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Novembre 2014
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe UMP relatif au marché de l'art.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2014


 

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Nous allons maintenant examiner le v?u référencé n° 87 déposé par le groupe UMP, relatif au marché de l'art. La parole est à Mme BÜRKLI, pour 2 minutes.

Mme Delphine BÜRKLI, maire du 9e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Il y a un mois, nous nous réjouissions, sur tous les bancs de cette Assemblée, de l'inauguration de la Fondation Vuitton et de la réouverture, après une très belle rénovation du musée Picasso à Paris. Le v?u que je vous présente maintenant a pour premier objet de réaffirmer la vocation de Paris à être la Capitale mondiale du marché de l'art et, pour qu?elle le reste face à la compétition internationale, et d'anticiper en nous mobilisant ensemble, à la veille de la présentation d'un projet de texte de loi du Ministre de l?Economie, M. Emmanuel MACRON, qui peut paraître vertueux sur le papier, mais qui dans les faits aura immanquablement des conséquences négatives sur ce secteur. Je veux le dire tout de suite : je ne veux pas, cet après-midi, accabler M. MACRON, qui a déjà fort à faire, si je comprends bien, avec la Maire de Paris depuis ce matin mais, dans le texte qu?il présentera au Conseil des Ministres dans quelques jours, qui reprend les propositions du rapport du député socialiste Richard FERRAND, il s'agira de fusionner les huissiers avec la profession des commissaires-priseurs qui constituent la tête de pont de la filière du marché de l'art en France et, plus encore, à Paris. C'est une idée qui n'est pas nouvelle. Elle a été portée en son temps par M. MONTEBOURG. Sous couvert d'un élan révolutionnaire, il s'agissait pour lui de partir à la chasse aux privilèges : les "professions réglementées devaient être cassées", disait-il, pour renflouer les caisses de l'Etat jusqu'à 6 milliards d'euros. Forcément, la solution à tous les maux du pays ! M. MONTEBOURG est reparti sur les bancs de l'école mais le problème, c?est que M. MACRON, lui, semble avoir l'intention de reprendre, de toute évidence, l'idée en jetant aujourd'hui l'anathème sur les commissaires-priseurs dont le métier est mal connu du grand public et donc facile à jeter en pâture. Défendre les commissaires-priseurs, comme je le fais aujourd'hui dans cet hémicycle, ce n'est pas une cause élitiste, encore moins un sujet marginal. Les commissaires-priseurs sont les garants de la transparence du marché et dans l'intérêt des vendeurs comme des acheteurs. Défendre cette profession, c?est défendre l'identité de Paris, la place de la France et son rayonnement culturel. On nous explique que cette réforme ne touchera que des ventes judiciaires, sauf que la réalité du terrain ne connaît pas cette distinction, puisque 75 % des commissaires-priseurs en France et la quasi-totalité des commissaires-priseurs à Paris exercent à la fois une activité judiciaire et une activité volontaire. En voulant fusionner les commissaires-priseurs judiciaires avec les huissiers, on va à la fois fragiliser une activité dans son ensemble et menacer un écosystème. Je rappelle que le marché de l'art, c?est 13.000 entreprises spécialisées, des galeries, des maisons de ventes, des marchands d'art, des antiquaires, plus de 70.000 personnes qui travaillent dans ce secteur d'activité, sans compter les milliers d'emplois indirects - hôtellerie, assurance, gardiennage. Rien que dans le 9e arrondissement, l'Hôtel des ventes Drouot attire 6.000 visiteurs par jour et constitue un véritable poumon économique pour tout un quartier. Fragiliser cette profession, comme l'envisage le Gouvernement - Madame la Maire, je conclus - conduirait à remettre en cause la suprématie culturelle de Paris, déjà menacée au profit de Londres et de New York. La Ville de Paris doit être absolument en première ligne pour stopper les ardeurs du Gouvernement et soutenir ce secteur d'activité essentiel pour le développement culturel et économique de Paris. Je vous remercie.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Pour vous répondre, la parole est à M. JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Madame la Maire, il est assez intéressant, incongru en tout cas, qu'après les mois de septembre et octobre que nous avons vécus, assez incongru de considérer que dans le domaine de l'art contemporain, Paris prend du retard sur d'autres capitales. La F.I.A.C. a gagné des parts de marché sur toutes les autres foires internationales d'art contemporain et je ne parle pas de quelques ouvertures d'équipements majestueux, par exemple la Fondation Louis Vuitton, mais je ferme la parenthèse. Concernant votre v?u qui, j'ai bien noté dans votre explication, ne voulait pas accabler Arnaud Montebourg, puis Emmanuel MACRON qui a repris une grande partie de ce projet. Ce n'est peut-être pas vous, alors, qui avez rédigé ce v?u, parce que quand je lis les considérants, je vois bien qu?il n?y a pas une volonté de votre part que nous y répondions favorablement et, de ce point de vue-là, vous ne serez pas déçue, puisque ce sera un avis défavorable à ce v?u pour plusieurs raisons. La première : le projet de loi que vous citez concerne les commissaires-priseurs judiciaires, qui sont des officiers ministériels nommés par arrêté du Garde des Sceaux et compétents pour organiser et réaliser les ventes publiques aux enchères prescrites par la loi ou par décision de justice. Ce projet ne concerne, en revanche, pas les commissaires-priseurs habilités qui sont, eux, chargés des ventes volontaires aux enchères publiques de meubles et d'?uvres d'art. Et même si ces personnes peuvent être les mêmes, il se trouve qu'en ce qui concerne l'hôtel Drouot, il n'y a pas d'inquiétude à avoir quant à son avenir, puisque les personnels qui y travaillent ne sont pas concernés par le projet de réforme du Gouvernement. Deuxième élément : il se trouve que l'hôtel Drouot est dans votre arrondissement. J?imagine que si dans votre arrondissement il y avait eu bon nombre de galeries d'art, notamment de galeries indépendantes, vous auriez fait un v?u pour défendre les galeries d?art indépendantes qui, elles, sont très largement fragilisées par l'augmentation des ventes aux enchères, qui remettent en cause, en effet, un équilibre économique très important pour l'attractivité de Paris, à savoir la vitalité d'un centre de galeries d'art indépendantes qui, elles aussi, doivent être défendues. C'est donc un avis défavorable.

Mme Alexandra CORDEBARD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Maire. Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe UMP, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée.