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Novembre 2014
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Conseil Municipal
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2014 DEVE 1096 - Subvention (1.500 euros) à l'association "Réseau Environnement Santé" (10e) pour son projet "Une ville sans perturbateurs endocriniens : les dix commandements".

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2014


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DEVE 1096 relatif à l'attribution d'une subvention à l?association "Réseau Environnement Santé" pour son projet "Une ville sans perturbateurs endocriniens : les dix commandements". Je donne tout d?abord la parole à Mme Joëlle MOREL, du groupe Ecologiste de Paris.

Mme Joëlle MOREL. - Merci, Monsieur le Maire. Le "Réseau Environnement Santé" est à l?origine de la prise de conscience de la question des perturbateurs endocriniens en France et des décisions réglementaires qui ont été prises comme l?interdiction du bisphénol A dans les biberons et les contenants alimentaires, et plus récemment l?adoption par le Gouvernement de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens. Il a contribué, grâce au groupe Ecologiste, et particulièrement à Christophe NAJDOVSKI en 2010, à la décision du Maire de Paris de retirer les biberons au bisphénol A des crèches parisiennes. Les marchés proscrivent désormais également les phtalates, les parabènes et le plomb pour les produits d?entretien utilisés par les personnels de la Ville. La mise en ?uvre de ces décisions doit s?accompagner de campagnes d?information en direction des professionnels de santé, et plus largement du grand public. La priorité est de s?adresser à la population sensible qui est celle des femmes en âge de procréer. C?est dans cet esprit que le "Réseau Environnement Santé" a déjà réalisé une plaquette et une exposition sur les perturbateurs endocriniens avec le soutien de la Mutualité française. L?objectif est de continuer ce travail de sensibilisation en partant des situations concrètes, d?où l?idée de la création des "Dix commandements de la Ville de Paris sans perturbateurs endocriniens". L?idée est plutôt que de procéder, via une entrée par substance, qui est rébarbative pour un non-chimiste, d?avoir une entrée par une activité plus facilement accessible pour le grand public : 1- Se nourrir sans perturbateurs endocriniens ; 2- Se soigner sans perturbateurs endocriniens ; 3- Nettoyer sans perturbateurs endocriniens ; 4- Cuisiner sans perturbateurs endocriniens ; 5- Les textiles sans perturbateurs endocriniens ; 6- Des matériels électroniques sans perturbateurs endocriniens ; 7- Des cosmétiques sans perturbateurs endocriniens ; 8- Des lieux de vie sans perturbateurs endocriniens ; 9- Des espaces verts sans perturbateurs endocriniens ; 10- Des loisirs sans perturbateurs endocriniens. Le groupe Ecologiste souhaite que la Ville de Paris continue à réaffirmer sa volonté d?écouter les inquiétudes des Parisiens sur ce sujet et poursuive ses efforts pour lutter contre les perturbateurs endocriniens. Le groupe Ecologiste appelle à voter bien évidemment ce projet de délibération.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup à Mme MOREL. Je donne la parole à Marie-Laure HAREL du groupe U.M.P., pour 5 minutes.

