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Novembre 2014
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Conseil Municipal
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2014 DU 1117 - Déclassement de l’assiette de la tour Triangle (15e). Promesse de bail à construction. Vœu déposé par le GEP relatif à l'aménagement de l'avenue Ernest Renan (suite).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2014


 

Mme la MAIRE DE PARIS. - Nous passons maintenant au débat sur ces différents projets de délibération ayant trait à l'urbanisme, aux projets innovants à "Réinventer Paris". La Conférence d'organisation a convenu d'un débat organisé sur ce thème. Donc je redis : les temps de parole définis prennent en compte, bien sûr, la présentation des amendements et des v?ux. Le tour de table démarre avec Nicolas BONNET-OULALDJ, président du groupe Communiste - Front de Gauche. Monsieur le Président, vous avez la parole.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Madame la Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues. Une ville est sans cesse à réinventer. Le Paris du XXIe siècle, que nous avons en partie la charge de construire pour les générations futures, se doit de respecter les engagements que nous avons pris et qui vont, pour certains, plus loin que ceux que nous avons tenus dans les dernières mandatures. Une ville ouverte, une ville ou la mixité n'est plus zonée et séparée entre un ouest opulent et un est en difficultés chroniques. Une ville où toute la population doit pouvoir vivre et s'épanouir, une ville pour les familles, pour les célibataires, les anciens, les enfants, mais aussi les femmes, dont un récent colloque organisé par notre collègue Hélène BIDARD, a montré combien l'espace public avait été conçu au masculin et qu'il nous faut être attentifs à modifier cette approche genrée. Une ville où l?on puisse travailler, et pas seulement dans le commerce et les services, mais où l'activité de production propre, bien entendu, puisse exister. Une ville où l'on respire, où les espaces verts, le logement et l'activité se conjuguent, repoussant définitivement le zonage qui a tant marqué l'évolution urbaine de ces dernières années et qui est coûteux, tant en déplacement qu'en fatigue des salariés. Bref, Paris n'est pas à vendre. C?est une ville où il fait bon vivre, et pas une ville musée sclérosée pour les riches et pour les touristes. C'est en ce sens que nous avons soutenu le projet de réforme du P.L.U. Nous avons encouragé la politique volontariste en matière de logements, nous avons soutenu l'ensemble des projets de Z.A.C. qui sont présentés, tout en ayant les mêmes exigences. Nous sommes particulièrement attachés - comme je le disais à l'instant - à l?équilibre entre le logement, les équipements publics de proximité, les espaces de respiration, mais aussi l'activité économique diversifiée. Mes collègues interviendront sur quasiment chacun de ces sujets, donc je n'en dirai pas plus. Nous serons très attentifs sur les projets urbains que nous souhaiterons voir intégrer dans la deuxième vague du renouvellement urbain. Ces projets touchent des quartiers en difficulté sur lesquels les investissements de la Ville doivent être de qualité et, surtout, empreints de la volonté de recoudre le territoire avec la banlieue et la Ville de Paris, comme n'ont eu sans cesse de le faire dans la précédente mandature les élus, dont Pierre MANSAT. L'arrivée prochaine de la métropole rend cette politique encore plus essentielle. Nous l'avons dit, nous ne nous opposerons pas à la construction de la tour Triangle. Nous sommes constants dans ce positionnement, comme d?autres le sont. Je pense à nos collègues Verts. Nous pensons que cette construction est une bonne nouvelle en ce qui concerne l'emploi. Le secteur du B.T.P. est sinistré du fait des politiques d'austérité menées par les gouvernements successifs. Nous insistons pour que le travail soit mené avec les entreprises sur des clauses sociales exigeantes pour que ce chantier puisse s'ouvrir à des jeunes de notre ville et de la métropole, tout comme nous serons vigilants quant à la sous-traitance et au recours aux travailleurs détachés. Nous devons tous avoir conscience que de nombreuses entreprises vont vouloir profiter de la création de cet immeuble pour déplacer leurs bureaux ou sièges sociaux. Cette opération va, de fait, libérer dans Paris un grand nombre de mètres carrés de bureaux, dont nous exigeons la transformation en logements, et en particulier en logements sociaux. C'est le sens du v?u que nous déposons pour accélérer cette mutation. Nous avons demandé qu'une veille soit assurée par l'APUR à cet effet. Nous ne pouvions concevoir qu?un tel projet emblématique pour la Ville de Paris, ne soit pas seulement un lieu de travail ou d'achalandage, mais aussi un lieu utilisé par les Parisiennes et les Parisiens pour de nouveaux services publics. Suite au v?u adopté en 2011 à notre initiative, nous avons aujourd'hui la garantie qu'il y aura un équipement dédié à la petite enfance, un centre de santé en secteur 1, et enfin 500 mètres carrés supplémentaires pour héberger une structure à caractère culturel ou social. Sur l?esthétique et la localisation, il y a et il y aura toujours débat. Mais comme le disait Le Corbusier lorsqu'on lui posait la question au sujet de l'intervention des habitants sur son projet du quartier neuf à Pessac : "c?est toujours la vie qui a raison, l?architecte qui a tort". Faisons confiance aux Parisiennes et aux Parisiens pour qu?ils adoptent ce nouvel objet architectural et que finalement, ils en soient fiers. Ce projet n?est qu?une pièce du puzzle urbanistique qui nous est proposé. Nous verrons bien, tout au long de cette mandature, de nouveaux équipements publics, de nouveaux logements, de nouveaux hôtels industriels, de nouveaux équipements sportifs et culturels, qui, dans, quelques années, entreront dans le patrimoine architectural parisien. Pour ce faire, comme vous le détaillez dans votre communication, Madame la Maire, nous avons besoin de tous les talents et de toutes les énergies : celle des professionnels de la profession que sont les architectes et les urbanistes, les services compétents de la Ville, mais surtout, les habitantes et habitants de notre Ville. Ils et elles doivent être associés à chaque étape de la mise en ?uvre de ces nouveaux projets. C?est un des attendus de la démarche de la démocratie participative et, comme le disait une vieille publicité de la S.N.C.F., le progrès ne vaut que s?il est partagé par tous. D?ailleurs, nous devons en profiter pour réinvestir la notion de progrès, car elle reste attachée au code génétique de la gauche. Nous avons toujours la conviction que l?activité humaine doit se fixer pour objectif d?améliorer la qualité de vie de tous, et que les générations les plus jeunes doivent bénéficier d?une existence meilleure que leurs parents. Nous ne céderons pas à l?injonction de celles et ceux pour lesquels le terme même de progrès est quasiment devenu tabou. Il est surtout salutaire de réinvestir le concept de progrès à l?aune de la finalité la plus essentielle : celle de l?humain et ses conditions d?existence, incluant les écosystèmes et leur durabilité. Poser ainsi la question du progrès renvoie à une autre : celle de la maîtrise sociale et des formes de démocratie. Il est bien clair que la conception actuelle de la croissance, soumise à la dictature de la rentabilité financière court-termiste, a des résultats catastrophiques. Mais considérer que ce modèle de développement est le seul possible et que c?est l?idée même de croissance qu?il faut combattre conduirait l?humanité dans une spirale régressive, qu?il faut absolument éviter. La question-clef qui nous est posée est à l?inverse : il s?agit de construire la ville à travers des modes de développements alternatifs fondés sur l?articulation entre la réponse au besoin humain, le respect des écosystèmes, la coopération et un essor de la démocratie dans ces différentes dimensions. Dans une telle dynamique, les technologies maîtrisées socialement apportent des réponses efficaces aux grands défis du siècle. Une Ville qui agit pour le progrès humain est au c?ur de la fabrication de l?humanité, par l?acquisition de nouvelles aptitudes corporelles et culturelles, intellectuelles et psychiques, et s?ouvre sur de nouveaux possibles du développement humain. Cela requiert une organisation de la ville qui doit se traduire par l?affirmation du haut niveau de droits sociaux humains, par des rapports sociaux solidaires fondés sur la coopération, qui visent à mutualiser et à partager les ressources et les richesses. Partout, les exigences démentielles du profit capitaliste s?opposent aux aspirations du plus grand nombre en matière d?habitat, notamment, et c?est pourquoi notre combat pour l?habitat social est l?une des composantes majeures de notre action pour la libération humaine. Il est vrai que depuis toujours, changer le visage de Paris est vécu par certains comme un sacrilège. Paris n?a cessé de se construire sur elle-même, et chaque signal architectural a été à Paris un objet de polémique. Comme le dit le philosophe Pascal ACOT : "de tout temps, l?architecture fut l?activité par laquelle les hommes ont construit les cadres matériels de leur hominisation". A travers sa profession, l?architecte doit donc se réapproprier cette idée et accompagner son métier au mieux de ce processus, avec pour objectif principal l?amélioration des conditions de vie des hommes et leur émancipation. Pour ce faire, l?architecte ne peut se contenter de son seul statut, il doit accepter le travail collectif et se remettre à rêver avec et pour les citoyens, pour changer la vie, la société, la ville. Mais chacun doit aussi rester à sa place. On a l?habitude de dire que dans chaque Français sommeille un sélectionneur de l?équipe de France. Il en est de même lorsque l?on touche à l?urbanisme ou à l?architecture de notre ville. Chaque Parisien, chaque Français est architecte et urbaniste. Si je le mets au positif, cela marque l?attachement des Parisiens et des Français, voire des étrangers à notre ville. Mais ceci ne doit pas mener à l?immobilisme, et comme le disait Oscar Niemeyer, la ville de Brasilia peut vous inspirer des réactions diverses : le beau, le laid, le bon, le mauvais, mais elle ne peut vous laisser indifférents. L?architecture, pour moi, c?est cela. Nous devons donc conjuguer inventivité et amélioration de la vie des Parisiennes et des Parisiens. Ils et elles attendent que la transformation de notre ville permette de réinventer la qualité de vie au quotidien, plaçant l?humain au centre de toutes les préoccupations. C?est par exemple l?amélioration et la création de places publiques, où l?on peut s?asseoir, converser paisiblement, la multiplication des zones piétonnières, le développement des commerces de proximité, la limitation des nuisances, du bruit et de la pollution, le développement de la solidarité intergénérationnelle ou encore, la préservation de la culture parisienne et de ses quartiers. Des évolutions concrètes qui agissent contre toute forme de pression de la ville sur ses habitants. La ville devient cité si elle répond aux aspirations du peuple, égalité des habitants entre eux, dignité de leur habitat, accès au travail pour tous et possible participation de chacun aux affaires politiques et culturelles de la cité. La cité n?est pas définissable par des caractéristiques fixées une fois pour toutes, elle est en fait tributaire de l?histoire fluctuante des rapports sociaux qui organisent l?existence de ses habitants. Notre politique a deux jambes : celle qui invente pour se projeter dans l?avenir, mais aussi celle qui pense immédiatement à qui va profiter cette invention, ce progrès. La ville est le lieu de l?avenir collectif et donc, à l?opposé d?une ville aliénante ou répressive, nous construisons une ville solidaire, révolutionnaire et émancipatrice. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Président. La parole est à M. Jean-Bernard BROS, président du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

M. Jean-Bernard BROS. - Merci. Madame la Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues, la question de l?urbanisme à Paris revêt une importance considérable, car Paris est une ville qui vit, qui est visitée, regardée à travers le monde. Quel est l?enjeu ? Notre capacité à construire un nouveau modèle urbain qui mêle dynamisme, innovation et respect du patrimoine exceptionnel dont nous sommes les héritiers. Construire le Paris de l?avenir, c?est savoir trouver le juste équilibre entre cette mise en valeur patrimoniale et une transformation urbanistique ambitieuse. Cette communication, Madame la Maire, regroupe plusieurs sujets importants liés à des évolutions urbaines, et c?est une bonne chose de les avoir liées. Je les évoquerai très brièvement. Au sujet de la convention avec l?APUR, il est indiscutable que cette agence amène une expertise tout à fait intéressante pour notre collectivité, et c?est l?occasion de rappeler à quel point elle nous est utile et éclaire nos travaux. Pour l?aménagement de l?ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul, la reconversion du site est nécessaire et constitue surtout une belle opportunité pour la Ville d?aménager de manière innovante et dans le respect des enjeux environnementaux et du patrimoine du site sa reconversion. Concernant Paris Nord-Est et la gare des Mines, le projet d?aménagement de cet espace grand de 600 hectares avance. Nous sommes là dans une vraie démarche métropolitaine, ce qui valorisera dans un même projet le 18e arrondissement, Saint-Denis et Aubervilliers. Enfin, à propos de l?aménagement de Bercy-Charenton, là aussi, nous avançons, et la majorité du 12e arrondissement est pleinement mobilisée pour offrir un cadre de qualité pour chacun. Concernant la future programmation des activités, il faut envisager des solutions innovantes : pourquoi pas un espace de loisirs culturels, qui permettrait aussi d?y établir une activité nocturne ? Le lieu s?y prêterait. Et il nous faut diversifier les lieux dédiés à l?activité nocturne à Paris. C?est une piste que je soumets à la réflexion du Conseil de Paris. Tous ces projets sont habités par une démarche métropolitaine : situés, pour la plupart, à la périphérie de Paris, ils alignent démarche innovante et transformation de l?existant, amélioration du cadre de vie, avec l?objectif de créer de l?attractivité, preuve que notre ville est bien vivante et que nous regardons vers l?avenir. L?ensemble de ces projets sont structurants pour notre ville. La mise en chantier de ces territoires est un signe fort pour l?avenir de Paris. Nous sommes une majorité qui, dans une démarche de concertation, d?écoute, de respect du patrimoine, souhaite avancer, bâtir et continuer à transformer notre ville. C?est un acte de volontarisme, une preuve de vision pour la ville, que notre groupe partage pleinement. Concernant la communication autour de l?appel à projets innovants "Réinventer Paris", d?abord, nous pouvons regretter - ce n?est pas la première fois et c?est une mauvaise habitude - qu?un dossier soit discuté au Conseil de Paris après son lancement et sa présentation à la presse. Cependant, nous saluons pleinement son caractère innovant, et même avant-gardiste. Libérer et susciter des créativités, notamment à l?échelle internationale, c?est aussi le rôle de Paris. Nous mettons là à disposition des professionnels des sites et des espaces importants. Soyons certains que les propositions qui vont émaner seront originales et inventives. Je constate avec satisfaction que la feuille de route donnée aux architectes est la plupart du temps publiée de sorte que la créativité de chacun n?en soit aucunement brimée. C?est un bon signal. Attention peut-être à un point, nous devrons être attentifs à ce que les futurs jurys gardent à l?esprit que les créations devront faire écho aux besoins des quartiers concernés. Il ne faut pas de décalage entre les attentes, les propositions et les décisions finales qui seront prises. Tout ceci s?inscrit clairement dans une démarche que je tenais, au nom de l?ensemble des élus du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, à saluer. Enfin, nous y venons. Pour conclure mon propos, un mot sur le DU 1117. Le déclassement de l?assiette de la tour Triangle et la signature d?une promesse d?un bail à construction. Beaucoup de choses ont déjà été dites sur ce projet car le sujet n?est pas nouveau au Conseil de Paris. Nous sommes beaucoup, et j?en suis, à penser que ce projet architectural constitue une belle opportunité pour Paris, sa banlieue et sa métropole. Tout d?abord, c?est un fait, Paris manque de locaux adaptés pour accueillir les bureaux d?entreprise. D?innombrables bureaux sont vides ou à louer car ils ne sont pas ou plus adaptés aux demandes des entrepreneurs. Un de nos objectifs est d?ailleurs de les transformer en logements, notamment ceux situés dans l?ancien. Ainsi, il paraît tout de même raisonnable de faire cette transformation en logements et parallèlement de développer une offre d?espaces de bureaux neufs. La tour Triangle, c?est la création de 90.000 nouveaux mètres carrés dédiés. En termes d?attractivité, ceci constitue une opportunité exceptionnelle qui répond aux attentes des entrepreneurs, notamment internationaux, et cela permettra de poursuivre notre objectif de transformation de 200.000 mètres carrés de bureaux obsolètes en logement. Paris a besoin de grands projets, de marqueurs forts, qu?ils soient architecturaux ou urbanistiques. Triangle, c?est un symbole audacieux, c?est un geste ambitieux qui regarde vers l?avenir. Le choix des architectes Herzog et de Meuron, c?est le choix de la compétence et de l?audace. En outre, le parc des expositions de la porte de Versailles souffre de son isolement et nous devrons y développer une activité dense et régulière, dépassant le seul calendrier des salons. La métropole du Grand Paris a également besoin de grands projets. Triangle va briser ce mur entre Paris et sa banlieue, avec une ouverture assumée sur Issy-les-Moulineaux notamment. La symbolique est forte et, reconnaissons-le, inédite. Triangle est aussi le point final du processus de modernisation du quartier de la porte de Versailles. Après le tramway, son esplanade, demain le Parc des expositions, ce projet achèvera la mutation d?un axe à très fort potentiel qui aura, au cours de la décennie passée, repris vitalité et dynamisme. Certains de mes collègues de notre majorité municipale sont, depuis le début, opposés au projet Triangle. Même si c?est une vision de la ville que je ne partage pas, je reconnais une cohérence et une constance sur ce dossier. Je regrette fortement ce positionnement, mais c?est ainsi et ce n?est une surprise pour personne. De l?autre côté, l?opposition municipale, U.M.P., U.D.I. et le MoDem, vous avez finalement fait le choix de vous opposer à ce projet. Projet que vous avez pourtant accompagné à ses débuts. Ce revirement, personne n?est dupe, repose en réalité sur un calcul politique et non sur une question de fond. Les arguments cache-misère pour s?opposer à Triangle sont bien pauvres et sont à contre-courant de tout ce que vous feignez de défendre dans cet hémicycle. Vous préférez la posture politique, vous préférez tenter de faire capoter un projet de la Maire de Paris et satisfaire quelques associations de riverains plutôt que faire le Paris de l?innovation, de l?audace, de la modernité et surtout de l?emploi. C?est un choix qui est regrettable. La capacité de Paris de se mobiliser autour de grands projets, à réinterroger ses fondamentaux architecturaux, bref, à se réinventer, voilà la vision que nous devons porter d?une ville moderne et généreuse. La construction de Triangle est un test pour notre majorité sur notre capacité à porter un cap sur le long terme et à penser la métropole dans un contexte international dense et concurrentiel. Qu?en serait-il demain si nous sommes contraints d?abandonner toutes les idées d?audace architecturale ou d?innovation urbanistique ? Devons-nous renoncer pour les six ans à venir à tout projet d?envergure ? Nous sommes beaucoup d?élus parisiens à refuser de combattre une vision figée ou passéiste de notre ville. Paris, pour être cette ville attractive, généreuse et ambitieuse a besoin de projets moteurs. Ils ne sont jamais simples à mettre en place car ils peuvent bousculer notre conception habituelle. Mais ils sont essentiels à notre activité, à notre attractivité, au dynamisme et à l?emploi, sans coûter, rappelons-le tout de même, un seul centime aux Parisiennes et aux Parisiens. Ne nous privons pas de cette belle opportunité et, au nom de l?attractivité de Paris, de son audace architecturale et de l?ambition métropolitaine, votons le projet de délibération qui nous est proposé. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur le Président. La parole est à M. Philippe GOUJON pour le groupe UMP.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Madame la Maire, Monsieur le Préfet de police, mes chers collègues, c?est la cinquième fois, et peut-être la dernière, que nous examinons le projet de la tour Triangle depuis 2008. Six longues années de débats, pour le moins contrastés, mais quelle qu?en soit l?issue, mon v?u est que le débat reste rigoureux et respectueux des convictions des uns et des autres, afin d?éclairer nos concitoyens, comme ce fut le cas, je crois, au Conseil du 15e arrondissement, sans anathème ou stigmatisation inutile, et en toute transparence. Ainsi, il n?y a pas ceux qui tiendraient compte de l?attractivité de Paris contre ceux qui la négligeraient. Pas plus que ceux qui respecteraient Paris contre ceux qui l?enlaidiraient, encore moins de prétendus modernes contre d?incorrigibles ringards. Si chacun pouvait admettre que nous aimons tous Paris avec la même intensité, et voulons le meilleur pour notre ville, avec tout simplement des approches différentes, qui ne justifient ni excommunication, ni procès d?intention, ni falsification, la démocratie y gagnerait et l?intérêt de Paris et des Parisiens serait mieux assuré. Reconnaissons que la tour Triangle a connu bien des mutations depuis son lancement par Bertrand DELANOË qui la décrivait comme, je le cite : "un édifice d?une grâce et d?une beauté inouïe" ; on la dénommait même la tour DELANOË. Notre positionnement à l?époque, pas plus qu?aujourd?hui, ne se réduisait à une prise de position sur les tours à Paris mais entendait répondre aux contraintes de notre époque, forcément différentes de celles des années 1970 et 1980 qui avaient fait la part belle aux tours parisiennes, et dont notre arrondissement porte encore les stigmates. Les tours bâties par le passé à Paris, alors encore géré par l?Etat, ont miné le concept. Quand, à Manhattan, elles ont poussé de plus en plus haut, tout en s?intégrant au tissu urbain, à Paris, elles ont fait le vide autour d?elles. On voulait libérer du sol mais on a asséché l?espace urbain et fait disparaître la vie de quartier. Les Parisiens ne les aiment pas et il est vrai que la tour Triangle, quoi qu?on puisse penser de son esthétique ou de son utilité, en fait les frais. Triangle est-elle de nature à réparer cet outrage, en relevant le défi de penser l?avenir sans reproduire les erreurs d?hier ? Tenons-nous, mes chers collègues, à distance des postures et examinons les faits. Triangle, "ce monument à la silhouette remarquable" vanté par les architectes, n?en reste pas moins lourdement impactante du fait de cette même monumentalité. Sa base de 150 mètres sans faille occupe la totalité du linéaire de l?avenue Ernest-Renan. Sa transparence, garantie par les architectes, n?aura sans doute ni l?allure aérienne, ni la légèreté de l?époustouflant nuage de la fondation LVMH de Frank GEHRY. Cet objet colossal, posé au c?ur du parc, ne risque-t-il pas - je pose la question - de devenir un corps étranger à ce même parc, compliquant son fonctionnement en le coupant en deux, nuisant alors à son développement futur, en grignotant 15 % du plus grand hall d?exposition d?Europe, tout en générant un afflux supplémentaire dans une zone déjà congestionnée ? La décision d?approuver ou non la tour Triangle ne doit pas ressortir de l?ordre idéologique ou philosophique, mais seulement relever de la nature du projet et de son insertion dans le paysage urbain parisien. Il convient alors de prendre en considération l?ensemble des facteurs qui déterminent le développement de la ville, c?est-à-dire l?insertion urbaine, l?organisation des transports, la flexibilité des usages dans le temps et aussi l?articulation avec les territoires voisins, dans une logique de dynamique urbaine et de complémentarité à l?échelle de l?agglomération, sans se cantonner bien évidemment à l?échelle d?un quartier, d?un arrondissement ou même d?une ville. Le projet d?origine, tel qu?il nous fut présenté en 2008, répondait bien aux exigences de la compétition internationale et de l?attractivité du parc des expositions. Tout en continuant à nous poser moult questions, telles que je viens de les évoquer, c?est plutôt cette dimension utilitariste du projet qui nous avait convaincus : un hôtel de 3 à 400 chambres, des espaces de congrès, une pépinière dédiée aux salons, des locaux destinés à la formation professionnelle des salariés du tourisme. Aujourd'hui, c'est tout autre chose qu'on nous présente, puisque restent seulement des bureaux en blanc, et c'est toute la cohérence avec la dynamique compétitive des salons qui a disparu. De plus, depuis lors, la tour est passée de 150 à 180 mètres de hauteur. Les 15 à 20.000 mètres carrés de surface d?activités à usage collectif d'origine ont fondu, pour ne plus représenter que 4.000 mètres carrés. Je reconnais, néanmoins, des avancées. La halte-garderie s'est muée en vraie crèche de 60 berceaux ; un centre de santé de 540 mètres carrés a été ajouté, comme 850 mètres d'espaces d?exposition, ainsi qu?un centre de conférences de 2.000 mètres carrés, sans oublier l'espace vert de près de 1 hectare, le doublement de la capacité du parking ou encore l'alignement de commerces avenue Ernest Renan qui contribuera, c?est vrai, à réparer la rupture urbaine avec Issy-les-Moulineaux. Il est vrai que cette entrée de Paris manque singulièrement d'attrait? Cependant, ces avancées ne peuvent occulter les évolutions négatives du projet, pas plus que la sévérité, l'extrême sévérité du rapport du commissaire-enquêteur qui a déclaré - je le cite - qu'en "termes de bilan avantages/inconvénients, le plateau des inconvénients est plus lourd que celui des avantages". La première de ces trois réserves, qui exigeait que la Ville obtienne "un consensus des diverses parties prenantes à l'exploitation du Parc des Expositions démontrant que ce dernier conservait son attractivité", ne nous semble pas levée. Centre de congrès, hôtel, pépinière de salons justifiaient la fonctionnalité de la tour, mais ces éléments en ont été retirés, pour réapparaître dans le réaménagement du Parc des Expositions que, cohérents avec nous-mêmes, nous avons voté. On a beaucoup de mal, dans cette affaire, et la Ville le reconnaît elle-même dans sa réponse aux réserves du commissaire-enquêteur doutant de l'intérêt général de l'opération, à séparer la tour de la réhabilitation du Parc. Pour tordre le cou a une idée fausse trop facilement propagée, je veux affirmer ici que ce n'est pas la tour Triangle en elle-même qui renforce l'attractivité du Parc mais la modernisation programmée de celui-ci. À tous ceux qui sautent sur leur chaise un peu comme des cabris, en criant "attractivité, attractivité, attractivité", je répondrai que c'est sur la multiplication de projets de grande envergure, d'ailleurs bien plus avancés que la tour, dans ce futur pôle d'excellence économique du Sud-ouest du 15e arrondissement que va reposer, oui, l'attractivité nouvelle du Grand Paris dans ce secteur : rénovation du secteur de l?héliport Aquaboulevard-Pullman, projet QU4ADRANS par Bouygues de grande cité financière dont nous avons posé la première pierre avec Jean-Louis MISSIKA et Jean-François LAMOUR, modernisation du Parc et, évidemment, nouveau Ministère de la Défense. Mais, au-delà de ces projets, qui donc, mes chers collègues, qui donc entrave le dynamisme et l'attractivité de Paris, si ce n?est ceux qui ont décidé un "PLU antiéconomique", selon les propos de l'ex-président de la Chambre de commerce lui-même, le classement des 9/10e du 15e arrondissement en zone d'habitation et la pérennisation en 2006 d'un COS de trois pour le logement contre un seulement pour les activités économiques ? Alors, cessons les faux débats et les procès d'intention ! La deuxième des réserves du commissaire-enquêteur n'est pas levée non plus : je veux parler de l'impact du projet Triangle sur les transports collectifs. Présenté par la Ville comme très mineurs par rapport à ceux des autres projets du secteur, il n'en est pas moins vrai que l?accumulation de tous ces projets aura une incidence évidente sur la ligne 12 du métro, déjà saturée aux heures de pointe, et sur les deux tramways, eux aussi en limite de charge. Selon la Ville elle-même, il faudra attendre 2030 - 2030 ! - et la mise en service du Grand Paris Express - Merci, SARKOZY ! - pour desserrer l?étau. S'agissant ensuite des ombres portées et de la transparence de la tour, troisième réserve du commissaire-enquêteur, là encore, les réponses ne sont pas satisfaisantes. L'impact des ombres portées de la tour sur les immeubles des boulevards Victor et Lefebvre inquiète très légitimement les riverains. Je rappelle que 80 % ont exprimé leur opposition au projet au cours de l?enquête publique. Le rapport d'expert démontre, en effet, leur réalité, y compris dans la rue de Vaugirard, alors que les architectes présentent une tour transparente. Mais la présence des cloisons mentionnées sur les plans, la pose de doubles planchers pour répondre aux normes de sécurité et le traitement des verres en façade démontrent que la tour ne peut pas être transparente. Si transparence des matériaux il y a, elle se limitera aux "bords du bâtiment", selon la Ville elle-même, même si les architectes ont retravaillé les façades et les matériaux utilisés pour obtenir - je les cite - une "certaine légèreté visuelle". Notre interrogation porte enfin, et mon collègue Yann WEHRLING le dira mieux que moi, sur l'impossibilité de respecter le Plan climat, puisque quasiment aucune tour dans le monde ne parvient à un bilan énergétique acceptable, malgré les efforts, que je reconnais, des ingénieurs et concepteurs de Triangle. Voilà ! Mes chers collègues, il est éminemment regrettable que, si l'enveloppe extérieure et la volumétrie de Triangle n'ont pas beaucoup évolué depuis 2008, son contenu se soit vidé de toute synergie avec le Parc. Nous n'avons pas changé d'avis, c'est le projet qui a changé. J'observe que vous-même, Madame la Maire, envisagez, dans "Les Échos", de revenir, au moins partiellement, au projet initial. Alors, si, tenant compte du principe de réalité et prenant acte de désaccords qui traversent aussi votre propre Majorité, nous faisions le pari d'une véritable concertation pour élaborer conjointement un projet alternatif, comme nous avons su le faire, par exemple, pour la rénovation du Parc ou comme nous commençons à le faire pour la restructuration du pôle Montparnasse, un projet d'une telle envergure nécessite, à mon sens, une entente de tous dans l'intérêt de Paris et des Parisiens. Pour ma part, je souhaiterais effectivement pouvoir traduire mon vote négatif en espérance d'un projet nouveau, ambitieux, concerté et adapté au Paris que nous aimons et dont nous pourrions tirer demain une immense fierté. Alors, oui, c'est une grande responsabilité qui nous incombe aujourd'hui, dans un débat qui est tout sauf médiocre et qui aura un impact majeur sur l'urbanisme parisien, le développement économique de la Capitale et la qualité de vie de ses habitants, comme sur, bien sûr, l'avenir du 15e. Ce n'est un choix ni anodin, ni facile qui nous est demandé, mais je suis sûr que, dans cette enceinte, chacun le fera en toute responsabilité. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Maire du 15e. Madame Marielle de SARNEZ, pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Marielle de SARNEZ. - Merci beaucoup. Ce matin, parlant d'urbanisme, nous parlons de l'avenir de notre ville, de la vision que nous en avons, les uns et les autres, avec nos sensibilités différentes mais tous, je n'en doute pas, également attachés à Paris. Dans une ville comme Paris intramuros, homogène par son architecture et terriblement contrainte par sa superficie, 15 fois moins grande que Londres, 9 fois moins grande que Berlin, la pertinence des grands choix d'urbanisme est une exigence plus grande encore qu'à Londres ou à Berlin. Elle doit aussi aller de pair avec une vision urbaine globale, pensée et proposée pour la Métropole du Grand Paris. Mes chers collègues, nous pouvons avoir, les uns et les autres, des points de vue différents sur le projet Triangle. C'est le cas ; acceptons-les, assumons-les, c'est l'esprit même du débat démocratique, mais ne cherchons pas à biaiser ou à ruser. Vous dites souvent, Madame la Maire, qu'en démocratie, la transparence doit être la règle et que l'information doit être donnée aux citoyens. C'est aussi ma conviction et donc je ne doute pas qu'à l'issue de notre débat, au moment où notre hémicycle devra exprimer un choix, vous ferez tout pour que ce choix soit transparent, public, connu de tous les Parisiens qui pourront ainsi savoir, c'est bien leur droit, qui a voté quoi. Comme vous le savez, nous ne partageons pas votre jugement sur la tour Triangle. Il y a d'abord un argument que je vous ai entendu développer et qui me heurte. Il faudrait faire la tour Triangle parce que des promoteurs immobiliers la financent, ce qui revient à dire qu'un projet d'urbanisation devrait être entériné automatiquement au seul motif qu'il serait financé par des fonds privés. Je suis en désaccord avec cette approche. Les grands choix d'urbanisme d'une ville doivent être faits par les responsables politiques et non par les acteurs économiques. Ajoutons que les intérêts économiques des uns ne font pas toujours le bonheur des autres. Notre seule mission, c?est donc de défendre l'intérêt général de Paris et non les intérêts particuliers de tel ou tel. Or, je ne crois précisément pas que ce projet d'une tour de bureaux soit d'intérêt général. Bien sûr, Paris a besoin de modernité architecturale. Une ville, même la plus belle du monde, pour garder son âme, doit accepter de se projeter, de créer, d'innover, d'initier des gestes architecturaux forts, à condition qu'ils aient du sens. Mais la tour Triangle ne fait pas sens, ce qui n'est pas le cas, par exemple, du projet des Batignolles avec le tribunal de grande instance qui, lui, est pertinent et cohérent. D'ailleurs, la modernité, ce n'est pas obligatoirement la construction de tours, qui plus est de tours de bureaux ! Quand on regarde Beaubourg, la pyramide du Louvre, la TGB et, plus près de nous, la Philharmonie qui va bientôt venir de Jean NOUVEL, et le magnifique nuage de verre de Frank GEHRY qui aurait vraiment mérité, d?ailleurs, de voir le jour dans un lieu et une perspective visibles des Parisiens, quand on regarde toutes ces ?uvres, on découvre de vrais gestes architecturaux, forts, créatifs, innovants, intégrés parfaitement dans notre Capitale, et il faudra qu'il y en ait d'autres à condition qu'ils soient fondés, car la culture a toujours été un élément constitutif de l'attractivité de Paris. Mais cette attractivité de Paris ne passe pas par 90.000 mètres carrés de bureaux supplémentaires alors mêmes qu'à Balard, à deux pas de là, 80.000 mètres carrés sont prévus et qu'il y a aujourd'hui plus d'un million de mètres carrés de bureaux vides tant à Paris qu'à La Défense, 400.000 mètres carrés de bureaux dits intelligents ne trouvent pas preneur, et qu'on parle même de plus de 4 millions de mètres carrés de bureaux vides en Ile-de-France. Alors s'il suffisait de construire des tours de bureaux pour rendre une ville attractive, cela se saurait ! L'attractivité de Paris passe d'abord par la sécurité juridique et fiscale. Selon toutes les études internationales, c'est pour les investisseurs, les entrepreneurs le premier critère décisif, et c'est peu dire que nous en sommes loin, en France et à Paris, où pas un jour ne se passe qui ne voie changer les règles, les contraintes, et augmenter la fiscalité, contrairement d'ailleurs à tous les discours proclamés. L'attractivité de Paris passe par la qualité de vie, le logement, la santé, la sécurité, l'enseignement et la vie culturelle - j'en ai parlé plus haut. L'attractivité de Paris passe par l'accès à des transports en commun de qualité et de bonnes liaisons aéroportuaires comme le futur CDG Express. L'attractivité de Paris passe par une meilleure amplitude d'ouverture des magasins. L'attractivité de Paris passe par la poursuite et l'accélération des projets autour de l'économie numérique - je suis sûre que cela vous intéresse, Madame la Maire. L'attractivité de Paris passe aussi, et c'est bien une partie du problème, par un Parc des expositions de la porte de Versailles rénové, repensé dans son ensemble, sans perdre une partie importante de sa surface pour une tour Triangle qui l?ampute de presque un hectare, et alors même que ce parc n'est déjà que le septième en Europe pour sa superficie - Philippe GOUJON en a parlé à l'instant. L'attractivité de Paris passera enfin, je l'espère, par l'Exposition universelle, un projet que nous avons bien raison de soutenir ici, tous ensemble. Voilà pourquoi notre groupe UDI-MODEM ne soutiendra pas ce projet inadapté et non pertinent qui ne fait pas sens. Nous avons une autre vision d'un Paris dynamique, fort et puissamment attractif. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. La parole est à M. Patrick BLOCHE pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Patrick BLOCHE. - Merci, Madame la Maire, de me donner la parole, et je voudrais vous remercier et remercier évidemment Jean-Louis MISSIKA parce que le groupe Socialiste et Apparentés, j'en suis le premier orateur, a pris connaissance de votre communication avec enthousiasme et votera avec fierté les projets de délibération qui y sont rattachés. Vous avez eu raison de mêler dans cette communication à la fois les projets urbains qu'il s'agit d'engager ou de poursuivre sur sept sites très identifiés, qui permettent de laisser place à l'innovation, qui est le mot clé de cette communication, à la concertation, car on ne peut construire la ville de demain qu'avec tous les Parisiens, bien sûr, et qui portent avec tant de conviction les valeurs parisiennes qui sont les valeurs de la République, ses valeurs de partage, ses valeurs de logement pour tous, de patrimoine durable et d'innovation. Alors, d'autres que moi au sein du groupe interviendront peut-être plus longuement sur le projet Triangle, mais comment ne pas constater que ce projet Triangle est si injustement et si anachroniquement combattu alors qu?il illustre, Madame la Maire - je tenais à le rappeler dans cette enceinte - parfaitement un rapport parlementaire récemment publié, adopté à l'unanimité, et qui s'intitule "Pour une création architecturale désirée et libérée". Et puis votre projet de communication est tout aussi enthousiasmant car il y a cet appel à projets innovants sur 23 sites, 23 sites si divers puisque ce sont parfois des sous-sols, des toits, des friches, le périphérique et nombre de lieux délaissés qui forment souvent l'avenir de notre métropole. Cela va de la parcelle nue de 275 mètres carrés dans le 20e arrondissement jusqu'à cet immeuble que nous connaissons si bien, l'immeuble Morland, du 4e arrondissement, avec ses 40.000 mètres carrés de bureaux, sans oublier naturellement l'ancien centre de distribution d'électricité de l'avenue Parmentier, qui permettra de faire un cinéma du XXIe siècle pour bouleverser, avec le numérique évidemment, notre rapport habituel au Septième Art. Vous avez souhaité, Madame la Maire, avec Jean-Louis MISSIKA, nous inviter à "Réinventer Paris". Et pour "Réinventer Paris", il faut effectivement oser, oser Paris, et c'est toute l'ambition de cette communication qui nous invite à une expérimentation urbaine d'une ampleur inédite. Et je voudrais tout particulièrement insister sur la conception de l'innovation que vous portez. C'est une innovation architecturale, bien entendu, où il faudra faire appel à l'audace, pour relever cinq défis que vous pointez - le défi énergétique, le défi du logement pour tous, le défi de la mobilité durable, le défi de la résilience et le défi de la qualité de la vie et de la mixité -, il faut que l'innovation soit dans toutes les dimensions. Notamment, puisque nous évoquons la maîtrise d'ouvrage, qu'il y ait aussi de l'innovation dans la maîtrise d'usage et qu'ainsi, l'innovation permette évidemment, comme Jean-Louis MISSIKA le dit si bien, de faire autre chose et pour cela, faire autrement. De ce fait, l'ensemble de la conception des projets sera par là même source d'innovations afin de réinventer les manières de construire aujourd'hui. Aussi, Madame la Maire, pour conclure, je me permettrai de dire que pour faire place à l'intelligence collective, pour faire place à l'imagination, pour faire place à la créativité, pour que le génie parisien marque à nouveau de son empreinte, en ce début du XXIe siècle, notre ville, il faut voter ces projets de délibération parce qu?ils témoignent que notre ville garde plus que jamais son temps d'avance.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur Patrick BLOCHE. Monsieur David BELLIARD, président du groupe Ecologiste de Paris.

