation pour les jeunes Parisiens est grande et c'est ma conclusion, et je suis convaincue que c'est grâce à des objectifs partagés avec chaque maire d'arrondissement et inscrit notamment dans les contrats jeunesse d'arrondissement que nous pourrons définir la politique jeunesse la plus fine et la plus adaptée au territoire parisien. J'espère avoir répondu ainsi à l'ensemble des v?ux, notamment par le v?u de l'Exécutif, et à celui du groupe UMP et de tous les arrondissements. Je vous invite donc à retirer vos v?ux au profit du v?u de l'Exécutif. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Je demande à tous les intervenants de respecter le temps de parole : on dérape depuis le début de l'après-midi en termes de temps de parole. Je mets donc aux voix, à main levée, l'amendement n° 50 de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? L'amendement est adopté. Le v?u n° 51, du groupe Socialiste, est-il maintenu ? Il est retiré ? Merci. Le v?u n° 52, des groupes Socialiste, Ecologiste et Communiste, est-il maintenu ? Non. Le v?u n° 53, du groupe Communiste est-il maintenu ? Non, merci. Le v?u n° 54, du groupe UMP ? Non. Le v?u n° 55, du groupe "toute seule" est-il maintenu ?

Mme Danielle SIMONNET. - Oui.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Oui, ah ! Il faut un peu se distinguer. Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 55 déposé par Mme SIMONNET avec un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est repoussé. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 55 bis de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est adopté. (2014, V. 277). Enfin, je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 326 amendé. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération amendé est adopté. (2014, DJS 326).