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Novembre 2014
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Conseil Municipal
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2014 DLH 1174 - Location de l'immeuble 95, rue Chardon Lagache (16e) à ELOGIE - Bail emphytéotique. Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif au relogement de l'ancienne concierge.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2014


 

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DLH 1174 relatif à la location de l'immeuble 95, rue Chardon Lagache dans le 16e à ELOGIE, sur lequel Mme SIMONNET a déposé le v?u référencé n°134 qui y est rattaché. La parole est à Mme SIMONNET, pour 5 minutes maximum.

Mme Danielle SIMONNET. - Une fois de plus, je ferai beaucoup moins. Mes chers collègues, dans ce projet de délibération, la Ville de Paris, qui a exercé son droit de préemption sur un immeuble situé dans le 16e arrondissement, s?engage dans la réalisation d?un programme de logements sociaux. La Ville va, pour ce faire, contracter un bail emphytéotique avec ELOGIE. Je tiens tout d?abord à saluer ce programme en espérant que l?on aura bientôt connaissance des catégories de logements sociaux et, en espérant que, dans ce programme, il s?agira bien de P.L.A.-I et de P.L.U.S. Car même si M. Ian BROSSAT, il ne faut pas voir immeuble par immeuble, néanmoins, vous en conviendrez, dans le 15e arrondissement, et encore plus dans le 16e arrondissement, on souhaite vivement qu?il y ait beaucoup de P.L.A.-I et de P.L.U.S, voire exclusivement du P.L.A.-I et de P.L.U.S parce que c'est bien là qu'il manque du logement social. Mais je souhaite à travers ce projet de délibération - et c'est l'objet du v?u rapporté - alerter notre collectivité au sujet de la situation de l'ancienne gardienne. Comme le stipule le projet de délibération, dans ce bâtiment il y a une loge de concierge qui est toujours occupée par la concierge, qui est aujourd'hui à la retraite. Certes, elle continue d'occuper son logement et, donc, elle l'occupe sans droit ni titre. Quels mots violents pour quelqu'un qui a consacré sa vie professionnellement à s'occuper de l'ensemble de cet immeuble et de ses locataires ! On doit avoir conscience que, vu les rémunérations des concierges, des gardiens, ils ont rarement les moyens d'accéder à la propriété et surtout pas à Paris. Résultat : la mise en retraite constitue pour eux une situation socialement dramatique, du fait de la perte du logement. Je peux vous dire que je connais près de moi cette situation-là, très proche, et que c'est un crève-c?ur de voir des hommes et des femmes, après toute une vie professionnelle consacrée à Paris, de devoir quitter la capitale, avec en plus des retraites totalement dérisoires. Donc, nous devons nous sentir co-responsables du devenir de cette gardienne pour que le bailleur ELOGIE ne l?expulse pas, parce qu'en fait il est en situation de pouvoir l?expulser. Conformément à l?esprit du v?u de l?Exécutif adopté par le Conseil de Paris le 19 mai 2014, relatif à la prévention des expulsions, je souhaite que le Conseil de Paris émette le v?u que la Ville de Paris trouve, avant de signer le bail avec ELOGIE, ou s'engage en tous les cas à faire en sorte qu'il y ait une solution de logement pérenne, qui corresponde bien sûr à ses moyens, à l'ancienne concierge qui occupe sans droit ni titre son ancienne loge, pour qu?elle ne se retrouve pas à la rue. Je vous en remercie. Je pense que vous serez tous sensibles à cette situation concrète.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - La parole est à M. Ian BROSSAT.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - D'abord, et Danielle SIMONNET l?a très bien dit, c?est un projet de délibération qui nous permet de produire du logement social dans le 16e arrondissement, rue Chardon-Lagache, parce que la Ville de Paris a fait le choix, qui est un choix politique assumé, d'utiliser son droit de préemption sur cet immeuble. Je suis heureux que rue Chardon-Lagache, nous puissions faire du logement social. Vous savez à quel point cette question nous tient à c?ur. Je vois qu'elle vous tient à c?ur à vous aussi. La question du rééquilibrage du logement social à Paris est véritablement essentielle. Vous avez abordé la question des futures catégories de financement qui seront retenues sur cet immeuble. Bien sûr, dans le 16e arrondissement, nous privilégions les catégories de type PLA-I et PLUS, toujours dans le même objectif de mixité sociale. Enfin, vous avez abordé une autre question, c'est la question de la gardienne. Je remercie Danielle SIMONNET de nous donner l'opportunité d'aborder la question du relogement des gardiens d'immeuble. Cette question m'est d'autant plus chère, qu'ayant l'honneur de présider la commission de désignation des candidats aux logements sociaux chaque vendredi, je suis régulièrement confronté à cette situation. De nombreux gardiens après des années, voire des décennies passées à travailler et vivre à Paris, se retrouvent contraints de quitter Paris faute de pouvoir se loger dans le parc privé. Cette question interroge le droit à la Ville. Qui peut vivre à Paris ? Notre réponse est claire : nous souhaitons que les gardiens d'immeuble, y compris retraités, aient toute leur place dans la capitale. Ils n'ont ni à repousser leur retraite au-delà du raisonnable pour continuer à bénéficier de leur loge, ni à vivre dans des logements minuscules parfois, à la limite de l'insalubrité. La reconnaissance et le respect du métier de gardien d'immeuble doivent trouver leur place dans l'action municipale. Alors qu?est régulièrement évoqué le manque de solidarité et d'attention dans notre ville, il est important de rappeler que les gardiens sont les garants du lien social dans leurs immeubles. Une concertation doit d'ailleurs être menée dans les semaines à venir afin d'aborder cette question du relogement des gardiens d'immeuble et envisager des solutions pérennes de relogement. Nous allons y consacrer l'un de nos comités inter-bailleurs. Concernant maintenant la situation spécifique que vous abordez, celle de l'ex-gardienne du 95 rue Chardon-Lagache dans le 16e, nous avons déjà échangé avec Elogie et nous souhaitons évidemment travailler à une solution qui permette d'aboutir sur cette question et d'éviter que cette personne se retrouve sur le carreau. Néanmoins, il ne me semble pas - je vous le dis très franchement - qu'un v?u au Conseil de Paris soit le moyen le plus approprié d'aborder des situations individuelles parce qu'autrement, nous pouvons nous retrouver dans une situation où nous aborderons la situation des 170.000 demandeurs de logement social à Paris par des v?ux. Néanmoins, je vous répète que nous avons cette situation en tête et que, plus largement, la question du logement des gardiens, ici comme ailleurs, est une question qui nous est essentielle.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je vous remercie. Acceptez-vous de retirer ce v?u ? Sinon, j'émettrai un avis défavorable, ce qui serait dommage parce que tout le monde est d'accord, je pense.

Mme Danielle SIMONNET. - Il y a un engagement de M. Ian BROSSAT, du maire-adjoint, pour que tout soit fait pour que cette gardienne soit relogée, qu'on la prenne en compte. C'est ce qui compte. Je retire mon v?u dans cet esprit constructif.

M. Julien BARGETON, adjoint, président. - Je vous remercie. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 1174. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2014, DLH 1174).