M. David BELLIARD. - Madame la Maire, mes chers collègues, avec l?ensemble de ces projets de délibération sur les grands projets d'urbanisme à Paris, vous souhaitez lancer l'aménagement de la ville de demain. Ces projets de délibération essentiels sont l'occasion de nous interroger sur nos manières de faire la ville, comment, avec qui et pour qui. Ils sont de natures très différents. Il est d'ailleurs très regrettable que ce débat soit dès son ouverture entaché d'une demande de vote à bulletins secrets qui laisse planer le doute sur ce vote et entache la confiance que nous avions commencé à construire, surtout dans un contexte où, nous l'avons vu, il persiste des doutes sur d'éventuels conflits d'intérêts. Comme il est fort regrettable que le temps de parole des groupes soit si fortement contraint et globalisé dans un seul et même débat organisé. Mêler dans un temps unique la discussion sur la tour Triangle, qui nous oppose, celle sur l?appel à projets urbains innovants que vous avez lancé récemment et enfin, celle sur les projets de délibération lançant de grands projets d'aménagement dans plusieurs des arrondissements de notre Capitale, tout cela nuit nécessairement à la qualité des débats au sein de ce Conseil. Je ne m'attarderai pas davantage sur le sujet étant donné le temps imparti. Cependant, je tenais au nom de mon groupe à vous appeler à la plus grande vigilance concernant l?expression démocratique des groupes politiques dans leur diversité et au respect des règles de transparence et d'éthique. Ce débat organisé est l'occasion pour nous de revenir sur les grands principes qui doivent, selon les écologistes, présider à l'aménagement de Paris. Un urbanisme innovant, c?est un urbanisme qui s'attache à développer dans un même quartier l'ensemble des fonctions qui font la ville. Se déplacer, se divertir, travailler et évidemment y habiter. Notre rôle en tant que collectivité est de se porter garant de l'intérêt général au détriment d'intérêts particuliers, c'est de répondre aux besoins réels des habitants de Paris et de la métropole. Alors que près de 150.000 ménages attendent toujours un logement social à Paris, produire des logements est, rappelons-le, l?une de nos priorités. Ainsi, construire la tour Triangle, constituée de bureaux alors que nous manquons de logements et que nous avons trop de bureaux vides, représente pour nous une complète aberration. Nous devons construire des logements, mais pas de n'importe quel type. C'est le logement social surtout qui doit être privilégié afin de permettre aux personnes les plus modestes de se loger à Paris. Il n?est donc pas superflu de rappeler notre volonté que soient construits d'abord et avant tout des logements très sociaux, qui constituent aujourd'hui seulement 25 % de la production pour 75 % des demandeurs. Produire des logements correspondant au niveau de vie réel des demandeurs, c?est construire une ville pour toutes et pour tous. Ce sujet concerne notamment le projet d'aménagement de l'ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Nous souhaitons que dans la programmation de nouveaux logements, 50 % soient consacrés à des logements sociaux, dont 50 % à des P.L.A.-I., c'est-à-dire des logements très sociaux dans un quartier qui en compte malheureusement très peu. Enfin, la question du logement, c'est aussi la manière dont ils sont construits. Nous souhaitons que les nouveaux projets d'aménagement soient l'occasion de développer des dispositifs innovants, notamment en favorisant l?habitat participatif, nouvelle manière de co-construire la Ville avec l'ensemble de ses parties prenantes. Paris, ville très dense, doit également conserver des espaces de respiration et des espaces verts. Remettre de la nature en ville, c'est améliorer la qualité de vie. Là encore, Saint-Vincent de Paul, comme d?autres projets, doit permettre de développer des fermes urbaines de la végétalisation des façades ou des toits, et des jardins partagés. Partout où elle le peut, la nature doit reprendre sa place. Dans notre v?u sur ce projet, nous rappelons notre souhait que cet éco-quartier soit exemplaire en matière d'écologie, d'énergies renouvelables et d'agriculture urbaine. Dans le même esprit, notre v?u sur la pelouse de Reuilly a également pour but de favoriser la trame verte reliant ce quartier au bois de Vincennes en requalifiant la pelouse. Les déplacements doux doivent également être développés et une place importante doit être laissée notamment aux vélos. C'est d'ailleurs un objectif que nous allons nous fixer, en adoptant les projets de délibération relatifs à Saint-Vincent de Paul, à la gare des Mines dans le 18e arrondissement et à Bercy-Charenton. Nous nous en félicitons. Enfin, nous voulons construire de véritables lieux de vie. Nous devons donc favoriser les équipements publics, sportifs, culturels, accessibles à toutes et à tous. Pour revenir à Bercy-Charenton, nous avons proposé un v?u pour que soit étudiée la possibilité d'y implanter une nouvelle piscine, véritable besoin pour les habitantes et habitants, alors que Paris ne compte que 39 piscines municipales. Nous avons également rappelé notre souhait que la Foire du Trône puisse être accueillie sur un nouveau terrain dédié aux arts du cirque dans le quartier de Bercy-Charenton ou ailleurs. Cela permettra de réhabiliter la pelouse de Reuilly, tout en valorisant le cirque dans des espaces mieux adaptés. Améliorer la qualité de vie des Parisiennes et Parisiens, c?est également leur permettre d?y travailler, d?y consommer. Cela passe par le développement de commerces de proximité et d'espaces d?activité utiles, répondant aux nouveaux besoins, comme des espaces de logistique urbaine. Plus généralement, la Ville que nous construisons doit être exemplaire en termes environnementaux. Paris accueille l'année prochaine la Conférence internationale sur le climat. La transition énergétique doit se faire dans la ville, avec pour horizon d'atteindre les objectifs du Plan climat à la fin de la mandature, via des bâtiments écologiques passifs, le développement d'énergies renouvelables partout où cela est possible, la réduction de la place de la voiture et l?amélioration des transports en commun. Nous aurons l'occasion d'y revenir lors des débats budgétaires au prochain Conseil, mais vous le savez déjà : ces points constituent pour nous le socle minimal pour nos prochaines discussions. Enfin, comment ne pas terminer mon propos sur la métropole. Cette nouvelle institution aura notamment la tâche de réduire les inégalités entre les territoires. Paris a trop longtemps rejeté vers ses périphéries les habitantes et les habitants les plus défavorisés, les déchets, les activités polluantes dont elle ne voulait pas. Aujourd'hui, Paris doit partager. Cela passe par des ponts physiques, mais également culturels, entre Paris et sa périphérie. C'est ce que vous nous proposez pour le projet d'aménagement de Python-Duvernois avec la ville de Bagnolet, pour la gare des Mines avec Saint-Denis et Aubervilliers, ou encore avec le lancement d?une étude sur le réaménagement de la porte Maillot en lien avec la ville de Neuilly. Nous nous en félicitons, bien sûr. Construire la métropole, c?est aussi ne pas accaparer les richesses économiques et permettre à d'autres de se développer. Toutefois, ironie du calendrier, vous nous présentez le très attendu projet de délibération relatif à la tour Triangle dans le cadre de ce grand débat sur les projets d'aménagement et l?appel à projets urbains innovants. Madame la Maire, nous ne construirons pas le Paris de l'avenir, le Paris de l'écologie avec de vieilles recettes. Les premiers gratte-ciels ont été construits aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle. A cette époque, c'était sans doute innovant. Mais compte tenu de tous les éléments que je viens d'avancer, quoi de plus anachronique que la construction d'une tour composée de bureaux qui finira, comme de nombreuses autres, vide. L?innovation, c?est s'inscrire dans son environnement et dans son histoire. Ce n?est pas imposer des projets inutiles à des habitants qui ont de véritables alternatives à proposer. L'innovation ou la révolution - si je reprends les mots de mon collègue Nicolas BONNET-OULALDJ - ce n'est pas uniquement la fascination pour le geste architectural, surtout lorsqu?il est inutile, mais c'est aussi et surtout la co-construction en lien avec les habitants. L'innovation, ce n'est pas offrir des bouts de notre si belle ville à des promoteurs, mais c'est construire du bien public et répondre aux besoins réels en produisant des logements. L'innovation ce n'est pas chercher à tout prix l'argument de l'attractivité de la ville sur la production de bureaux inutiles au détriment des territoires qui lui sont adjacents, mais c?est chercher les solidarités et les coopérations. Je laisserai mes collègues qui interviendront à ma suite préciser notre vision et revenir sur l'ensemble des arguments qui justifient notre opposition depuis toujours à ce projet de tour Triangle. Elle reste pour nous emblématique de ce qu'il ne faut pas faire. Dommage, alors que nous ouvrons aujourd'hui un nouveau chapitre sur l'urbanisme de notre mandature. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Je donne la parole à Mme SIMONNET pour trois minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Eh oui, trois minutes seulement sur autant de projets de délibération. Mes chers collègues, je vous invite toutes et tous à ne pas approuver le projet de la tour Triangle. La tour Triangle est un projet mégalomane, antisocial, anti-écologique, pour le seul bonheur des intérêts privés. Oui, cette tour de bureaux est inutile économiquement au vu de la multitude de bureaux vides dans Paris, à part pour les profits du grand groupe Unibail-Rodamco. On ne crée pas des emplois en créant des bureaux. Cela se saurait ! Au mieux, vous déplacerez les sièges de grands groupes. Cette tour réduira par ailleurs, de fait, les capacités d'accueil du Parc des expositions où il est prévu de l'implanter. C'est une aberration ! Avec ses 180 mètres de hauteur, c'est un projet énergivore, en contradiction totale avec les préconisations du Plan climat. Comment, après Notre-Dame des Landes à Nantes, le barrage de Sivens, les socialistes peuvent-ils encore se fourvoyer à Paris avec un grand projet inutile et imposé ? Madame la Maire, Monsieur MISSIKA, vous semblez avoir tout tenté ces derniers jours pour convaincre les Conseillers de Paris, notamment U.M.P., de soutenir ce projet. D'ores et déjà, il semblerait que vous puissiez compter sur les plus proches du M.E.D.E.F., dont le lobbying a été des plus marqués. Comme le groupe Europe Ecologie Les Verts, depuis le début, je m'oppose à ce projet et je souhaiterais vivement que les élus communistes n'apportent pas leurs voix à ce projet libéral. Le projet de la tour Triangle, tout comme l?appel aux investisseurs et promoteurs privés, est au P.S. parisien ce que le CICE - la politique de l'offre - est au Gouvernement. Il est urgent au contraire de rompre avec la logique de mise en concurrence des territoires, la compétitivité, l'attractivité, et de penser enfin coopération. Mes chers collègues, c'est dans le 93, dans le 77 et dans le Nord-Est de Paris par exemple qu'il manque de l'emploi. C'est par contre à l'Ouest de Paris dans 92 et le 15e arrondissement, qu'il manque du logement social. Avec l'appel à projets urbains innovants que vous lancez sur 23 sites, vous semblez faire vôtre ce que je pourrais résumer par ce slogan : "Investisseurs de tous pays, venez vous éclater à Paris". Vous privatisez de fait l'urbanisme en prônant la politique de partenariat public privé, que défendait d'ailleurs Mme KOSCIUSKO-MORIZET dans sa campagne. Cet appel à projets urbains innovants doit au contraire reposer sur de l?investissement public, hors partenariat public privé, et répondre aux besoins sociaux et aux impératifs écologiques pour des projets anti spéculatifs, répondant aux besoins de logements sociaux conformes aux exigences de sobriété énergétique, de services publics, espaces verts compris. Mais puisque vous avez décidé d?instituer un débat organisé sur autant de projets de délibération différents et que je n'ai que trois minutes - il ne me reste d?ailleurs plus que quelques secondes, c'est trop tard - je pense qu'il faut repenser la continuité urbaine, poursuivre la couverture du périphérique partout si possible, et qu'il faut renforcer les équipements publics. Je salue d'ailleurs le projet de piscine qui est prévue à Python. Je souhaiterais que l'on fasse de même à la gare des Mines. Mais attention que les difficultés techniques rencontrées à Saint-Blaise ne fassent pas oublier définitivement l?obligation de la reconstruction de la crèche détruite. Par contre, cessons de croire que la qualité de vie dans ces quartiers serait liée à l'introduction, au nom de la mixité sociale, de logements privés. Ne privatisons pas les logements sociaux. Le problème de la politique du peuplement de Paris est d'enrayer l'exode social des classes populaires et moyennes, et non de poursuivre ou d'accélérer la gentrification. Plus globalement, plutôt que de vouloir sans cesse renforcer la densité et bétonner la Capitale, permettons à notre ville au contraire de respirer, pensons coopération, pensons planification écologique, pensons financement public. Pour conclure, nous sommes des élus du peuple, pas des investisseurs et des spéculateurs. Le vote sur la tour Triangle doit donc impérativement être un vote public. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame SIMONNET. M. Didier LE RESTE pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Didier LE RESTE. - Merci, Madame la Maire. J'interviens sur le projet de délibération 2014 DU 1097 : Z.A.C. "Bercy-Charenton".

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Un peu de silence, s?il vous plaît. On vous écoute.

M. Didier LE RESTE. - Je vous remercie. Afin d'intervenir utilement sur le projet de délibération qui nous occupe, nous nous sommes rendus sur place il y a peu de temps pour examiner précisément la configuration des lieux et, entre autres, l'état des infrastructures. Mais avant de livrer quelques remarques suite à cette marche exploratoire, je tiens à préciser quelques points qui doivent, à mon sens, situer le cadre du débat concernant la Z.A.C. "Bercy-Charenton". Comme vous le savez, la Ville de Paris accorde une priorité à l'amélioration de la qualité de l'air, en réduisant la place de l'automobile dans la Capitale et la présence de transports de fret routier dans Paris intra-muros, comme au niveau métropolitain. En ce sens, la Ville de Paris, pour limiter le nombre de camions sur le territoire, projette de créer des centres logistiques dans chaque arrondissement parisien. Cette démarche est cruciale car, nous le savons aujourd'hui, 88 % des transports de marchandises en Ile-de-France se font par la route, ce qui représente en moyenne 80.000 camions par jour. Enrayer ce phénomène impose de s?interroger sur les circuits longs avec le concept des flux tendus, zéro stock, et sur des changements dans l?organisation des transports dans une conception de multimodalité et de maîtrise publique. Au bout de cette chaîne de distribution, la Ville a d?ores et déjà enclenché une réflexion pour promouvoir la logistique du dernier kilomètre non diesel. En l?état actuel des discussions, la dimension rail est insuffisamment prise en compte dans les projets de logistique urbaine parisiens. De plus, le revirement du Gouvernement sur l?écotaxe, qui devait en théorie venir abonder l?investissement, entre autres en matière ferroviaire, ne laisse que de maigres espoirs de voir se développer des investissements nouveaux pour les modes de transports alternatifs à la route. La valorisation du patrimoine existant est donc cruciale pour permettre au rail de participer à une réponse globale à l?urgence environnementale et écologique à Paris. En effet les avancées techniques actuelles en matière de fret ferroviaire permettent l?utilisation de matériels légers, non polluants, très peu bruyants et s?insérant bien dans le milieu urbain. Concernant la place potentielle de la Z.A.C. "Bercy-Charenton", dans ce cadre que je viens de poser, ce site a de nombreux atouts. La Z.A.C. "Bercy-Charenton" bénéficie d?une proximité avec le fleuve qui en fait un lieu stratégique pour le développement du transport fluvial vers Paris, mode de transport le plus écologique avec le ferroviaire, dont le potentiel est aujourd?hui, contrairement à ce qui a pu se faire par le passé, largement sous-utilisé en Ile-de-France. La Z.A.C. "Bercy-Charenton" tout particulièrement, le site de la gare La Rapée inférieure qui semblerait être prochainement dégagé du projet envisagé par le SYCTOM, est un site à vocation ferroviaire qui est connecté à la petite ceinture ferroviaire. Je vais ici préciser quelques éléments factuels sur la base des observations que nous avons relevées sur place. Le site de Bercy comporte d?importantes infrastructures ferroviaires coexistant dans l?environnement direct avec des sociétés qui ont installé des entrepôts. Même s?il conviendrait d?engager des travaux de modernisation, les voies ferrées sont en assez bon état, malgré le fait qu?elles sont peu utilisées. Nous avons pu vérifier que les deux voies qui sortent de la gare de fret de Bercy et qui sont connectées à la petite ceinture ferroviaire sont, à part à un endroit, en bon état. La partie de la petite ceinture ferroviaire entre la porte de Charenton et la porte de Vincennes n?est pas en mauvais état, à l?exception de quelques endroits. Nous avons donc sur ce site des infrastructures ferroviaires qui pourraient utilement faire l?objet de quelques travaux et être réutilisées pour répondre à des enjeux environnementaux et de désaturation des axes routiers. Prenant en compte la réflexion globale parisienne en cours sur la logistique et le potentiel du site de Bercy-Charenton en la matière, nous souhaitons vous proposer qu?une étude puisse être réalisée, afin de travailler à un projet industriel global autour d?une plateforme multimodale de logistique urbaine et de pénétrante dans Paris intra-muros, articulant donc la Z.A.C. de Charenton, la petite ceinture ferroviaire et la Seine.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur LE RESTE. Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, présidente du groupe U.M.P.

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. - Merci. Madame la Maire, Mes chers collègues, depuis quelques semaines, l?Exécutif est devenu le porte-parole d?Unibail et multiplie les initiatives pour convaincre tant bien que mal des prétendus intérêts de la tour Triangle. Je passerai sur l?ironie de la situation, qui a fait perdre à Ian BROSSAT et Nicolas BONNET-OULALDJ leur conviction anticapitaliste en chemin, et je ne parlerai que du fond. Alors, la tour Triangle serait tout à la fois un geste architectural, un symbole de la modernité, mais aussi un élément central pour l?attractivité de notre Capitale. Le geste architectural, la modernité sont exactement les arguments qui avaient été avancés lors de la construction de la tour Montparnasse il y a quarante ans. Un édifice détesté des Parisiens, qui a été récemment classé deuxième monument le plus laid au monde. Qui, aujourd?hui, peut raisonnablement affirmer que la tour Montparnasse symbolise une quelconque modernité ou participe à l?attractivité internationale de notre ville ? Madame la Maire, vous n?avez manifestement pas tiré la leçon de cet échec majeur. Il faut vraiment manquer d?idées sur ce que doit être la modernisation de l?espace urbain pour vouloir croire que la modernité se niche en haut d?une tour. Je ne suis d?ailleurs pas la seule dans cette Assemblée à déplorer ce manque d?imagination puisque Christophe NAJDOVSKI dénonçait lui aussi une vision ringarde de l?urbanisme à l?ancienne. En somme, faute de projets réellement innovants, l?Exécutif se réfugie aujourd?hui dans le prétexte du geste architectural sans lendemain. La modernité, mes chers collègues, on la trouve en se réinventant, en allant au bout de sa propre identité, celle d?une ville dense et basse, pas en construisant une tour qui ne fera que souligner une frontière qu?il nous faut au contraire effacer. Entendre l?équipe municipale qualifier ce geste architectural d?écologique est tout simplement le comble de la mauvaise foi, quand on sait à quel point les tours en verre sont énergivores. Non, la modernité ne niche pas en haut des tours, et d?ailleurs l?attractivité non plus. Et pourtant, à entendre l?Exécutif, voter contre la tour Triangle, ce serait voter contre l?attractivité. Mais on ne peut pas réduire la question de l?attractivité à un projet symbolique. Mes chers collègues, je vous le demande, qu?y a-t-il de plus banal, de plus conformiste dans une capitale du monde que de construire une tour, et en plus une tour en verre ? Ce n?est pas moi qui pose la question, c?est Laurence PARISOT, l?ancienne présidente du M.E.D.E.F. En l?occurrence, ce n?est pas en créant des mètres carrés de bureaux en blanc qu?on améliorera l?attractivité de Paris. L?attractivité, elle vient de l?énergie que dégage la Ville. Et quelle énergie dégage Paris ? Quand vous freinez des quatre fers sur le travail le dimanche en créant des commissions, alors qu?une simple signature permettrait de créer des milliers d?emplois. On verrait enfin l?image d?une métropole au c?ur battant, animée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Là, nous ferions vraiment un pas en matière d?attractivité. Madame la Maire, enfin et surtout, au-delà de vos mauvais arguments sur l?urbanisme moderne ou encore l?attractivité, votre projet pose un problème de morale. Un problème de morale pour vous car, jusque dans la presse, on parle de pression sur ce dossier que vous voulez confier à Unibail. Vous-mêmes, vous avez changé d?avis. C?est bien vous, Madame la Maire, qui déclariez en Conseil d?arrondissement en 2008, je cite, que "l?idée n?est pas de se retrouver avec des surfaces de bureaux, du type de celles que l?on retrouve à La Défense, mais bien d?avoir un site dont l?attractivité soit principalement tournée vers la valorisation des foires et salons à Paris et dans le 15e arrondissement". Dans ce cas, pourquoi avoir abandonné l?hôtel, les espaces de congrès, la pépinière dédiée aux salons, les locaux destinés à la formation professionnelle des salariés, tout cela pour ne garder que des bureaux ? C?est une question de morale pour nous, car avec Philippe GOUJON et tous les candidats qui ont été élus sur nos listes, nous avons été très clairs pendant la campagne sur notre opposition au projet, nous voterons donc aujourd?hui conformément à nos engagements. C?est enfin une question de morale vis-à-vis des Parisiens. En démocratie, mes chers collègues, on a le droit de savoir ce que votent nos représentants. Certains invoquent la liberté, moi, je défends la liberté des électeurs de savoir ce que votent ceux qu?ils ont élus. Pour que chacun prenne publiquement ses responsabilités, nous demandons, de même que le groupe Europe Ecologie Les Verts ou le groupe UDI-MODEM, qui l?ont déjà sollicité, un scrutin public sur ce vote. Si jamais vous deviez faire procéder à un vote secret pour dissimuler les désaccords de votre majorité, chacun pourra constater que, quand nous défendons la liberté des Parisiens, vous défendez celle des lobbys. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Monsieur POZZO di BORGO, vous avez la parole.

M. Yves POZZO di BORGO. - Mon groupe a demandé que j?intervienne mais, avec ce qu?a dit Marielle de SARNEZ, tout a déjà été dit. Je ne retire aucune parole de ce qu?elle a dit, pas un mot. C?était parfait, Marielle. Je peux me demander pourquoi je vais réintervenir.

Je voudrais dire aussi que nous sommes dans un système de décentralisation et, depuis que je suis élu à Paris, je défends le pouvoir des maires d?arrondissement et je voudrais donc attirer l?attention sur l?intervention du Maire du 15e arrondissement, Philippe GOUJON, qui aux dernières élections, contre vous, Madame la Maire, a montré que les électeurs du 15e arrondissement le plébiscitaient plus que vous. Je voudrais donc dire que je suis très sensible à ses arguments et je pourrais dire, entre l?intervention de Marielle de SARNEZ et celle de Philippe GOUJON, que je n?ai plus rien à dire.

