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Octobre 2004
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Conseil Général
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11 - 2004, DASES 306 G - Autorisation à M. le Président de Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer le deuxième avenant à la convention signée avec l'association "Alma Paris" pour une participation d'un montant de 44.500 euros

Débat/ Conseil général/ Octobre 2004


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DASES 306 G relatif à la signature d'un deuxième avenant à la convention signée avec l'association "Alma Paris" pour une participation d'un montant de 44.500 euros.
M. PAGÈS a la parole.
M. Olivier PAGÈS. - Merci, Madame la Présidente.
Près de 600 appels directs reçus et plus de 300 messages déposés sur le répondeur depuis la mise en place en janvier 2003 de l'antenne "Alma Paris". Ces chiffres témoignent d'une ébauche de prise de conscience de la population parisienne d'un phénomène ancré depuis plusieurs années dans notre société, celui de la maltraitance faite aux personnes âgées. Les langues commencent lentement à se délier. Les personnes âgées maltraitées osent de plus en plus mettre des mots sur ce qu'elles vivent au quotidien, que ce soit dans leur famille ou en institution. Parallèlement la loi du silence familial et professionnel autour de pratiques indignes perd un peu plus de sa vigueur même si elle demeure très forte.
Mais ces chiffres témoignent surtout de la nécessité absolue de la prévention. Celle-ci doit s'effectuer à plusieurs niveaux et implique des moyens. Auprès de ceux et de celles qui interviennent quotidiennement auprès des personnes âgées : les aidants familiaux, les aides à domicile, les professionnels travaillant en institution. On connaît en partie les facteurs déclenchant et aggravant de la maltraitance : outre les diverses formes de pathologie, il y a la détresse psychologique, des conditions de vie et d'aide difficiles. Il faut donc agir sur ces facteurs, renforcer l'aide psychologique et matérielle des aidants familiaux, permettre un soutien psychologique des professionnels et surtout améliorer leurs conditions de travail.
Ce qui passe en priorité par une augmentation des effectifs et de la formation professionnelle. Cela se fait à Paris aujourd'hui, mais c'est encore insuffisant, il faut poursuivre l'effort.
La prévention doit se faire également au niveau des personnes âgées elles-mêmes. Trop nombreuses encore sont celles qui ne connaissent pas leurs droits, trop nombreuses encore sont celles qui, s'imaginant n'être plus rien, sont résignées. Deux messages forts doivent être passés auprès d'elles et trouver une expression concrète. Le premier c'est qu'elles ont des droits et qu'elles doivent les faire valoir. Le second, c'est qu'elles ont de la valeur et qu'elles ont leur place pleine et entière dans notre société.
Ces deux formes de prévention n'auront un véritable impact que si elles sont accompagnées d'une prévention faite à un niveau plus global, sociétal. Nous sommes dans une société qui rejette la vieillesse et les personnes âgées, qui prône la jeunesse, l'efficacité, la compétition comme valeurs maîtresses au détriment de tout ce que peut apporter en termes de savoir et d'expérience le fait de prendre de l'âge. Nous devons changer notre regard sur le vieillissement et lutter contre l'exclusion sociale et symbolique des personnes âgées. Des initiatives se multiplient, qui favorisent la proximité, le partage et le lien social entre les jeunes et les personnes âgées. Elles sont importantes et porteuses d'espoir, mais il ne faudrait pas oublier d'agir auprès des adultes, des 20/50 ans car ce sont eux les aidants de demain. C'est eux qui transmettent leur vision de l'âge à leurs enfants.
Pour conclure, je dirai : la vieillesse ne nous enlève pas notre humanité, elle nous l'enrichie, telle est ma conviction et il est nécessaire que société la fasse sienne.
Je vous remercie.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je donne la parole à Mme HOFFMAN-RISPAL.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, au nom de la 6e Commission. - Merci, Madame la Présidente.
Monsieur le Conseiller, je vous remercie pour la qualité de votre intervention que je partage complètement.
La maltraitance des personnes âgées est un sujet tabou et complexe.
Mais surtout et nous commençons à y travailler - ce n'est pas facile vous le dîtes vous-même - c'est un phénomène qui longtemps, trop longtemps est resté caché. C'est pourtant une réalité cruelle qui revêt des formes différentes : agressions, privation des aides et des droits indispensables, contraintes financières...
"Alma" recense cinq types de maltraitance ; pécuniaires dans 99 % des cas, psychologiques dans 32 % des cas, physiques ou sexuelles, médicales, et le plus souvent s'apparentant à de la négligence. Les maltraitants puisque grâce à "Alma Paris", nous commençons à avoir quelques éléments, les maltraitants sont à 56 %, c'est là que vous avez raison, des membres de la famille, 20 % des voisins, et 12 % des personnels soignants. C'est ce dramatique constat qui nous a amenés à travailler au lancement d'une antenne "Alma" dès 2002 et à l'avoir efficace à partir de janvier 2003, car nous pensons vraiment qu'il faut aider celles et ceux qui sont victimes de cette maltraitance.
Ainsi des bénévoles, des médecins, des psychologues, des travailleurs sociaux et juristes offrent les soutiens et les conseils indispensables aux Parisiennes et aux Parisiens âgés. En 2004, 13 intervenants bénévoles ont ouvert 164 dossiers sur de lourdes situations de maltraitance. Des séances de formation, puisque vous y tenez, mais c'est ce que nous faisons, Monsieur PAGÈS, donc huit séances de formation aux problèmes de maltraitance ont été assurées par l'association "Alma" justement auprès d'intervenants sociaux d'autres institutions.
Je vous précise entre autre que la création de cette antenne d'écoute ne nous exonère nullement d'agir et de saisir les services de l'Etat lorsque les situations de maltraitance sont signalées au service du Département et nous sommes extrêmement vigilants sur ce point.
Je tiens par ailleurs à vous informer que le Gouvernement a mis en place un Comité national de vigilance contre la maltraitance des personnes âgées dont la mission a été de mettre en place un dispositif expérimental dans cinq départements. Je crois vraiment que nous connaissons tous aujourd'hui la gravité du sujet, que l'heure n'est plus à l'expérimentation, mais à l'action dans ce domaine. C'est ce que nous faisons à double titre, d'une part par la création de cette antenne, d'autre part vous savez que j'y insiste souvent beaucoup, mais je crois qu'il faut aussi positiver ce qui va bien, ce qui permet d'éviter ce qui va mal et je pense aux initiatives de la bientraitance.
Et un mot pour informer le Conseil, vous avez raison, les adultes de 50 ans sont ceux qui demain auront des parents âgés, aujourd'hui ce sont des jeunes seniors, et ces jeunes seniors nous les invitons dans les salons de l'Hôtel-de-Ville mercredi 20 octobre à un Forum de la retraite active pour leur proposer toutes les activités qu'ils peuvent faire mais aussi justement l'ensemble des droits qu'ils ont besoin de connaître pour eux-mêmes, pour leur retraite, mais également pour leurs parents plus âgés. Je crois que ce Forum participe largement aussi à la formation que vous évoquiez tout à l'heure puisque, entre autres, dans une des tables rondes, la question de l'A.P.A. qui vous tient à c?ur sera soulevée.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 306 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DASES 306 G).