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Novembre 2014
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Conseil Municipal
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2014 DASES 1267 G - Participation (133.000 euros) et avenant n° 1 à convention avec la Mission Locale de Paris pour une action globale de lutte contre le décrochage des jeunes.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2014


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Donc, nous examinons le projet de délibération DASES 1267 G relatif à la participation et avenant n° 1 à la convention avec la Mission locale de Paris, pour une action globale de lutte contre le décrochage des jeunes. Je donne la parole à Mme Fatoumata KONÉ.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci. Le décrochage scolaire est source d?exclusion et compromet la réussite professionnelle, l?épanouissement social et personnel. Notre conviction est qu?il faut faire encore plus pour y remédier. La prévention du décrochage n?est pas qu?une question d?apprentissage des savoirs. Elle doit partir d?une approche globale et intégrer tous les aspects familiaux, éducatifs et sociaux. Depuis 2008, la Mission locale de Paris, en partenariat avec les services de la Ville, engage des actions de repérage et de mobilisation des jeunes âgées de 16 et 25 ans, rencontrant des difficultés d?insertion. L?action de la Mission locale ne créé pas de dispositif supplémentaire, mais mobilise des dispositifs d?institutions existantes : la protection judiciaire de la jeunesse, le service pénitentiaire d?insertion et de probation, l?aide sociale à l?enfance, services sociaux départementaux polyvalents comme la C.A.F., l?Education nationale et, notamment, la mission de lutte contre le décrochage scolaire. Bien entendu, nous voterons favorablement cette subvention, qui permet la poursuite de ce dispositif, mais à notre sens, toutes ces actions ne doivent pas nous exonérer d?un triste constat. En effet, le décrochage scolaire et ses corollaires, les difficultés d?accéder à un premier emploi, à un logement, aux soins, perdurent. On évalue, en France, à plus de 140.000 en moyenne, chaque année, et plusieurs milliers à Paris, le nombre de jeunes âgées de 16 à 25 ans qui quittent le système de formation initiale, sans un diplôme professionnel ou un baccalauréat. En tant qu?élue du 19e arrondissement, je peux témoigner de l?urgence de la situation, car il faut préciser que la part de jeunes non diplômés, parmi les 15-24 ans non scolarisés dans le 19e, est de 34 %. Quant au national, le taux est de 27 %. Ce taux est ainsi le plus élevé de tous les arrondissements de Paris, et même deux fois plus élevé que dans le 2e et le 8e arrondissements, qui sont à 17 %. Selon nous, tous ces dispositifs, comme celui que nous allons reconduire, souffrent d?un écueil. Ils abordent ce problème, certes, de manière transversale, mais une fois le décrochage survenu, en ne ciblant que les jeunes âgés de 16 à 25 ans. Or, si l?on veut atteindre l?objectif du Gouvernement de diviser par deux le nombre de jeunes qui sortent du système scolaire sans qualification d?ici 2017, il faut aussi innover pour prévenir le décrochage avant qu?il n?arrive. Nous devons travailler notamment sur les liens essentiels qu?il faut établir entre l?école élémentaire et le second cycle. Nous devons travailler à construire, en lien avec les acteurs qui je citais plus haut, un service public qui prenne en compte les difficultés que certains jeunes rencontrent dès la petite enfance. Nous avons justement voté hier une subvention à l?association "Ecole de la seconde chance", qui assure l?insertion professionnelle et sociale durable des jeunes sortis du système éducatif sans qualification et sans emploi, et j?en profite donc pour saluer leur travail. Et comment ne pas faire un lien avec l?actualité que couvre la réforme de l?éducation prioritaire, des interrogations et inquiétudes que cette réforme provoque, quand certains quartiers populaires, qui sont les plus concernés par les problématiques de décrochage scolaire, se voient supprimer les moyens qui leur permettaient jusqu?