Juste si vous le permettez, puisque j?ai trois ou quatre minutes, je voudrais rappeler un peu d?histoire. Lorsqu?en 2008, j?étais président du groupe Centre et Indépendants? Je vous regarde, d?ailleurs, j?en profite pour regretter que mon ami et sympathique collègue Jean-Bernard BROS ait détourné ce mot qui appartenait aux centristes pour son groupe à lui. C?est bien. Malgré toute l?amitié que j?ai pour toi, je trouve que c?est incorrect. En 2008, j?étais président du groupe Centre et Indépendants. Nous sortions de sept ans de mandature de Bertrand DELANOË, et nous avons vu, en sept ans de mandature de Bertrand DELANOË, les dégâts que la politique du logement avait faits à Paris : logements de plus en plus chers, achats d?immeubles pleins pour les transformer en logements sociaux, enfin, on sentait vraiment que le problème du logement était le même. On sentait également la montée des prix. On sentait que de moins en moins de jeunes couples pourraient s?acheter des appartements à Paris. On sentait tout cela. On sentait vraiment que la politique du logement du Maire de Paris était vraiment un problème. Et vous êtes arrivée après sept ans, vous étiez, vous, l?adjointe à l?urbanisme, et je me souviens, j?ai dit : "bon, c?est peut-être une réflexion nouvelle, c?est peut-être quelque chose de nouveau". Et vous aviez proposé, à l?époque, de faire des tours de grande hauteur. Ce sont des choses qui sont difficiles à accepter à Paris, mais j?ai dit : "il faut quand même qu?on réfléchisse, qu?on voie s?il peut y avoir une bonne intention de la part de cette nouvelle adjointe". Et nous avions, à l?époque, discuté assez longuement, je me souviens. Au sujet de la proposition que vous aviez faite de faire des tours de grande hauteur, j?avais dit : "notre groupe, à l?unanimité, d?ailleurs"? Il y avait, à l?époque, je crois même, Jérôme DUBUS, qui était dans le groupe. Nous avions retenu l?accord pour faire des tours de logements, mais que ce soient des grandes tours de logements, un peu comme on retrouve dans les grandes villes du monde, à Madrid, à New-York, à Hong-Kong, c?est-à-dire, des villes qui sont des villes avec un travail énergétique. Je me souviens que j?en avais parlé à l?époque avec mes collègues "Vert", qui m?avaient dit : "c?est vrai qu?il peut y avoir un gros travail énergétique pour que les tours soient une concentration de l?utilisation de l?énergie, pour peut-être beaucoup moins cher". Il y avait tout un travail à faire. Et puis, pendant six ans, plus jamais une seule discussion avec vous. Alors, c?est peut-être la gestion participative des citoyens à la gestion de la Ville, mais Madame la Maire, vous n?êtes jamais venue voir mon groupe, vous ne m?avez jamais recontacté, et puis, on a vu sortir ce genre de choses. Je le dis et cela m?a un peu surpris, alors qu?à l?époque, nous étions dans une logique de bonne volonté, et pendant six ans, plus aucun dialogue avec vous. Aujourd?hui, nous nous retrouvons devant une situation où - je le disais moi-même - je soutiens complètement la position de mon groupe, qui est exprimée par Marielle de SARNEZ, et je voudrais dire que sur les raisons qu'elle exprime, je la rejoins. Et je voulais simplement en rajouter une personnelle : je suis comme vous un émigré du Sud, et c?est vrai que la première visite, comme beaucoup d?entre nous, d?ailleurs, nous arrivons de province et nous vivons à Paris. C?est d?ailleurs le charme de Paris d?avoir les vieux Parisiens et d?avoir beaucoup de gens qui arrivent de la France entière et du monde entier, d?ailleurs, ce qui fait ce charme, cette richesse de notre ville. Et comme ma première visite à Paris? Eh bien, je suis allé dans deux endroits : la Tour Eiffel et le Sacré-C?ur. Et quand vous êtes au Sacré-C?ur, qu?est-ce que vous voyez ? Vous voyez cette ville magnifique, avec juste une sorte de magnifique expression qu?est la Tour Eiffel. Et puis, vous voyez cette sorte de cancer qu?est la tour Montparnasse. Je me souviens, j?étais content d?arriver à Paris, de voir Paris. Je regardais ça, j?avais mon regard qui se portait sur cette ville, c?était magnifique? Vous savez, quand on découvre Paris, c?est fantastique ! Et puis, je voyais ce cancer de la tour Montparnasse, et je me suis dit en moi-même : "mais comment a-t-on pu construire cela ?" Même vision, d?ailleurs, quand je suis sur la Tour Eiffel : la même chose. Et je vais vous dire une chose, Madame la Maire : vous voyagez beaucoup, comme moi. En tant que parlementaire, parce que je suis à la commission des Affaires étrangères, au Conseil de l?Europe et à l?O.S.C.E., je suis obligé de beaucoup voyager comme vous. On a la chance, de temps en temps, de vous voir à Paris. D?ailleurs, on est ravi de vous voir aujourd?hui, parce que vous êtes plus souvent à l?étranger qu?à Paris, mais comme vous voyagez beaucoup, vous pouvez quand même voir ce qui se passe dans les grandes capitales du monde, et vous pouvez vous rendre compte qu?en fait, toutes les grandes capitales du monde sont pratiquement dominées par les grandes hauteurs, et que la seule ville exceptionnelle qui n?est pas dominée par les grandes hauteurs, eh bien, c?est Paris. Au mois de juin, je suis allé en Chine, avec une délégation sénatoriale. Nous avons fait Nankin, Shanghai, Pékin. Nankin, Shanghai, Pékin pendant huit jours : physiquement, moralement, on ressentait la pression de ces tours. Et je vous assure, quand je suis revenu en avion, que je survolai l?Ile-de-France, et quand j?ai vu Paris avec sa hauteur et sa Tour Eiffel, je me suis dit : "franchement, nous avons la chance d?avoir une ville comme Paris". Et c?est la raison pour laquelle je rajouterai aux arguments de Marielle de SARNEZ et de Philippe GOUJON, cet élément : esthétiquement, nous avons la chance d?avoir une ville qui est unique au monde, conservons cette ville unique au monde et ne lui mettons pas un deuxième cancer, même si ce cancer est beau. Et je voudrais dire que ça n?a pas été simple pour moi de prendre la décision de ne pas participer, de ne pas voter pour cette tour, parce que c?est vrai que derrière ce travail, il y a l?action d?une grande entreprise, que je ne critique pas, qui est une grande entreprise française, qui est présente, qui est active, qui est dynamique. Il y a l?action de ces architectes, il y a l?action de ces équipes, il y a l?action de beaucoup de monde, et c?est vrai que ce n?est pas simple de prendre une décision contre tous ces gens qui ont travaillé, tous ces gens qui ont réfléchi, mais moi, je crois que pour l?intérêt de Paris et pour l?avenir de Paris, pour conserver cette image, eh bien, nous devons, nous, voter contre la tour Triangle, et je rejoins le vote de mon groupe. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Monsieur DARGENT, vous avez la parole pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Claude DARGENT. - Merci. Madame la Maire, chers collègues, nous voici donc, sur ce dossier de la tour Triangle, à la croisée des chemins. En fonction du vote que notre Assemblée va émettre, ce projet se fera ou ne se fera pas. Avec mon groupe, je pense que ce projet est bon. Il est bon pour Paris, il est bon pour la métropole et il est bon pour le 15e, et je vais examiner trois registres successifs des politiques publiques qui établissent - me semble-t-il - cette conclusion. Le premier de ces registres, c?est l?aménagement et l?urbanisme. Je rappellerai d?abord que ce projet est né dans le cadre d?un débat public favorable aux immeubles de grande hauteur dans notre métropole. Après certaines des interventions que nous venons d?entendre, il faut rappeler que c?est, fin 2006, Nicolas SARKOZY qui avait initié un plan de relance de la construction des tours à La Défense. Et vous l?avez rappelé, Madame la Maire : il y a eu ensuite le concours sur le Grand Paris. La proposition que formulent, en 2008, les architectes HERZOG et de MEURON pour la porte de Versailles, consiste cependant à s?émanciper de la figure classique des tours. Je crois que le débat l?oublie un petit peu. La volumétrie du bâtiment qu?il propose découle directement de leur volonté de l?intégrer au mieux dans l?environnement qui est le sien. Sa forme triangulaire, son positionnement par rapport au boulevard des Maréchaux, sa base étroite limitent au minimum la projection d?ombre sur les bâtiments voisins et préservent les possibilités d?aménagement de ces abords. Ce projet parachèverait le renouveau que connaît le sud du 15e depuis quelques années, avec l?implantation de deux tramways, la requalification du boulevard des Maréchaux, le nouveau bâtiment du Ministère de la Défense. Surtout, Triangle est situé au c?ur du parc des expositions, dont la rénovation va s?étaler sur dix ans, et qui va renforcer son rayonnement international, et accueillir à cette occasion, lui aussi, de très grands noms de l?architecture. Or, comme le savent tous ceux qui ont siégé dans la commission qui a préparé cette nouvelle phase, la rénovation du parc des expositions a été imaginée en complémentarité étroite avec le projet Triangle. Triangle est donc conçu pour entretenir des liens, des liens avec son contexte local. Il sera ouvert au public partiellement, il offrira - il faut le rappeler ici - des services aux habitants du 15e : une crèche, un centre de santé et des commerces en pied d?immeuble, qui créeront une vraie liaison urbaine avec Issy et avec Vanves. C?est pour cela que c?est aussi une proposition qui relève typiquement de l?inspiration de "Paris Métropole". Triangle est donc la pièce manquante à ce nouveau quartier qui s?édifie au sud-ouest de notre ville, mais ce projet est essentiel également en termes de logements. Un certain nombre d?expériences ont montré que les immeubles de grande hauteur ne peuvent abriter des logements, mais Triangle permettra, par contrecoup, d?augmenter l?offre dans la capitale. Beaucoup de bureaux sont installés à Paris dans des immeubles haussmanniens, qui ne sont plus et ne pourront jamais être au standard des bureaux d?aujourd?hui. Une opération comme Triangle facilitera donc leur reconversion, pour ce qu'ils n?auraient jamais dû cesser d?être : des logements. Alors, on nous oppose un constat : certains bureaux ne trouvent pas preneurs actuellement à Paris. Mais c?est justement parce que cette vacance est pour partie la conséquence de l?inadaptation des immeubles haussmanniens aux bureaux, qu?il faut faire des équipements d?aujourd?hui pour les bureaux d?aujourd?hui. Dernier registre à considérer : l?activité économique. Triangle est un atout considérable, personne ne peut le nier, pour le développement économique parisien et francilien. Sa construction d?abord, avec un investissement de 500 millions d?euros. Alors, j?entends l?argument selon lequel ce n?est pas parce qu?un financement est privé qu?il faudrait forcément l?autoriser - évidemment -, mais ce n?est pas non plus, quand c?est un projet d?intérêt général, parce que c?est un financement privé qu?il faut le refuser. En l?occurrence, c'est un projet d?intérêt général, et ce sont 5.000 emplois directs et indirects qui seront générés pendant trois ans. Mais cette stimulation économique de notre ville et notre région sera pérenne : avec 5.000 postes de bureaux, Triangle permettra de renforcer la place de Paris dans la compétition internationale pour accueillir des sièges sociaux. On sait combien la concurrence est rude en la matière, on sait combien les communes environnantes ont déjà réalisé des bâtiments aux normes d?aujourd'hui. Eh bien, il ne faut pas, sur ce point, se leurrer : cette compétition, elle, continuera. Alors, au c?ur du débat en cours, se trouve le principe des immeubles de grande hauteur. Faut-il rejeter cette forme architecturale pour Paris ? Je ne le pense pas. Elle ne peut intervenir qu'aux frontières de la Capitale. On est donc très loin du cas de la tour Maine-Montparnasse qui a été évoqué. Il faut écarter l'urbanisme sur dalle, mais ce qui est projeté ici n'a aucun rapport avec cela. Il faut respecter les contraintes environnementales mais, eh bien, les obligations du Plan climat seront rappelées. Donc, ces obligations étant levées, je ne vois pas pourquoi il faudrait refuser à Paris le projet Triangle. Chers collègues, dans le débat qui a précédé cette séance et dans cette séance elle-même, beaucoup d'analyses ont circulé, d'intérêt que je qualifierais d'inégal, mais, pour mon groupe et pour moi-même, la seule considération qui doit prévaloir dans le vote à venir, c'est celle de savoir si ce projet est bon pour Paris et pour les Parisiens. Si cette considération l'emporte, et je ne veux envisager ici aucune autre hypothèse, alors, nous lèverons, dans quelques heures collectivement, le dernier obstacle à la réalisation de ce projet Triangle. Je vous remercie.

(M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Merci beaucoup, Claude DARGENT. La parole est à M. Yves CONTASSOT.

M. Yves CONTASSOT. - Monsieur le Maire, si Paris ne s'est pas faite en un jour, Paris peut se défaire en un jour ! Car, comme tout joyau, Paris est sensible, délicate, fragile. Sa réputation de plus belle ville du monde elle la doit à nos prédécesseurs, qui ont su éviter, pour l'essentiel, les massacres urbains et paysagers qui ont défiguré tant de villes. Nous avons donc aujourd'hui la responsabilité, individuelle et collective, de poursuivre dans cette voie de concevoir une ville pour nos concitoyens et concitoyennes actuels, et pour les générations futures à qui nous devons, par avance, des comptes. L'urbanisme que nous devons choisir doit donc ne pas céder aux effets de mode qui, par nature, sont éphémères, qui vieillissent mal et finalement enlaidissent. Concevoir la ville de demain dès aujourd'hui, c'est anticiper intelligemment ce qui fera s'enorgueillir les futurs habitants et habitantes de notre ville et, au-delà, celles et ceux de la Métropole. La dimension métropolitaine de notre urbanisme est, en effet, essentielle, car il n'est plus possible d'imaginer Paris enserrée dans son périphérique et indifférente aux territoires qui l'entourent. Il n'est de ville durable que la ville solidaire. Il n?est de ville agréable que la ville qui se soucie du bien-être de ses voisins. Il n'est de ville moderne que la ville qui pense le futur collectivement. La ville pour qui ? La ville avec qui ? Voilà ce qui fonde notre conception de la ville écologique. C'est l'inverse de la ville égoïste, de la ville futile, de la ville de l'immédiat, de la ville des intérêts privés. Depuis que votre prédécesseur a évoqué l'idée d'autoriser Unibail à construire une tour sur le site du Parc des Expositions, les élus écologistes au Conseil de Paris ont fait connaître leur désaccord avec ce projet. Ce désaccord repose sur de nombreux éléments que je veux rappeler de façon synthétique. Le premier concerne le projet lui-même : construire un ensemble de 90.000 mètres carrés de bureaux à cet endroit ne répond à aucun besoin sérieux et réel. Outre qu'il est déjà prévu 90.000 mètres carrés de bureaux à quelques centaines de mètres autour du Pentagone, l'Observatoire régional de l'immobilier d'entreprise en Ile-de-France vient de rappeler qu'à ce jour, la vacance représente 3,3 millions de mètres carrés de bureaux, dont 78 % de première main. Une étude de l'Institut d'aménagement urbain a également souligné les risques de bulle sur les bureaux, vu les trop nombreux projets en cours de réalisation. Lors de l'enquête publique, la question de l'intérêt général avait d'ailleurs été pointée du doigt : construire 90.000 mètres carrés de bureaux supplémentaires à Paris, c'est empêcher le rééquilibrage des territoires, Paris poursuivant sa volonté de capter les emplois au détriment de son environnement. Nous ne voulons pas que Paris vole les emplois de la banlieue. Mauvais projet également par l'impact sur l'environnement : accroître la fréquentation des transports en commun de près de 5.000 personnes ne semble pas du tout raisonnable, quand on voit la saturation actuelle du tramway et ce qu'il en est les jours de salon pour le métro. Là encore, l'enquête publique avait souligné ce point. En dix ans, selon les agences d'urbanisme, 100.000 salariés supplémentaires viennent tous les matins travailler à Paris, sans pouvoir s'y loger. On en est maintenant à un million de ces voyageurs contraints et mal transportés, et on ne pourra pas éternellement construire des moyens de transports supplémentaires si on ne rééquilibre pas la localisation des emplois et des logements. Mauvais projet, enfin, car d'un point de départ prévoyant une mixité des fonctions dans le bâtiment, on arrive à une seule occupation par des bureaux, alors même que la plupart des réflexions sur la ville moderne et post-carbone posent la question de la mixité fonctionnelle des bâtiments, mixité que votre adjoint chargé de l'urbanisme a rappelée avec force pour l?appel à projets innovants. Jacques HERZOG prétend que son projet est réversible et pourrait accueillir des logements, mais avec un prix de revient aussi élevé, on sait bien que ce seraient uniquement des logements de grand luxe, comme cela se constate d'ailleurs dans quasiment toutes les tours du monde. Et même pour des bureaux, un prix de construction de 6.000 euros le mètre carré - c'est le prix annoncé - sera nécessairement réservé à quelques grands groupes fortunés dont on ne sait que trop bien quel sort ils font à leurs salariés pour accroître leurs profits. Bureaux de luxe pour entreprises haut de gamme : voilà le projet Triangle ! Faut-il rappeler la similitude avec une autre tour : la tour Montparnasse ? Quasiment la même hauteur, le même nombre de mètres carrés, l'absence identique de logements et surtout les mêmes arguments avancés de 1958 à 1969 pendant le débat avec, là encore, l'argument que c'était un "grand architecte", que ce serait "pour l'attractivité de Paris", que ce serait un "geste architectural fort et audacieux", et je pourrais continuer longtemps. Il est vrai que, depuis, l'eau a coulé sous les ponts et même votre prédécesseur s'est prononcé pour la démolition de la tour Montparnasse. Si, par malheur, Triangle devait exister, nul doute que l'un de vos successeurs finira par demander sa destruction, avec les mêmes arguments que pour la tour Montparnasse. Évidemment, rien à voir entre un monument et un bâtiment, mais il faudrait peut-être prendre des cours d'urbanisme ! Évidemment, je rappellerai notre désaccord profond, constant, argumenté contre l'élévation d'immeubles de grande hauteur dans le paysage parisien. Paris est une ville horizontale, marquée douloureusement par quelques bâtiments tels que cette tour Montparnasse qui défigure la plus belle ville du monde. Je le rappelle : tour classée par les lecteurs du site "virtualtourist.com" en deuxième position des édifices les plus laids du monde, juste derrière l'Hôtel de Ville de Boston. Paris attire des dizaines de millions de touristes qui ne viennent pas chercher le Cornichon londonien de FOSTER, ni la tour Agbar de Barcelone, mais qui apprécient l'harmonie de Paris, pourtant ville parmi les plus denses du monde. Nous n'avons eu de cesse de rappeler également que construire une tour en hauteur n'a jamais densifié la ville, sauf à lui supprimer tous les espaces nécessaires de respiration, à supprimer toutes les règles du PLU sur le gabarit et à nier le droit des voisins de disposer du soleil et de la lumière. D?ailleurs, lorsqu?on regarde de près Paris, on est frappé de constater que l'arrondissement le plus dense est le 11e arrondissement, avec plus de 42.000 habitants au kilomètre carré, arrondissement typiquement faubourien et haussmannien, tandis que le 13e arrondissement, et ses nombreuses tours, n?arrive qu?à un peu plus que la moyenne parisienne en termes de densité. Comme vous le voyez, la question énergétique ne vient pas au premier plan de notre désaccord, comme cela a trop souvent été prétendu. Cependant, il est vrai les tours sont énergivores et nettement plus consommatrices d?énergie que les bâtiments conventionnels. Les contraintes inhérentes aux immeubles de grande hauteur en sont à l'origine et aucune tour construite, y compris les plus récentes, n'échappe à cette règle, lorsque l'on mesure la consommation réelle et pas celle qui est annoncée. Refuser de construire une tour à cet emplacement, c?est donc faire le pari du Paris moderne, celui qui se tourne résolument vers l'après-pétrole et laisse sans regret les symboles du passé au magasin des accessoires. Le projet de tour Triangle vit ses derniers moments, du moins nous l'espérons. Pour autant, nous ne souhaitons pas laisser en friche le terrain prévu pour sa construction. Aussi, nous vous demandons, Madame la Maire, de lancer très rapidement un appel à projets réellement innovants sur ce site, en étroite concertation avec les riverains, car rien ne serait pire que d'avoir un nouveau projet inacceptable. Le programme global devra donc être acceptable pour que sa réalisation donne satisfaction à l'ensemble des parties prenantes. C'est le sens du v?u que nous présentons et dont nous pensons qu'il pourrait faire consensus si tout le monde passe par-dessus son égo au profit de l'intérêt collectif. C'est ainsi que la future ville doit s'écrire, se coconcevoir pour se vivre ensemble aujourd'hui et demain. Je vous remercie.

(Mme la Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur CONTASSOT. La parole est à Hervé BÈGUE, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci, Madame la Maire. C?est Hervé BÉGUÉ, comme à chaque Conseil. Il y a toujours un peu de mal avec mon nom !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Hervé BÉGUÉ, pardon !

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, j'interviendrai en concentrant mon propos sur le projet de délibération DU 1113 relatif à l'aménagement de l'ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul. J'en profiterai notamment pour présenter le v?u rattaché et déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche. Le projet de délibération le rappelle, le site de cet ancien hôpital est un site d'exception qui bénéficie d?un certain patrimoine architectural de grande qualité que l'on retrouve sur une grande partie de l'A.P.-H.P. Ce point-là n'est pas négligeable. Il faudra que les équipes d'urbanistes et d'architectes relèvent le défi de faire cohabiter sur ce site les architectures et les époques. L'usage de ces bâtiments va aussi radicalement évoluer, ce qui devra bien entendu s'accompagner d'une réflexion profonde à laquelle il ne faudra pas manquer d'associer la population. C'est pour cette raison que nous voterons le v?u porté par le groupe Ecologiste. Il faudra veiller à ce que cette concertation reste ouverte et dépasse le simple cadre des riverains qui habitent à proximité directe du site afin d'y apporter une diversité des regards et des avis qui nous permettront d'affiner ce projet urbain et de mieux répondre aux besoins de la population dans toute leur diversité. C'est bien dans cet état d'esprit que le groupe Communiste - Front de Gauche souhaite que notre assemblée précise le cadre de ce projet et se donne notamment un objectif ambitieux de création de logements sociaux. Car, je ne vous le cache pas, nous sommes inquiets de certaines formulations que l'on retrouve dans les différentes pièces liées à ce projet de délibération. Il subsiste notamment un doute sur la part de logements sociaux dans le programme de logements et sur le type de logements sociaux que nous souhaitons créer sur ce site. Nous le rappelons au travers de notre v?u, compte tenu du quartier sur lequel se situe ce secteur d'aménagement, de la sociologie de ce quartier mais aussi de l'histoire de ce site qui a longtemps eu une vocation sociale, la Ville doit se saisir de projets urbains pour participer au rééquilibrage de l'offre de logements sociaux à l'échelle du 14e arrondissement et de Paris. C'est pour cette raison que nous demandons que le programme de logements comprenne bien 50 % de logements sociaux, dont une très large partie, voire la totalité devra être consacrée aux P.L.A.I. et aux PLUS destinés aux ménages les plus modestes. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous. La parole est à M. LAMOUR, pour le groupe UMP.

M. Jean-François LAMOUR. - Merci, Madame la Maire. Parmi les motivations que vous avancez au soutien du projet Triangle, vous nous parlez régulièrement de votre volonté de marquer l'entrée de Paris par un signal. Or, dans le même temps, vous revendiquez, tout comme ses concepteurs, le caractère transparent de cette tour qui, bien évidemment, ne le sera pas. Permettez, Madame la Maire, que l'on s'interroge sur cette proposition pour le moins paradoxale d'un signal transparent. Finalement, le problème insoluble auquel se heurte Triangle est assez bien résumé dans cette contradiction symbolique : montrer sans vraiment montrer, marquer sans vraiment marquer. C'est une équation impossible que vous nous soumettez et je ne doute pas qu'une majorité de nos collègues, sur tous les bancs de notre Assemblée, se rallie à cette opinion qui tient finalement du bon sens. Équation impossible car le projet s'est progressivement éloigné des grandes lignes qui nous avaient été présentées en 2008 jusqu'à comporter plus d'inconvénients que d?avantages. Ce sont là les mots du commissaire-enquêteur qu'a rappelés mon collègue maire du 15e, Philippe GOUJON. Pour le secteur de la porte de Versailles et pour le 15e arrondissement, le projet Triangle ne profitera que de manière marginale au quartier et aura des conséquences qu'aucune des parties prenantes ne maîtrise à l'heure actuelle, qu'il s'agisse de l'augmentation des flux de circulation, du risque de saturation des transports, du nombre insuffisant de places de stationnement, de la problématique des ombres portées ou encore des nuisances qu'entraînera la construction d'un immeuble de 180 mètres de haut dans un secteur dense en habitations. Pour le parc des expositions, je rappelle que l'idée initiale d'Unibail et de la Ville de Paris était de renforcer l'attractivité de cet espace stratégique pour la place de Paris dans la compétition mondiale. Or, j'observe que le chantier pharaonique de Triangle perturberait inévitablement le fonctionnement du parc qui doit justement conduire d'importants et indispensables travaux de modernisation. De manière plus structurelle, des éléments essentiels à ce renforcement de l'attractivité ont purement et simplement disparu du dossier qui nous est aujourd'hui présenté. En fait, le projet a même complètement changé, passant d'un immeuble destiné à accueillir un hôtel de 400 chambres, un centre de congrès ainsi que des espaces de formation à une simple tour de bureaux qui n'améliorera en rien l'attractivité du parc des expositions. Si je ne conteste pas l'intérêt de développer des bureaux intelligents dans la capitale, je m'interroge cependant sur l'opportunité de renouveler l'expérience d'une tour orpheline dans Paris intra-muros quand le quartier d'affaires de La Défense se prête non sans audace à l'architecture de grande hauteur, et quand à moins de 300 mètres de l'emplacement réservé à Triangle, le projet QU4ADRANS permet déjà la construction de 85.000 mètres carrés de bureaux en harmonie avec l'environnement urbain. En dehors même du projet QU4ADRANS, l'Observatoire régional de l'immobilier d'entreprise en Ile-de-France relève que plus de 800.000 mètres carrés de bureaux sont libres de toute occupation à Paris. Mes chers collègues, nous ne débattons pas aujourd'hui de l'opportunité d'ériger une maquette en plexiglas ; nous nous apprêtons au contraire à nous prononcer sur un projet bien réel qui me semble à la fois fragile sur le plan économique et impactant sur le plan environnemental. En conclusion de cette intervention, je formule donc le souhait que lors de nos débats, nos arguments ne soient pas présentés par les défenseurs de la tour comme la querelle des anciens contre les modernes, car nous ne pouvons vraiment pas être soupçonnés, avec mes collègues de la majorité du 15e, d'être rétifs par principe à la mise en place de projets innovants dans les quartiers dont nous avons la responsabilité. C'est en effet dans les mêmes quartiers du sud-ouest du 15e que nous avons soutenu, au-delà de la rénovation du parc des expositions, la réalisation du Ministère de la Défense, du projet QU4ADRANS à la place, je vous le rappelle, Madame la Maire, d'un parking à bennes à ordures, d'un parking pour toupies à béton et d?une aire de stationnement pour gens du voyage que vous nous proposiez il y a encore quelques mois. Mais nous avons aussi proposé et soutenu la refonte du secteur Pullman-Aquaboulevard et nous nous battons - semble-t-il à vos côtés maintenant - pour la réappropriation partielle de la zone aujourd'hui occupée par l'héliport de Paris. Percevant à raison la grande fébrilité de votre majorité sur ce sujet, Madame la Maire, vous nous avez en désespoir de cause demandé de faire des propositions d'amélioration mais ces propositions, en particulier de la rénovation des quartiers Frères-Voisins - Falguière et Balard -, nous vous les faisons depuis des années, en particulier au conseil du 15e arrondissement, et nous n'avons jamais été entendus ! Dans ces conditions, vous aurez compris que je voterai contre ce projet de délibération et par voie de conséquence, contre la réalisation de la tour Triangle.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Monsieur WEHRLING, vous avez la parole, pour le groupe UDI-MODEM.