Mme Marie-Laure HAREL. - Merci, Monsieur le Maire. Permettez-moi de souligner le caractère assez pingre de cette subvention associative de 1.500 euros, vu les enjeux très inquiétants que constituent les perturbateurs endocriniens. A moins que vous n?ayez pas réellement mesuré l?ampleur du problème. Je pense d?ailleurs que cela doit être cela, puisqu?il n?existe aucune politique municipale concrète et cohérente en la matière, et que chacun ici sait que vous n?hésitez jamais à être très généreux lorsqu?une cause associative vous anime. J?avais cité à ce titre, la dernière fois, l?association Léo Lagrange qui a pu bénéficier de 215.000 euros sur les douze derniers mois. Je vais donc évoquer cette fois-ci un autre exemple, celui de la Maison des Métallos, heureuse bénéficiaire de montants qui ont pu grimper jusqu?à 2 millions d?euros par an. Mais j?imagine que c?est davantage les belles idées que ces associations défendent que, dans le cas de la Maison des Métallos, leurs grands locaux où souvent ont lieu des réunions de militants socialistes qui ont dû motiver tant de mansuétude à son égard de votre part. Alors, dommage. Dommage, quand une valeureuse association se propose de faire votre travail à votre place et de protéger la santé des Parisiens face à des substances extrêmement néfastes, que vous ne lui offriez pas les mêmes largesses. 1.500 euros, je le répète, c?est donc la seule et unique action concrète de la Ville de Paris sur le plan politique et sur le plan financier pour éradiquer les perturbateurs endocriniens, qui ne sont au passage même pas mentionnés dans votre bilan sur le développement durable que nous analyserons juste après. C?est pourtant un phénomène qui n?est pas négligeable. Je le rappelle, il s?agit d?éléments tels que les pesticides ou les détergents que l?on trouve dans l?alimentation, les meubles, les tissus et qui exposent les Parisiens à des risques sanitaires graves : les dérèglements du système nerveux, l?infertilité ou le cancer. Depuis deux ans, le Parlement européen a demandé à tous les pouvoirs publics de réduire l?exposition humaine à ces produits. Qu?a fait la Ville de Paris depuis ? Pas grand-chose. L?information des Parisiens concernant ce type de danger, notamment lorsqu?il s?agit de publics vulnérables, tels que les femmes enceintes et les jeunes enfants, est inexistante. Le recours aux produits bio dans les cantines, donc sans pesticides, est encore très marginal, en grande partie à cause du manque de moyens alloués aux caisses des écoles. Les polluants endocriniens sont loin d?avoir disparu aussi des lieux d?accueil des jeunes enfants et des écoles maternelles, contrairement à vos ambitions affichées. Et pour couronner le tout, la Ville de Paris elle-même continue à diffuser ces perturbateurs en continuant à entretenir les équipements publics avec des substances nocives et à commander des fournitures qui en contiennent, par exemple, dans les écoles. Au mois de septembre, nous avons déposé un v?u pour vous demander enfin de prendre vos responsabilités sur le sujet des perturbateurs endocriniens. C?est un peu comme si vous l?aviez adopté puisque, comme d?habitude, vous nous avez fait un copier-coller pour ressortir une version identique mais signée par vos soins. Alors, il est temps de vous activer et ce n?est pas une subvention annuelle de 1.500 euros à une association qui doit vous exempter de vos obligations. Le programme associatif que nous soutenons ici s?appelle les "Dix commandements pour en finir avec les perturbateurs endocriniens", peut-être que le premier d?entre eux devrait être : aux substances polluantes, désormais la Ville s?intéressera. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame HAREL. Pour vous répondre, je donne la parole à Célia BLAUEL.

Mme Célia BLAUEL, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire. Merci, chers collègues, pour vos interventions. Je dois dire tout de même que la dernière intervention est sur un ton qui est on ne peut plus donneur de leçons, mais je vais m?efforcer de répondre à vos différentes interrogations. D?abord pour vous rappeler un mot sur l?association qui est concernée par ce projet de délibération. L?association "Réseau Environnement Santé" qui s?est donné pour mission de sensibiliser et informer sur le lien entre santé et environnement, vous l?avez qualifiée d?association valeureuse. C?est effectivement le cas, puisqu?il y a encore quelques années, cette association portait seule ce combat contre les perturbateurs endocriniens (P.E.) et elle n'a été finalement prise au sérieux que par une poignée d?irréductibles écologistes. Et je suis bien contente finalement qu?aujourd?hui elle fasse consensus et que l'on s'accorde à dire qu?il faille que nous leur apportions un soutien bien plus important. Dans tous les cas, nous soutenons cette association depuis 2011, pour sa campagne de communication en direction des professionnels de santé sur les perturbateurs endocriniens, et aussi pour ses actions de formation à destination du grand public. Le projet qu?elle souhaite mettre en ?uvre cette année s?inscrit totalement dans la démarche initiée depuis plusieurs années par la Ville de Paris pour réduire la présence des P.E. Je ne referai pas ici l?entièreté du débat que nous avons pu avoir au mois de septembre sur cette question. Je vous renvoie plutôt au compte rendu justement du Conseil de Paris de septembre pour retrouver l?ensemble des éléments de bilan de la Ville dans les domaines de la qualité de l?air, de l?alimentation, de l?eau ou encore de la mise en ?uvre d?une politique d?achats sans perturbateurs endocriniens. Je crois que nous n?avons pas de quoi rougir à la Ville de Paris dans ce domaine, et Joëlle MOREL d?ailleurs s?est fait écho en partie de cette action. Cette action du réseau environnement santé s'inscrit aussi évidemment dans la démarche d'élaboration du Plan parisien de santé environnementale mené par Bernard JOMIER et qui nous amènera dans les années qui viennent à aller encore plus loin. Si aujourd'hui, on soutient cette association, nous ne faisons ainsi que répondre à la demande du réseau santé environnement qui nous a fait cette demande de subvention et qui n'a pas souhaité demander plus à la Ville de Paris. Mais si à l'avenir, ils souhaitent avoir une collaboration plus étroite avec nous, nous sommes effectivement ouverts à de nouveaux partenariats. Je vous remercie, mes chers collègues, de bien vouloir voter ce projet de délibération.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame BLAUEL. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 1096. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2014, DEVE 1096).