à présent de mettre en ?uvre une pédagogie adaptée à la réalité de nos quartiers ? Telle est la situation dans laquelle les quartiers place des Fêtes et Porte des Lilas se trouvent aujourd?hui, avec un risque d?exclusion du collège Guillaume Budé, pour ne pas le citer, du réseau d?éducation prioritaire. Par ailleurs, nous avons eu, lors de ce Conseil, à nous positionner sur les appels à projets innovants. Eh bien, j?appelle de mes v?ux la création d?appels à projets innovants de lutte contre le décrochage scolaire, qui mettent tous les acteurs autour de la table, en abordant la globalité du problème, les questions éducatives, de relations avec l?autre, de conditions de vie, d?orientation, en mobilisant les équipes pluridisciplinaires, pourquoi pas renforcées par des chercheurs, des intervenants extérieurs ; des lieux d?échanges permettant d?aborder des enjeux jugés souvent secondaires, et pourtant cruciaux ; le travail sur l?estime de soi, sur l?orientation choisie, sur la remobilisation. Le décrochage scolaire a des causes multiples, et nos réponses doivent l?être également. Ce n?est pas une fatalité, mais un défi qui nous engage, nous, élus, à faire travailler ensemble une multitude d?acteurs, y compris ceux qui, pour l?instant, ne sont pas considérés comme légitimes à intervenir. Merci.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci à vous. Pour vous répondre, la parole est à Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci beaucoup, Madame KONÉ. Alors, votre propos a largement dépassé le cadre de cette simple subvention, et je me trouve un peu embêtée de vous répondre, parce que beaucoup des sujets que vous avez évoqués concernent certaines de mes collègues de l?Exécutif. D?abord, en tout cas, merci de vous être appuyée sur ce projet de délibération pour saluer le travail qui a été fait par la Mission locale. Et, répondant de fait, par anticipation, à vos v?ux, avoir la capacité d'expérimenter des dispositifs, des solutions, des propositions, comme cela a été fait avec ce projet, il y a de cela plusieurs années. En effet, cela fait depuis 2008 que ce projet existe et est subventionné par la DASES. Et d'ailleurs, le propre de l'expérimentation, c?est d'être évaluée et, quand elle est positive, d'être réintégrée dans le droit commun. C'est pourquoi l'année prochaine, il n'y aura plus de financements spécifiques de la DASES sur ce projet qui sera intégré dans le projet de base de la Mission locale. Il y aura évidemment un transfert de crédits de la DASES à la DDEEES pour que, d'une expérimentation, on passe à du droit commun et à une mission qui rentre de plain-pied dans les missions de la Mission locale. Trois petits mots pour vous dire, au regard de tout ce que vous avez évoqué, que, évidemment, le travail est intense et fort avec Alexandra CORDEBARD. Je pense à deux types de sujets, que ce soit d'ailleurs sous l'axe sécurité/prévention ou sous l'axe politique de la ville. Bien entendu, le travail qui est fait par la Ville sur l'accueil des collégiens exclus temporairement : nous ne sommes pas de si nombreuses collectivités locales à avoir financé, mis en ?uvre, à prendre en charge et à accompagner éducativement les collégiens lorsqu'ils sont exclus temporairement. Mais évidemment aussi toute la mobilisation du G.I.P. "Réussite éducative" sur les questions que vous évoquez, que ce soit la prévention du décrochage scolaire, avec un souhait partagé avec Alexandra CORDEBARD de travailler sur la question des exclus définitifs cette fois-ci, et puis un souhait, là aussi commun avec Bernard JOMIER, de travailler sur l'accompagnement des difficultés "psy" pour les collégiens. Ce sont évidemment, parmi toute la palette des sujets que vous avez évoqués, des sujets sur lesquels nous souhaitons avancer, le fait que l'Education nationale soit partenaire du Contrat de sécurité parisien mais aussi, et c'est une nouveauté, du Contrat de ville est un levier fort et important. Vous n'avez pas à convaincre qui que ce soit dans cet hémicycle, en tout cas de ce côté-ci de l'hémicycle, de la pertinence de travailler sur le rapprochement entre l'école et le collège. L'école du socle, les enfants en ont besoin.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Colombe BROSSEL. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 1267 G. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2014, DASES 1267 G).