M. Yann WEHRLING. - Madame la Maire, Monsieur le Préfet, chers collègues, dans la liste des contrevérités entendues à propos de cette tour Triangle, le "green washing" n'aura pas manqué à l'appel. Mais je dois bien avouer que ce n'est pas cet argument que vous avez osé développer le plus. Tout juste peut-on lire assez discrètement que pour cette tour, nous respecterons les normes environnementales de 50 kilowatts/heure par mètre carré et par an. Je me souviens d?ailleurs encore de l'intervention de Claude DARGENT au conseil d'arrondissement du 15e arrondissement, qui a fait le lapsus d'ajouter un zéro en parlant de 500 kilowatts/heure par mètre carré et par an. Je le remercie encore de ce lapsus qui rétablit la réalité en fait, car évidemment l'affirmation d'un respect des normes environnementales est un v?u pieux qui n?a été démontré d'aucune manière dans le projet tel qu'il est présenté aujourd'hui. Et pour cause : il est difficilement tenable. 180 mètres de haut, dans la plupart des cas, c'est une énergie très importante à prévoir pour faire monter aux derniers étages les flux et réseaux - eau, chauffage, ascenseurs, énergie. Quasiment aucune tour aujourd'hui, comme l'a précisé Yves CONTASSOT, construite dans le monde, même les plus performantes, n'arrive à des bilans énergétiques acceptables. Quelques derniers bilans sur des tours similaires arrivent à des ratios de l?ordre de 200 à 500 kilowatts/heure du mètre carré et par an. Puis-je rappeler que la norme pour le neuf, depuis les lois Grenelle, est de 50 kilowatts/heure par mètre carré et par an ? Autant dire que nous sommes en train d'envisager un projet qui va à contresens des priorités de la durabilité dans le bâti neuf à l'heure où nous déployons des trésors d'ingéniosité pour réduire nos consommations énergétiques dans le logement existant. Quel signal enverrions-nous à tous les Parisiens que nous cherchons à convaincre d'isoler leur logement et réduire leur consommation énergétique ? Rien, dans les récentes études menées sur ce type de constructions, ne permet de nous rassurer. Ce sont des constructions gourmandes. En acier et en béton, les surfaces vitrées, aussi performantes soient-elles, en contact avec l?extérieur, nécessitent forcément plus de chauffage en hiver et plus de climatisation en été, que des constructions de moyenne hauteur ayant prise au vent et à l'ensoleillement, et dotées de parois opaques plus faciles à isoler du froid et du chaud. Quant au dernier argument environnemental souvent entendu - celui de la densité - permettez-moi de rappeler que selon les constats émanant des services de la Ville eux-mêmes, la densité bâtie d'un quartier de tours est deux fois moins importante que celle d'un habitat collectif de type R + 5. C'est sans doute pour cette raison environnementale principale, peut-être d'autres encore, plus économiques, que les tours sont plutôt en perte de vitesse aujourd'hui dans le monde. Il s'en construit moins qu'au siècle dernier et elles se concentrent pour l?essentiel dans les pays du Sud-Est asiatique et dans les pays du Golfe. Et cessez, s'il vous plaît, de traiter les défenseurs d'un urbanisme durable de passéistes. La controverse sur le caractère anti-environnemental des tours n'est pas seulement alimentée par des écologistes que l'on veut, une fois de plus, faire passer pour des opposants à la modernité. Ce débat traverse le milieu des architectes qui sont nombreux dans le monde à faire de la durabilité de leur construction un axe structurant de leurs réflexions. De grands noms de l'architecture internationale ont fait le choix de la durabilité. Le Chinois WANG SHU, en récupérant les matériaux, réduit l'énergie grise de ses créations. L'Allemand Stefan BEHNISCH, défricheur d'une architecture climatique, défend l?idée que le défi de l'architecture aujourd'hui est de résoudre la surconsommation d'énergie des bâtiments et que ceci a une influence sur la conception même des nouveaux bâtiments. Autrement dit, dans le cas dont nous débattons aujourd'hui, ce n?est plus l'environnement qui doit s?adapter aux bâtiments, mais le bâtiment qui doit se concevoir pour s'adapter aux contraintes environnementales. L'Indien Balkrishna DOSHI, fondateur d?une nouvelle école architecture durable, défend l?idée qu?il y a une relation entre l'acte de construire et la préservation des ressources. J'arrêterai là la liste des grands noms de l?architecture contemporaine mondiale, qui défendent une vision radicalement opposée à celle que véhicule cet urbanisme ancien. Ils ont une vision tout aussi contemporaine, sinon plus, de l'architecture dans laquelle bien des opposants à cette tour, et amoureux de l'architecture contemporaine dont je suis, se reconnaissent. Quand on sait que le bâtiment est responsable pour un tiers des consommations énergétiques et des émissions de CO2, on mesure à quel point ce sujet est crucial d?un point environnemental, mais aussi d'un point de vue économique, au regard de notre facture énergétique, dont on sait à quel point elle pèse lourd dans le déficit de la balance commerciale de notre pays. Vous avez lancé un concours d?innovation architecturale et urbanistique. L'idée est objectivement intéressante. J?ai noté que la dimension environnementale avait la part belle dans les critères d'appréciation des futurs projets. Quel dommage de contredire cet élan avec une tour dont le modèle architectural date du siècle dernier et sera tout l'inverse de l'innovation environnementale dont il pourra être question dans votre appel à projets "Réinventer Paris". Pour finir, permettez-moi de souligner le caractère désastreux du message que nous enverrons aux participants de la Conférence pour le climat fin 2015. A moins que le message soit pédagogique, à savoir dire aux participants : "Voyez, cette grande tour que vous voyez dépasser au-dessus de tous les toits parisiens, cette grande tour, voici très exactement ce qu'il ne faudra plus jamais faire si l?on veut respecter les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre". La preuve par le contre-exemple : il fallait oser, Madame la Maire. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Merci, Madame la Maire, Mesdames, Messieurs. Dans ce débat organisé sur plusieurs projets d?urbanisme, je souhaite, bien entendu, appeler votre attention sur l?opération "Bercy-Charenton" qui se cache derrière la grande tour Triangle. C'est une opération majeure pour le 12e arrondissement, mais aussi pour Paris et sa métropole. Alors que nous portons dans cette mandature un objectif historique de 10.000 logements par an, "Bercy-Charenton" accueillera à terme entre 4.000 à 5.000 logements sur plus de 60 hectares, permettant de recréer de l'urbanité et de la mixité dans un espace jusqu'alors infranchissable et hermétique au dynamisme de notre ville. Cette capacité à recréer des morceaux de ville sur ce type d'emprise, nous l?avons déjà mise en ?uvre. Vous l'avez rappelé ce matin, Madame la Maire, à Clichy-Batignolles ou encore à Paris Nord-Est. Ces sites constitués de délaissés aux friches ferroviaires se sont progressivement transformés en morceaux de ville à part entière, accueillant de nouveaux logements, des équipements publics, des espaces verts. A l'heure où la métropole est évoquée dans de nombreux débats, dans ces opérations urbaines, nous la construisons concrètement avec nos voisins. Ce sont également des lieux d'innovation en matière d'environnement et d'architecture, où la Ville de Paris a montré qu?elle n'était pas hostile au changement ni à la modernité, mais qu?elle était au contraire motrice pour que Paris ne soit pas une ville musée, mais une ville qui innove. Ce sont enfin des projets pour lesquels nous mettons en ?uvre de nouvelles pratiques de concertation afin d'associer les habitants, les conseillers de quartier, les associations, nos partenaires institutionnels, nous affranchissant aussi de la barrière du périphérique et de nos communes. Le v?u que je porte pour le 12e arrondissement avec l'ensemble des groupes de la majorité municipale concerne certains enjeux du projet et les nouvelles opportunités offertes par l?extension du périmètre de la Z.A.C. au secteur Léo Lagrange, objet du projet de délibération présenté à ce Conseil. Au service de nos priorités, c'est d'abord l'objectif de créer davantage de logements pour atteindre 50 % de logements dans nos opérations. Je note d'ailleurs avec surprise l'intérêt soudain des élus U.M.P. pour le logement étudiant, sans doute une manière de se prémunir du logement social familial, mais l'un ne se fera pas sans l'autre, et nous continuerons de faire de la mixité sociale le socle de notre vision urbaine. Cette mixité se concrétisera par le développement d?une offre diversifiée de logements spécifiques pour les étudiants, oui, mais aussi pour toutes les familles grâce à des logements sociaux, des logements intermédiaires et des logements à loyer libre. "Bercy-Charenton" sera aussi un grand bassin d'emplois de service mais aussi industriels, avec la création d'espaces de logistique urbaine bénéficiant de la proximité du rail et du fleuve, comme cela a été rappelé par le groupe Communiste. L?abandon par le SYCTOM de son projet de centre de tri est désormais officiel. Cela nous permet d'envisager d'autres usages pour la voie de la Rapée inférieure, compatibles avec sa conservation au moins partielle. Afin d'accueillir de nouveaux habitants, environ 15.000, plusieurs équipements publics sont prévus - et je m'en félicite - parmi lesquels un groupe scolaire, des crèches, une bibliothèque, un nouveau collège. Dans nos objectifs d'accompagner la pratique sportive au quotidien, nous souhaitons également que soit étudiée l?implantation d?une piscine afin de renforcer l?offre du 12e arrondissement, aujourd'hui déficitaire. Les espaces publics favoriseront les modes de déplacement doux, que nous encourageons ensemble depuis 2001. Je serai particulièrement attentive à l?amélioration de la desserte de ce quartier en transports en commun. Comme le précise notre v?u, la station de la porte de Charenton de la ligne 8 mériterait d?être rénovée, dans la perspective de ces nombreux nouveaux habitants dans le quartier. Nous veillerons également à un bon maillage en stations Autolib? et Vélib?, en particulier autour de la station Baron Le Roy du T3. Le prolongement de la rue Baron Le Roy est très attendu par les habitants de Bercy afin de leur permettre d?atteindre en particulier le tramway. Ce prolongement devra se poursuivre sur la commune de Charenton afin de retisser des liens entre nos communes, malgré la barrière du périphérique et de l'échangeur de Bercy. "Bercy-Charenton" accueillera aussi de grands espaces verts et une partie de la Petite ceinture pourra y être aménagée, en concertation avec nos partenaires ferroviaires, bien évidemment, mais de manière à permettre d'améliorer le lien avec le bois de Vincennes et de constituer un corridor écologique jusqu'au parc de Bercy et la Seine. Je me félicite que ce nouveau périmètre permette le réaménagement du stade Léo Lagrange et la modernisation de ses installations sportives. La constitution d?un bâti symétrique sur le boulevard permettra par ailleurs de poursuivre la dynamique que nous avons initiée avec la mise en ?uvre du tramway fin 2012 sur les Maréchaux. L'extension au secteur Léo Lagrange participe d'une double volonté : d'intégrer ce futur quartier au reste de la Ville, d'une part, et de faire bénéficier les habitants actuels de cette dynamique de projet, d'autre part. Cette emprise de "Bercy-Charenton" est l'une des dernières grandes opportunités que nous avons pour que l'entrée dans Paris par la Seine soit marquée par un geste fort sur les deux rives du fleuve, pour que ces territoires contribuent pleinement à l'attractivité de Paris et au rééquilibrage Est/Ouest. Nous pouvons construire un quartier ambitieux qui s?intègre pleinement dans son environnement, sans couvrir le faisceau ferroviaire de la gare de Lyon, l'une des plus grandes d'Europe. Nous allons imaginer une autre manière de construire la ville que la construction sur dalle. Enfin, il nous faut aussi entretenir un climat de confiance avec les investisseurs publics et privés dont nous avons besoin, en s'engageant à mener jusqu'au bout ce projet - comme je l'espère - tous les autres grands projets que nous examinons aujourd'hui. Paris en a besoin.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame Catherine BARATTI-ELBAZ. La parole est à Mme Galla BRIDIER, pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Galla BRIDIER. - Madame la Maire, mes chers collègues. Dans la continuité de ce qui a été dit par mes collègues écologistes, je voudrais continuer à vous exposer notre vision de l'urbanisme de demain et d?après-demain en saisissant l?occasion du lancement de l?appel à projets innovants que nous voterons aujourd'hui. Nous accueillons favorablement l'ouverture de cet appel à projets innovants sur 23 sites de la Capitale. Le critère principal qui a conduit à la sélection de ces sites, à savoir la maîtrise publique du foncier ou du bâti, et donc une disponibilité immédiate des biens, va pouvoir permettre de voir émerger des projets dans le cadre de la mandature et donner ainsi rapidement vie à des lieux qui peinaient à prendre vie. Je pense notamment à la gare Masséna, autour de laquelle les dynamiques locales dessinent un lieu culturel important pour l'arrondissement. Nous remarquons aussi à quel point la dimension écologique et environnementale de cet appel à projets est mise en avant. Les objectifs de la mandature en matière de végétalisation et d'agriculture urbaine, sont rappelés : 100 hectares de végétalisation et 30 hectares d'agriculture urbaine. Nous ne pouvons que nous féliciter de ce coup de pouce formidable à l'émergence de projets qui feront de notre ville, une ville verte, durable, une ville résiliente aux enjeux du changement climatique. On aura, par contre, besoin de plus que l'appel à projets pour atteindre ces objectifs, dans les autres grands sites d'aménagement notamment. Je pense à Paris Nord-Est élargi qui manque cruellement d?espaces verts et de respiration. Permettez-moi de formuler cependant les attentes, pour ne pas dire les exigences, du groupe Ecologiste concernant cet appel à projets. Nous tenions en effet à rappeler à notre Conseil notre conception de l?innovation. Nous considérons que l?innovation urbaine est une innovation qui s?inscrit dans le tissu de vie et de ville existant. Nous serons très attentifs à ce que tous les projets sélectionnés prennent en compte les dynamiques locales, se mettent en lien avec les collectifs d?habitants, les associations qui agissent dans le but de l?amélioration de leur qualité de vie en ville. Il n?y aura de projets réussis que de projets co-construits, co-élaborés et, pourquoi pas, rêvons, cogérés par la suite. En cela, nous espérons que l?habitat participatif prendra une place importante dans les sites où des logements doivent être programmés. Cette forme d?habitat n?est pas l?apanage de riches alternatifs qui veulent vivre en communauté. Elle permet simplement à des accédants à la propriété ou à des futures locataires de penser leur habitat, de s?approprier leur chez-soi, garantie même d?un bien-être individuel et collectif. Comme vous, nous pensons que l?innovation sera à rechercher dans la nature des groupements qui répondront à cet appel à projets, dans les alliages qui seront proposés pour imaginer un urbanisme renouvelé, qui fait une large place à la reconquête des espaces pour les gens qui y vivent. A cet effet, nous espérons vivement que, selon les contraintes des sites et des cahiers des charges, des petits groupements, peu connus mais qui pourraient se voir reconnaître pour leurs idées nouvelles, pourront être sélectionnés. Nous souhaitons que cet appel à projets participe aussi du renouveau des pratiques, et donc des maîtres d??uvre. Enfin, nous pensons aussi que l?innovation réside dans les montages financiers et économiques des opérations. A plusieurs reprises, dans cette Assemblée, nous sommes intervenus sur la nécessité de continuer à maîtriser le foncier de la Ville et notre volonté de voir apparaître des formes innovantes de financement de la construction de notre ville. Ainsi, nous demandons que, dans cet appel à projets, une attention particulière soit portée au caractère anti-spéculatif des opérations. La crise du logement est si grande, nous n?avons pas besoin de laisser sortir des prix de loyers exorbitants qui ne correspondraient pas aux revenus moyens des Parisiens, comme cela a été le cas sur d?autres opérations d?aménagement. Cet appel à projets doit être une réelle volonté de construire la ville de demain, via des opérations exemplaires qui montreront le chemin de la ville en transition, et non pas un moyen de renflouer les caisses de la Ville en bradant son foncier. Nous souhaitons que, quand cela est possible, le système des baux emphytéotiques soit privilégié. Tel est le sens des deux v?ux que nous présentons à ce Conseil relatif à cet appel à projets innovants. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame BRIDIER. La parole est à Mme Danièle PREMEL pour le parti Communiste - Front de Gauche.

Mme Danièle PREMEL. - J?interviendrai sur le projet de délibération DU 1124. Madame la Maire, chers collègues, la gare des Mines Fillettes est une nouvelle étape du grand projet de Paris Nord-Est, dont l?objectif est de réorganiser tout ce secteur, projetant ainsi le Nord-Est parisien dans une perspective urbaine totalement repensée globalement. L?inscription de ce projet n?est pas que parisien : il s?étend entre la porte de la Chapelle et d?Aubervilliers sur un territoire de part et d?autre du boulevard périphérique. La continuité urbaine, au travers et sur le pourtour du périmètre, qui reliera à terme ce secteur à son environnement, donnera à ce projet une caractéristique particulière : celle de la création d?un nouveau quartier intercommunal de 1.700 logements neufs, pour ne former qu?un seul et même morceau de ville. Nous soulignons que la double localisation du campus Condorcet, sur la place du Front populaire à Saint-Denis, et à la porte de la Chapelle va amplifier le destin commun et métropolitain de ce grand territoire. Au vu de tous ces éléments, reconnaissons que nous ne pouvons que partager les objectifs généraux de ce projet de délibération. Cet accord n?empêche pas de s?interroger et d?écouter. Rappelons que la première réunion de concertation, et la seule, a eu lieu le 9 juillet 2013, alors que les premières signatures entre Paris et Plaine Commune ont eu lieu dès 2005. Le projet de délibération d?aujourd?hui est la concrétisation des engagements pris lors de cette réunion publique. Pour notre part, nous serons attentifs aux questionnements posés par les habitants et les associations : - l?équilibre entre les programmes, en mettant l?accent sur les équipements de proximité, de façon de traiter les espaces publics et la mixité des usages, locaux d?activité, d?artisans ou de production ; - le traitement des impacts du projet, les nuisances et pollutions du périphérique, la densité d?habitation et commerciale et, en corollaire, la nécessité d?intégrer des espaces de vie et de respiration ; - des espaces verts plus vastes, avec une meilleure prise en compte de la biodiversité - je pense notamment à un grand parc à la Chapelle Charbon ; - le désenclavement de la cité Valentin Abeille. Sur les modalités de concertation, il nous est proposé d?intégrer ce projet dans le dispositif de concertation engagé sur le secteur Paris Nord-Est depuis 2002, et de mettre en place des mesures spécifiques pour le secteur de la gare des Mines Fillettes. Compte tenu de la complexité et de la durée du chantier, il nous semble que la tenue de réunions publiques et de permanences plus nombreuses que celles prévues serait plus pertinente, d?autant plus que 8.300 mètres carrés ne sont pas affectés et sont à définir dans le cadre de la concertation. Sur les études, elles devraient permettre de répondre aux questions, aux inquiétudes des habitants et, en fonction de leurs résultats, de peser sur le projet. Nous veillerons à ce que ces études répondent bien à ces objectifs. Enfin, ce projet incluant deux collectivités territoriales et la mise en ?uvre de deux Z.A.C., il serait important de prévoir des échanges, voire des collaborations entre les instances de concertation relevant de chacun des deux territoires. Si toutes ces questions restent ouvertes, la concertation et l?étude étant à venir, une question doit dès à présent être actée : celle du refus de la liaison CDG Express en surface, pour toute seule solution et aucune autre à envisager. Pour nous, il n?y a pas de négociation et de compromis à cette question. Cela veut dire en clair que, dans le cahier des charges des études d?impact, l?hypothèse d?une traversée en surface ou aérienne du CDG Express n?est même pas à étudier. C?est une décision politique qui s?impose et pas une démarche technique où toutes les hypothèses sont en débat. Enfin, nous voulons souligner que ce projet intercommunal ouvre une expérience de ce que nous appelons, nous, communistes, la coopération de projets entre communes : démarche plus démocratique que celle qui consisterait à imposer une instance supra-communautaire qui s?approprierait la légitimité des communes. En espérant que l?Exécutif puisse prendre en compte nos remarques, nous voterons ce projet de délibération.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame PREMEL. Monsieur Jean-François LEGARET pour l?UMP.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues, je bornerai mon intervention aux bizarreries qui se dissimulent dans le montage foncier de la cession du terrain d?assiette de la tour Triangle. Curiosité, en effet. D?abord, pas de consultation du Conseil de l?immobilier de la Ville. Je l?ai fait observer à M. MISSIKA qui a reconnu que c?était une lacune. Mais dans cette affaire, il y a bien une question importante de stratégie immobilière. Stratégie dans laquelle la Ville part perdante dès l?origine. Pourquoi ? Parce qu?il s?agit d?un bail à construction. Un bail à construction d?une durée de quatre-vingts ans, avec trois ans supplémentaires de levée d?option. On est donc sur une date de fin de bail qui doit être environ l?année 2098. Nous en reparlerons donc entre nous, le moment venu, mais je voudrais dès à présent poser deux questions. Premièrement, pourquoi un bail à construction ? La technique du bail à construction était fortement et fréquemment utilisée dans les années 1960 et 1970. Elle était depuis lors non seulement tombée en désuétude mais, dans toutes les situations dans lesquelles la Ville était titulaire de baux à construction, on est sorti de ces situations : on en est sorti au Forum des Halles, on en est sorti à Beaugrenelle, on en est sorti au Concorde Lafayette, on en est sorti au Sofitel Sèvres. Pourquoi est-on sorti des baux à construction partout à Paris pour en reconstituer un sur la tour Triangle ? Deuxième question : que fera la Ville au terme du bail à construction en 2098, quand elle deviendra propriétaire d?un immeuble de bureaux ? En quoi entre-t-il dans la vocation d?une ville comme Paris d?être propriétaire d?un immeuble de bureaux ? Ce serait des logements ou des activités, on pourrait le concevoir mais pour un immeuble de bureaux, je ne vois absolument pas comment on peut justifier le système même du bail à construction. Je conclurai en vous disant que la multiplication et l'ampleur des cadeaux et avantages consentis par la Ville à des opérateurs tels qu?Unibail nous interpelle. Quand on se montre trop généreux, on s'expose à deux types de critiques : premièrement, la suspicion, a fortiori quand on procède à des procédures aussi opaques que le scrutin secret, et on s'expose aussi au jugement sévère de tous les Parisiens, comme nous, qui sont attentifs au bon usage de leurs impôts. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Monsieur Christian SAINT-ETIENNE, pour l'UDI-MODEM.

