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Novembre 2014
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Conseil Municipal
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2014 DDEEES 1113 G - Subvention (30.000 euros) et convention avec l'Agence Nouvelle des Solidarités Actives (12e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2014


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DDEEES 1113 G porte sur l?Agence nouvelle des solidarités actives. La parole est à Mme Sandrine MÉES.

Mme Sandrine MÉES. - Merci, Monsieur le Maire. Nous nous réjouissons de ce projet de délibération. Il souligne l?engagement des associations et les attentes des citoyens ainsi que le rôle possible de la Ville pour limiter le gaspillage alimentaire, ce qui est bon pour tous et d'ailleurs aussi pour nos rues pour limiter les déchets dans nos rues. J'en profite pour le dire puisqu?à la tribune se trouve notre adjoint à la propreté. Aujourd'hui, en effet, nous gaspillons l'énergie dans nos bâtiments publics ou privés, nous réparons peu, même si de nombreux citoyens s?y mettent à travers les cafés réparations, qui connaissent un succès fulgurant avec des files d'attente interminables. Il y a aussi les réseaux sociaux qui jouent l'entraide et le conseil pour réparer les objets, les cyclofficines et les réseaux de voisinage comme les accorderies, qui permettent aux personnes de limiter le gaspillage des objets, ainsi que les recycleries, qui permettent de recycler un certain nombre d'objets. Pour le seul gaspillage alimentaire, selon une étude de France Nature Environnement qui date de 2011, nous comptons 3,3 milliards de tonnes d'équivalent CO2. C'est donc un sujet primordial pour la planète et pour les habitants de Paris. Cette empreinte est tout simplement due aux céréales, à la viande et aux légumes gaspillés, donc toutes ces choses qui partent en fumée alors qu?elles pourraient nourrir de nombreuses personnes. La F.A.O. indique que si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le troisième plus grand émetteur de gaz à effet de serre après les États-Unis et la Chine. Je voudrais aussi rappeler que le gaspillage alimentaire est consommateur d'eau puisque toujours selon la F.A.O., le gaspillage alimentaire a une empreinte de 250 kilomètres cubes, soit plus de 3,6 fois la consommation totale d'eau aux États-Unis. Concrètement, une baguette de pain qui est jetée équivaut à une baignoire remplie d'eau. Alors nous savons bien que les citoyens sont conscients, désormais, du scandale du gaspillage alimentaire grâce aux médias, grâce aux associations, et que partout naissent des initiatives et des associations de lutte contre le gaspillage alimentaire ainsi que des initiatives de sensibilisation - je pense notamment au Disco Soupe. On voit aussi qu'il y a une demande croissante de compostage pour pouvoir mettre les épluchures ou les légumes non consommés, et que le composteur public qui a été installé dans le 12e a eu un succès foudroyant. Il est déjà complet, si je puis dire, énormément d'habitants se sont inscrits. Alors, cette société du gaspillage, les citoyens sont prêts à y mettre fin et les politiques aussi. Pour y mettre fin, il faut changer l'économie, engager la transition, promouvoir des modes de production, de consommation et de récupération qui sont localisés au plus proche des habitants, et qui soient respectueux de l'environnement. Aujourd'hui, le gaspillage alimentaire est sur toutes les lèvres. La Commission européenne a proposé de le limiter de 30 % d'ici 2025. Paris a signé le Pacte national contre le gaspillage alimentaire. Ce Pacte national pose comme objectif de diviser par deux le gaspillage d'ici 2025. La semaine européenne sur la réduction des déchets 2014 se tient la semaine prochaine et elle est axée sur la lutte contre le gaspillage alimentaire. Donc au-delà de ce projet de délibération, nous avons besoin d'un plan important sur le gaspillage alimentaire. Madame Antoinette GUHL, pouvez-vous nous indiquer ce que vous souhaitez mettre en ?uvre ? Car je sais que vous avez de beaux projets dans vos cartons.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme Antoinette GUHL pour vous répondre.

Mme Antoinette GUHL, adjointe. - Merci à vous pour cette intervention. Effectivement, le gaspillage alimentaire recouvre plusieurs enjeux. Le premier enjeu est un enjeu éthique. Peut-on accepter aujourd'hui, à Paris, de jeter des tonnes de nourriture qui peuvent être consommées et avoir plus de 15 % de la population qui vit en-dessous du seuil de pauvreté ? C'est un enjeu environnemental. Vous l'avez signalé, vous avez évoqué 3,3 milliards de tonnes d'équivalent CO2 : c'est un enjeu environnemental évident. Et puis, c'est un enjeu économique car toute cette alimentation, avant d'être jetée, doit être produite dans les champs, doit être transportée, doit être distribuée tout au long de la filière pour être gaspillée. Donc oui, le gaspillage alimentaire nécessite un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire. Ce n'est pas nouveau à la Mairie de Paris puisque le plan local de prévention des déchets que nous avons présenté avec Mao PENINOU lors du dernier Conseil faisait déjà état d'un certain nombre d'actions qui ont été menées avec les entreprises, dans les cantines scolaires et qui visaient justement à la lutte contre ce gaspillage alimentaire. De très nombreuses initiatives ont eu lieu au cours de ce dernier programme de prévention des déchets et d'autres auront encore lieu lors du prochain. Ce projet de délibération-là concerne une subvention de 30.000 euros à l'Agence nouvelle des solidarités actives, l?A.N.S.A., qui met en ?uvre une série d'innovations et d'expérimentations sociales. Celui-ci concerne le gaspillage alimentaire puisque l?A.N.S.A. se propose de travailler à l'identification sur l'ensemble du territoire parisien des acteurs et à leur mobilisation dans le cadre de la lutte pour le gaspillage alimentaire. Nous avons déjà évoqué, avec Mao, les pistes pour Paris d'un plan contre le gaspillage alimentaire : - bien sûr, la sensibilisation des Parisiennes et des Parisiens, qui a déjà fait l'objet de nombreux travaux lors du dernier P.L.P.D. ; - mais également les marchés alimentaires, et nous en avons parlé avec Olivia POLSKI lors du dernier Conseil de Paris ; - la grande distribution, qui est également un gros producteur de gaspillage alimentaire ; - et, enfin, la restauration collective et les écoles, où nous sommes allées, lors de la Journée de la lutte contre le gaspillage alimentaire, avec Alexandra CORDEBARD. Ce sont sur ces quatre axes prioritaires que nous fonderons notre action mais, bien entendu, on peut encore aller au-delà, en amont, avec des circuits de distribution alimentaire qui soient des circuits courts, car l'alimentation produit du gaspillage alimentaire, y compris en amont de sa chaîne, c'est-à-dire au moment de la production. Voilà ce que je peux vous dire à ce stade sur la question du gaspillage alimentaire mais croyez-le, nous le prenons à bras-le-corps et je suis certaine que le Président de la séance ne me contredira pas sur ce point, puisque c'est un sujet que nous menons ensemble.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je me garderai bien de vous contredire sur quoi que ce soit ! Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEEES 1113 G. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2014, DDEEES 1113 G).