M. Christian SAINT-ETIENNE. - Merci, Madame la Maire. Monsieur le Préfet, mes chers collègues, je vais voter contre le projet de délibération proposé aujourd'hui, mais ce n'est pas, en réalité, contre la tour Triangle mais contre ce qu'il y a dedans. Pour que ce soit clair, je vais faire trois propositions. La première, c'est d'abord de replacer le projet dans le contexte du Grand Paris : qu?est-ce qu?il manque à Paris ? Ce ne sont pas des bureaux, ce sont des chambres d'hôtel, puisqu'il manque de 10 à 12.000 chambres d'hôtel de 2, 3 à 4 étoiles aux nouvelles normes, sachant que l'équivalent va être fermé à cause de ces normes dans les années qui viennent. Et il faut les construire maintenant. Il manque également de l'ordre de 100.000 logements particulièrement pour les classes moyennes, à la fois des petits studios et des logements familiaux. Dans ce contexte, il faut réellement s'interroger sur un projet urbanistique et stratégique concernant l'avenir de Paris. Le périmètre actuel de la Ville de Paris a été fixé au XIXe siècle. On vient de nous proposer la création d'un Grand Paris qui est en fait la moitié du vrai Grand Paris économique, puisque c'est un Grand Paris de 6,5 millions d?habitants, alors que le vrai Grand Paris est entre 11 et 12 millions d?habitants. De fait, dans une réflexion stratégique internationale, on pourrait penser qu'un Paris de 3 ou 3,5 millions d'habitants dans un vrai Grand Paris de 11 millions d'habitants serait plus adapté à la situation. Dans ce contexte, il faudrait s'interroger sur la façon dont nous pouvons concevoir ce projet à moyen terme. Nous avons une Commission du Vieux Paris : pourquoi ne pas imaginer une Commission du Futur Paris, dirigée par Jean-Louis MISSIKA, dans laquelle seraient représentées une quinzaine de personnes qui réfléchiraient sur le Grand Paris à l'horizon 2030 ? C'est la première proposition que je voulais faire. La deuxième proposition que je voulais faire, c'est sur l'immeuble de bureaux qui nous est proposé actuellement porte de Versailles. De fait, comme cela a été parfaitement montré toute la matinée, on n'a pas besoin d'un immeuble de bureaux à cet endroit-là. Il est vraisemblablement mal conçu et surtout totalement isolé. Cela ferait sens, si l?on devait imaginer un programme de constructions de bureaux à Paris, de l'intégrer dans ce que l'on pourrait appeler le "Triangle bleu", incluant les gares du Nord, les gares de l'Est et Stalingrad parce que, en réalité, à ce moment-là, on a deux gares qui nous permettent de nous connecter à l'ensemble de l'Europe du Nord, c'est-à-dire de l?ordre de 300 millions d?habitants. Si on veut envisager une grande opération, c'est dans ce triangle, que l'on peut appeler donc ce "Triangle bleu", qu'il faut l?imaginer, avec, par exemple, une opération de réhabilitation et de codéveloppement de l'ordre de 250.000 mètres carrés de bureaux qui, comme je l'ai déjà dit, serait en liaison avec l'Europe du Nord, mais également 50.000 mètres carrés d?hôtels et résidences partagées, et de l'ordre de 200.000 mètres carrés d'habitations à loyers intermédiaires. Si on doit faire un grand projet urbanistique sur Paris, c'est là qu'il faut le faire, là où nous disposons déjà de voies de communication avec l'ensemble de l'Europe du Nord la plus développée. Troisième proposition que je voudrais faire, plus spécifique, venant au périmètre de la tour Triangle actuelle : ce dont nous manquons à cet endroit-là, ce n'est pas de 88.000 mètres carrés de bureaux mais c?est plutôt de l'ordre de 50.000 mètres carrés d'hôtels, de surfaces d'hôtel ; il nous manque plusieurs milliers de chambres. De fait, il faudrait totalement repenser le projet. Si vraiment on veut mettre des bureaux à cet endroit-là, on pourrait avoir plutôt, c'est une proposition, c'est aux architectes d'en décider, mais plutôt deux triangles, l'un avec 40 ou 50.000 mètres carrés de bureaux, si vous voulez vraiment mettre des bureaux à cet endroit-là, mais pour servir le Parc des expositions, nous avons réellement besoin d'un deuxième triangle d'hôtels, les deux projets étant limités à 90 ou 100 mètres de hauteur, ce qui éliminerait la plupart des critiques qui sont faites contre le projet actuel. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur SAINT-ETIENNE. Madame Carine PETIT, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Merci, Madame la Maire, de me permettre de faire un petit zoom sur un des projets de délibération qui concerne le futur quartier Saint-Vincent-de-Paul dans le 14e arrondissement.

Ce projet de délibération montre que la Ville de Paris avance. Vous-même, Madame la Maire, et votre Exécutif êtes aux côtés de l'équipe municipale du 14e arrondissement, volontariste pour que cette parcelle unique de 3,5 hectares située dans le Nord du 14e arrondissement fasse éclore un projet, un nouveau quartier et un morceau de notre ville.

Alors même que l'A.P.-H.P. est toujours propriétaire de cette parcelle, de cet ancien site hospitalier, fidèles à nos engagements dès le début de cette mandature, nous permettons la création d'une Z.A.C., avec la vocation d'y désigner un aménageur unique, permettant les conditions d'un investissement public fort au service de plusieurs objectifs. Je ne doute pas que ce projet de délibération comptera, à sa modeste échelle, dans les discussions que nous avons avec l'A.P.-H.P., pour que nous aboutissions rapidement, au bénéfice d'objectifs d'intérêt général. Alors, oui, le 14e arrondissement et ses habitants sont maintenant impatients pour s'impliquer, imaginer, penser et construire un nouveau quartier. Oui, Saint-Vincent-de-Paul représente une opportunité formidable et, puisque ce projet de délibération nous permet notamment de lancer officiellement la concertation avec tout le 14e et tous ses habitants, les éléments fédérateurs sont nombreux et enthousiasmants, et ils sont autant de points d'appui. En premier lieu, nous affirmons, par notre vote aujourd'hui, que Saint-Vincent-de-Paul réponde aux besoins des Parisiens. Tout simplement, si j'ose dire, l'investissement public portera un objectif ambitieux de logements sociaux, puisque c'est inscrit : plus de la moitié seront sociaux. Ils seront aussi participatifs, coopératifs, mais ils seront aussi intermédiaires et en accession. Ils seront associés à la construction d'équipements publics dans les domaines notamment sportifs et scolaires, pour répondre aux besoins des nouvelles familles et aux habitants actuels du quartier. L'innovation écologique, environnementale sera le fil rouge et conducteur des futurs concepteurs et bâtisseurs de ce quartier. Autre élément fédérateur : Montparnasse, Denfert-Rochereau, l'hôpital et la maternité de Saint-Vincent-de-Paul ont su toujours apporter beaucoup à l'histoire et au rayonnement de Paris, tant du point de vue culturel, artistique mais aussi sanitaire et social, et dans la recherche aussi puisque Arago avait choisi cet endroit avec l'Observatoire pour y regarder et étudier les étoiles et les planètes. Alors, nous voulons que ce lancement de concertation soit un élément dynamique pour les acteurs et voisins de qualité que compte Saint-Vincent-de-Paul : la fondation Cartier, l'Observatoire mais aussi Cochin, le site de santé public remarquable situé à proximité. Cette démarche de concertation est exemplaire ; en tout cas, nous la menons d'ores et déjà. Et la première maîtrise d'usage public va naturellement revenir aux habitants et aux acteurs de ce quartier. Nous y travaillerons pour répondre aux défis et aux enjeux majeurs d?une ville où on y habite, où on y travaille, où on y grandit ensemble par la culture, l'éducation et la recherche. Saint-Vincent-de-Paul, pour faire écho aux différents projets de v?ux qui sont inscrits sur ce projet de délibération, participera, bien évidemment, en premier lieu, au rééquilibrage en termes de logements dans ce quartier. Je tiens aussi à souligner que, d'ores et déjà et depuis maintenant plusieurs années, nous travaillons à des programmes de plus petite ampleur, des programmes de logement P.L.A.-I., PLUS, dans les rues et les quartiers avoisinants, rue Sch?lcher, rue Boissonade, avenue du Général Leclerc. Donc, je tiens à rassurer mes collègues de la Majorité municipale : c'est déjà le cas aujourd'hui et ce sera encore le cas demain, mais, là aussi, comme sur la tour Triangle, comme sur d'autres projets urbains innovants, l?Opposition municipale du 14e arrondissement semble ne pas vouloir y croire et ne pas vouloir en vouloir, tout simplement, puisqu'elle n'a pas souhaité par son vote au moment du Conseil du 14e arrondissement lancer ces modalités pour une concertation innovante. Je vous remercie de votre attention.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Madame Carine PETIT. Madame SOUYRIS, présidente du groupe Ecologiste de Paris, vous avez la parole.

Mme Anne SOUYRIS. - Madame la Maire, mes chers collègues. Les éléments développés précédemment par mes collègues ont permis de préciser ce qu'était pour nous une ville écologique. Je souhaiterais néanmoins ici m'attarder sur un des éléments qui nous semblent fondamentaux dans la construction du Paris de demain : c?est la concertation, la co-construction avec celles et ceux qui sont les premier-es concerné-es par les projets, c'est-à-dire avec les habitant-es et les usager-es de Paris. Nous sommes en effet sollicités pour voter les modalités de la concertation sur les projets de Saint-Vincent-de-Paul, Bercy-Charenton, Python-Duvernois, et de la gare des Mines. Nous avons déposé un v?u concernant Saint-Vincent-de-Paul et un amendement au projet de délibération relatif au projet de la gare des Mines afin d'en améliorer les modalités. Nous espérons que ce v?u et cet amendement seront adoptés. En effet, la concertation avec les habitants ne doit pas relever d?une simple transcription, dans nos délibérations, de dispositions législatives qui se contentent du minimum syndical. Nous devons faire en sorte que les Parisien-nes soient de véritables acteurs de demain et donc des parties prenantes écoutées et surtout entendues dans les projets qui les concernent en premier lieu. Ainsi souhaitons nous que tous les projets d'aménagement soient élaborés avec les Parisien-nes. L'expertise technique des services de la Ville, d'architectes de renom et même des représentants d'élus ne peut se substituer à l?expertise d?usage d?habitantes et d'habitants qui vivent la ville au quotidien. La concertation n'est pas un supplément d'âme de l'urbanisme. Elle en est une composante essentielle pour que ces projets soient non seulement acceptables et acceptés mais surtout, les plus proches des besoins des habitantes et des habitants et améliorent véritablement la qualité de vie. L'actualité récente, de Notre-Dame-des-Landes à EuropaCity, nous rappelle plus que jamais que les grands projets imposés d'en haut voient leur utilité légitimement contestée par nos concitoyennes et concitoyens. C'est cette absence de discussions et de prise en compte des points de vue qui fragilise aussi le vivre ensemble et entretient la défiance grandissante envers les institutions. Nous avons noté l'intense campagne de communication en faveur de la tour Triangle qui, pour nous, encore une fois, s'inscrit à contresens de l'histoire de Paris et est largement critiquée par les habitant-es du 15e. Nous avons vu comment était vanté le geste architectural de cette tour, toujours d'ailleurs sujet à une appréciation subjective, ou encore l'attractivité qu'elle procurerait à Paris. Mais comment parler d'attractivité et d'avenir sans qu'aient été pris en compte les besoins réels des habitants ? Un projet innovant et attractif, d?abord et avant tout pour les Parisiens, serait un projet écologique co-construit avec les habitantes et les habitants, répondant à leurs besoins en équipements publics, en commerces de proximité, en logements, en espaces verts. L'avenir de Paris doit être le fruit de la rencontre entre associations, acteurs de la Ville, habitants, élus, et ne doit pas être dicté par le MEDEF et la Fédération française du bâtiment qui, une fois encore, et sans surprise, opèrent un chantage à l'emploi. Nous ne sommes pas des gendarmes. Cependant, nous nous interrogeons sur les conflits d'intérêts auxquels seraient confrontés certains de nos collègues concernant ce vote. S'il n'y a pas de problème juridique, il y a une question éthique. À l'heure où nous avons fait ensemble le choix de la démocratie participative, de la transparence, de la déontologie, ce serait un très mauvais signe que ce vote puisse être entaché d'un doute quant à un quelconque défaut d'indépendance ou de transparence. Nous l'avions dit publiquement : nous souhaitions et nous souhaitons toujours que ce vote soit visible, lisible et transparent. Pour cela, nous voulons un scrutin public. Malheureusement, nous avons pris acte de votre demande de vote à bulletins secrets, traditionnellement utilisé pour des votes nominaux. Pour nous, ce vote à bulletins secrets est une erreur, une erreur car cette demande risque d'entacher de suspicion et de doute le résultat de ce projet de délibération ; une erreur car elle constitue un acte de défiance vis-à-vis de notre Assemblée, et plus particulièrement vis-à-vis de notre groupe qui se trouve seul, au sein de notre majorité, opposé à ce projet de délibération. Nous aurons à reconstruire la confiance pour la suite. Une erreur enfin, car ce scrutin privé vient assombrir le beau travail de transparence et de déontologie que nous nous sommes efforcés de mener ensemble jusqu'à présent. Il ne nous faut pas avoir peur des débats et de l'expression publique et nous devons à nos électeurs et à nos électrices la transparence la plus totale sur notre action et sur la nature de nos débats. C'est en ce sens que nous avons demandé une suspension de séance, une suspension qui nous permette de prendre en compte cette proposition de scrutin, une suspension pour nous tourner vers vous, Madame la Maire, pour vous demander solennellement de retirer cette demande de scrutin à bulletins secrets. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. J'y répondrai tout à l'heure, conformément au Code des collectivités locales et à notre Règlement intérieur. La parole est à Mme Raphaëlle PRIMET, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Je pensais que le débat s?appelait : "Réinventer Paris" mais visiblement, Paris se résume à la tour Triangle pour la droite, qui n'a pas l'air de s'intéresser aux autres projets parisiens. Pour ma part, j'interviendrai sur le projet d'aménagement du quartier Python-Duvernois, dans le 20e, bien connu des habitants du 20e et de Bagnolet. Les habitants de ce quartier composé à 100 % de logements sociaux, parmi les plus sociaux, ont le funeste honneur de vivre sous le nez du plus grand échangeur autoroutier d'Europe. Certaines fenêtres des logements se situent à quelques mètres seulement du périphérique. Nous parlions au dernier Conseil de Paris de santé, et notamment de santé environnementale : s'il y a bien un endroit dans Paris où la Ville doit intervenir en urgence pour ces motifs, c'est dans ce quartier où les habitants sont exposés à des gaz d'échappement qui entraînent une prévalence spectaculaire de certains cancers. C'est donc peu de dire que les élus communistes se réjouissent, au même titre que Mme CALANDRA, la maire du 20e, du lancement de ce projet urbain qui devrait considérablement améliorer la qualité de vie de ces habitants. Ce projet urbain doit commencer par reposer sur les atouts du quartier, car malgré ce tableau sombre mais malheureusement bien réel, la porte de Bagnolet n'en est pas dépourvue et nous devons les mettre en valeur. C'est le cas des espaces sportifs existants dans lesquels de nombreux Parisiens, Bagnoletais et Montreuillois pratiquent chaque jour différents sports dans les nombreux clubs amateurs. Ces terrains sportifs et verts sont essentiels à l'heure où les espaces libres et de respiration disponibles au centre de notre ville se font rares. Mais ces espaces sportifs ont besoin d'être rénovés, améliorés, complétés par de nouveaux équipements. Je salue à ce titre la volonté d'y créer une piscine, bataille lancée par mon camarade Jacques BAUDRIER, quand il était adjoint à la mairie du 20e, en charge de l'urbanisme. Enserré entre le boulevard périphérique et les maréchaux, ce projet urbain permettra au quartier Python-Duvernois de se désenclaver et de retisser un lien avec la ville. Cet objectif vaut également à l'intérieur même du secteur d'aménagement, dont les espaces existants sont morcelés, enserrés dans des grilles omniprésentes qui séparent bien brutalement les immeubles d'habitations des cheminements et des équipements sportifs. Nous pensons surtout, et c'est une préoccupation partagée par l'ensemble de la majorité des élus du 20e, que le lancement de ce projet doit être la première étape de la reconquête de la ceinture verte qui doit s'étendre de la porte de Bagnolet à la porte de Montreuil. Ces quartiers ont besoin d'une intervention publique forte pour retrouver une véritable continuité urbaine qui passe par le réaménagement et la reconquête de cette ceinture verte en un parc urbain sportif au bénéfice de tous. Je sais que nous pouvons compter sur Hélène VICQ, l?actuelle adjointe communiste à l'urbanisme, et au G.P.R.U. dans le 20e, pour mener à bien ce travail exigeant tout au long de la mandature. Vous l'aurez compris, les habitants de ces quartiers et leurs élus attendent beaucoup de ce projet d'aménagement. Après les errements de la droite qui, durant les années 70 et 80, a mené des projets urbains désastreux pour la population, le 20e a connu ces dernières années de grandes réussites en matière d'aménagement urbain ; je pense à la porte des Lilas ou au secteur du quartier Saint-Blaise, et nous souhaitons que cela se poursuive avec ces nouveaux projets. Nous serons donc vigilants à ce que la Ville, les aménageurs et les bailleurs sociaux se fixent un haut niveau d'exigence et se donnent logiquement les moyens de ces ambitions. À ce titre, l'inscription de ce secteur dans le nouveau programme national de rénovation urbaine serait un signal fort. Nous apportons donc tout notre soutien à Jacques BAUDRIER et Colombe BROSSEL, qui font de cette candidature l?une leurs priorités. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame PRIMET. Madame Brigitte KUSTER, vous avez la parole pour le groupe UMP.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Madame la Maire, je dois dire que votre communication embrasse un spectre de projets très large, au point que l?on s?y perd parfois un peu. La diversité des interventions, d'ailleurs, est là pour le prouver et, pour ma part, contrairement à l'intervenante précédente, je dois dire que je n'interviendrai pas sur la tour Triangle. Permettez-moi donc d?abord d?évoquer les projets en cours. Parmi ceux-ci, j'observe que vous ambitionnez d'obtenir le label national Ecoquartier pour la Z.A.C. Clichy-Batignolles. Je ne peux que m'en réjouir, mais permettez-moi tout de même de nuancer un peu cet enthousiasme. Un écoquartier, ce sont évidemment des bâtiments à basse consommation énergétique, des espaces verts, une collecte des déchets optimisée, mais c'est aussi et surtout une desserte performante par les transports en commun. Et l'annonce par la R.A.T.P. du retard de deux ans dans le prolongement de la ligne 14 ne plaide pas en notre faveur. Permettez-moi, d'ailleurs, de regretter ici la réaction tardive et timide de l?équipe municipale parisienne sur le sujet. Je rappelle pourtant que l'objectif du prolongement de la ligne 14 est non seulement de désaturer la ligne 13 mais aussi de desservir le nouveau quartier : 3.500 logements, 140.000 mètres carrés de bureaux et notamment la Cité judiciaire, avec 9.000 visiteurs/jour et 3.000 magistrats au quotidien qui viendront y travailler, et qui ouvrira ses portes en 2017. Au-delà de l?obtention d?un label, c?est la vie au quotidien de milliers de personnes qui est concernée. Nous devons ensemble tout faire pour a minima obtenir de la R.A.T.P. le phasage par tronçons de ce prolongement. Vous évoquez ensuite, Madame la Maire, des projets qui en sont encore au stade de l?ébauche dont celui de la porte Maillot. Vous souhaitez associer à la réflexion le maximum d?intervenants : j'allais dire a minima les maires d'arrondissement, Claude GOASGUEN et moi-même, celui de Neuilly-sur-Seine, les acteurs publics (S.T.I.F., R.F.F., R.A.T.P., Viparis), les hôtels, les commerçants, les associations, les riverains. Et nous ne pouvons que nous en féliciter : c'est ce que, avec Claude GOASGUEN, nous demandons maintenant depuis des années. La porte Maillot mérite toute notre attention. Mais je souhaite aussi que l'atelier participatif s'inscrive dans la perspective plus globale de la requalification de l?avenue de la Grande Armée qui va de pair avec celle de la porte Maillot. Enfin, vous abordez la question des projets pour réinventer Paris. Vous soumettez 23 lieux à innovation, en mettant particulièrement l'accent sur l'innovation en matière environnementale. Si la destination des sites est indiquée, plus ou moins clairement d'ailleurs selon les projets, aucun cadre ne vient restreindre l?imagination de ceux qui vont s'y pencher. Là encore, je souscris à votre méthode, qui est un témoignage de confiance à l'endroit des Parisiens. À cet égard, faire confiance à l'inventivité des Parisiens est une ambition que nous partageons. C'est donc avec un grand intérêt que je constate que le 17e sera à la pointe de l?innovation à Paris avec six sites d'ores et déjà concernés. Avant de les évoquer, Madame la Maire, je me permets de vous en proposer un septième : une entrée de Paris améliorée porte de Saint-Ouen, à la place d'un immeuble de Paris Habitat promis à la destruction. Mais je reviens sur les six sites retenus qui appellent quelques commentaires de ma part. Le premier : l'hôtel particulier du 29 avenue de Villiers, siège de l'ancien conservatoire de musique. Ses caractéristiques, tant extérieures qu'intérieures, en font un lieu incontournable pour l?expression artistique. Sa vocation culturelle doit, à mon sens, être préservée à tout prix. Deuxième site : le terrain dit Pershing. Cette zone, à l'heure actuelle, est occupée par un parking et elle mérite, évidemment, en effet, d'être optimisée. Je souscris pleinement à l'idée d'un immeuble-pont au-dessus du périphérique, à condition, bien sûr, qu?il intègre un équipement d?accueil de petite enfance qui manque cruellement dans le secteur. Troisième site : de la même façon, nous approuvons naturellement le projet de couverture du périphérique entre le boulevard d?Aurelle de Paladines et l'avenue de la Porte des Ternes. La couverture du périphérique, étant un projet porté de longue date par les élus du 17e, était inscrit, d'ailleurs, je vous le rappelle, au contrat de plan Etat-Région, qui avait été abandonné par votre prédécesseur. Espérons que ce ne sera pas le cas cette fois mais nous avons, évidemment, vigilance sur le devenir de ce projet. Site n° 4 : c'est l?angle de l'avenue de la Porte de Clichy et du boulevard périphérique. Vous soumettez un projet de 2.600 mètres carrés d?espaces actuellement occupés par un terminus de bus. Cette entrée de Paris mérite, là aussi, en effet, d'être repensée dans la perspective de l?arrivée du T.G.I. et du prolongement de la ligne 14 et du T3. Cinquième site : vous proposez ensuite deux zones à densifier dans le secteur d'aménagement de la porte Pouchet. Cette densification urbaine doit, à mon sens, participer à l'animation du quartier. Pour nous, une concentration supplémentaire de logements n'est pas souhaitable dans le secteur. Le quartier a besoin d?espaces d?agrément et de services. Sixième site, c'est pareil : il s'agit cette fois du secteur Pitet-Curnonsky, également visé par un projet de densification. J'estime néanmoins que la priorité absolue est de réhabiliter les immeubles de Paris Habitat, avant même d'envisager tout autre projet sur le secteur. C'est une question de cohérence. Vous le constatez donc, Madame la Maire, le 17e est ouvert à la démarche que vous initiez. Un intérêt qui se double, évidemment, d?une extrême vigilance sur le suivi de ces projets qui doivent, avant toute chose, répondre aux besoins prioritaires des populations concernées. Et j'insiste particulièrement sur ce point : dès lors qu'un projet prévoit une densification du foncier, il faut systématiquement en réserver une part à des équipements de proximité, au premier rang desquels, vous l'aurez compris, nous faisons de la création de nouvelles crèches une priorité. Car, si je partage votre ambition de réinventer Paris, il ne faut jamais perdre de vue que cela doit se faire au service des Parisiens. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame KUSTER. Madame TACHÈNE, pour l'UDI-MODEM.

Mme Anne TACHÈNE. - Madame la Maire, mes chers collègues. Ah ? Vous ne voulez pas m?écouter, alors ?

(M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint, président. - Allez-y, Madame !

Mme Anne TACHÈNE. - Nous voici donc à nouveau réunis pour examiner un nouveau projet de délibération sur la tour Triangle. Depuis le lancement de ce projet, tous les arguments en faveur de cette tour, comme ceux pour s?y opposer, ont été exposés, débattus, approuvés ou contestés. Alors, que rajouter aujourd'hui ? Pour moi, pour notre groupe, rien d'autre que l'intérêt général, qui doit conduire notre réflexion, à nous tous, ici, avant ce vote définitif. L'intérêt général, c'est de se pencher, sans mauvaise foi, sans démagogie, sur l'objet même de cette tour. À l'origine présentée comme un élément destiné à relancer l'attractivité du Parc des Expositions vieillissant et soumis à une rude concurrence mondiale, la tour Triangle accueillait en son sein un centre de congrès, un hôtel, une pépinière d'entreprises orientée vers les salons et le tourisme. Pourtant, les années passant, ces éléments d'attractivité ont fondu comme neige au soleil, ne laissant au sol qu'un monument triangulaire de 150 mètres de long et de 180 mètres de hauteur. Alors qu?aujourd'hui 400.000 mètres carrés de bureaux sont en construction à Paris, dont à peine la moitié sont déjà réservés à une occupation certaine, vous projetez donc 88.000 mètres carrés de bureaux supplémentaires. Pourtant, à deux pas de chez nous, chez nos voisins d'Issy-les-Moulineaux, ce sont déjà trois tours de 230.000 mètres carrés qui sont programmées pour 2020, car c'est bien à l'échelle du Grand Paris que nous devons tous être amenés à réfléchir. À cette échelle, jamais la part de bureaux vacants n'aura été aussi pléthorique, à tel point que, dans ce même Conseil, une taxe supplémentaire sur les bureaux vacants, proposée par le groupe Communiste, viendra opportunément abonder le budget de la Ville. L'intérêt général, c'est également la prise en compte de l'avis des Parisiens. Au moment même où tous les projets que vous lancez font appel à une plus grande appropriation de leur ville par les Parisiens, vous choisissez de ne pas entendre la grande majorité qui ne souhaite pas être impactée pour des décennies par les conséquences de cette tour, soulignées même par le commissaire-enquêteur à l'occasion du rapport d'enquête publique et rappelées tout à l'heure par Philippe GOUJON, le maire du 15e. Nous voici donc confrontés aux limites du participatif. Alors, construire la ville, oui ; construire la ville contre ses habitants, non ! Mes chers collègues, notre groupe n?est pas connu pour ne pas assumer ses convictions. C'est ainsi qu?il nous reste maintenant à assumer un vote de conscience, transparent, cette transparence que vous exigez depuis votre élection Madame, de chacun des élus, et vous avez bien raison. Alors, laissons clairement la démocratie s'exprimer et ne permettons pas la création de la tour Montparnasse du XXIe siècle. Je vous remercie.

(Mme la Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame. Monsieur LEJOINDRE, vous avez la parole, pour groupe Socialiste et Apparentés.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Quelques mots dans ce débat qui touche de grands sujets d'urbanisme, sur celui qui concerne le 18e arrondissement : je pense, bien sûr, au projet d'aménagement du secteur Gare des Mines-Fillettes qui va connaître une métamorphose indispensable, notamment pour le désenclaver vers le Nord d'abord, puisque c?est un projet qui concerne aussi les communes limitrophes et, bien sûr, aussi vers le Sud, ce qui s?inscrit pleinement dans les aménagements en cours, notamment à Chapelle International. Bien sûr, ce projet de délibération est un premier pas. Il reste du chemin à parcourir avant de définir définitivement le projet qui verra le jour et c'est bien l'intérêt de toute la concertation qui va s'engager à partir de maintenant. La mairie du 18e sera, bien sûr, pleinement engagée dans cette concertation indispensable pour aboutir au projet. Mais je suis très heureux que l?on puisse, dès ce matin lancer ce grand projet. C?est un quartier qui en a besoin, c?est un quartier qui a connu déjà de profondes mutations, avec l?arrivée du tramway, bientôt une grande université à la porte de la Chapelle, et sur lequel l?attention de la Ville se porte depuis de nombreuses années, mais qui doit continuer à évoluer. Je veux donc saluer ce projet, saluer la dimension métropolitaine de ce projet, qui va permettre à l?ensemble du secteur de devenir un véritable quartier intégré pleinement dans la ville et répondant aux besoins qui dépassent ce seul quartier, notamment avec le marché des cinq continents. Voilà pourquoi je me réjouis de ce projet de délibération, qui est une bonne nouvelle pour le 18e et une bonne nouvelle pour Paris.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Éric LEJOINDRE, pour cette intervention. Madame Valérie MONTANDON, vous avez la parole, pour le groupe UMP.

Mme Valérie MONTANDON. - Merci, Madame la Maire. Nous avons lu avec beaucoup d?attention le projet de délibération relatif aux projets innovants, et nous espérons que vous prendrez en considération nos questions, afin de donner davantage de lisibilité à cet appel à projets. Dans un v?u cosigné par l?ensemble des membres de la 5e Commission de notre groupe, nous souhaiterions que plusieurs éléments soient transmis à l?ensemble des Conseillers de Paris, comme par exemple la communication d?informations sur les montages financiers innovants, ou encore, les modes de construction rapide que vous énoncez dans le projet, mais aussi la valeur estimée de chaque bien, terrain, et propriété. M. MISSIKA a évoqué dans une interview au "Parisien" que cet appel à projets va rapporter de l?argent à la Ville, plutôt que de lui en coûter. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ? Il est aussi annoncé 600 logements sur l?ensemble des sites : si l?on fait une moyenne rapide, cela correspond à 26 logements par site. Nous souhaiterions que vous puissiez nous communiquer le potentiel réalisable en termes de logements, d?équipements publics et de locaux d?activité par projet. Enfin, il existe, depuis le mois d?octobre, le Conseil de l?immobilier de la Ville. Celui-ci n?est même pas cité dans l?ensemble de la communication. Il serait utile qu?il le soit, également, et également saisi sur ces questions. En ce qui concerne le projet de délibération de la Z.A.C. "Bercy-Charenton", je déplore que ce projet de délibération soit noyé dans la masse des projets d?urbanisme, laissant peu de place au débat, tout comme je déplore aussi que lors du Conseil du 12e arrondissement, ce projet de délibération ait été aussi rajouté à un débat, ne laissant que cinq petites minutes à l?ensemble des élus du groupe d?union UMP - UDI-MODEM. Que redoutez-vous dans la discussion ? C?est une très drôle idée de la démocratie. Bercy-Charenton est en effet la dernière grande opportunité foncière de Paris et dispose de 63 hectares. Le choix de ne pas couvrir les voies ferrées engendre des difficultés pour construire des équipements publics et des logements, et c?est d?ailleurs pour cela que vous proposez aujourd?hui une extension du périmètre de la Z.A.C. J?ose espérer que votre décision de ne pas couvrir les voies ferrées n?est pas aléatoire et repose réellement sur des études fondées. C?est pour cela que nous avons déposé un v?u qui vous demande de bien vouloir communiquer à l?ensemble des Conseillers de Paris les études dont vous disposez et qui justifient, selon vous, de la non-faisabilité du projet de couverture. Sur le fond du projet de délibération relatif à - je cite - l?enrichissement des objectifs, nous sommes favorables à la création d?équipements publics, tels qu?un collège, une piscine, une bibliothèque et des logements. Mais des notions nécessitent quelques précisions, et c?est pour cette raison que nous vous proposons un amendement afin de clarifier le type de logements sociaux, mais aussi d?insister sur le logement étudiant et d?apprentis. Et je précise que ce n?est pas la première fois que nous dénonçons le manque cruel de logements étudiants, notamment dans le 12e arrondissement, avec, dans le secteur dont nous parlons, Léo Lagrange, la présence de l?école de boucherie, d?apprentissage de boucherie, et aussi le projet d?implantation dans le quartier de Picpus des déménagements universitaires. Nous voterons positivement ce projet de délibération si vous intégrez notre amendement, sinon, nous serons hélas dans l?obligation de nous abstenir. En ce qui concerne aussi la modernisation des équipements sportifs de Léo Lagrange, nous souhaitons que vous vous engagiez à - certes - les moderniser, mais sans réduire leur surface. Enfin, un tel projet de délibération relatif à l?enrichissement des objectifs est aussi le moment pour la Ville de prendre en compte l?ouverture à la concurrence des transports ferroviaires en 2019, et d?expliquer comment elle anticipe la saturation des gares parisiennes, et notamment la gare de Lyon et la gare de Bercy. Enfin, en ce qui concerne l?aménagement d?une plate-forme multimodale, notamment énoncée lors du v?u des Communistes, je vous rappelle que nous avons déposé un v?u dans le même sens pour la création d?un espace logistique mixte, fluvial et ferroviaire en juillet 2013, v?u qui a été rejeté par l?Exécutif. Ce qui nous dérange dans la présentation de votre v?u, c?est la volonté de remettre en circulation sur la Petite Ceinture des trains, Petite Ceinture pour laquelle nous sommes plutôt favorables à la création d?une coulée verte. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Valérie NAHMIAS pour le groupe UDI-MODEM. Il vous reste 4 minutes 18, donc entre deux orateurs.

Mme Valérie NAHMIAS. - Madame le Maire, mes chers collègues, concernant l?appel à projets innovants "Réinventer Paris", belle idée, beau concept novateur, une capitale telle que Paris se lançant dans la mobilisation de forces vives françaises et internationales pour la construction de son avenir urbanistique : il fallait oser. Le titre légèrement provocateur, "Réinventer Paris", pourquoi pas, même si nous savons que Paris sera toujours Paris. Mais cette légère insolence donne envie de s?intéresser à ce programme plus qu?ambitieux : 8 pages de qualificatifs d?une rhétorique calibrée pour convaincre. On donne dans l?adjectif : associatif, collaboratif, participatif ; et dans l?organisation : valorisation, requalification, participation, dans des directives affirmées, non cloisonnées, dans une dynamique collaborative à dimension environnementale et créativité financière. C?est presque amusant de constater que dans la même communication sur les défis de l?urbanisme à Paris, nous sommes dans une conception aux méthodes totalement contradictoires, à l?inverse du projet tour Triangle. Nous apprécions cette démarche positive pour son ouverture, allant même jusqu?à l?international, avec une présentation du site en sept langues. Nous aurions aimé avoir un peu plus de détails sur certains sujets comme le jury international. 23 lieux, projets très éclectiques, très ambitieux. Justement, j?émets quelques petites réserves, ces projets allant de l?agencement d?hôtels particuliers à la construction totale, la couverture du périphérique. Face à de tels enjeux techniques, urbanistiques, financiers, lourds, complexes, dont certains équivalent à plusieurs dizaines de millions d?euros, nous espérons que ce dispositif de concertation, s?adressant à des artistes, collectifs, startups, de talent, certes, ne deviendra pas un écran de fumée. Nous souhaitons que ce laboratoire d?une nouvelle urbanité ne soit pas le moyen de se dédouaner du fait que la Ville n?ait pas les moyens financiers pour se lancer dans certains gros projets, ou vous permette de différer de plusieurs mois ou années des constructions trop lourdes. Pour finir, réinventer la vie urbaine à Paris dans ses constructions, ses usages, partager, collecter, travailler avec des créatifs de demain, d?où qu?ils viennent, c?est un concept auquel notre groupe adhère pleinement. Nous souhaitons juste que ce ne soit pas un leurre attractif, une volonté conceptuelle ou virtuelle, mais une réalité opérationnelle, innovante, dans un délai respectable.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Madame Frédérique CALANDRA, vous avez la parole, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Frédérique CALANDRA, maire du 20e arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues, le quartier Python-Duvernois dans le 20e arrondissement s?inscrit - vous le savez - dans un territoire en pleine mutation. Au nord, la Porte des Lilas s?est métamorphosée avec la couverture du périphérique, et plus au sud, le G.P.R.U. Saint-Blaise voit s?achever une première phase d?aménagement, tandis que la Z.A.C. de Vincennes vient d?être créée. Pour autant, ce quartier coincé entre les portes de Bagnolet et de Montreuil, jusqu?à présent, demeurait en marge des dynamiques d?opérations d?ampleur, bien que des études urbaines aient mis en évidence, à la fois les dysfonctionnements, mais aussi les atouts et principaux leviers d?amélioration de ce territoire. Je vous remercie, Madame la Maire, je vous remercie, Jean-Louis MISSIKA et Colombe BROSSEL, d?avoir permis, avec les élus du 20e? Et je souhaite saluer chaleureusement tous les élus et tous les groupes du 20e arrondissement de la majorité, notamment du travail remarquable effectué par Jacques BAUDRIER dans la précédente mandature, poursuivi aujourd?hui par Hélène VICQ. Je les remercie chaleureusement tous d?avoir permis à ce secteur, qui a souffert d?une injustice historique, d?entrer enfin dans une phase de requalification importante. Et donc, je vous remercie au nom de ces habitants très chaleureusement, parce qu?ils ont longtemps été extrêmement maltraités. Ce quartier - vous le savez - subit de plein fouet à la fois les effets de la présence de l?autoroute et du périphérique, de très nombreuses nuisances. C?est l?un des quartiers les plus pollués de Paris et de l?Ile-de-France. Il subit également le déficit, un déficit important, en équipements publics, des espaces publics mal conçus au départ et mal adaptés, couplés à la présence de très nombreux logements extrêmement sociaux. Avec près de 50 % de familles monoparentales et un taux de chômage de 41 %, le quartier Python-Duvernois concentre une population très défavorisée. Malgré ce constat, ce territoire présente un potentiel important et de forts atouts, ainsi que des espaces qui pourraient bénéficier d?aménagements plus satisfaisants - Raphaëlle PRIMET en a parlé -, notamment les espaces sportifs, et accueillir des équipements publics supplémentaires. Je tiens à préciser aussi que nous pouvons ici imaginer et inventer le nouveau Grand Paris, en lien avec les villes de Bagnolet et de Montreuil, et leur population. D?ailleurs, depuis 2008, nous n?avons pas chômé : un certain nombre de projets ont abouti ou sont d?ores et déjà engagés. L?arrivée du tramway en 2012 a profondément métamorphosé le boulevard Davout et a requalifié toute une partie du quartier. De nombreuses associations ont été implantées, avec le soutien de la mairie du 20e, de la Ville de Paris et des services ; elles ont contribué à animer le quartier ; elles ont participé à l?accompagnement des familles et des habitants et ont aidé à améliorer le vivre ensemble, comme "Môm?Ganne", par exemple, ou "Multi'colors". Le lancement d?une opération immobilière menée par la R.I.V.P. le long du boulevard Davout, comprenant 64 logements et une crèche, accueillera une partie des habitants des deux barres vouées à être démolies car construites le long du périphérique. La création d?une piscine sur le T.E.P. Davout en 2019, actée dans le cadre du Plan piscines de la Mairie de Paris, renforcera l?offre existante et jusque-là très limitée dans le 20e arrondissement, et tout particulièrement dans ce quartier. C?est dans ce sens que nous devons poursuivre et amplifier nos actions, et ainsi répondre aux principaux enjeux du secteur, qui sont le besoin en mixité sociale et fonctionnelle, le désenclavement et la revitalisation commerciale. Le projet de délibération que nous votons aujourd?hui doit nous permettre de désigner un prestataire pour l?étude d?impact environnemental, et de choisir un urbaniste capable de produire une étude de maîtrise d??uvre urbaine qui consolidera un programme et les principes de son organisation spatiale. Il s?agit donc de préparer la phase opérationnelle de ce secteur, l?objectif étant de pouvoir engager dans la mandature les premiers chantiers de renouvellement urbain tant attendu par les habitants. C?est donc évidemment avec vous que je souhaite me réjouir de cette nouvelle étape qui ouvre d?ambitieuses perspectives de travail pour les années à venir et ce, d?autant plus que ce secteur de Python Duvernois a été proposé dans le cadre du nouveau programme national de renouvellement urbain, pour bénéficier d?une aide financière par l?A.N.R.U. J?attends l?arbitrage prochain avec vous et j?y reste très attentive. Cela réparerait, je l?ai dit, une injustice historique pour ce quartier qui n?a jamais encore été inscrit dans l?A.N.R.U., ce qui est totalement anormal. Enfin, et je terminerai par cela, dans un article récent des "Echos" de la semaine dernière, ce secteur a été identifié comme l?un des vingt grands chantiers parisiens. La carte du "Parisien" en parle aujourd?hui. C?est une nouveauté pour les habitants de ce coin-là qui n?avaient pas l?habitude d?être mis dans la lumière. J?espère que ces relais médiatiques porteront le travail que nous faisons jusqu?aux habitants de là-bas. Et je vous remercie encore une fois chaleureusement d?avoir entendu leur demande. Merci à vous tous.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame CALANDRA. Pierre-Yves BOURNAZEL pour le groupe UMP.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Madame la Maire. Vous nous aviez expliqué pendant votre campagne électorale que vous vouliez "Oser Paris" et maintenant vous nous expliquez que vous voulez "Réinventer Paris". "Oser Paris", "Réinventer Paris", c?est d?abord ne pas masquer le vote des élus. Le vote à bulletins secrets, c?est le contraire de la transparence et c?est le contraire du contrat de confiance que les élus ont établi avec les citoyens, chaque Parisienne, chaque Parisien a le droit de connaître et de savoir le vote de l?ensemble des élus. Je vous demande solennellement, pour l?intérêt général, pour l?intérêt de Paris et la conception qui est la vôtre, je n?en doute pas, de la démocratie et de l?intérêt général, de bien vouloir procéder à un vote au scrutin public. C?est ce qu?attendent toutes les Parisiennes et tous les Parisiens. Je voudrais vous dire, Madame, que vous dites souvent et nous vous avons entendue pendant la campagne électorale, et votre adjoint au logement ne cesse de le répéter : logement, logement, logement, logement ! Vous dites même qu?il faut transformer les bureaux en logements. Et vous nous expliquez aujourd?hui qu?il faudrait voter pour votre tour Triangle parce qu?on manquerait de bureaux. Comprenne qui pourra ! En tout cas, chacun a bien compris la contradiction de vos analyses. Je voudrais vous parler maintenant du projet de la gare des Mines. Ce projet est un projet d?envergure, et j?espère d?intérêt général. Nous essaierons d?être constructifs sur ce projet, et je tiens aujourd?hui à amener quelques éléments et quelques propositions. D?abord, je souhaite qu?il y ait un équilibre des fonctions dans ce projet, et notamment un équilibre entre le logement, l?activité économique et les infrastructures. Sur les activités économiques, une proposition que je vous soumets : la création d?une cité d?innovation sur les métiers de demain et d?après-demain, notamment sur les nouvelles technologies, sur le numérique, sur les nanotechnologies ; ce sera un projet formidable puisque ce sera un projet du Grand Paris que l?on pourrait porter aux portes du 18e et de Paris, dans un projet d?envergure et d?ouverture sur le monde, près du campus Condorcet. Equilibre en matière de logement : nous souhaitons un équilibre entre le logement social, le logement intermédiaire pour les classes moyennes et le logement privé pour attirer une population venue d?autres horizons. Nous voulons aussi favoriser l?intergénérationnel - nous insisterons beaucoup sur ce point -, l?équilibre entre le logement pour les étudiants et les apprentis, et aussi pour les personnes plus âgées, afin de mettre fin aux quartiers habituellement ghettos que l?urbanisme des années 1970, 1980 et 1990 a pu progressivement construire. Il faut rompre avec cela. Puis deux autres sujets pour conclure. Je vous demande la plus grande attention sur l?avenir des habitants de la rue Charles-Hermite, parce que c?est un quartier auquel ils sont attachés, qui concentre beaucoup de problèmes, mais ces habitants souhaitent rester dans ce quartier et je crois que leur relogement doit être prioritaire. Enfin, je soutiendrai la démarche, qui a été initiée par la mairie du 18e arrondissement et je serai très vigilant à ce qu?elle soit vraiment mise en ?uvre : le déplacement du marché exotique des Cinq-Continents qui est aujourd?hui à Château-Rouge pour désaturer Château-Rouge et pouvoir le proposer dans ce nouveau quartier. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Il restera 3 minutes au dernier orateur du groupe UMP. Monsieur AZIÈRE, président du groupe UDI-MODEM, vous avez 2 minutes 12.

M. Éric AZIÈRE. - Merci. De toute façon, tout a été dit, alors je reviens à l?essentiel : pourquoi sommes-nous contre ce projet de la tour Triangle ? D?abord par respect des Parisiennes et des Parisiens, et dans le respect de nos engagements de campagne ; ce n?est pas un détail. Les Parisiens ne veulent pas d?une tour, une de plus, une encore, alors on leur impose ce qu?ils ne veulent pas. Au groupe UDI-MODEM, de l?Union des démocrates et indépendants, et du Mouvement démocrate, deux fois démocrates, nous avons la faiblesse, c?est la seule que nous ayons, de penser, Madame la Maire, Monsieur MISSIKA, que l?on ne peut pas faire une ville contre son gré et contre la volonté du peuple parisien. Parce qu?il faut bien avouer que l?esprit et la méthode, avec lesquels vous conduisez cette mutation de l?urbain parisien, me sidèrent. Pour vous, Monsieur MISSIKA, les grands projets se heurtent systématiquement à la mobilisation des associations. C?est vrai qu?elles vous gênent les associations ! Ces associations que vous accusez de faire traîner les projets par d?incessantes procédures qui datent du XIXe siècle. D?ailleurs vous les soupçonnez, ces membres d?associations, d?habiter toujours dans le XIXe siècle. C?est vrai qu?en matière de bâti parisien, souvent c?est le cas. Néanmoins, votre conception de la concertation, c?est que ces associations vous assomment. Elles sont assommantes avec leurs successions de recours que vous jugez trop long. Ces associations de riverains, dont je veux prendre la défense ce matin, par principe, dont vous dites qu?elles ont une vision passéiste, qu?elles sont négatives à tous propos, obsédées qu?elles sont par des recours de pure forme. Ah, les vicieuses associations ! Et elles judiciarisent votre politique urbaine. Quelle horreur, quel scandale ! Mais elles judiciarisent ? De quel droit ? Alors vous en appelez à la mission de simplification de Thierry MANDON, pour simplifier les dépôts de permis, pour réduire les droits des associations et les possibilités de recours. Voilà. C?est navrant, ce matin, que la tour Triangle soit malgré tout l?arbre démesuré qui cache la forêt de projets parisiens. D?ailleurs, le projet même de la tour Triangle est-il fini, est-il arrêté ? Il n?arrête pas d?évoluer. D?une mixité d?usage, on est passé à 100 % de bureaux, la crèche est devenue une halte-garderie, l?hôtel a disparu, l?espace de commerces et les espaces verts ont fondu, mais ces derniers jours vous avez amendé le projet. Pourquoi pas de nouveaux équipements publics ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Monsieur AZIÈRE, il va falloir conclure.

M. Eric AZIÈRE. - Je conclus. Pourquoi pas des espaces de congrès nouveaux ? Et, tiens, si on y mettait une pépinière d?entreprises ! Alors, on peut réfléchir à la question de la desserte de transport du site, il était temps.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il faut vraiment conclure.

M. Eric AZIÈRE. - Tout espoir n?est donc pas perdu, quelle que ce soit l?issue de ce débat, de voir le projet évoluer. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur AZIÈRE. Monsieur Rémi FÉRAUD, président du groupe Socialiste et Apparentés.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Madame la Maire, mes chers collègues. Nous sommes donc en train de débattre ce matin du sujet le plus structurant pour l?avenir de Paris et son attractivité : le lancement des nouveaux projets architecturaux qui verront le jour ces prochaines années et qui vont profondément marquer notre Capitale. Ensemble, nous construisons l?avenir de Paris. Rappelons que depuis 2001 déjà, 10 % du territoire parisien est en chantier, pour créer de nouveaux quartiers très souvent reconquis sur des friches industrielles ou ferroviaires, souvent aux portes de Paris, pour construire de beaux projets métropolitains. Et nous passons aujourd?hui à une nouvelle étape. Je voudrais saluer à ce propos la qualité du travail présenté par vous-même, Madame la Maire, et par Jean-Louis MISSIKA. Car en effet, dans la foulée de notre élection en mars dernier, vous avez voulu lancer sans attendre les chantiers qui vont façonner le Paris de demain pour mettre en ?uvre nos engagements. Ce sont en effet pas moins de 10.000 logements par an qui seront livrés ainsi que 30 hectares d?espaces verts supplémentaires et 100 hectares de végétalisation des toitures. Je ne reviendrai pas sur les programmes précis qui ont été présentés par mes collègues, mais je souhaite moi-même en saluer l'ambition, l'audace, la qualité architecturale et environnementale, la dimension métropolitaine. Je voudrais particulièrement saluer le lancement de l?appel à projets innovants "Réinventer Paris", qui a suscité à juste titre tant d'admiration et d'intérêt, en particulier dans les médias étrangers depuis son lancement. C'est en effet une innovation dans son principe même, qui poursuit la logique d'une confiance partagée dans la capacité des usagers de Paris à construire avec nous la ville dont ils ont besoin. Nous serons pour notre part particulièrement attentifs à la pertinence des réponses en matière environnementale, en mutualisant les usages, à l'ingéniosité des montages financiers et aux orientations culturelles qui seront données aux projets. C'est le Paris de demain que nous construisons, que nous dessinons ensemble. Alors, chers collègues, oublions un moment la politique politicienne, les petits coups d'un jour, la campagne électorale qui est derrière nous et qui n'a pas à être rejouée sans cesse. Ne pensons qu'à Paris, à son avenir, chacun avec nos convictions, notre sens de l'intérêt général, comme nous saurons le faire, j'en suis sûr, au sein du Conseil de l'immobilier de la Ville que j'ai l'honneur de présider avec Jean-François LEGARET comme vice-président. Car parmi les très nombreux dossiers sur lesquels nous devons nous prononcer ce matin, il y a en effet un amendement technique permettant le déclassement de la parcelle porte de Versailles sur laquelle doit se construire la tour Triangle. Alors que ce projet est né en 2006, qu'il est régulièrement soumis à la concertation comme au vote du Conseil de Paris depuis 2008 - et j'en ai comme vous le souvenir -, que l'U.M.P. et l'U.D.I. n?ont jamais voté contre lors des cinq précédents scrutins, la présidente du groupe U.M.P. a sommé les membres de son groupe de se déjuger, dont le maire du 15e arrondissement lui-même. C'est pour cela que j'ai demandé, au nom des élus socialistes, un scrutin secret, comme ce fut d'ailleurs le cas en 2007 et en 2009 - Mao PENINOU l'a rappelé - sur le projet de Jean Bouin, à l'initiative des groupes U.M.P. et Verts - je propose à Yves CONTASSOT de lui passer le compte rendu de nos séances. Nous verrons bien le résultat de ce vote, mais le dynamisme de Paris est une nécessité que nous devons tous porter et que nous disons tous porter. Dans le monde d'aujourd'hui, les symboles forts, les équipements performants sont nécessaires pour renforcer l'attractivité de la Capitale. Ne nous laissons pas dépasser faute d'avoir osé préparer l'avenir. Paris qui ose, c'était le titre de nos listes : c'est tout l'objet de la communication d'aujourd'hui ; ne laissons pas passer la chance de Paris !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur FÉRAUD. Dernier orateur, pour trois minutes maximum, Monsieur Atanase PÉRIFAN, pour l'UMP.

M. Atanase PÉRIFAN. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, Monsieur le Préfet de police, chers collègues, je suis sûr que vous êtes tous impatients d?arriver au vote relatif à la tour Triangle, donc je vais être très rapide sur le projet de délibération concernant le secteur "Python-Duvernois". Le secteur "Python-Duvernois", dans le 20e arrondissement, est l'exemple même de l?échec d?une politique guidée par une vision dogmatique du logement social. Il suffit d'interroger ses habitants pour ressentir leur mal-être et leur mal-vivre. Ils voient leur quartier se dégrader d'année en année et se sentent abandonnés par les pouvoirs publics. Mme CALANDRA parlait tout à l'heure d?injustice historique concernant ce quartier, mais cela fait 13 ans que vous êtes au pouvoir, et vous avez eu 13 ans pour que votre attention soit attirée par cette injustice historique ? Dans le 20e, vous avez une majorité depuis 1995, soit bientôt 20 ans, et c'est maintenant que vous commencez à vous intéresser à ce quartier : c'est désespérant ! La dernière note de l'APUR consacrée aux chiffres du logement social à Paris, en 2014, confirme que le 20e arrondissement est le troisième arrondissement le plus pourvu en logements sociaux S.R.U., 31,2 %, ce qui représente 30.205 logements. On le sait, cette concentration lourde de logements sociaux dans le 20e exige une autre stratégie en matière de politique de logements. L'Exécutif multiplie les déclarations en ce sens, mais que constate-t-on concrètement ? Dans cette communication fleuve, Madame la Maire, apparaissent quelques projets d?aménagement, dont celui du secteur "Python-Duvernois", lequel est annoncé timidement en deux lignes, sans autre développement sur 11 pages d?exposé des motifs et des délibérés. C'est bien peu, et c'est révélateur du manque de vision de l?Exécutif sur cette priorité des habitants du 20e. Je cite l'exposé des motifs : "Le projet poursuit également un objectif d'introduction de mixité sociale par la création de logements intermédiaires en accession et éventuellement d'un hôtel, et la mixité fonctionnelle par l'introduction d'activités économiques sur le secteur". Quelle précision ! Et surtout, quelle ambition avec des objectifs aussi flous ! En effet, d'une part, un hôtel est éventuellement envisagé ; d'autre part, on prévoit sans aucune précision d?autres activités économiques. Quant à l'inflexion indispensable à donner en termes de rééquilibrage en faveur du logement intermédiaire libre et en accession, le projet de délibération l'évoque à peine, et sans aucun objectif quantifiable. Certes, il s'agit dans ce projet de délibération d?un lancement d'appels d'offres pour la réalisation d'une étude urbaine à venir, mais aucun objectif chiffré, même un ordre de grandeur, n'apparaît. Ce qui manque cruellement à ce projet de délibération, c'est une stratégie forte pour répondre aux priorités des habitants de ce secteur, et c'est à l?Exécutif de donner un cahier des charges ambitieux au service d'une autre qualité de vie dans le 20e. Le cap que vous avez fixé avec votre adjoint en charge de ces projets d?aménagement ne traduit pas, ou très insuffisamment, une stratégie générale au service du quartier Python-Duvernois, et notamment en matière de logements intermédiaires et libres et de développement économique. Je profite de la présence de M. le Préfet de police pour vous dire que pour attirer les classes intermédiaires et l'activité économique, il faut qu'il y ait une sécurité. Pas plus tard que cette nuit encore, boulevard Davout, des individus ont incendié des poubelles sur les rails du tramway et ont accueilli les pompiers à coups de projectiles. Ce n'est pas comme ça que l'on redonnera à ce quartier, effectivement, l'envie d'y habiter. Madame la Maire?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Vous allez devoir conclure, Monsieur PÉRIFAN.

M. Atanase PÉRIFAN. - Madame la Maire, la mixité sociale est votre credo. La mise en ?uvre d?une vraie mixité sociale dans ce secteur "Python-Duvernois" est le seul moyen de lutter contre sa dégradation et sa ghettoïsation. Dans le cadre de la préparation du prochain P.L.H., vous vous êtes engagés à construire 3.000 logements intermédiaires dans les arrondissements de l'Est.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Vous devez conclure, Monsieur PÉRIFAN.

M. Atanase PÉRIFAN. - Je conclus, Madame la Maire. Soyez audacieuse, faites de ce secteur un site pilote, développez-y prioritairement le logement intermédiaire en accession, faites-y venir massivement les classes moyennes du 20e arrondissement. C'est de cette manière que vous pourrez "Réinventer Paris" et redonner de l'espoir aux habitants de ce secteur "Python-Duvernois". Je vous remercie, Madame la Maire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur PÉRIFAN. Nous terminons donc ce débat organisé. Je vais donner la parole à Jean-Louis MISSIKA pour répondre à l'ensemble des intervenants, puis nous procéderons au vote de chacun des projets de délibération et bien sûr, nous nous arrêterons préalablement, comme cela a été demandé, sur le dernier projet de délibération, concernant la tour triangle. Je donne la parole à M. MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, d'abord je voudrais vous remercier pour la qualité des interventions des 33 orateurs sur les projets urbains que nous lançons en ce début de mandature. J'ai eu l'occasion de présenter l'ensemble de ces projets de délibération, non seulement en 5e Commission, mais également aux membres des différents groupes politiques de la majorité et de l'opposition, en tout cas ceux qui ont bien voulu me recevoir dans un esprit d'ouverture et de dialogue. Notre vision, en matière d'urbanisme, est plus que jamais de promouvoir l'innovation urbaine et sociale sur le territoire parisien, et aussi de permettre aux Parisiens de participer à l'élaboration des projets. Cette vision est également portée par une ambition métropolitaine. En effet, au-delà de la question institutionnelle de la construction de la métropole du Grand Paris, cette métropole se construit également par des projets structurants. Cette séquence urbaine illustre bien notre ambition. L'essentiel des nouveaux projets qui vous sont soumis aujourd'hui sont des territoires en interface avec les communes voisines. C'est dans cet esprit que ces projets de délibération sont situés pour la plupart d'entre eux le long de cet arc de l'innovation proposé par la Maire et retenu par les Parisiennes et les Parisiens en mars dernier. Certains de ces secteurs, d'ailleurs, font l'objet d'un travail que je veux saluer. Celui de Jacques BAUDRIER, qui travaille avec moi sur bien des sujets, et celui de Colombe BROSSEL. Jacques BAUDRIER et Colombe BROSSEL contribuent à l'embellissement de Paris dans le cadre de leurs dossiers du nouveau programme national de renouvellement urbain. Souligner ce travail est particulièrement pertinent pour les secteurs gare des Mines-Fillettes, Python-Duvernois et Chevaleret-Oudiné, qui sont parmi les projets de délibération les plus importants. Un mot sur vos réactions à cet appel à projets urbains innovants lancé par Anne HIDALGO le 3 novembre. Je remercie tous les orateurs qui ont exprimé leur accord avec cette démarche, qui ont montré le caractère innovant de la démarche proposée. Je pense notamment à Patrick BLOCHE, à Brigitte KUSTER, à Valérie NAHMIAS ou à Galla BRIDIER. Bien évidemment, cette démarche ouverte et participative s'enrichira de toutes vos propositions. Je voudrais juste dire un mot sur le succès que rencontre le site que nous avons ouvert, puisque depuis 15 jours - il est tout simplement extraordinaire - il a reçu plus de 45.000 visites. L'initiative est saluée dans le monde entier. Madame la Maire, pour gagner un peu de temps, je donnerai l'avis sur les différents v?ux au moment où ils viendront au vote. J'en viens maintenant donc aux projets de délibération qui constituent des engagements forts de la mandature en matière de projets urbains. Je vais peut-être commencer par un projet de délibération dont on a assez peu parlé, celui sur la porte Maillot, pour rappeler que nous lançons avec cette démarche d'atelier intégrant toutes les parties prenantes, une démarche de conception collaborative assez innovante. Cet atelier Maillot, qui regroupera l'ensemble des acteurs publics et privés concernés, l'Etat, les Maires des 16e et 17e arrondissements, le Maire de Neuilly, le Conseil général des Hauts-de-Seine, R.F.F., le S.T.I.F., la R.A.T.P., Viparis, l'hôtel Concorde Lafayette et j'en oublie certainement quelques-uns. D'ailleurs, je voudrais insister sur le fait que cette méthode de l?atelier, je l'emploierai sur l'ensemble des grands projets urbains que nous aurons à délibérer tout au long de cette mandature. Sur la gare des Mines-Fillettes, juste un mot pour dire, d'une part, qu'il est important d'imaginer des équipements structurants sur ce secteur permettant de donner une nouvelle identité au secteur. Je pense qu'il doit devenir un pôle de vie étudiante puisqu'il est idéalement situé entre les deux territoires du campus Condorcet, portes de la Chapelle et d'Aubervilliers. Je voudrais insister sur le caractère également innovant de la coordination de cette Z.A.C. parisienne, avec le travail qui est mené par Plaine Commune sur la Z.A.C. de l?autre côté du périphérique. Nous anticipons ainsi le principe d'une Z.A.C. métropolitaine. Nous aurons d'ailleurs une commission d'appel d'offres commune pour ces projets. Même remarque en ce qui concerne les v?ux. Pour "Python-Duvernois", là aussi, je pense que la démarche métropolitaine est essentielle, puisque le travail avec Bagnolet et Montreuil est entamé et que, également, sur la porte de Montreuil, nous aurons l'occasion de travailler ensemble. Sur "Bercy-Charenton", je crois que la maire du 12e arrondissement a dit l'essentiel. Elle a expliqué l'importance de ce secteur pour l'arrondissement, comme pour la métropole, et la nécessité d'étendre le périmètre pour pouvoir traiter l'ensemble des questions auxquelles nous sommes confrontés, y compris la création d'un collège pour les nouveaux habitants de cette future Z.A.C. Je voudrais maintenant passer à Saint-Vincent-de-Paul pour rappeler quand même que le logement reste la priorité, avec 600 logements possibles, soit 70 surfaces à construire, dont plus de la moitié pour des logements sociaux et intermédiaires. C'est la raison pour laquelle beaucoup des amendements qui nous ont été proposés seront acceptés autour de la question du logement social. Enfin, je voudrais terminer cette visite du périphérique parisien de la porte de Maillot à la porte de Versailles par Triangle. Vous m'accorderez quelques minutes, peut-être, de plus sur Triangle. Les deux projets de délibération sont très techniques : d'une part, le déclassement de la parcelle BC23 et du volume 104 assis sur la parcelle BC22 ; d'autre part, la signature d'une promesse de bail à construction. Normalement, les projets de délibération techniques ne font pas l'objet d'un tel débat, surtout quand le débat de fond a déjà eu lieu et qu'une majorité du Conseil de Paris, incluant les groupes Socialiste, Communiste mais aussi la Droite et le Centre, ont accueilli favorablement ce projet, notamment le protocole validé par le Conseil de Paris en mars 2011 qui - rappelons-le parce que c'est très important - stabilisait déjà la programmation de la tour Triangle en matière de surfaces de bureaux. Je rappelle un autre vote, également collectif : nous avons collectivement voté la levée des réserves du commissaire-enquêteur. Mais chacun sait bien que l'enjeu est aussi politique et économique. Alors, pour dépassionner un peu les débats et comme il y a eu pas mal de références historiques lors de notre débat, je voudrais moi aussi prendre un peu de recul historique, parce que ce n'est pas la première fois que le Conseil de Paris doit faire face à une décision de cette nature, notamment à propos d?un bâtiment qualifié en son temps de "silhouette géante", nettement, implacablement hostile. Vous avez bien compris que je voulais parler de la tour Eiffel. En 1903, Adolphe Chérioux, conseiller municipal, présenta un rapport sur l'aménagement du Champ-de-Mars et la Commission du Vieux Paris fut consultée. Le rapport de la Commission dit ceci : "Les embellissements que l'on médite seraient inutiles si la Tour Eiffel continuait à couvrir cet espace de sa masse gigantesque. Ce travail prodigieux a eu son heure de gloire parisienne et d'universelle popularité, mais elle doit périr par où elle a vécu, par l'excès même de sa grandeur. Si haute et si large sur ces quatre pieds cyclopéens, elle exerce autour d'elle la tyrannie de son obsédante vision et rend irréalisable tout décor de grâce et de délicate séduction. Dans 10 ans, la concession expire. La troisième sous-commission estime que le maintien de la tour de 300 mètres équivaudrait à la ruine d?un projet d?embellissement auquel sa silhouette géante, au premier plan, est nettement, implacablement hostile". C'est ainsi que la Commission du Vieux Paris vota sa 8e décision. La Tour Eiffel sera démolie à l'expiration de la date extrême de la concession du terrain, soit en 1910. La décision - je voudrais le rappeler - a été adoptée, si mes souvenirs sont bons, à l'unanimité moins une voix, mais je n?en suis pas complètement certain. Un monument de Paris a donc été condamné sous prétexte de sa taille, ce qui veut dire que les temps ne changent guère, car Triangle est un monument. C?est un monument au même titre que le centre Pompidou, la pyramide du Louvre, l'arche de la Défense ou le nuage de Franck GEHRY dans le bois de Boulogne, mais c'est aussi un monument dans un futur proche comme le sera le nouveau Palais de justice aux Batignolles.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ecoutez !

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Chacun des projets dont je viens de parler, suscita un débat intense et des positions extrêmes sur la défiguration de Paris. On a dit cela du centre Pompidou, on a dit cela de la pyramide du Louvre, on a dit cela de l'arche de la Défense et on a même dit cela du nuage de Franck GEHRY. Pourtant, Paris reste une ville monde emblématique, reconnue pour sa modernité. Il faut défendre le patrimoine - et je suis un défenseur du patrimoine - mais il faut aussi créer le patrimoine du futur. Paris restera Paris, non pas malgré Triangle, mais grâce à Triangle. La qualité du geste architectural est reconnue, le monde des architectes souligne la beauté de ce monument, son audace et son intégration dans le paysage urbain du Sud-Ouest de Paris. Ce matin même, Daniel COHN-BENDIT a dit sur Europe 1 : "Esthétiquement, cette tour a de la gueule !" C'est ainsi ! C'est ainsi ! La compétence de HERZOG et de MEURON est reconnue.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ecoutez ! Daniel COHN-BENDIT a le droit de s?inviter dans nos débats.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Dans leur projet, ils ont proposé de s'émanciper de la figure classique des tours, avec une architecture iconique. Regardez le projet, s'il vous plaît, Triangle n'est pas une tour, c'est un monument pyramidal. En passant, je tiens à vous rappeler que la notion de "monument" est large. L?Empire State Building est un monument visité par 2,5 millions de personnes tous les ans. Il est dans la culture populaire depuis qu?en 1933 King Kong l'a escaladé. C?est un immeuble de bureaux, mais personne n'y pense comme tel. Enfin, je voudrais dire par rapport aux interventions de Yann WEHRLING et de M. CONTASSOT?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ecoutez ! Du calme !

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Je voudrais juste leur dire que j'entends très bien leurs arguments, mais que, plus le temps passe, plus la question de la consommation d'énergie des tours est en voie de résolution. Triangle, comme le T.G.I., respectera, contrairement à ce que vous dites, le Plan climat. Triangle fera progresser la connaissance en matière environnementale. Je ne vais pas développer l'ensemble des arguments en ce qui concerne la dimension environnementale de Triangle. Je voudrais juste dire que 50 % de son énergie sera une énergie d'origine géothermique, c'est-à-dire une énergie renouvelable. Enfin, sur cette question de la transformation, de la construction de bureaux à Paris, je voudrais rappeler quand même que le marché des bureaux est cyclique, que la tour Triangle ne verra pas le jour avant 2020 et que, donc, arguer d'une situation du marché de bureaux en 2014 pour justifier le fait de ne pas construire des bureaux, alors qu?en 2020 la situation économique sera - je l'espère - radicalement différente de celle que nous connaissons, c'est faire preuve d'un très grand pessimisme sur la capacité de la France à redécoller économiquement. Deuxième élément, nous voulons transformer des bureaux en logements parce que ces bureaux sont obsolètes. Pour pouvoir transformer des bureaux en logements, il est absolument indispensable de construire de nouveaux bureaux qui répondent à la demande des entreprises et notamment des grandes entreprises. Chaque Conseiller de Paris va devoir répondre en conscience à cette question simple : est-il raisonnable, en empêchant une ?uvre architecturale de grande qualité, de faire l?impasse sur un accélérateur de croissance, d?emplois et d'attractivité ? Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Jean-Louis MISSIKA, pour cette excellente intervention. Nous allons donc commencer par les votes. Le vote sur la tour Triangle viendra à la fin des votes. Oui, j'ai vu votre demande ! J'allais procéder au vote concernant les v?ux rattachés au projet de délibération DU 1163, mais je donne la parole à M. BELLIARD pour une demande.

M. David BELLIARD. - Madame la Maire, nous demandons une suspension de séance de 5 minutes.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien. 5 minutes, elle est de droit. Merci.